Est-ce qu’on peut traverser les Amériques avec un véhicules deux roues motrices?

La plupart des overlanders voyagent dans les Amériques avec de gros 4×4 ou des campeurs ; on l’a fait avec une Pontiac Vibe 2005, une voiture tout à fait normale, et ce sans nous limiter. Les routes en Amérique du Sud et centrale sont généralement dans un état acceptable, et ce dans la plupart des pays (nous ne sommes pas allés au Brésil par contre).

Prêts au départ

Tout d’abord, voyager avec une voiture « normale » confère plusieurs avantages :

  1. peu chère à l’achat ;
  2. consomme peu d’essence ;
  3. facile et économique à réparer ;
  4. n’attire pas l’attention (nous n’avons eu aucune embrouille avec la police ou les locaux de toute notre traversée) ;
  5. plus facile à revendre une fois rendu à destination (si vous faites un aller simple) ;
  6. traversée du Darien moins coûteuse (voir Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)) ;
  7. plus légère, donc plus facile à sortir du pétrin si vous vous enlisez.

PXL_20260107_235927311

Y arriver demande un peu de préparation quand même. Voici quelques conseils pour être paré à la plupart des situations :

  1. Choisissez une marque fiable et commune, donc une japonaise ou une coréenne. Notre Pontiac Vibe était en fait une Toyota Matrix rebadgée et partageait la majorité de ses pièces avec la Toyota Corolla, un véhicule extrêmement robuste et populaire partout dans les Amériques.
    1. Évitez les Subaru, car elles sont très rares en Amérique du Sud (sauf au Chili). Leur traction intégrale peut sembler intéressante, mais si vous tombez en panne, bonne chance pour les réparer.
  2. Choisissez un véhicule pas trop récent. Les voitures très modernes sont mécaniquement et électroniquement compliquées, les pièces sont plus difficiles à trouver et elles demandent une certaine expertise pour les réparer, expertise que vous ne trouverez pas dans un petit village des Andes.
  3. Ayez une bonne garde au sol, car les routes sont souvent cahoteuses. En cours de route, nous avons fait lever notre véhicule de 2,5 cm, une opération somme toute peu coûteuse et à laquelle les mécaniciens locaux sont habitués. On passait partout sans frotter par la suite.
  4. Ayez une vraie roue de secours et pas juste un kit pour réparer les crevaisons, comme c’est fréquemment le cas de série sur les véhicules modernes. Les pneus peuvent littéralement exploser. Une rustine ne vous sera d’aucune utilité si votre roue est carrément fendue.
  5. Il fait chaud : la climatisation est un must.
  6. Installez des pneus d’hiver ou tout-terrain. Nous avons fait le trajet avec des pneus d’été, mais une meilleure adhérence dans la terre et la boue nous aurait évité plusieurs frousses et une sortie de route.
  7. Partez avec les équipements suivants :
    1. un câble pour vous faire tracter si vous vous enlisez ;
    2. une pelle ;
    3. des traction aids (plaques de désensablage) ;
    4. un extincteur et un triangle de sécurité ;
    5. du fil de fer pour attacher votre échappement s’il se casse (les voitures nord-américaines sont rouillées…).
  8. C’est toujours une bonne idée d’avoir un bidon d’essence supplémentaire. Les stations-service sont fréquentes, mais elles peuvent parfois être à sec (surtout en Bolivie).
  9. Si vous laissez des équipements attachés à l’extérieur, sécurisez-les avec des attaches rapides (tie wraps) pour diminuer les chances qu’on vous les vole.
  10. Si votre voiture n’a des plaques d’immatriculation qu’à l’arrière (comme c’est le cas au Québec et dans quelques États américains), faites une copie plastifiée de votre plaque et installez-la en arrière (en déplaçant l’authentique à l’avant, pour qu’au passage des contrôles les agents puissent la voir en premier). La police nous a arrêtés un nombre incalculable de fois parce que nous n’avions pas de plaque avant. Ça ne s’est jamais terminé en pot-de-vin, mais moins ils ont de raisons de vous contrôler, mieux c’est.
  11. Automatique ou manuelle ? Ma préférence va vers la manuelle : plus robuste, plus fiable et meilleur contrôle en mauvaises conditions routières. Dans les deux cas, il est possible d’émuler une sorte de contrôle de traction en jouant de l’accélérateur et du frein simultanément, afin de bloquer le différentiel si une roue patine.
  12. Changez vos ampoules de phares pour des LED haute puissance. Lorsqu’on roule de nuit, ça aide à voir les guanacos en plein milieu du chemin.
  13. Prenez un véhicule assez spacieux pour pouvoir y dormir au besoin. En montagne et en Patagonie, les conditions climatiques peuvent être rudes.

Finalement, 2×4 ou 4×4, renseignez-vous auprès des locaux sur les conditions routières. Si vous voyez de petites voitures circuler dans la direction où vous allez, c’est généralement bon signe. L’application iOverlander est aussi d’une grande aide. Prenez un abonnement et contribuez vos impressions sur les sites de camping et les routes.

Bonne aventure !

Entre Chimbote et Caraz
Elle nous aura amené partout !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *