Chine

Sur la Chine, on entend, on lit, on interprète. J’avais donc une bonne idée du type de pays dans lequel j’allais entrer, mais avec quelques données inconnues. Déjà, dans le passé il semblait être impossible d’entrer si un tampon de Taïwan était présent à notre passeport. Finalement, après quelques recherches… non, l’entrée est possible, même qu’un vol direct nous aura transportés de Taïpei vers Shanghai. Et lorsque nous avons débuté nos préparatifs, la visite de Mark Carney en Chine avait fait débouller une entente permettant d’entrer sans Visa. C’est donc grâce à cette nouveauté de février 2026 que nous sommes entrés.

Une fois rendus, je ressens à nouveau la complexité voyagère qu’est la barrière de communication. Enfin! Car maintenant, avec les cartes SIM faciles à se procurer, les applications de traduction, les systèmes partagés mondialement (ne serait-ce que pour les cartes bancaires), le voyage peut être drôlement plus facile qu’on le pense. En Chine, plusieurs de ces outils ne fonctionnent pas, et beaucoup moins de gens parlent anglais. Et le français, on passe. C’est donc avec un peu d’hilarité que nous nous sommes retrouvés confrontés à notre premier métro : on fait quoi, on va où, on paie comment… on ne le savait pas à ce moment mais notre chemin entre l’aéroport et notre premier hôtel, qui était sur papier de 2h, allait en prendre 5h. En fait, moi je le vivais dans l’hilarité parce que je trouvais cela réellement drôle. Et stimulant. Antoine était un peu moins dans l’hilarité, mais plutôt dans l’irritation de voir les applications planter, mal fonctionner et devenir une barrière à notre avancée. Déformation professionnelle, j’imagine. Car ici, à sa dernière visite il y a une quinzaine d’année, il pouvait retirer de l’argent facilement puis se dépatouiller en pointant ce qu’il voulait et obtenir thé, repas, tickets de bus. Maintenant, l’argent, c’est out! Tout passe par une application mobile dont l’efficacité est encore à prouver. Et il ne faut pas oublier que nous ne partageons pas le même alphabet, alors même si on essaie de dire, pointer, montrer une adresse, l’info ne se traduit pas tout le temps. Mais cette relative vulnérabilité demeure douce, puisque les gens sont très volontaires, généreux, et s’arrêtent souvent pour aider. Et finalement, nous trouvons la façon de pouvoir traduire tant nos questions que les menus. C’est parfois approximatif, mais cela nous amène habituellement au bon objectif.

Suzhou – la Venise de l’Est – 3 au 7 mai

Son petit surnom dit bien son attrait principal : plusieurs villes où les canaux sont un personnage central. C’est par ailleurs un endroit que les Chinois visitent beaucoup eux-mêmes, un peu comme nous irions à Tremblant ou à Kamouraska. Et ce qui est drôle, c’est que rendus ici, première soirée, nous apprenons que c’est la Golden Week, une semaine de congé généralisé au pays. Nous sommes donc dans l’équivalent du Vieux-Québec en pleine semaine de la construction. Il ne manque pas de monde! Mais c’est magnifique, c’est comme si en plus de voir les attraits touristiques, nous sommes témoins de leurs vacances. J’ai l’impression de regarder un film en plein air. Beaucoup de femmes sont habillées en costumes traditionnels, fartées et maquillées, coiffées de hautes sculptures capillaires. Ça pose ici et là, partout. Et quand je dis partout, c’est réellement le cas : des photographes professionnels à la pelle accompagnent leur clients pour le cliché parfait, pendant que plusieurs autres petits groupes se prennent en photo entre eux. Une coexistence presque sans faille entre la modernité où l’on pose le regard sur ce que l’on projette et l’essence ancien du jardin devant apaiser l’âme dans la cultivation patiente de la nature. Je ne peux m’empêcher de sourire à la réflexion philosophique que le sujet me pose.

La ville de Suzhou en elle-même est tout de même intéressante, les rues sont belles, les parcs sont utilisés pour des danses en groupe, pour discuter, pour siester, toutes les raisons sont bonnes. Et l’ambiance est chouette, des petits restos qui donnent l’eau à la bouche, que ce soit pour un délicieux hotpot (la vraie fondue chinoise), des nouilles goûteuses ou des dumplings à se jeter par terre. On est confortables dans notre hôtel hyper “artsy” (pas mal dans le top 3 des plus chouettes qu’on ait eu depuis le début). Bref, on a apprécié notre temps là-bas. Cette ville nous aura donc permis de nous adapter à la Chine, avec quelques surprises. Notamment une annecdote présentée par le fait qu’il y a peu de bars en Chine, selon notre expérience. Les gens consomment au restaurant lors de leur souper, par exemple, ou à la maison. Alors, lorsque nous avons vu un petit bar, nous sommes entrés, et avons reçu un accueil très chaleureux! Surpris, mais chaleureux! Les quelques femmes nous sourient, replacent leurs cheveux subtilement nerveusement, nous servent une bière, des arachides… et je remarque que certaines continuent d’arriver. Qu’en rotation, elle se refont une beauté au miroir. Qu’il y a près des tables des petites boites avec brosse à cheveux, déo, rouge à lèvres. Je me dis que nous sommes peut-être tombées dans un repaire pour les femmes fêtant entre elles. Finalement, pas vraiment… Les femmes qui entrent et font comme si elles travaillent ici en passant derrière le bar, finissent par être rejointes par un Monsieur peu de temps après. Et certains montent vers un 2e étage. On comprend que l’on est peut-être tombés sur un bar où la compagnie se loue, finalement. Le regard de surprise initial s’explique un peu, alors.

Shanghaï – 7 au 12 mai

Nous avons quitté notre petit espace touristique pour aller vers la grande Shanghaï, où nous devions rejoindre mon père et sa conjointe. Ensemble, nous avons donc goûté à tout ce que la Chine met de l’avant dans ce qui est l’un de ses joyaux. Joyaux, car elle est sa plus grande ville. Car elle est un centre financier international important. Car elle propose grandes marques, luxe, restaurants de qualité, divertissement quasi continu. Et c’est vrai qu’elle est belle. Vue de sa promenade au bord du cours d’eau la traversant, qui offre à ses visiteurs plusieurs immeubles coloniaux magnifiques et ses tours futuristes illuminées. Ou vue de ses terrasses en hauteur, sur le toit d’un 15e étage, ou au 91e étage d’une de ses géantes…

Nous avons visité quelques sites “traditionnels”, et ici l’important seraient les guillemets. Car malheureusement, on détruit parfois pour reconstruire. La vieille ville semble donc nouvellement reconstruite, et certains des sites listés à notre vieux guide du routard étaient, rendus sur place, fermés, remplacés par un nouveaux centre commercial dernier cri ou entourés de barrières sur lesquelles on annonçaient la reconstruction d’une nouvelle ancienne ville. On détruit donc les vieilles maisons pour refaire un faux palais qui accueillera des crèmeries et des boutiques d’aimants et de pâtisseries. C’est, disons-le, tout de même dommage. Et à mon sens, moins riche en culture : on perd la vraie saveur de ce que l’on souhaite préserver et transmettre. En même temps, c’est un pays qui a recréé la tour Eiffel et le village autrichien d’Hallstatt en son sein, c’est donc peu surprenant. Soyez donc avisés, si vous visitez la Chine, prenez un guide récent.

IMG_8330

IMG_8323

IMG_1395_1

Shanghai
Pourquoi pas? L’apéro devant le soleil se couchant sur Shanghai

Beijing (ou Pékin) – 12 au 18 mai

Après quelques heures de train, nous voilà dans une autre ambiance. Si Shanghaï ne cachait pas trop son intention de vouloir paraître neuve, à l’affût, brillante, Beijing revêt plutôt ses habits de grande dame. Elle représente l’histoire, la sagesse, le pouvoir et… on y sent une petite effluve d’austérité. Ici, les palais portent le jaune ou le vert de la royauté, alors que les maisons des vieux quartiers revêtent le gris de la population ouvrière. Encore aujourd’hui, les rénovations conservent ce gris omniprésent. Et que dire de la présence militaire et policière. À notre première journée, nous avons tenté de nous rapprocher de la Place Tian’Anmen. Un symbole fort pour les revendications populaires, tant en Chine que pour le reste du monde. Après avoir montré nos identifications à plusieurs policiers, nous sommes finalement renvoyés hors de l’espace. C’est que nous n’avons pas pris rendez-vous (encore une fois, nos trop vieilles infos). Parce que c’est certain que c’est plus facile de poursuivre des manifestants si on sait exactement qui était présent, numéros de documents d’identité à l’appui. Ok, pas de trouble, nous allons prendre rendez-vous plus tard pour visiter la Cité interdite (ancien palais royal) ainsi que la fameuse place, pas très loin. Rendus au point de rencontre la matin de notre visite, nous apprenons que finalement, pas de Place Tian’Anmen aujourd’hui. Elle est fermée dû à la présence du président américain. Sérieusement? Bon ok, on part donc visiter la Cité interdite et on échange notre rendez-vous pour la place qui sera dans quelques jours. Finalement, nous nous pointons à notre rendez-vous, avec plusieurs milliers de personnes, pour la descente du drapeau, exécutée par les militaires à tous les jours au coucher du soleil. La sécurité à l’entrée est plus rigoureuse qu’à l’aéroport, et les policiers retirent des sacs armes, briquets, allumettes… et certains items pouvant faire du bruit. Gardiens de la sobriété jusqu’au bout. Je sens qu’on indique au visiteur qu’aucune écartade ne sera tolérée. Nous faisons donc finalement le tour de la place et nous nous installons sous le regard des multiples caméras pour regarder l’événement. C’est tout de même un moment fort, plusieurs ayant un drapeau chinois à la main, une caméra à l’autre pour immortaliser le symbole. Au moment exact où la cérémonie débute, la pluie le fait également. C’est donc dans une mer de parapluie, dans un silence relatif et une grisaille brumeuse, que l’on regarde le drapeau descendre sous les yeux attentifs et émus. Pendant tout ce temps, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui est reproché à cette grande nation par la communauté internationale, et à ceux qui se sont levés par patriotisme, mais sont maintenus à l’abris des regards. Définitivement, un pays de contrastes. La pluie continuera pour les prochaines 24 heures.

 

La cité interdite
La cité interdite : ancien complexe royal

Nous avons visité un quartier qui a été revitalisé en conservant les vestiges des industries l’ayant constitué des années auparavant, le parc de Shougang. Et le résultat est vraiment très intéressant. Comme quoi c’est possible de conserver.

La grande muraille de Chine – petite escapade de 36 heures durant notre séjour à Beijing

Il y a de ces endroits, qui laissent sans mot. Ou plutôt, qui nous font répéter les mêmes perpétuellement, de l’ordre du “oh my god que c’est beau” ou le classique “prends une photo, c’est malade”. La poésie reste dans ce qui nous entoure et s’imprime sur nos rétines, plutôt que sur nos langues, comme vous pouvez le constater. La grande muraille est en fait plusieurs murs à divers endroits en Chine et non un long mur traversant le pays. Ils ont été construits pour repousser l’ennemi venant du Nord, et se sont avérés être moins efficaces qu’espérés. Ils ont simplement été contournés, la dynastie des Ming n’aura d’ailleurs pas survécu à une invasion.

Mais si vous voulez vous assurer de goûter à l’expérience qui vous plaira, il faut donc choisir la bonne section. L’une d’entre elles est proche de Beijing et est fortement visitée. Nous n’y sommes pas allés, mais Antoine l’avait déjà vue lors de sa dernière visite. Elle est apparemment rénovée, un peu sous le mode préablement décrit : on fait du vieux neuf en reconstruisant. Nous souhaitions toutefois une expérience plus calme, plus authentique et plus sportive. Nous avons donc choisi un tronçon qui faisait débuter notre randonnée à Jinshanling pour revenir à Gubeikou, où nous passions une nuit. C’est donc environ 18 kilomètres et un nombre incalculable de marches à monter et descendre. On débute par une section qui a été rénovée un peu, mais dont le résultat ne parrait pas outrageux. Après quelques kilomètres, on nous fait dévier dans la forêt durant un petit bout, puisque cette portion de la muraille a été réquisitionnée par l’armée. Puis on remonte sur le mur, dans une portion non rénovée. Certaines sections ne sont donc pas sécurisées, et quelques marches manquent à l’appel. Mais c’est tellement beau. Du début à la fin. Et nous aurons été seuls durant des heures. Seuls sur la muraille de Chine, je ne pensais même pas que c’était possible. Mais cela aura été une opportunité de réfléchir sur la richesses des cultures de la région, et sur leur importance historique indéniable. Des peuples qui auront construit de grandes choses, et cumulé des connaissances en divers domaines, comme en sciences, en construction ou en arts. Avec un grand pouvoir devrait venir un grand sens de responsbilité, comme disaient Oncle Ben et Roosevelt, selon la référence qui vous parle le plus.

PXL_20260515_041922297

Taïwan

Le tour de l’île – 25 avril au 3 mai

Nous avons récidivé. Parce que le vent de liberté qui nous faisait porter nos sacs à dos au travers des gares de train, des stations d’autobus ou des aéroports, ne soufflait apparemment pas suffisamment fort. L’envie de rajouter des contraintes sous la forme de machines est revenue nous titiller. À moto, cette fois-ci, donc chacun sa paire de roues.

Ah mais ces roues permettent de demeurer dans le vent, littérallement. Elles permettent de traverser, de survoler presque les paysages et les villages. Car à moto, tous les sens sont aux aguets. Pour garantir la sécurité du conducteur, l’aspect beaucoup plus terre-à-terre de l’équation, mais aussi parce que nous sommes transportés par tellement à voir et à sentir. L’effervescence des villes, l’odeur d’une industrie ou d’un champ fleuri, le vent frais sur notre visage et la chaleur du soleil sur notre dos… puis nos muscles qui se contractent pour conserver le contrôle sur notre accélération et nos freins, notre cerveau qui évalue constamment qui des sept mobilettes autour est la plus susceptible de nous accrocher.

Et je dirais qu’en plus, il y a un aspect très intime dans ce type de voyage. Des heures, seule dans mon casque, à penser, commenter pour mon unique plaisir, réfléchir. Ces heures m’appartiennent entièrement, puisque je ne communique pas avec Antoine, je ne prends pas de photos, rien. Comme une relation privilégiée avec un pays que l’on découvre kilomètre par kilomètre. Au Québec, nous disposons d’un système de communication pour nos escapades à moto, il nous arrive donc d’attirer l’attention de l’autre sur ce qui se passe autour ou même, de planifier les rénovations à l’agenda des prochains jours. Mais lors de ce périple, nous nous suivons mais nous effectuons un voyage distinct l’un de l’autre, ce qui demeure tout de même intéressant. Si certains motocyclistes disposent de caméras sur leur casque, nous n’avons pas cette possibilité de consigner chaque petite découverte. C’est donc un moment à vivre pleinement, sans l’orienter vers un message, une discussion ou une volonté de transmettre des photos, ou même de se souvenir. Exister dans le moment présent, et en profiter, tout simplement. La moto et la plongée sont deux activités où bizarrement, j’ai cette propension à savourer tout naturellement. Grâce à la contemplation, l’immersion et la réflexion qui viennent s’allier pour me transporter où tout le reste prend le bord, j’imagine. Les craintes et les espérances, le passé et le futur, le temps en lui-même ne semble pas exister. Une paix remplie de stimulations, exemptes de divertissements par tout ce que l’on ajoute habituellement dans nos quotidiens. Pas de musique, pas de nouvelles, pas d’écran. Mais le temps passe, sans trop que je m’en rende compte, malgré tout, et sans que mon sourire béat ne disparaisse sous mon casque.

PXL_20260501_030747527
Côte Est

PXL_20260429_070339525.PANO

IMG_E1342_1

Nous avons débuté notre tour de Taïwan dans le sens anti-horaire. Nous débutons donc par descendre la côte Ouest, qui fait face à la Chine. Elle est densément peuplée, et densément industrialisée. L’orientation est très possiblement choisie dû au terrain le permettant, mais cette oposition de deux entités, d’une culture commune mais de politiques opposées, me semble une image forte. Nous sommes donc majoritairement entourés de villes qui se déroulent devant nous et se succèdent, pour parfois laisser un peu de place à l’agriculture, notamment des rizières et de la pisciculture. Sans oublier les montagnes coupantes qui comblent le centre de l’île et qui sont toujours en vue dans notre horizon. En se rapprochant du Sud, chaque ville a sa culture fruitière de prédilection. Les bananes, puis les pommes de cire (ou jamalac), puis les mangues. Lorsque nous remontons vers le Nord par la côte Est, les villes demeurent grandes, mais la côte rocheuse, avec ses falaises dramatiques, s’impose pour entrecouper le tout et y déposer des pauses de verdure, enrubannées de nuages. À plusieurs endroits, on passe à côté de grands complexes industriels, avec leurs bassins, leurs tours, leurs échelles métalliques précaires et rouillées, qui se croisent et montent vers des silos ou des pièces qui tiennent sur des piloris à une hauteur presque ridicule. On dirait un décor d’un jeu vidéo dont on n’aurait pas limité la créativité des concepteurs. Cétait réellement fascinant à voir.

Après avoir laissé nos montures à l’entrée de la ville, nous revenons légers vers le centre de la ville de Taïpei, pour en profiter pour les prochaines 36 heures avant notre départ.

PXL_20260502_100358998
Mémorial à Tchang Kaï-Chek, ancien président et figure importante dans l’histoire de Taïwan et de la Chine

J’ai tout aimé de Taïwan, tout. Les gens, les villes, les campagnes, la nourriture, tout. Y compris sa savoureuse et aisée alliance entre traditions et fierté identitaire avec une ouverture sans conteste vers le monde dans lequel elle évolue.

Thaïlande

Le Royaume de Thaïlande, qui n’était initialement pas sur notre itinéraire, s’est ajouté quelques temps après un appel video avec ma famille pour Noël. À ce moment, mon parrain Marc nous dit qu’il sera en Asie en avril… au cas où cela nous adonnerait de se croiser. L’idée a fait son chemin et nous y a amenés. Nous avions quelques jours de libres avant l’arrivée de Marc et son ami Martin, nous en avons donc profité afin que je puisse faire mon cours avancé de plongé. Ce dernier donne la possibilité d’aller un peu plus profond, et de participer à des voyages destinés à la plongée, communément appelés “liveaboards”. C’est, finalement, une minie croisière où tout tourne autour de ce que l’on aura réussi à appercevoir ou pas dans l’eau.

9 au 14 avril : plongée dans la mer d’Andaman (à l’Ouest de la Thaïlande)

En thaïlande, il y a beaucoup de possibilités de partir quelques jours en liveaboards. Les prix peuvent par ailleurs être très décents, considérant qu’ils incluent les frais de plongée, le lit et la nourriture. Nous avons donc choisi notre bateau, qui était offert par une entreprise qui semblait sérieuse et sécuritaire au regard de l’organisation des plongées. Car cela reste une activité qui, planifiée comme s’il s’agissait d’un simple picnic, peut avoir des conséquences graves. Nous avons rapidement rencontré l’équipe, puis nos 14 compagnons de voyage. Ensemble, nous allions nous réveiller à 6h du matin, plonger, manger, siester, puis répéter 19 fois sur 5 jours. I-DÉ-AL! Nous avons franchement eu beaucoup de plaisir, entre les magnifiques découvertes sous l’eau, et les belles discussions sur le pont le soir, une bière à la main. Car on ne sait jamais sur quel groupe on tombe, tant guides que voyageurs : l’ambiance peut nous correspondre ou, au contraire, moins nous plaire. Mais là vraiment, c’était parfait. Et les plongées étaient vraiment mangifiques, nous faisant longer ou traverser des forêts de coraux, ou nous enveloppant d’un banc de poissons tellement dense que la lumière peine à se rendre à nous.

14 au 17 avril : Phuket

Afin de laisser passer le mal de terre quelques jours, nous nous sommes rendus dans la vieille ville de Phuket. La région de cette dernière est grande et inclut plusieurs plages diverses, et plusieurs ambiances diverses également. On peut donc passer du “familial, calme et propret” au “complètement déluré, fêtard et certainement réservé aux adultes avertis”. Sur cette île se rencontrent donc un peuple chaleureux et souriant, ainsi qu’une industrie du tourisme bien développée. C’est une cohabitation qui m’a semblée parfois paradoxale. La vieille ville, de son côté, nous aura surtout permis de profiter de la culture, des canaux, des couchers de soleil et de la délicieuse nourriture thaï.

17 au 21 avril : Koh Lanta

PXL_20260418_091634090Hop, on change d’ambiance! On quitte les rues et les marchés de nuit noctures bondés, on rejoint maintenant l’ambiance de vacances. C’est ici que l’on rejoint Marc et martin, dans le calme et la chaleur. Nous sommes quand même au Sud de l’île, sur la baie de Kantiang, donc loin du port d’arrivée qui est au Nord de l’île. C’est donc petit, quelques restos sont disponibles, mais l’ensemble ferme relativement tôt. Après 22h, il peut ne rester qu’un seul bar d’ouvert. C’est donc réellement pour relaxer que l’on vient se poser ici. Mais j’aime bien ce type d’ambiance : on finit par avoir quelques habitudes et se sentir chez nous. Et le coucher de soleil dans la baie vaut le détour.

PXL_20260418_111733022

21 au 25 avril : Bangkok

Nous retournons alors vers l’animation de la ville, au coeur de Bangkok. On traîne la chaleur avec nous, mais nous aurons maintenant l’occasion de marcher longtemps, de visiter palais et temples. Et de retrouver beaucoup de touristes, parfois concentrés dans certains attraits spécifiques.

PXL_20260424_134944021

PXL_20260423_132715169
Impossible de passer à côté d’une soirée de combats de Muay-Thaï

Sydney et Singapore

En quittant Fiji, nous nous sommes demandé la si simple question : “Par où on va maintenant”? Notre objectif était de quitter l’Océanie pour l’Asie. Idéalement, Singapore. Antoine était déjà allé et avait beaucoup aimé. De plus, c’est un centre commercial névralgique, son aéroport est donc une belle porte d’entrée, selon nos intentions ultérieures (encore incertaines à ce moment). Alors en faisant les recherches déjà testées quelques jours et semaines avant, nous apprenons que les billets Fiji-Singapore, en vol direct, ont subit une petite envolée de prix. C’est donc pour cette raison que finalement, nous avons décidé d’arrêter quelques jours à Sydney en Australie, tant qu’à y être, pour repartir vers Singapore.

Sydney – 31 mars au 3 avril

Ce qui est bien lorsque nous n’avons pas d’attente, c’est que tout est possible par la suite. L’Australie n’était pas sur ma liste. Pourtant, plusieurs personnes nous en avaient parlé très positivement, mais je n’avais simplement pas l’appel. Je me gardais la région pour plus tard, un jour. Nous avons choisi le quartier de Newtown comme résidence temporaire, et le choix aura été parfait! De la bonne bouffe, des gens plein les rues, une effluve de liberté transportant des couleurs et des sourires, marqués par la mode et l’art, la jeunesse et les possibilités. Et en s’éloignant un peu du quartier, nous avons continué d’apprécier la ville. Si facile à arpenter, il y a toujours quelque chose à voir. Franchement, un endroit fort accueillant.

Opéra de Sydney
Opéra de Sydney

Singapore – 4-8 avril

Depuis notre retour en voyage, nous avons été choyés par l’abondance des saveurs. Tant à Fiji qu’à Sydney. Le goût du riz blanc des Amériques commence à se dissiper tranquillement. Mais à l’arrivée à Singapore… Ooohhhhh, l’importance de se contenir et de se tempérer. Nous avions un enjeu : trop d’envies culinaires, pas assez de repas dans la journée. À un point tel que parfois, nous prenions deux repas partagés pour mieux s’étendre sur les différents territoires. Notre première journée, nous avons déjeuné japonais, dîné indien du Sud, puis soupé chinois. MI-AM! Lorsqu’un repas se termine, on planifie non seulement le suivant, mais ceux des prochains jours : ne rien oublier, ne rien manquer, tout manger! C’est donc en butinant d’un resto à l’autre que nous avons procéder à notre visite de cette cité-état, l’une des trois sur terre, avec Monaco et le Vatican.

Ce qui fait que l’offre alimentaire est halucinante à Singapour, c’est la diversité, la quantité, et les prix. J’ai mangé pour 2.50$, et ce avec délectation, et avec mes doigts. Comme dit Antoine, le bonheur économique est important. Et comme la ville est remplie de grandes tours d’habitation pour loger ses 6 millions d’habitants, les rez de chaussée sont souvent occupés par des cours alimentaires (appelés ici des Hawkers centers). Selon des stastistiques glanées sur le web, 62% à 77% des singapouriens mangent au moins un repas au restaurant, à tous les jours. Parce que, pourquoi pas, quand c’est plus facile et moins cher..! Nous sommes bienheureux : notre voyage culinaire est officiellement commencé et ne se terminera pas avant notre retour!

Outre la nourriture et ses gens, Singapore est emplie d’immeubles, certains bien classiques, d’autres plutôt créatifs, conférant à la ville un style bien unique.

Singapore
On voit assurément la Malaisie au fond.

Singapore

Bilan première phase

PXL_20260118_005832084

Au moment où j’écris ces lignes, nous voilà repartis pour l’Asie, deuxième phase de notre voyage.

Même si notre escale au Québec n’aura duré que trois semaines, j’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée depuis notre retour d’Amérique du Sud. Le phénomène est-il attribuable à ce dépaysement que l’on ressent après avoir quitté son quotidien depuis si longtemps? C’est probable. Lorsqu’on est en mode découverte, le cerveau redevient sensible à tout ce qui l’entoure et l’on devient bien plus conscient de tous ces petits détails normalement ignorés. Loin de la routine, le temps retrouve sa pleine ampleur et s’en voit même dilaté, car c’est la mémoire qui nous donne la mesure des jours qui passent.

Entre Montréal et Ushuaïa, il s’en est formé des souvenirs; assez d’ailleurs pour me donner l’impression d’être parti depuis des années. Tant de pays visités (certains plus que d’autres), tant de rencontres, tant de paysages… Les Amériques sont immenses et diverses. On en prend mal la mesure en regardant nos cartes.

À ce sentiment de voyage se sera superposé l’aventure et le défi, car se rendre à l’extrémité sud de notre continent en 7 mois en aura été tout un. En rétrospective, c’était ambitieux, mais nous y sommes arrivés quand même. Avec plus de temps, nous nous serions certainement arrêtés davantage, mais compte tenu du temps imparti, il fallait avancer. Plus qu’en mode visite, nous étions en mode road trip.

En ce qui me concerne, le travail aura ajouté un niveau de difficulté supplémentaire. Initialement, je m’étais donné comme objectif trois heures par jour. La promesse aura été tenue, mais au prix de nombreuses frictions et de beaucoup de stress. Devoir constamment passer du mode besogne au mode voyage, entrecoupé de réunions, est quelque chose d’éreintant. Travailler des heures durant dans un véhicule en mouvement, même sans mal des transports, fatigue bien plus qu’être confortablement assis à son bureau chez soi. J’aurais volontiers fait l’économie de toutes ces contraintes, mais je n’avais pas le choix.

Une chance d’ailleurs qu’Audrey a pris la relève du journal de voyage. Fidèle à son poste, elle vous en aura fait un récit riche en aventures et en émotions, avec une plume radicalement différente de la mienne.

La page de la première phase du voyage maintenant en train de se tourner (il manque quand même une publication), nous voilà donc dans les airs, en route pour l’Asie. Bien franchement, nous avions tous deux très hâte à cette partie. L’Amérique du Sud est intéressante, certes, mais elle n’a pas la profondeur et la richesse de l’Asie. Elle n’a pas non plus son attrait gastronomique. Certains se demanderont alors pourquoi nous n’y sommes pas allés une année entière. Pour la simple raison que toute la planète vaut la peine d’être explorée et que l’Amérique, c’est notre continent. Il faut donc le comprendre et le vivre; le voyage est une bonne manière d’y arriver.

PXL_20251203_200925057.PORTRAIT

Dernières chroniques automobiles

En fait d’aventures mécaniques, il ne s’est pas passé grand-chose. Notre seule crevaison du voyage est arrivée au Chili (contre 12 lors de notre périple vers l’Asie Centrale).

Pas non plus d’embûches majeures. Nous sommes restés coincés dans le sable environ deux heures près de la frontière entre le Chili et la Bolivie, parce que nous avions tenté d’emprunter un petit chemin vers un cratère volcanique. Ayant mal évalué la surface de la route, la voiture est restée prise. Par chance, nous avons trouvé non loin des planches suffisamment solides pour supporter le véhicule et, méthodiquement, quelques dizaines de centimètres à la fois, nous avons pu manœuvrer hors de cette fâcheuse situation. Après l’incident, j’ai demandé à mes parents de m’apporter des aides de traction et j’ai acheté une pelle — qu’on s’est fait voler quelques semaines plus tard.

 

Un autre tronçon de route nous aura donné du fil à retordre : los 73 malditos entre El Chaltén et Bariloche sur la Ruta 40. Pavée sur toute sa longueur en théorie, ces 73 kilomètres sont toujours en terre battue en raison de conflits avec les estancias avoisinantes. Sans la pluie tombée la veille, nous n’aurions pas eu de problèmes, mais lors de notre passage, la chaussée s’était transformée en un mélange de terre glaiseuse — le genre qui colle à tout et réduit quasiment à néant toute traction. Nous avions si peu d’adhérence que dans les dix premiers kilomètres nous avons fait une sortie de route, heureusement sans dégâts. Je n’ai pas la prétention d’être un conducteur hors pair, mais je dois admettre que tant d’hivers passés à conduire dans les tempêtes québécoises m’ont donné une bonne dose d’expérience sur chaussée glissante. Il aura fallu trois heures d’habile jeu d’embrayage, de patinage contrôlé et une bonne dose d’adrénaline pour retrouver le pavage. À plusieurs reprises nous sommes passés à deux doigts de rester coincés, mais nous étions prêts à cette éventualité : j’avais un câble de remorquage et assez de vivres pour tenir quelques jours si nécessaire. Aurions-nous dû rebrousser chemin? Tous les conducteurs croisés — en 4×4 — nous avaient déconseillé de nous engager, mais le détour nous aurait rallongé de trois jours. Il fallait donc prendre le risque.

PXL_20260204_155526121
Sortie de route

Au final, notre pari d’effectuer Montréal–Ushuaïa en simple véhicule à deux roues motrices aura été un succès. Ayant trouvé peu d’informations sur le web avant notre départ, je compte consigner mes impressions dans une publication séparée, en espérant qu’elle sera utile à de futurs aventuriers.

Se débarrasser de notre véhicule en fin de périple aura demandé quelques efforts, car importer un véhicule dans un pays d’Amérique du Sud est à toutes fins pratiques impossible. Il ne nous restait que l’option de le donner à un étranger, ce que nous avons pu faire au Paraguay. Notre fidèle Pontiac Vibe continuera donc ses aventures avec son nouveau propriétaire : un Québécois rencontré par hasard sur une terrasse d’Asunción. En espérant qu’elle lui rende de bons et loyaux services!