Chine

Sur la Chine, on entend, on lit, on interprète. J’avais donc une bonne idée du type de pays dans lequel j’allais entrer, mais avec quelques données inconnues. Déjà, dans le passé il semblait être impossible d’entrer si un tampon de Taïwan était présent à notre passeport. Finalement, après quelques recherches… non, l’entrée est possible, même qu’un vol direct nous aura transportés de Taïpei vers Shanghai. Et lorsque nous avons débuté nos préparatifs, la visite de Mark Carney en Chine avait fait débouller une entente permettant d’entrer sans Visa. C’est donc grâce à cette nouveauté de février 2026 que nous sommes entrés.

Une fois rendus, je ressens à nouveau la complexité voyagère qu’est la barrière de communication. Enfin! Car maintenant, avec les cartes SIM faciles à se procurer, les applications de traduction, les systèmes partagés mondialement (ne serait-ce que pour les cartes bancaires), le voyage peut être drôlement plus facile qu’on le pense. En Chine, plusieurs de ces outils ne fonctionnent pas, et beaucoup moins de gens parlent anglais. Et le français, on passe. C’est donc avec un peu d’hilarité que nous nous sommes retrouvés confrontés à notre premier métro : on fait quoi, on va où, on paie comment… on ne le savait pas à ce moment mais notre chemin entre l’aéroport et notre premier hôtel, qui était sur papier de 2h, allait en prendre 5h. En fait, moi je le vivais dans l’hilarité parce que je trouvais cela réellement drôle. Et stimulant. Antoine était un peu moins dans l’hilarité, mais plutôt dans l’irritation de voir les applications planter, mal fonctionner et devenir une barrière à notre avancée. Déformation professionnelle, j’imagine. Car ici, à sa dernière visite il y a une quinzaine d’année, il pouvait retirer de l’argent facilement puis se dépatouiller en pointant ce qu’il voulait et obtenir thé, repas, tickets de bus. Maintenant, l’argent, c’est out! Tout passe par une application mobile dont l’efficacité est encore à prouver. Et il ne faut pas oublier que nous ne partageons pas le même alphabet, alors même si on essaie de dire, pointer, montrer une adresse, l’info ne se traduit pas tout le temps. Mais cette relative vulnérabilité demeure douce, puisque les gens sont très volontaires, généreux, et s’arrêtent souvent pour aider. Et finalement, nous trouvons la façon de pouvoir traduire tant nos questions que les menus. C’est parfois approximatif, mais cela nous amène habituellement au bon objectif.

Suzhou – la Venise de l’Est – 3 au 7 mai

Son petit surnom dit bien son attrait principal : plusieurs villes où les canaux sont un personnage central. C’est par ailleurs un endroit que les Chinois visitent beaucoup eux-mêmes, un peu comme nous irions à Tremblant ou à Kamouraska. Et ce qui est drôle, c’est que rendus ici, première soirée, nous apprenons que c’est la Golden Week, une semaine de congé généralisé au pays. Nous sommes donc dans l’équivalent du Vieux-Québec en pleine semaine de la construction. Il ne manque pas de monde! Mais c’est magnifique, c’est comme si en plus de voir les attraits touristiques, nous sommes témoins de leurs vacances. J’ai l’impression de regarder un film en plein air. Beaucoup de femmes sont habillées en costumes traditionnels, fartées et maquillées, coiffées de hautes sculptures capillaires. Ça pose ici et là, partout. Et quand je dis partout, c’est réellement le cas : des photographes professionnels à la pelle accompagnent leur clients pour le cliché parfait, pendant que plusieurs autres petits groupes se prennent en photo entre eux. Une coexistence presque sans faille entre la modernité où l’on pose le regard sur ce que l’on projette et l’essence ancien du jardin devant apaiser l’âme dans la cultivation patiente de la nature. Je ne peux m’empêcher de sourire à la réflexion philosophique que le sujet me pose.

La ville de Suzhou en elle-même est tout de même intéressante, les rues sont belles, les parcs sont utilisés pour des danses en groupe, pour discuter, pour siester, toutes les raisons sont bonnes. Et l’ambiance est chouette, des petits restos qui donnent l’eau à la bouche, que ce soit pour un délicieux hotpot (la vraie fondue chinoise), des nouilles goûteuses ou des dumplings à se jeter par terre. On est confortables dans notre hôtel hyper “artsy” (pas mal dans le top 3 des plus chouettes qu’on ait eu depuis le début). Bref, on a apprécié notre temps là-bas. Cette ville nous aura donc permis de nous adapter à la Chine, avec quelques surprises. Notamment une annecdote présentée par le fait qu’il y a peu de bars en Chine, selon notre expérience. Les gens consomment au restaurant lors de leur souper, par exemple, ou à la maison. Alors, lorsque nous avons vu un petit bar, nous sommes entrés, et avons reçu un accueil très chaleureux! Surpris, mais chaleureux! Les quelques femmes nous sourient, replacent leurs cheveux subtilement nerveusement, nous servent une bière, des arachides… et je remarque que certaines continuent d’arriver. Qu’en rotation, elle se refont une beauté au miroir. Qu’il y a près des tables des petites boites avec brosse à cheveux, déo, rouge à lèvres. Je me dis que nous sommes peut-être tombées dans un repaire pour les femmes fêtant entre elles. Finalement, pas vraiment… Les femmes qui entrent et font comme si elles travaillent ici en passant derrière le bar, finissent par être rejointes par un Monsieur peu de temps après. Et certains montent vers un 2e étage. On comprend que l’on est peut-être tombés sur un bar où la compagnie se loue, finalement. Le regard de surprise initial s’explique un peu, alors.

Shanghaï – 7 au 12 mai

Nous avons quitté notre petit espace touristique pour aller vers la grande Shanghaï, où nous devions rejoindre mon père et sa conjointe. Ensemble, nous avons donc goûté à tout ce que la Chine met de l’avant dans ce qui est l’un de ses joyaux. Joyaux, car elle est sa plus grande ville. Car elle est un centre financier international important. Car elle propose grandes marques, luxe, restaurants de qualité, divertissement quasi continu. Et c’est vrai qu’elle est belle. Vue de sa promenade au bord du cours d’eau la traversant, qui offre à ses visiteurs plusieurs immeubles coloniaux magnifiques et ses tours futuristes illuminées. Ou vue de ses terrasses en hauteur, sur le toit d’un 15e étage, ou au 91e étage d’une de ses géantes…

Nous avons visité quelques sites “traditionnels”, et ici l’important seraient les guillemets. Car malheureusement, on détruit parfois pour reconstruire. La vieille ville semble donc nouvellement reconstruite, et certains des sites listés à notre vieux guide du routard étaient, rendus sur place, fermés, remplacés par un nouveaux centre commercial dernier cri ou entourés de barrières sur lesquelles on annonçaient la reconstruction d’une nouvelle ancienne ville. On détruit donc les vieilles maisons pour refaire un faux palais qui accueillera des crèmeries et des boutiques d’aimants et de pâtisseries. C’est, disons-le, tout de même dommage. Et à mon sens, moins riche en culture : on perd la vraie saveur de ce que l’on souhaite préserver et transmettre. En même temps, c’est un pays qui a recréé la tour Eiffel et le village autrichien d’Hallstatt en son sein, c’est donc peu surprenant. Soyez donc avisés, si vous visitez la Chine, prenez un guide récent.

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Shanghai
Pourquoi pas? L’apéro devant le soleil se couchant sur Shanghai

Beijing (ou Pékin) – 12 au 18 mai

Après quelques heures de train, nous voilà dans une autre ambiance. Si Shanghaï ne cachait pas trop son intention de vouloir paraître neuve, à l’affût, brillante, Beijing revêt plutôt ses habits de grande dame. Elle représente l’histoire, la sagesse, le pouvoir et… on y sent une petite effluve d’austérité. Ici, les palais portent le jaune ou le vert de la royauté, alors que les maisons des vieux quartiers revêtent le gris de la population ouvrière. Encore aujourd’hui, les rénovations conservent ce gris omniprésent. Et que dire de la présence militaire et policière. À notre première journée, nous avons tenté de nous rapprocher de la Place Tian’Anmen. Un symbole fort pour les revendications populaires, tant en Chine que pour le reste du monde. Après avoir montré nos identifications à plusieurs policiers, nous sommes finalement renvoyés hors de l’espace. C’est que nous n’avons pas pris rendez-vous (encore une fois, nos trop vieilles infos). Parce que c’est certain que c’est plus facile de poursuivre des manifestants si on sait exactement qui était présent, numéros de documents d’identité à l’appui. Ok, pas de trouble, nous allons prendre rendez-vous plus tard pour visiter la Cité interdite (ancien palais royal) ainsi que la fameuse place, pas très loin. Rendus au point de rencontre la matin de notre visite, nous apprenons que finalement, pas de Place Tian’Anmen aujourd’hui. Elle est fermée dû à la présence du président américain. Sérieusement? Bon ok, on part donc visiter la Cité interdite et on échange notre rendez-vous pour la place qui sera dans quelques jours. Finalement, nous nous pointons à notre rendez-vous, avec plusieurs milliers de personnes, pour la descente du drapeau, exécutée par les militaires à tous les jours au coucher du soleil. La sécurité à l’entrée est plus rigoureuse qu’à l’aéroport, et les policiers retirent des sacs armes, briquets, allumettes… et certains items pouvant faire du bruit. Gardiens de la sobriété jusqu’au bout. Je sens qu’on indique au visiteur qu’aucune écartade ne sera tolérée. Nous faisons donc finalement le tour de la place et nous nous installons sous le regard des multiples caméras pour regarder l’événement. C’est tout de même un moment fort, plusieurs ayant un drapeau chinois à la main, une caméra à l’autre pour immortaliser le symbole. Au moment exact où la cérémonie débute, la pluie le fait également. C’est donc dans une mer de parapluie, dans un silence relatif et une grisaille brumeuse, que l’on regarde le drapeau descendre sous les yeux attentifs et émus. Pendant tout ce temps, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui est reproché à cette grande nation par la communauté internationale, et à ceux qui se sont levés par patriotisme, mais sont maintenus à l’abris des regards. Définitivement, un pays de contrastes. La pluie continuera pour les prochaines 24 heures.

 

La cité interdite
La cité interdite : ancien complexe royal

Nous avons visité un quartier qui a été revitalisé en conservant les vestiges des industries l’ayant constitué des années auparavant, le parc de Shougang. Et le résultat est vraiment très intéressant. Comme quoi c’est possible de conserver.

La grande muraille de Chine – petite escapade de 36 heures durant notre séjour à Beijing

Il y a de ces endroits, qui laissent sans mot. Ou plutôt, qui nous font répéter les mêmes perpétuellement, de l’ordre du “oh my god que c’est beau” ou le classique “prends une photo, c’est malade”. La poésie reste dans ce qui nous entoure et s’imprime sur nos rétines, plutôt que sur nos langues, comme vous pouvez le constater. La grande muraille est en fait plusieurs murs à divers endroits en Chine et non un long mur traversant le pays. Ils ont été construits pour repousser l’ennemi venant du Nord, et se sont avérés être moins efficaces qu’espérés. Ils ont simplement été contournés, la dynastie des Ming n’aura d’ailleurs pas survécu à une invasion.

Mais si vous voulez vous assurer de goûter à l’expérience qui vous plaira, il faut donc choisir la bonne section. L’une d’entre elles est proche de Beijing et est fortement visitée. Nous n’y sommes pas allés, mais Antoine l’avait déjà vue lors de sa dernière visite. Elle est apparemment rénovée, un peu sous le mode préablement décrit : on fait du vieux neuf en reconstruisant. Nous souhaitions toutefois une expérience plus calme, plus authentique et plus sportive. Nous avons donc choisi un tronçon qui faisait débuter notre randonnée à Jinshanling pour revenir à Gubeikou, où nous passions une nuit. C’est donc environ 18 kilomètres et un nombre incalculable de marches à monter et descendre. On débute par une section qui a été rénovée un peu, mais dont le résultat ne parrait pas outrageux. Après quelques kilomètres, on nous fait dévier dans la forêt durant un petit bout, puisque cette portion de la muraille a été réquisitionnée par l’armée. Puis on remonte sur le mur, dans une portion non rénovée. Certaines sections ne sont donc pas sécurisées, et quelques marches manquent à l’appel. Mais c’est tellement beau. Du début à la fin. Et nous aurons été seuls durant des heures. Seuls sur la muraille de Chine, je ne pensais même pas que c’était possible. Mais cela aura été une opportunité de réfléchir sur la richesses des cultures de la région, et sur leur importance historique indéniable. Des peuples qui auront construit de grandes choses, et cumulé des connaissances en divers domaines, comme en sciences, en construction ou en arts. Avec un grand pouvoir devrait venir un grand sens de responsbilité, comme disaient Oncle Ben et Roosevelt, selon la référence qui vous parle le plus.

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Taïwan

Le tour de l’île – 25 avril au 3 mai

Nous avons récidivé. Parce que le vent de liberté qui nous faisait porter nos sacs à dos au travers des gares de train, des stations d’autobus ou des aéroports, ne soufflait apparemment pas suffisamment fort. L’envie de rajouter des contraintes sous la forme de machines est revenue nous titiller. À moto, cette fois-ci, donc chacun sa paire de roues.

Ah mais ces roues permettent de demeurer dans le vent, littérallement. Elles permettent de traverser, de survoler presque les paysages et les villages. Car à moto, tous les sens sont aux aguets. Pour garantir la sécurité du conducteur, l’aspect beaucoup plus terre-à-terre de l’équation, mais aussi parce que nous sommes transportés par tellement à voir et à sentir. L’effervescence des villes, l’odeur d’une industrie ou d’un champ fleuri, le vent frais sur notre visage et la chaleur du soleil sur notre dos… puis nos muscles qui se contractent pour conserver le contrôle sur notre accélération et nos freins, notre cerveau qui évalue constamment qui des sept mobilettes autour est la plus susceptible de nous accrocher.

Et je dirais qu’en plus, il y a un aspect très intime dans ce type de voyage. Des heures, seule dans mon casque, à penser, commenter pour mon unique plaisir, réfléchir. Ces heures m’appartiennent entièrement, puisque je ne communique pas avec Antoine, je ne prends pas de photos, rien. Comme une relation privilégiée avec un pays que l’on découvre kilomètre par kilomètre. Au Québec, nous disposons d’un système de communication pour nos escapades à moto, il nous arrive donc d’attirer l’attention de l’autre sur ce qui se passe autour ou même, de planifier les rénovations à l’agenda des prochains jours. Mais lors de ce périple, nous nous suivons mais nous effectuons un voyage distinct l’un de l’autre, ce qui demeure tout de même intéressant. Si certains motocyclistes disposent de caméras sur leur casque, nous n’avons pas cette possibilité de consigner chaque petite découverte. C’est donc un moment à vivre pleinement, sans l’orienter vers un message, une discussion ou une volonté de transmettre des photos, ou même de se souvenir. Exister dans le moment présent, et en profiter, tout simplement. La moto et la plongée sont deux activités où bizarrement, j’ai cette propension à savourer tout naturellement. Grâce à la contemplation, l’immersion et la réflexion qui viennent s’allier pour me transporter où tout le reste prend le bord, j’imagine. Les craintes et les espérances, le passé et le futur, le temps en lui-même ne semble pas exister. Une paix remplie de stimulations, exemptes de divertissements par tout ce que l’on ajoute habituellement dans nos quotidiens. Pas de musique, pas de nouvelles, pas d’écran. Mais le temps passe, sans trop que je m’en rende compte, malgré tout, et sans que mon sourire béat ne disparaisse sous mon casque.

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Côte Est

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Nous avons débuté notre tour de Taïwan dans le sens anti-horaire. Nous débutons donc par descendre la côte Ouest, qui fait face à la Chine. Elle est densément peuplée, et densément industrialisée. L’orientation est très possiblement choisie dû au terrain le permettant, mais cette oposition de deux entités, d’une culture commune mais de politiques opposées, me semble une image forte. Nous sommes donc majoritairement entourés de villes qui se déroulent devant nous et se succèdent, pour parfois laisser un peu de place à l’agriculture, notamment des rizières et de la pisciculture. Sans oublier les montagnes coupantes qui comblent le centre de l’île et qui sont toujours en vue dans notre horizon. En se rapprochant du Sud, chaque ville a sa culture fruitière de prédilection. Les bananes, puis les pommes de cire (ou jamalac), puis les mangues. Lorsque nous remontons vers le Nord par la côte Est, les villes demeurent grandes, mais la côte rocheuse, avec ses falaises dramatiques, s’impose pour entrecouper le tout et y déposer des pauses de verdure, enrubannées de nuages. À plusieurs endroits, on passe à côté de grands complexes industriels, avec leurs bassins, leurs tours, leurs échelles métalliques précaires et rouillées, qui se croisent et montent vers des silos ou des pièces qui tiennent sur des piloris à une hauteur presque ridicule. On dirait un décor d’un jeu vidéo dont on n’aurait pas limité la créativité des concepteurs. Cétait réellement fascinant à voir.

Après avoir laissé nos montures à l’entrée de la ville, nous revenons légers vers le centre de la ville de Taïpei, pour en profiter pour les prochaines 36 heures avant notre départ.

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Mémorial à Tchang Kaï-Chek, ancien président et figure importante dans l’histoire de Taïwan et de la Chine

J’ai tout aimé de Taïwan, tout. Les gens, les villes, les campagnes, la nourriture, tout. Y compris sa savoureuse et aisée alliance entre traditions et fierté identitaire avec une ouverture sans conteste vers le monde dans lequel elle évolue.

Thaïlande

Le Royaume de Thaïlande, qui n’était initialement pas sur notre itinéraire, s’est ajouté quelques temps après un appel video avec ma famille pour Noël. À ce moment, mon parrain Marc nous dit qu’il sera en Asie en avril… au cas où cela nous adonnerait de se croiser. L’idée a fait son chemin et nous y a amenés. Nous avions quelques jours de libres avant l’arrivée de Marc et son ami Martin, nous en avons donc profité afin que je puisse faire mon cours avancé de plongé. Ce dernier donne la possibilité d’aller un peu plus profond, et de participer à des voyages destinés à la plongée, communément appelés “liveaboards”. C’est, finalement, une minie croisière où tout tourne autour de ce que l’on aura réussi à appercevoir ou pas dans l’eau.

9 au 14 avril : plongée dans la mer d’Andaman (à l’Ouest de la Thaïlande)

En thaïlande, il y a beaucoup de possibilités de partir quelques jours en liveaboards. Les prix peuvent par ailleurs être très décents, considérant qu’ils incluent les frais de plongée, le lit et la nourriture. Nous avons donc choisi notre bateau, qui était offert par une entreprise qui semblait sérieuse et sécuritaire au regard de l’organisation des plongées. Car cela reste une activité qui, planifiée comme s’il s’agissait d’un simple picnic, peut avoir des conséquences graves. Nous avons rapidement rencontré l’équipe, puis nos 14 compagnons de voyage. Ensemble, nous allions nous réveiller à 6h du matin, plonger, manger, siester, puis répéter 19 fois sur 5 jours. I-DÉ-AL! Nous avons franchement eu beaucoup de plaisir, entre les magnifiques découvertes sous l’eau, et les belles discussions sur le pont le soir, une bière à la main. Car on ne sait jamais sur quel groupe on tombe, tant guides que voyageurs : l’ambiance peut nous correspondre ou, au contraire, moins nous plaire. Mais là vraiment, c’était parfait. Et les plongées étaient vraiment mangifiques, nous faisant longer ou traverser des forêts de coraux, ou nous enveloppant d’un banc de poissons tellement dense que la lumière peine à se rendre à nous.

14 au 17 avril : Phuket

Afin de laisser passer le mal de terre quelques jours, nous nous sommes rendus dans la vieille ville de Phuket. La région de cette dernière est grande et inclut plusieurs plages diverses, et plusieurs ambiances diverses également. On peut donc passer du “familial, calme et propret” au “complètement déluré, fêtard et certainement réservé aux adultes avertis”. Sur cette île se rencontrent donc un peuple chaleureux et souriant, ainsi qu’une industrie du tourisme bien développée. C’est une cohabitation qui m’a semblée parfois paradoxale. La vieille ville, de son côté, nous aura surtout permis de profiter de la culture, des canaux, des couchers de soleil et de la délicieuse nourriture thaï.

17 au 21 avril : Koh Lanta

PXL_20260418_091634090Hop, on change d’ambiance! On quitte les rues et les marchés de nuit noctures bondés, on rejoint maintenant l’ambiance de vacances. C’est ici que l’on rejoint Marc et martin, dans le calme et la chaleur. Nous sommes quand même au Sud de l’île, sur la baie de Kantiang, donc loin du port d’arrivée qui est au Nord de l’île. C’est donc petit, quelques restos sont disponibles, mais l’ensemble ferme relativement tôt. Après 22h, il peut ne rester qu’un seul bar d’ouvert. C’est donc réellement pour relaxer que l’on vient se poser ici. Mais j’aime bien ce type d’ambiance : on finit par avoir quelques habitudes et se sentir chez nous. Et le coucher de soleil dans la baie vaut le détour.

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21 au 25 avril : Bangkok

Nous retournons alors vers l’animation de la ville, au coeur de Bangkok. On traîne la chaleur avec nous, mais nous aurons maintenant l’occasion de marcher longtemps, de visiter palais et temples. Et de retrouver beaucoup de touristes, parfois concentrés dans certains attraits spécifiques.

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Impossible de passer à côté d’une soirée de combats de Muay-Thaï

Can you cross the Americas with a two wheel drive vehicle ?

Most overlanders travel through the Americas in big 4WDs or campers; we did it in a 2005 Pontiac Vibe, a perfectly normal car, and without limiting ourselves in any way. Roads in South and Central America are generally in acceptable condition across most countries (we didn’t go to Brazil, however).

Prêts au départ

First off, traveling in a “normal” car has several advantages:

  1. cheap to buy;
  2. low fuel consumption;
  3. easy and inexpensive to repair;
  4. doesn’t attract attention (we had zero trouble with police or locals throughout the entire trip);
  5. easier to sell once you reach your destination (if you’re doing a one-way trip);
  6. cheaper to ship across the Darien Gap (see Passing a vehicle from Panama to Colombia or the opposite (across the Darien gap));
  7. lighter, so easier to extract if you get stuck.

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Getting there does take some preparation. Here are a few tips to be ready for most situations:

  1. Pick a reliable, common brand — meaning Japanese or Korean. Our Pontiac Vibe was actually a rebadged Toyota Matrix and shared most of its parts with the Toyota Corolla, an extremely robust and popular vehicle throughout the Americas.
    1. Avoid Subarus, as they’re rare in South America (except in Chile). Their AWD might seem appealing, but if you break down, good luck finding parts.
  2. Don’t pick a vehicle that’s too recent. Very modern cars are mechanically and electronically complex, parts are harder to source, and they require expertise you won’t find in a small village in the Andes.
  3. Make sure you have decent ground clearance — roads are often rough. Mid-trip, we had our car lifted by an inch (2.5 cm), a fairly cheap operation that local mechanics are used to. After that, we cleared everything without scraping.
  4. Bring a real spare tire, not just a puncture repair kit like modern vehicles often come with. Tires can literally blow out. A patch is useless if your tire is split open.
  5. It gets hot — A/C is a must.
  6. Fit winter or all-terrain tires. We did the trip on summer tires, but better grip in dirt and mud would have spared us several scares and one off-road excursion.
  7. Pack the following gear:
    1. a tow strap in case you get stuck;
    2. a shovel;
    3. traction boards;
    4. a fire extinguisher and a warning triangle;
    5. some wire to tie up your exhaust if it breaks loose (North American cars are rusty…).
  8. It’s always a good idea to carry an extra jerry can of gas. Stations are frequent, but they can run dry (especially in Bolivia).
  9. If you leave gear strapped to the outside of the car, secure it with zip ties to make theft less convenient.
  10. If your car only has a rear license plate (as is the case in Quebec and a few US states), make a laminated copy of the plate and mount it on the rear (moving the original to the front, so agents see it first when passing checkpoints). Police pulled us over countless times because we had no front plate. It never ended in a bribe, but the fewer reasons they have to stop you, the better.
  11. Automatic or manual? My preference is manual: more robust, more reliable, and better control in poor road conditions. Either way, you can fake a kind of traction control by working the throttle and brake at the same time to lock up the differential if a wheel spins.
  12. Swap your headlight bulbs for high-output LEDs. When you’re driving at night, it helps spot the guanacos standing in the middle of the road.
  13. Pick a vehicle roomy enough to sleep in if needed. In the mountains and in Patagonia, weather conditions can be harsh.

Finally, 2WD or 4WD, ask locals about road conditions. If you see small cars heading the same way you are, it’s usually a good sign. The iOverlander app is also a huge help — get a subscription and contribute your own impressions on campsites and roads.

Happy adventuring!

Entre Chimbote et Caraz

Est-ce qu’on peut traverser les Amériques avec un véhicules deux roues motrices?

La plupart des overlanders voyagent dans les Amériques avec de gros 4×4 ou des campeurs ; on l’a fait avec une Pontiac Vibe 2005, une voiture tout à fait normale, et ce sans nous limiter. Les routes en Amérique du Sud et centrale sont généralement dans un état acceptable, et ce dans la plupart des pays (nous ne sommes pas allés au Brésil par contre).

Prêts au départ

Tout d’abord, voyager avec une voiture « normale » confère plusieurs avantages :

  1. peu chère à l’achat ;
  2. consomme peu d’essence ;
  3. facile et économique à réparer ;
  4. n’attire pas l’attention (nous n’avons eu aucune embrouille avec la police ou les locaux de toute notre traversée) ;
  5. plus facile à revendre une fois rendu à destination (si vous faites un aller simple) ;
  6. traversée du Darien moins coûteuse (voir Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)) ;
  7. plus légère, donc plus facile à sortir du pétrin si vous vous enlisez.

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Y arriver demande un peu de préparation quand même. Voici quelques conseils pour être paré à la plupart des situations :

  1. Choisissez une marque fiable et commune, donc une japonaise ou une coréenne. Notre Pontiac Vibe était en fait une Toyota Matrix rebadgée et partageait la majorité de ses pièces avec la Toyota Corolla, un véhicule extrêmement robuste et populaire partout dans les Amériques.
    1. Évitez les Subaru, car elles sont très rares en Amérique du Sud (sauf au Chili). Leur traction intégrale peut sembler intéressante, mais si vous tombez en panne, bonne chance pour les réparer.
  2. Choisissez un véhicule pas trop récent. Les voitures très modernes sont mécaniquement et électroniquement compliquées, les pièces sont plus difficiles à trouver et elles demandent une certaine expertise pour les réparer, expertise que vous ne trouverez pas dans un petit village des Andes.
  3. Ayez une bonne garde au sol, car les routes sont souvent cahoteuses. En cours de route, nous avons fait lever notre véhicule de 2,5 cm, une opération somme toute peu coûteuse et à laquelle les mécaniciens locaux sont habitués. On passait partout sans frotter par la suite.
  4. Ayez une vraie roue de secours et pas juste un kit pour réparer les crevaisons, comme c’est fréquemment le cas de série sur les véhicules modernes. Les pneus peuvent littéralement exploser. Une rustine ne vous sera d’aucune utilité si votre roue est carrément fendue.
  5. Il fait chaud : la climatisation est un must.
  6. Installez des pneus d’hiver ou tout-terrain. Nous avons fait le trajet avec des pneus d’été, mais une meilleure adhérence dans la terre et la boue nous aurait évité plusieurs frousses et une sortie de route.
  7. Partez avec les équipements suivants :
    1. un câble pour vous faire tracter si vous vous enlisez ;
    2. une pelle ;
    3. des traction aids (plaques de désensablage) ;
    4. un extincteur et un triangle de sécurité ;
    5. du fil de fer pour attacher votre échappement s’il se casse (les voitures nord-américaines sont rouillées…).
  8. C’est toujours une bonne idée d’avoir un bidon d’essence supplémentaire. Les stations-service sont fréquentes, mais elles peuvent parfois être à sec (surtout en Bolivie).
  9. Si vous laissez des équipements attachés à l’extérieur, sécurisez-les avec des attaches rapides (tie wraps) pour diminuer les chances qu’on vous les vole.
  10. Si votre voiture n’a des plaques d’immatriculation qu’à l’arrière (comme c’est le cas au Québec et dans quelques États américains), faites une copie plastifiée de votre plaque et installez-la en arrière (en déplaçant l’authentique à l’avant, pour qu’au passage des contrôles les agents puissent la voir en premier). La police nous a arrêtés un nombre incalculable de fois parce que nous n’avions pas de plaque avant. Ça ne s’est jamais terminé en pot-de-vin, mais moins ils ont de raisons de vous contrôler, mieux c’est.
  11. Automatique ou manuelle ? Ma préférence va vers la manuelle : plus robuste, plus fiable et meilleur contrôle en mauvaises conditions routières. Dans les deux cas, il est possible d’émuler une sorte de contrôle de traction en jouant de l’accélérateur et du frein simultanément, afin de bloquer le différentiel si une roue patine.
  12. Changez vos ampoules de phares pour des LED haute puissance. Lorsqu’on roule de nuit, ça aide à voir les guanacos en plein milieu du chemin.
  13. Prenez un véhicule assez spacieux pour pouvoir y dormir au besoin. En montagne et en Patagonie, les conditions climatiques peuvent être rudes.

Finalement, 2×4 ou 4×4, renseignez-vous auprès des locaux sur les conditions routières. Si vous voyez de petites voitures circuler dans la direction où vous allez, c’est généralement bon signe. L’application iOverlander est aussi d’une grande aide. Prenez un abonnement et contribuez vos impressions sur les sites de camping et les routes.

Bonne aventure !

Entre Chimbote et Caraz
Elle nous aura amené partout !