Patagonia – El Chaltén, Bariloche

El Chaltén – 2 février au 4 février

Nous nous étions donné une bonne petite claque dans le parc Torres del Paine, qui aura laissé quelques tensions sur certains ligaments et tendons. Nous avons donc été tout doucement sur la continuation de nos activités sportives à El Chaltén. Malgre tout, nous nous sommes assurés de poser les yeux sur le majestueux Fitz-Roy, pic dominant la région. Et puis, l’ambiance au village où fourmillent les randonneurs qui magasinent leurs collations ou qui prennent une bière au soleil en faisant sécher leur équipement, donne envie d’y flâner et d’y rester quelques jours. Et j’y reviendrai très probablement.

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Sur la route – 4 au 6 février

En quittant El Chaltén, nous avons pris la mythique Ruta 40. Ici, elle a l’aura de la Route 66 aux Etats-Unis. Beaucoup de motocyclistes et de voyageurs en Van la complètent, par aventure ou par défi, ou simplement afin d’y admirer les magnifiques paysages qui se succèdent. La route traverse le pays du Nord au Sud, en longeant la cordillière des Andes. Elle  se tortille donc entre monts et pampas, et offre son bitume tant aux éléments météorologiques qu’à la faune, guanacos et émus principalement. Et je dis bitume, mais celui-ci ne couvre pas la totalité de la route. Certains tronçons semblent prêts à être terminés, mais sont loin de l’être, par exemple dû à des enjeux juridiques avec des propriétaires terriens. Malgré tout, nous avions fait nos devoirs, avions validé il y a longtemps que notre petit véhicule à 2 roues motrices avait les performances suffisantes à la traversée, et nous étions prêts. Nous en avons vu d’autres, quand même, notamment en Asie centrale avec notre fidèle golf 1998. N’empêche, un des adages lié à la Patagonie, c’est que la température peut changer rapidement, et beaucoup! Ainsi, nous avons entamé notre parcours d’un tronçon célèbre qui venait de recevoir une dose de pluie. Le fameux bout porte même un surnom. Lequel? « Los 73 malditos ». En français, nous les aurions donc surnommés les 73 maudits, ou damnés. Joli, non? On dirait presque le nom d’une plaquette de poésie. Poésie sûrement mélancolique et sombre, mais pleine de beauté quand même. Mais la ruta 40 ne porte ce nom que pour mettre en relief le bordel dans lequel on PEUT s’y trouver. Et trouvés, nous nous y sommes. En fait le sable qui se trouve à quelques endroits est si fin que, mélangé à de l’eau, se transforme presque en flaque de béton. Si vous y entrez, vous êtes mieux d’en sortir avant que le tout sèche et immobilise vos jantes dans le sol. Et c’est glissant, en plus….! Comme une belle étendue de glace noire québécoise! Une fois bien engagés au coeur des 73 kilomètres, nous avons appris que… la police empêchait les véhicules n’ayant pas un 4 roues motrices à s’engager… Oupsie… personne ne nous l’a dit, de notre côté..! Mais là, on y est, alors faut s’en sortir. On aura réussi, malgré une sortie de route et quelques frousses! Surtout que l’on avait prévu des aides à la traction et une pelle pour ce type de situation, mais ils avaient été volés à Buenos Aires des semaines auparavant. Mais, défi relevé!

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Bariloche – 6 au 12 février (incluant une randonnée en autonomie du 8 au 11)

Ce magnifique petit coin de pays, qui nous aura par ailleurs été chaudement recommandé par quelques personnes, est surnommé le petit village suisse du pays. Suisse pour plusieurs raisons diverses, je crois. D’une part, la région regorge de magnifiques lacs, allant du bleu profond et clair au turquoise laiteux. Aussi, ses montagnes offrent des activités hivernales choyées par les Argentins durant l’hiver. De plus, notons que la région aura accueilli plusieurs immigrants Européens au cours du dernier siècle. Il est donc réellement facile de trouver un resto de fondue suisse ou une chocolaterie fine.

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Après ces quelques instants où nous avons profité de la ville et de ses commodités, nous souhaitions faire un trek de quelques jours, en autonomie. Trois, pour être plus précis, étaient à l’horaire. Un total de 43 kilomètres sur trois jours, ce qui est techniquement amplement dans nos capacités. C’est d’ailleurs presque la moitié de ce que nous avons fait à Torres del Paine au Chili, donc sur papier, ça devait aller. Et en plus, les cotes que nous avions trouvées pour les randonnées les plaçaient comme étant “moyennement difficiles” donc, ça va, quoi…! Et nous le faisions en trimballant notre tente, matelas et sacs de couchage, sans oublier vêtements et nourriture. Il y avait des refuges et endroits de camping sur le chemin, donc notre “autonomie” comportait son petit filet de sécurité, et nous permettait même d’avoir accès à de l’eau plutôt que de se remplir aux ruisseaux. La première journée à bien répondu aux attentes : un beau 16 kilomètres, de beaux panoramas, une belle soirée de camping, et une activation du corps qui fait du bien.

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La deuxième journée… alors elle, elle a moins livré. Ou plutôt, elle a solidement livré, malgré son petit 13 kilomètres. Tout d’abord, à l’instant où nous quittons avec nos sacs sur le dos, la pluie décide elle aussi de faire le trajet. Bah, pas trop problématique, que je me disais. On est bien équipés, et puis ça fera partie de l’expérience. Et plus on avance, plus la pluie s’intensifie, et persiste. Et plus le terrain est escarpé, le chemin difficile à suivre. On se retrouve même dans un endroit surnommé “el mar de piedra”, la mer de pierre : nous devrons marcher, escalader, des rochers empilés comme si la montagne avait déboulé…

À un moment, je réalise que mon imperméable a abandonné. M’a carrément laissée tomber. Il est maintenant perméable. C’est donc après seulement quelques heures de randonnée que nous sommes mouillés, tous les deux, de la tête aux pieds, tellement la pluie est présente. Et les degrés commencent à s’égrainer… nous commençons à avoir tellement froid, que de seulement s’arrêter pour manger ne semble pas être une option. Nous n’avons même pas faim, de toute façon. Et quelques kilomètres plus loin… la pluie se transforme. De la grêle, puis de la neige. Nous sommes donc dans les sommets de montagnes, mouillés, transis, sous la neige, et plusieurs kilomètres sont encore devant nous avant de rejoindre le prochain refuge. Et là, il devient certain que nous allons nous y arrêter plutôt que d’utiliser notre tente. Nous lui donnerons ses lettres de noblesse de “refuge”, parce que c’est réellement ce rôle qu’il prendra pour nous. Et la randonnée demeure difficile, glissante, froide, et ma jambe blessée au cours des dernières randonnées me tiraille et me fait faire de faux mouvements. Antoine et moi entrons donc en mode survie. Pas parce que nos vie sont actuellement en danger, non. Car nous savons que nous avons une tente en cas d’urgence, que nous avons des vêtements secs, bien emballés dans des sacs imperméables (pour vrai, eux), et que nous avons suffisamment de nourriture et d’eau pour durer. Nous sommes donc bien préparés malgré tout.

Au détour d’une montée, on aperçoit, finalement, le refuge droit devant nous, sur une crête. Comme un mirage, une cabane fièrement dressée devant le vide, dont la couleur rouge contraste de manière presque incandescente contre le blanc du brouillard et de la neige et le vert de la forêt au sein de laquelle il semble avoir été déposé. Nous sommes soulagés, même si nous sommes conscients que nous devons nous-mêmes traverser quelques crêtes, donc monter et descendre, afin d’y parvenir. Nous en avons pour une bonne heure trente, selon nos estimations. Qu’à cela ne tienne, ne pas s’y rendre semble une éventualité encore moins attirante.

Durant tout ce chemin, qui aura au total duré 7h30, nous n’aurons échangé que peu de mots, chacun concentré sur le défi. Chacun de notre côté, nous aurons évalué la situation : quels sont nos plans A, B, C. Quels sont les risques? Nous sommes-nous trompé de chemin? Le refuge sera-t-il fermé? Y aura-t-il de la place? Et j’en ai aussi profité pour faire du magasinage dans ma tête. J’ai visité plusieurs boutiques virtuelles, fantasmant sur un excellent manteau de gore-tex, sur des gants imperméables, sur de belles nouvelles bottes performantes. Aaaahhh que la réalité se frotte rapidement au matérialisme, la matérialité dans ses extrêmes…! Antoine ayant fait l’armée, il avait déjà été placé dans des situations devant l’amener à développer ses compétences de survie en nature. Pour ma part, c’était la première fois que je me retrouvais dans une situation où une mauvaise préparation, ou simplement une inaction, pouvait me mettre en danger. S’assoir dans le sentier en pleurant comme un enfant qui manque de sommeil ne pouvait donc pas être une solution, même si la tentation y était! Et malgré la difficulté, les craintes et la douleur, je ne cessais de me répéter que je vivais une expérience qui allait m’être utile, qui allait aussi m’apprendre. Bizarrement, j’étais quand même contente de le faire.

Finalement, nous arrivons au refuge, sans réservation. Ça sent bon, les gens discutent tranquillement, il fait une température confortable à l’intérieur. Le calme au sein des murs est si contrastant du vent qui hurlait peu de temps avant dans nos capuchons. On nous confirme rapidement qu’il y a assez de place et on réchauffe nos mains endolories par le froid en y déposant une tasse de soupe. Doucement, nous nous éloignons de l’hypothermie que nous commencions à frôler. Nous avons donc pu manger un copieux repas que l’on s’est préparé, nous avons dormi au chaud, et nous étions alors prêts pour repartir le lendemain pour notre dernière journée, un 14 kilomètres. Nous avons également appris, lors de notre passage au refuge, que le parc national dans lequel nous marchions a fermé tous ses sentiers durant notre présence, dû à la météo trop dangeureuse. Tu parles…!

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Nous sommes donc redescendus vers notre auto (et son chauffage), toujours dans la pluie, la bouette et l’humidité à 100%. Mais là au moins, la neige ne nous aura pas surpris, nous la savions présente. Et le souper, de retour à Bariloche, fut digne des plus grands banquets!

Sur la route (encore) – 12 au 15 février

PXL_20260212_235643719Comme nous longions la frontière Ouest de l’Argentine depuis un moment, et donc aussi la chaîne de montagnes des Andes, nous devions retraverser le pays vers l’Est, afin de nous diriger vers nos prochains objectifs. Cette traversée, surtout en camping, fut donc une période où méditer sur les mois passés, et la fin imminente de notre aventure. Parce que oui, nos objectifs se résument surtout à trouver preneur pour notre véhicule, et jeter un (rapide) coup d’oeil à l’Uruguay et au Paraguay. Il ne nous reste donc qu’un petit deux semaines, tout au plus, en Amerique du Sud. On dit souvent que la période de “décrochage” de la fin d’un voyage est proportionnelle à la durée totale du voyage. Par exemple, un voyage d’une semaine ne permet pas vraiment de se tanner, sauf peut-être la dernière heure où on ne sait plus trop où se mettre en attendant le bus, le train, l’avion. Lors d’un voyage de trois mois, les quelques derniers jours laisseront place à une petite nostalgie de la maison, des amis et de la famille, de quelques habitudes perdues. Et après une année, les dernières semaines peuvent y être teintées. C’est donc dans cette zone que je me trouve actuellement : j’ai hâte de voir mon monde, de faire mon lavage tranquille en buvant un café dans ma cuisine, d’aller faire mon épicerie. Toutes ces petites activités normalement boudées, mais maintenant souhaitées. C’est tout de même une anticipation délicieuse, même si elle peut de pas en avoir l’air. L’équilibre est donc important à conserver, actuellement, puisque je sais qu’il nous reste de belles aventures dans les prochains jours. Je dois donc bien doser cette projection dans l’avenir, la délectation dans le moment présent, et le chérissement de nos souvenirs passés : j’ai l’impression d’avoir vécu plusieurs années condensées en 7-8 mois, c’est une sensation qui emplit l’esprit d’allégresse, et d’une certaine béatitude. Antoine, pour sa part, me confiait être déjà rendu à penser à l’Asie ou l’Océanie, nos possibles prochaines destinations du printemps! Et quelques jours plus tard, il était plutôt nostalgique… Comme quoi, chacun procède différemment.

Nous sommes arrivés à Montevideo, en Uruguay, le 15 février, que nous venons de quitter pour aller vers le nord.

Patagonia – Torres del Paine, El Calafate

Nous sommes descendus de notre cher navire au matin du 24 janvier, non sans apaisement de revoir la terre ferme et de quitter les eaux troubles, mais tout de même avec une légère pe-peine au coeur. La suite devait promettre d’être à la hauteur, question de dissiper notre petite brume de nostalgie. Et afin de nous en assurer, nous avons de suite dirigé notre vaillant véhicule vers le Chili, pour le parc de Torres del Paine. J’avais hâte de donner une orientation sportive à notre voyage, ce que les prochaines destinations allaient nous permettre.

Torres del Paine
Sur la route

Torres del Paine – 25 au 29 janvier

Nous avons mis 2 jours de route à nous rendre à ce parc. Son plus grand attrait est sans conteste la randonnée, dont notamment la mythique W : un itinéraire d’environ 75km que les gens font sur 4 ou 5 jours, en trimballant leur sac à dos de refuge en refuge. Au menu, glacier, montagnes, vent, eaux turquoises, tout s’y trouve. Par contre, ce trek est très prisé et il doit être réservé des semaines voire des mois à l’avance. Toutefois, nous avions la possibilité de camper de l’autre côté du lac et de s’y rendre à la journée en petit bateau, ce que nous avons fait. Nous avons donc fait 3 jours de randonnée, en priorisant les plus belles sections et en en couvrant la grande majorité. Vu que notre façon de faire occasionnait quelques fois de revenir sur nos pas, nous avons justement fait un 75 km de marche sur trois jours. On s’est donné une bonne claque, comme on dit. Mais la qualité du sommeil qui vient avec cela!

Torres del Paine

Parc Torres del Paine
Nos diverses randonnées se trouvent de l’autre côté de ce lac, de part et d’autre des montagnes, au centre et derrière… un vrai terrain de jeu pour trekkeurs.
Torres del Paine
De notre camping

Notre première journée nous a donc amené vers la base des fameuses tours (torres) donnant leur nom au parc. Probablement la section la plus marchée, parce que la plus caractéristique de l’endroit. Et la plus accessible en autobus ou voiture. Nous avons été très chanceux avec la météo : pas de pluie ni de vent, malgré que la Patagonie soit reconnue pour être complètement imprévisible et servir régulièrement un cocktail météo diversifié.

Base Torres del Paine

Lors de notre deuxième journée, nous nous dirigions vers le lac Grey et son glacier, tout autant nommé Grey. Cette coquette petite randonnée, magnifique, nous aura fait vivre le vif vent de Patagonie. Celui qui vous fait assurément perdre casquettes et chapeaux s’ils ne sont pas attachés, et qui vous fait potentiellement arrêter votre avancée par moment afin de vous permettre de vous concentrer sur votre équilibre et vous assurer de ne pas tomber.

Glacier Grey

Glacier grey

Notre troisième journée nous aura amenés au centre des montagnes, entre la randonnée du glacier et celle des torres, vers le mirador frances. Il aurait été possible d’aller un peu plus loin jusqu’au mirador britannico, mais notre obligation de revenir pour le dernier bateau de la journée nous emêchait d’ajouter un 6km à notre journée déjà bien garnie.

Mirador Frances
Mirador Frances

Au final, j’ai adoré ce parc, et j’y retournerait sans hésitation. Les itinéraires sont exigeants mais satisfaisants, et la constante proximité avec de grands complexes rocheux donne un aspect impressionnant à l’endroit.

El Calafate – 29 au 2 février

El Calafate, la ville, propose une ambiance très intéressante pour des campeurs en recherche d’une petite pause. Petits hôtels, restos et pubs, où flâner est certainement permis. Nous y sommes restés deux nuits, question de refaire le plein de vêtements propres, de nourriture et de petites soirées relaxes. Son attrait principal est le glacier Perito Moreno à 1h de là. Le glacier en lui-même a une superficie d’environ 250 km², ce que l’on visite est plutôt l’une de ses coulées. C’est bizarrement très cocasse de traîner sur les passerelles qui nous permettent de le regarder sous tous les angles. On l’entend craquer, souffler, bouger. Et une fois de temps en temps, un morceau se décroche et va flotter un peu plus loin, occasionnant des “ooohhhh” et des “aaahhhhh” parmis les visiteurs. L’eau est d’un bleu laiteux qui donne envie de s’en servir un verre.

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Après cet attrait, nous nous sommes éloignés un peu pour aller chercher un peu plus de calme, tout en restant dans le même parc national Los Glaciares, pour camper et marcher un peu.

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El Chaltén – 2 février à … ?

Nous sommes actuellement à El Chaltén, véritable centre prisé pour les sports de plein air. Le village en lui-même compte environ 3000 habitants actuellement, alors qu’ils étaient estimés à environ 1800 en 2022 et… quelques centaines seulement en 2001. Parsemés sur ses quelques rues, on y trouvent facilement 6-7 campings, de nombreuses cabanas, et beaucoup de randonnées partant directement d’ici. Le plein air est donc réellement la raison d’être de l’endroit, attirants autant les randonneurs que les escaladeurs. Nous analysons quelles sont nos visées ici, donc à suivre!

Chroniques de l’Antarctique

L’exploration. L’expédition. Je crois que je ne me serai jamais sentie plus proche de ces deux mots. Pourquoi? Je ne saurais dire, parce que dans les faits, nous en avons fait des découvertes ensemble, Antoine et moi, parfois dans des conditions plus ou moins faciles, pour le dire gentiment. Mais cette fois-ci, nous partons confortablement dans un navire qui nous servira de bons repas, où l’on discutera politique un verre de scotch à la main, et où chaque sortie sera savamment préparée par l’équipe de divers scientifiques et aventuriers aguerris. C’est l’ambiance que je m’imagine, en tout cas, et elle me laisse l’impression que je pourrais croiser un homme en costume trois pièces, qui fumera sa pipe en me racontant ses parties de chasse en Écosse avec la famille royale britannique. C’est donc avec beaucoup de réserve que je vais utiliser les termes “exploration” et “expédition”…! Notre vie n’est pas du tout en jeu, à la limite notre coeur pourrait se trouvé retourné par les flots… Mais pour profiter de cette aventure pleinement, doit-on nécessairement l’aborder comme les premiers humains qui ont engagé leur marche vers la Béringie, ou comme ceux qui ont tenté d’atteindre divers sommets, où comme la première personne à avoir posé le pied en Antarctique? Pas nécessairement, puisque chaque personne demeure un précurseur au regard de sa propre vie, seules ces relativités importent lorsque l’on s’abandonne à cette réalité de voyageur.

C’est donc ainsi que je pars vers ce nouveau continent, la première fois que je le verrai, et potentiellement également la dernière. Je suis persuadée que ce que l’on verra et vivra nous sera tout simplement renversant! Et je le vis comme une trop grosse aventure, à mes petits yeux illuminés d’étoiles, pour ne pas en faire un journal quotidien. Ne serait-ce que pour moi, pour mes souvenirs, pour déguster chaque moment.

2026-01-15 – Jour 1

Nous laissons nos bagages à l’entrepôt vers 9h30 pour leur transfert vers le navire, puis notre rendez-vous pour l’embarquement est prévu vers 15h45. Ce qui me semble si lointain… à quoi utiliserons-nous ce temps, si ce n’est qu’à la préparation, l’anticipation et l’excitation, hein, je vous demande? Alors, nous tentons de nous poser dans un café d’Ushuaïa, et déjà je me sens comme à l’aéroport : je suis confite dans cette attente, frénétique, quasi sautillante, si délicieuse. Cette expectative aura par ailleurs débuté hier soir, au coucher. De très longues minutes auront été nécessaires afin d’alourdir mes paupières. Et que dire de mon alarme, qui n’aurait certainement pas été nécessaire! Éveillée, je revisitais mes bagages, m’assurant que rien n’y manquait, j’exécutais en boucle un survol de notre itinéraire.

Mais bon, on finit par atteindre l’heure du grand départ, après beaucoup trop de cafés, et finalement une bière. Nous sommes sur un relativement petit bateau, avec une capacité maximale de 172 passagers à bord. Alors on commence à discuter, rencontrer, et faire un peu d’analyse de groupe. Je me sens comme dans un jeu de “Qui est-ce”. Je remarque le monsieur avec une barbe lui flattant le torse, la moustache digne, bijouté de son immense appareil photo protégé par un étui camouflage : cette homme est sérieux, il n’est pas là pour les frivolités. S’il oriente son objectif à un endroit, je dois impérativement y tourner mon regard, car cela vaudra la peine! Je remarque aussi la jeune femme branchée, habillée comme si elle allait au spa, équilibrant confort des vêtements mous de marque et brushing impeccable, cellulaire à la main en tout temps. J’aperçois le couple qui a agencé ses vêtements et selon ma petite expérience, chaque bonne croisière a à son bord un tel couple. Puis il y a le duo de frères, qui parlent fort, rient et entraînent tous les gens qui les entourent dans une succession de partages, de discussions, de soirées festives. Sans oublier la voyageuse solo, toujours un peu à l’écart mais présente, un demi-sourire serein au visage qui semble simplement signifier “je suis bien, et heureuse d’être ici”, comme forme de reconnaissance face à toutes ces beautés qui ne nous sont jamais garanties. Finalement, la composition de ce qui sera notre groupe, nos repères, pour les prochains dix jours, est très hétérogène, et je me plais à en faire partie.

Nous quittons le port d’Ushuaïa vers 18h pour progresser dans le canal de Beagle. On y voit déjà des baleines et des dauphins nous accompagnant dans la trajectoire, leur sortie de l’eau se découpant du reflet de l’eau baignée dans le soleil de soirée australe. C’est majestueux. L’eau, la lumière, les montagnes, tout est parfait.

Canal de Beagle

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Canal de Beagle

2026-01-16 – Jour 2

Nous passons notre première journée en mer. En fait, nous sommes entrés dans le passage de Drake au courant de la nuit. Malgré que nous avons été particulièrement chanceux et que la mer était “calme”, en comparaison de son habitude… ça réveille. La matinée aura donc été un peu plus relaxe. Je me suis couchée exténuée, même si mes seules activités auront été de marcher un peu à l’extérieur, de manger et d’écouter des présentations sur les pingouins ou les baleines. Par ailleurs, ces présentations furent un aspect réellement stimulant, où la majorité des passagers se rencontrent pour écouter des experts notamment en biologie, ornithologie, géologie, histoire et même photographie, pour en savoir plus ce que l’on a vu au cours de la journée ou sur ce que l’on peut espérer voir le lendemain.

2026-01-17 – Jour 3

Nous apercevons notre première terre : Deception Island. Notre capitaine nous conduit donc au centre d’un cratère de volcan (encore actif) dans lequel on peut naviguer. Avec son fin couvert de neige fraîche, l’ambiance et la vue furent magiques.

Deception Island
Deception Island
Deception Island
Deception Island

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2026-01-18 – Jour 4

Nous nous réveillons en posant le regard sur les montagnes blanches de l’Antarctique, et les pingouins qui se promènent un peu partout. Nous aurons la chance de les approcher, en posant pied sur terre, cette fois-ci. Ce simple geste fut… bizarrement touchant. Peut-être parce que j’ai eu le sentiment de toucher à un continent pour la première fois, mais aussi un morceau de Terre qui m’aura longtemps été inaccessible, ou même que je n’aurai simplement pas considéré jusqu’à récemment. Et chaque petit instant, sur mes pieds ou assise dans le zodiac, je souris à chaque petite découverte, comme un phoque-léopard, des bébés pingouins cachés aux pieds de leurs parents, des baleines Humpback et Minke qui ondulent tout autour. Et au travers de toute cette nature cristaline, fraiche et abondante, nous apercevons un voilier battant pavillon français. Il était ancré prêt d’une petite île, où ses occupants échangeaient au soleil. J’ai eu un sincère élan d’admiration pour ces réels aventuriers, pour qui l’expédition est certes un défi logistique, psychologique et physique, pour lequel j’ai un immense respect.

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C’est parti!

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2026-01-19 – Jour 5

Aujourd’hui, notre première sortie nous emmène à l’amphithéâtre de glace. Et nous sommes en effet entourés de montagnes, de glaciers, et des bandes de brumes se fraient un chemin au travers de ceux-ci. Les couleurs se confondent… elles paraissent peu nombreuses, mais les tons sont si diversifiés. Des gris profonds aux bleux clairs, du blanc éclantant au gris enveloppant. Au fil de la journée, l’horizon se remplit d’un bleu gris, brumeux et vaporeux, sur lequel se découpent délicatement des icebergs bleux et des radeaux de pingouins. J’en ai profité, entre deux sorties, pour aller marcher. Seule sur le dernier pont du navire, sous une légère neige, je ne pouvais que me concentrer sur cette beauté, que je ne pouvais m’empêcher de trouver parfaite.

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Lors de notre sortie de l’après-midi, où nous discutions de la reproduction des pingouins Gentoo avec l’ornithologue de l’équipage, on entend en primeur, sur sa radio que ce soir ce sera… le Polar plunge!! Au moment où le crépitement de la radio a laissé aller ces mots redoutés, le regard de son propriétaire croise les nôtres, et au-delà de son sourire, on dirait qu’il tente d’évaluer le niveau de notre détresse. Celui d’Antoine était nul, c’est plutôt son niveau d’excitation qu’il fallait estimer… Pour ma part, l’idée de me lancer dans les eaux antarctiques, au milieu des miettes d’iceberg, et ce VOLONTAIREMENT, me laissait… bien froide. Vous voyez, je n’ai même jamais compris ce que plusieurs petits égarés thermiques trouvent à l’idée de se baigner au frette. Que ce soit ceux qui se lancent dans un lac en avril, ou ceux, bien plus nombreux, qui s’amusent à alterner bains chauds et bains froids au spa… juste cela, ça ne me dit pas. Bienfaits pour la santé, qu’ils disent… Je n’avais même pas ne serait-ce que l’ombre du début de la pointe d’une petite goutte de compréhension face à ce phénomène. Par contre… par contre. Entre maintenant en jeu mon orgeuil. Lui ne me laisse pas esquiver l’activité. Parce que beaucoup trop de gens y participent, d’une part, et que son émotion associée, la peur du regret, a scellé ma décision, d’autre part. C’est donc avec incertitude que je me prépare, ou plutôt avec la certitude de faire quelque chose d’indubitablement inutile, et de certainement douloureux. Pressentiment d’une excellente décision, donc. Ciel. Dans la file, j’essaie tant bien que mal de sourire, et de me nourrir des encouragements de l’équipe d’expédition, et de l’enthousiasme général qui envahit l’atmosphère : les gens sont tous craintifs mais festifs. Je me concentre sur ma respiration afin de la ralentir, et tenter ainsi d’inhiber le grelottement, voire tremblement, qui a pris le contrôle de mon corps tout entier. Je réussis, afin de me permettre de descendre les quelques marches m’amenant à mon tremplin vers l’eau polaire. J’y reste quelques secondes seulement, le temps de reconnaitre la chance que j’ai d’être en Antarctique, de sentir son vent pur, fort et froid venir brosser ma peau. Je ne porte aucune attention au photographe à ma gauche, dont la tâche est de conserver les preuves émotives de chaque personne. Je n’ai pas l’espace mental pour essayer de faire une pose rigolotte comme quelques uns, de toute façon. J’utilise aussi ces quelques secondes pour me rappeler la peur panique que j’ai lue sur le visage de plusieurs de ceux m’ayant précédée : ils s’étaient lancés avec désinvolture, pensant s’en sortir avec un seul petit “ouf, ça picotte”… Oooohhh non, plusieurs sont ressortis de l’eau, combattant le choc thermique ayant littéralement fait cesser leur réflexe de respiration, cherchant frénétiquement l’échelle, un bras, une corde, pour se sortir de leur misère auto-infligée dès que possible. Et à beaucoup trop de reprises, j’ai ri en voyant les gens courir vers l’intérieur, oubliant qu’on les avait attachés à la taille par mesure de sécurité. Ces quelques secondes sur mon petit tremplin, donc, que j’utilise à me rappeler de sauter calmement, d’y rester pour combattre, ou plutôt accepter le froid, avant de me tourner lentement vers ma remontée. Finalement, mes genoux se plient, mes mollets se contractent et me propulsent, je flotte quelques nanosecondes dans les airs, puis j’amorce ma descente. Je sens mes cheveux qui semblent s’opposer à la gravité alors que mes orteils touchent l’eau. Mon corps s’immerge, je sens maintenant l’eau glaciale imprègner mes cheveux et les faire danser pendant que je continue de m’enfouir dans cette mer bleue noire, presque abyssale. Puis mes bras s’activent en une brasse tranquille, qui ramènera mes poumons vers la surface. La tête seule hors de l’eau, je ne vois que cette étendue d’eau sombre mais calme, les montagnes enveloppantes et la neige immaculée qui m’entourent. Je n’entends pas les gens qui crient, je suis dos au navire et aux zodiacs, j’ai donc le sentiment de posséder à moi seule l’Antarctique toute entière, et de lui appartenir tout autant. Quelques secondes seulement de pure sérénité. Je me tourne donc vers mon tremplin, où je rejoins l’échelle. Je me rappelle que je dois attendre qu’on me détache, ce que je fais docilement. Mais je suis comme en transe, je ne pose même pas le regard sur Antoine qui me suis dans la file, et me parle assûrement, et j’oublie complètement de le regarder sauter à son tour. Oups. Et oui, le froid est perçant. Mais maintenant, je comprends. Je comprends pourquoi les gens apprécient les bains froids. C’est pour cet instant, plusieurs secondes après l’immersion, où le corps réagit face à ce choc, à cette agression : il produit une douce chaleur, tout simplement, permettant de se sentir vivifié et léger. Et bien… ils avaient raison…! Une belle découverte, que j’ai maintenant envie d’appliquer à la maison, dans notre rivière chérie.

La soirée est alors venue couronner la journée. Nous étions dans l’espace d’observation, une sorte de lounge avec une vue de disons, 275 degrés, sur la mer et tout ce qui l’entoure et qu’elle contient. Nous profitions de ce petit espace temps avec quelques employés qui décantaient eux aussi leur journée, pendant que l’écrasante majorité des passagers soupaient. Soudain, plusieurs orques sont venus nager dans notre champs de vision. Tous se lèvent, par excitation authentique, vite, vite, les jumelles, les appareils photo, il faut passer le mot! Ce qui aura été dûment fait à l’ensemble du navire. Et que dire de la fin de soirée qui fut presque épique, où plein de passagers et de membres du personnel sont venus fêter, faire connaissance, se raconter leur vie comme si on se connaissait depuis des lunes. Toute cette surstimulation accumulée durant la journée… satisfaction et bonheur obligent une forme une décantation.

2026-01-20 – Jour 6

On dirait que la nature s’est collée à l’ambiance générale qui planait sur le navire : on ralentit, on intègre encore la fébrélité de la veille et on se pose. La météo annule ainsi la première sortie de la journée, qui nous permettra de faire la grasse matinée. Puis nous profitons de la deuxième pour voguer tout doucement entre les icebergs, où l’eau est couverte tout comme nous d’une petite couche de flocons mouillés, me rappelant les rues de ma belle province. Je m’ennuie d’elle mais je souris, je suis tellement bien ici. Seules quelques baleines viennent troubler ce calme, curieuse de voir qui vient les visiter. Elles s’amusent donc à passer sous un zodiac.

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2026-01-21 – Jour 7

C’est le retour du soleil et il s’agit également du dernier jour ou l’on posera pied sur le continent. Et puisque l’Antarctique demeure une destination aussi spécifique que complexe à visiter, j’en viens réellement à me demander si ce sera la dernière fois de ma vie… c’est donc avec ce sentiment que je passe la journée, sentiment lourd tant par la nostalgie appréhendée que par la reconnaissance.

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2026-01-22 et 23 – Jours 8 et 9

Nous entamons notre retour vers le continent que nous allons continuer à explorer en voiture. La veille, on nous aura prévu des vagues d’au moins 6 mètres, avec un potentiel de 8 ou 10 : elles n’ont pas déçu! On dit que la mer berce doucement vers le sommeil… mais un peu moins quand il faut ramasser toutes sortes de choses qui tombent, presque notre propre corps en bas du lit parce qu’un creux de vague aura été plus vertigineux. Et certaines personnes sont effectivement tombées en bas du lit…! À un moment, le restaurant pourtant très bien préparé et sécurisé, a vu l’ensemble de ses objets mobiles se ramasser sans cérémonie sur la plancher. Personne ne fut blessé, et donc une grande hilarité a conquis la salle, où les yeux lumineux des convives s’abbreuvaient à cette preuve d’aventure! Je ne pouvais que porter mes yeux sur ceux des serveurs. Les leurs illuminaient plutôt d’irritation face au bordel à nettoyer. Et les lèvres étaient pincées fort, sûrement pour éviter à tout juron de s’échapper.

Je me suis par ailleurs assurée, par précaution, de ne pas entrer dans l’auditorium. Je suis restée à la porte, un œil sur la présentatrice, un autre sur la mer. De mon observatoire, j’ai ainsi pu poser un regard, également, sur quelques personnes qui ressortaient en cours de présentation, un main devant la bouche et le regret au coeur…

Malgré l’absence de visites terrestres ou de croisières en zodiac, Antoine et moi avons été gâtés en divertissement par l’équipage lors de notre deuxième journée en mer. Nous avons visité le pont de commande! Ils ont par ailleurs souligné qu’ils ne font pas de visites ouvertes générales, parce que c’est un endroit qui bouge beaucoup, et où la large vision occasionne parfois chez ses visiteurs des nausées. You bet! Nous devions nous tenir solidement pour ne pas carrément renverser. Mais ils seront tombés sur les bons clients, Antoine avait question par dessus question!

P.S. Désolée, pas de photos des immenses vagues, nous étions trop occupés à nous gérer.

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Notre itinéraire

Conclusion de notre épopée

Car oui, je la prends comme une véritable épopée, et c’est que qui restera gravé dans ma mémoire. Le voyage d’une vie, sans aucune commune mesure avec les grands explorateurs des derniers siècles, mais dont l’audace nous aura inspiré. Nous avons passé du temps de qualité, toujours gentiment pris en charge par l’équipe. Un appel intercom nous réveillait pour nous aviser que le déjeuner est prêt, ou nous appellait à descendre pour sortir en zodiac, ou nous invitait à une lecture ou à un 5a7. Nous partagions avec passagers et membres de l’équipe notre quotidien et nos repas, ainsi que nos expériences de vies respectives, ou nos impressions sur la journée, dans une proximité qui donne une saveur toute particulière au voyage. Des gens revenaient vers nous en disant « heille hier, tu me racontais votre voyage, ma blonde a une question! » Je me rappellerai plusieurs anecdotes, vécues sur le navire ou racontées. Comme celle d’un des guides qui a traversé le grand nord canadien en ski… ou celle d’une autre guide qui a passé plusieurs mois dans le centre de l’Antarctique pour ses recherches scientifiques en biologie. Et ce rapprochement entre les réalités tellement divergentes de chacun se faisait avec un focus constant sur la faune, ses défis et ses réussites, et bien sûr les paysages, époustouflants. Une expérience réellement stimulante qui motive à plein d’autres projets. J’ai déjà hâte de regarder nos photos dans un an, pour me rappeler à quel point nous avons de la chance.

Ushuaïa et la Tierra del Fuego

Le chemin, et l’arrivée

Et voilà, c’est fait. Notre objectif était de faire voyager notre petit véhicule et nos deux grandes personnes de Montréal à Ushuaïa, la ville la plus au Sud du monde. Et nous avons réussi. Pas que nous en doutions, mais bon, nous partions avec un véhicule de 2005 et près de 200 000 kilomètres au compteur, le risque de ne pas se rendre n’était donc pas simplement théorique.

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La côte argentine – 3 au 8 janvier

La distance entre Buenos Aires et Ushuaïa est… d’un peu plus de 3000 kilomètres…! Et laissez-moi vous dire que de la pampa, y’en a. C’est donc très désertique, où le paysage se déroule continuellement sous les mêmes couleurs, parsemé d’émeus et de guanacos en quantité niveau “écureuils au Québec”. Le moment est presque méditatif, jusqu’à ce que tranquillement le sable et les courts bosquets secs soient remplacés par les arbres verts et les montagnes  tressées de petits ruisseaux.

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Quelques animaux marins se dorent sous le soleil et un puissant 40 degrés

Ushuaïa et le parc national de la Tierra del Fuego – 8 au 15 janvier

Nous nous trouvons, encore au moment où j’envoie ces lignes, dans l’archipel de la Tierra del fuego, la Terre de feu, que ses habitants semblent aimer avec une forte fierté. Les Fueguinos vivent d’air pur et de fleurs le temps de quelques semaines estivales, sinon ils s’abreuvent de vent, de pluie et de neige, dans ce que tous ces éléments peuvent créer de plus beau. Depuis notre arrivée, nous en profitons donc pour randonner dans les bois et sur la côte, et pour camper sous la protection des montagnes et le regard des divers animaux. Nous côtoyons des endroits mythiques, comme le détroit de Magellan ou le Canal Beagle. Et comme le laisse présager le surnom de la ville d’Ushuaïa, “La fin del Mundo”, il est vrai qu’elle suscite ce sentiment d’aventure, d’avoir abouti, d’avoir complété une traversée. Ce n’est pas pour rien qu’elle est aussi l’objectif de nombre de voyageurs sur roues, allant des cyclistes aux grands VR, en passant par les motocyclistes.

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Photo classique… on ne peut faire autrement!

Parc national – Tierra del Fuego

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Une autre frontière, que nous n’avions pas prévue..!

Le camping dans le parc national de la terre de feu est magique, magnifique: les chevaux sauvages se promènent librement, la matin peu apporter des sommets fraichement enneigés, et le bruit de la rivière nous aura accompagné comme une douce berceuse.

Prochaine étape

Alors, que fait-on lorsque l’on atteint un objectif? On célèbre, certes, mais est-ce que l’on se perd dans une mer de désoeuvrement? Nous avons trouvé une solution rusée afin d’éviter cette triste transition….! Nous avons donc modifié ce que l’on interprétait comme “se rendre le plus au Sud possible”. Pour ce faire, nous devons toutefois laisser notre fidèle voiture derrière afin d’embarquer sur un navire qui prendra la relève. Car celui-ci devra nous faire voyager par delà le détroit de Drake (ou passage de Drake). Ce dernier, d’une longueur d’environ 1000 kilomètres, est la plus courte distance qui peut relier la terre ferme et… l’Antarctique!

Si le passage de Drake est le plus court, il est aussi fameusement reconnu pour son agitation, causée notamment par la rencontre entre les océans Pacifique et Atlantique, combinée à la baisse des températures vers l’océan Austral. Le courant circumpolaire antarctique vient ajouter sa puissance à la recette, avec ses 150 millions de mètres cubes par seconde, faisant de lui le courant marin au plus grand volume au monde. Et n’oublions pas les vents d’Ouest : on dit que les vent en deça du 40e parallèle sont rugissants, du 50e hurlants et du 60e, déferlants… ça promet! Mais à chaque lecture que je fais, on parle de rite de passage, de traversée légendaire, d’aventure qui permet de gagner son droit à poser le pied sur le continent. Dans tous les cas, on ne pourra qu’être servis en excitation face à cette grandiose expédition!!

Nous quittons aujourd’hui même (OH MY!!), pour un retour le 24 janvier. Nous ramènerons photos, expériences, et sûrement une quantité d’anecdotes pas possibles à raconter!

Chile et Argentina – 1ère partie

Ce fut un relatif changement de traverser de la Bolivie vers le Chili. Certains aspects demeurent partagés, comme l’utilisation de briques rouges pour les maisons en région, ou l’aspect désertique. L’oeil conserve donc certains repères. Toutefois, de petits détails nous laissent comprendre que nous entrons en territoire moins surprenant. Les routes sont bien entretenues, l’eau est potable, les infrastructures sont bien développées… notre capacité d’adaptation sera possiblement moins sollicitée à partir de maintenant, quitte à nous surprendre moins souvent. Au quotidien, on cherche parfois à se laisser surprendre le moins souvent possible, alors on planifie, on calcule, on prévoit… on vit partiellement à l’avance ce que l’on place dans notre horaire. Bien des avantages viennent avec cela, mais l’effet de surprise relégué au second plan nous fait également perdre des opportunités. Opprtunités d’émerveillement, de bonheur pur, de satisfaction complète. Ainsi, bien qu’un relatif soulagement vienne avec la facilité, nous devions aborder les prochaines semaines et mois avec attention afin de protéger cet équilibre entre rassurance et surprise.

Voici donc ce nous avons fait:

Chile-Argentina

Chile

Le Nord et la côte chilienne – Camping le 24 et 25 novembre et Caleta Chañaral du 26 au 28 novembre

Sur notre route, nous avons passé rapidement San Pedro de Atacama, dans le Nord du pays. C’est en fait une petite bourgade, toute de blanc revêtue, qui accueille avec grand plaisir pas mal de touristes. Ici donc, on vient pour marcher et voir le désert, et se retrouver entre jeunes autour d’une pizza et d’une bière. Nous n’y sommes pas restés, notre attrait étant surtout orienté vers la Vallée de la lune, un parc stupéfiant par ses points de vue arides mais chaleureux.

Valle de la Luna

Valle de la Luna

Côte chilienne
Quelques centaines de kilomètres plus bas, sur le côte du Pacifique

Sur la côte, nous avons surtout profité du temps magnifique, du vent et des couchers de soleil. Un peu de plongée aussi.

Valparaiso (28 nov) et Santiago, Chile (29 nov au 5 décembre

Cette région me semblait fougueusement punk… drôle à dire comme première impression…! Surtout du côté de Valparaiso. Il y a une effervescence culturelle, une diversité vestimentaire, qui est souvent l’un des premiers moyens de communication d’une personne. Les rues sont animées par plein de jeunes, ce qui me donnait l’impression que la ville s’ouvrait à la vie et aux échanges.

Santiago
Santiago
Santiago
Une autre belle vue d’un autre bel appartement… quelle chance.

C’est à Santiago que les parents d’Antoine sont venus nous rejoindre pour participer à notre road trip. Ils sont restés avec nous jusqu’à Buenos Aires, notre obejctif à quatre.

Argentina

C’était donc une courte incursion au Chile, pays auquel nous disions au revoir afin de suivre notre périple vers Buenos Aires. Mais sur le chemin, de nombreux endroits allaient nous arrêter afin que l’on puisse apprivoiser et savourer l’Argentine. Apprivoiser, parce que bon, faut bien s’habituer à souper à 22h… et savourer, parce que bon, les parillas (grillades) et le Malbec.

Uspallata – 5 décembre

Nous avons fait une petit arrêt dans cette région de villégiature locale : camping et petits chalets sont à l’honneur!

Sur notre chemin, entre Santiago et Uspallata

Vallée de Uco – 6 décembre

Une autre petite pause dans une région vinicole pour… se reposer en campagne et goûter le Malbec, très prédominant dans la région.

Mendoza , Argentina – 7 au 9 décembre

Nous avons beaucoup aimé l’ambiance de la ville, son caractère et ses belles grandes rues couvertes, mais nous n’avons que peu de photo… Faudra vous y déplacer pour en savoir plus!

Villa San Agustin – 9 au 11 décembre

À ce moment, nous sommes remontés un peu vers le Nord et quelques parcs nationaux du coin : Talampaya et Ischigualasto. Nous avons finalement visité le premier seulement. Mais quelle beauté…!

Talampaya

Cordoba – 11 au 14 décembre

Cette ville était présentée par notre guide comme étant souvent « délaissée » par les touristes. Peut-être parce qu’elle est avant tout un pôle industriel et commercial, autant qu’universitaire, et que les gens lui préfèrent Mendoza ou Buenos Aires. Choisir c’est renoncer, comme on dit. De notre côté, vu notre déplacement en voiture, nous passions nécessairement par là, ce qui ne pouvait que me plaire. L’ambiance allie quotidien naturel et animation, nous permettant de goûter à sa réalité tout en profitant de promenades sur le bord de la rivière, sous le couvert des arbres.

Nous avons aussi fait un petit croche par Alta Gracia, petite ville pas très loin, notamment afin de visiter la maison d’enfance de Che Guevara.

Cordoba

Buenos Aires – 14 décembre au 3 janvier

J’ai un nouveau coup de coeur… J’adore tellement de villes partout sur Terre, et celle-ci est la petite dernière. Un oncle d’Antoine y est venu de façon régulière durant plusieurs années et je peux certes comprendre son attrait. Cette ville se vit, se mange, se boit, s’écoute, se danse… Nous y serons restés un bon trois semaines, au final, et en aucun cas nous ne nous sommes ennuyés. Jamais une petite miette. Elle est belle, elle séduit et envoûte, par son offre culturelle, ses charmantes rues où les quartiers rivalisent pour attirer. Nous avons marché dans tous les sens et avons profité des terrasses, bistros et restaurants de grillades. Nous en sommes ressortis essoufflés, je dois dire, car la ville n’arrête jamais!

Buenos Aires

Buenos Aires

Prochaine étape : notre objectif!

Un petit aperçu de notre situation actuelle:

Fin del Mundo
Fin del Mundo…!