Introduction – Partie 1: Objectif Patagonie

Sept années après notre précédent périple de un an (notamment en Asie Centrale), le temps est à nouveau venu de repartir à l’aventure.

Les souvenirs qu’il me reste du précédent départ sont empreints de fébrilité et d’excitation. Oui, il y a eu quelques moments plus stressants en lien avec l’achat d’un véhicule en France mais en somme, ma mémoire ne me rapelle aucune grande difficulté. Notre vie au Québec, nous l’avions entièrement stockée dans un entrepôt et c’était tout.

Les années ont passées et sans grande surprise nous sommes devenus plus adultes, ce qui amène son plus de responsabilités (et plus de possessions). Une fois l’appartement sous-loué, il a fallu plancher dur sur le chalet pour le préparer à la location. Ceci sans négliger mes responsabilités (à degrés divers) envers trois entreprises. Bref, j’ai eu l’impression qu’une force intangible était en train de m’éjecter de cette vie vers une autre, que mon navire existentiel était en train couler et qu’il fallait que je sauve un maximum de meubles. Conséquemment, je n’ai que peu savouré l’anticipation du grand départ. De plus, il allait m’être impossible (contrairement à Audrey) de complètement décrocher. J’allais devoir mettre quelques heures par jours sur divers projets donc j’entrevois la prochaine année comme celle de nomade digital, vie que j’ai vécu de 2011 à 2014 et où besogne et voyage se fusionnent pour devenir un style de vie.

Je ne suis pas en train de me plaindre par contre. Nous savions très bien dans quoi nous nous embarquions; nos multiples listes de préparatifs ne manquaient pas de nous rappeler. Un départ bien préparé allait nous assurer une tranquilité d’esprit une fois partis. La réalité et la fébrilité des grands voyages allait nous retrouver à quelque part sur la route, c’est garanti.

 

Ce coup-ci donc, l’objectif pour la première partie du voyage était de partir de Québec pour se rendre en voiture jusqu’en Patagonie au sud de l’Amérique du Sud. Cette idée avait je crois pris sa source à quelque part dans l’Himalaya en 2017. On aime bien les road-trips faut croire. L’objectif de la deuxième phase est beaucoup plus nébuleux. Océanie ? Afrique ? Asie ? La seule certitude: nous allions terminer tout ça au Japon (comme la dernière fois).

Ambitieux périple de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, se rendre en Patagonie est une expédition qui prend normalement un an du Québec. En traversant les États-Unis, le Mexique et l’Amérique Centrale rapidement, je suis convaincu que six mois allaient être largement suffisants. Si jamais après 6 mois nous étions encore sur notre faim, l’option de rester en Amérique du Sud était encore sur la table.

Si l’on se fie aux images que l’on croise sur les réseaux sociaux et les blogues de voyage, il allait également nous falloir un gros campeur 4×4. Cependant, notre expérience en Asie Centrale nous a prouvé que l’on s’en sort très bien avec un véhicule normal et que vu la situation de sécurité largement moins bonne en Amérique, c’était même à mon avis plus souhaitable de passer sous le radar. Un gros Mercedes tout terrain, c’est comme se promoner avec un gros signe “Je suis un touriste, venez me voler”. Qui plus est, nous allions faire un allez-simple et importer un véhicule en Amérique du Sud n’est pas une mince affaire. Soit on le vend à un autre voyageur, soit c’est la casse. Dans ce dernier cas, nous n’allions pas vraiment récupérer l’argent investi pour acheter la voiture.

Notre choix de voiture initial s’était donc arrêté sur notre vielle Subaru Outback 2010. Ancien véhicule de la grand-mère de Audrey, elle même grande voyageuse, l’idée qu’elle aille finir son existence au terme d’une grande aventure plaisait à notre esprit. Notre Outback est une voiture spacieuse que je connais bien (au niveau mécanique). Les gros moins par contre, c’était qu’elle avait 326 000 km au compteur et que même si la marque était présente dans tous les pays que nous allions traverser, elle restait quand même rare (parfois un seul concessionnaire dans la capitale). J’étais bien consient que nous étions à la merci d’un bris fatal qui allait nous forcer à poursuivre en sac-à-dos, mais jusqu’à la toute dernière minute j’ai eu confiance en sa capacité de nous amener à destination. Ceci jusqu’à ce qu’elle se mette à surchauffer en montant le Massif entre Baie-St-Paul et Québec. Après plusieurs heures de recherche et d’analyse, tout portait à croire que le joint de culasse (lequel ? cette voiture en a 2) fuyait et qu’il s’inflitrait des gaz d’échappement dans le système de redroidissement. C’était de toute évidence une fuite à bas bruit et la voiture roulait encore très bien pour peu qu’on la surveille, mais les chances d’une panne majeure (genre, en Bolivie dans les Andes, perdus entre deux cols) étaient devenues trop élevées à mon goût.

Prêts au départ

À quelques jours du grand départ, il a donc fallu que je trouve un nouveau véhicule. Cette fois-ci par contre, nous allions pouvoir en choisir un qui serait économique et facile à réparer dans le Sud. Notre choix s’est donc arrêté sur un Pontiac Vibe 2005 (en fait une Toyota Matrix avec le signe du défunt constructeur américain [et la Matrix est à toute fins pratiques une Corolla avec une carosserie différente]) avec 194 000 km au compteur et acheté pour la modique some de 2500$. Le véhicule avait été exceptionnellement bien entretenu (antirouille annuel) et nous offrait climatisation (un must pour les contrées chaudes) et régulateur de vitesse (un must aussi pour la jambe opérée de Audrey). Elle n’est pas aussi spacieuse que la Subaru Outback, mais dans l’urgence on peut quand même coucher à l’intérieur. Malgré tout par contre, j’ai quand même passé plusieurs jours à le préparer et à régler tout les petits bogues qu’une voiture de cet âge a nécéssairement. Les étriers avant ont été changés car ce n’était qu’une question de semaines avant qu’ils ne brisent. J’ai installé un radio moderne et inspecté et rattaché tous les petits caches de plastiques qui avaient perdus leurs fixation. Lors de deux voyages à la casse automobile, j’ai ramassé en plus d’autres pièces fusibles, relais et ampoules pour couvrir les petites pannes électriques. Le seule problème qui m’ait vaincu a été celui du système d’airbag qui persiste à donner des codes d’erreur malgré plusieurs tentatives de le réparer. Ça l’attendra l’intervention d’un garagiste dans le sud des États-Unis, où les pièces usagées vont être moins rouillées et plus faciles à extraire.

Récupérer des pièces usagées

Une fois la voiture en ordre et tout le matériel chargé (rien d’extravaguant comme organisation, tout rentre dans le coffre), j’ai tenu à ce que l’on reporte notre départ d’une journée afin profiter de la vie et de compagnie de mes parents. La charge mentale des derniers jours avait été conséquente et j’avais besoin de faire un peu le vide pour partir l’esprit un peu léger. L’idée de se poser un peu n’a pas déplu à Audrey, qui avait elle aussi trimé dur dans les derniers jours (notamment avec les assurances qui nous ont bien compliqué la vie).

Parlant d’Audrey, elle sera auteure invitée sur ce blogue alors vous pourrez sporadiquement lire sa belle plume et sont regard plus philosophique sur l’expérience que nous nous apprêtons à vivre. En ce qui me concerne, vous connaissez mon style.

Finalement donc, nous sommes partis avec plusieurs jours de retard sur notre planification, mais nous sommes partis prêts pour l’aventure, l’esprit en paix. Le matin du départ nous nous sommes tous deux réveillés avant notre alarme. Fébriles, nous avons pu goûter au vertige existentiel qui précède ce genre d’aventure.  Aventure dont au au fil des prochaines publications, nous vous partagerons des bribes et des pensées.

Bonne lecture !

En route !

Utila, Honduras (encore)

Aimer un endroit, c’est y revenir pas deux, mais trois fois.

Utila est une île au Honduras dont le principe touristique est simple: la plongée (et la fête, pour ceux qui le désirent).

J’ai abouti là pour la première fois en 2013 avec en tête d’y rester une ou deux semaines pour y faire un petit cours de plongée. J’y suis finalement resté plus de deux mois. En 2016, j’y suis retourné avec deux de mes cousins pour y passer près de 1 mois à faire mes cours de plongée technique. M’y revoilà près de 8 ans et une pandémie plus tard avec mon frère (désireux de tenter la plongée) et un ami (déjà certifié).

Se rendre à Utila n’est pas une mince affaire. Oui, des grands transporteurs offrent des vols directs vers les tout-inclus de l’île d’à côté (Roatan), mais les horaires de vols étaient loin de faire notre affaire. Nous avons donc opté pour une succession de vols qui à l’allée nous donnaient une petite journée et une nuit à Houston au Texas.

Le centre ville de Houston

Je suis un fervent adepte des escales prolongées. Tant qu’à moisir quelques heures dans un aéroport dans l’attente du prochain départ. Pourquoi ne pas se donner un peu plus de temps pour aller explorer un endroit dans lequel nous ne nous serions pas arrêtés ? Les villes dans le monde ne sont pas faites égales; certaines étant définitivement plus intéressantes que d’autres. Cependant, j’ai pour dire que si plusieurs millions d’humains décident de s’installer à un endroit, il doit certainement y avoir quelque chose à voir ou faire.

 

BBQ Texan

Nous avons donc déambulé dans Houston quelques heures avant de nous arrêter dans un classique restaurant de BBQ texan. À en juger par la file dehors, l’endroit était réputé. Il faisait bon dehors et ça sentait l’été (selon les barèmes canadiens). Comme de fait, certains Houstoniens nous ont confirmé que nous étions dans la meilleure période pour visiter leur ville. Les arbres étaient verts et la température parfaite. Plus tard vers l’été, le soleil calcine tout.

Une épave à Roatan

De retour à l’aéroport tôt le lendemain main, un vol nous a amené à l’île de Roatan depuis laquelle nous avons sauté dans un ferry vers Utila. La mémoire est une faculté qui oublie, certes, mais elle est aussi une faculté qui déforme. Mon souvenir de la rue principale et de l’emplacement des principaux centres de plongée était encore juste, mais ma conception spatiale du centre de plongée et de ses installations ne cadrait plus vraiment avec l’emplacement des choses dans la réalité. Rien de mal à tout ça quand on est touriste, ça ne fait que donner l’opportunité de redécouvrir un peu…

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À partir du lendemain de notre arrivée, mon frère débutait ses cours tandis que moi et mon ami allions plonger sur une base quotidienne. Une fois ses formations complétées, mon frère allait nous rejoindre dans notre délire.  La devise d’Utila, c’est drink and dive et nous lui avons fait honneur durant toute la durée du séjour. Certaines de nos connaissances sont déjà venues ici dans le passé pour tâter l’atmosphère de l’endroit sans y plonger. Tous furent déçus et avec raison. Ici, pratiquement tout tourne autour de ce sport et les conversations entre visiteurs ne concernent que ce qui a été vu ou vécu en respirant de l’air sous pression. Ceci dit, il y a moyen de passer un bon moment tout en restant hors de l’eau. Pour peu que l’on cherche, il existe quelques petits endroits reclus et paradisiaques sur l’île, mais il faut des poches profondes pour bien en profiter.

Quai de BICD

Chez RJs
Chez RJ`s

Nous tenions à vivre l’expérience backpacker, mais avec un peu plus de budget nourriture, nous avons pu nous distancer le temps de quelques repas de la gastronomie hondurienne, qui à l’image du reste de l’Amérique Centrale, tourne autour de la malbouffe à base de poulet frit, de riz, de fèves, de plantain, de portions de viandes trop cuites. Il y a sur Utila une poignée de bons restaurants, dont RJ’s, qui sert des grillades de poissons et de viandes locales tout à fait délicieuses. Mention spéciale à la sauce forte maison, qui goûte le soleil et dont Ron (le R de RJ’s) lui même nous a gracié d’une bouteille lors de notre troisième visite.

Vue dUtila

Cours terminés
Cours terminés !

Question environnement, j’ai été malheureusement marqué par la dégradation notoire du récif entre ma première visite il y a 11 ans et celle-ci. Plusieurs spécimens de coraux étaient blanchis et l’abondance générale de ces organismes était notoirement moindre plus on se rapprochait de la surface de l’eau. Les coraux étant à la base des complexes écosystèmes que sont les récifs, les différents poissons et autres créatures aquatiques qui en dépendent étaient à leur tour moins nombreux. Les plus gros organismes (raies, barracudas, mérous, etc.) se nourrissant des plus petits, se faisaient également plus rares…

Préparation à la plongée

À l’inverse de la nature autour de l’île, le noyau urbain d’Utila s’était quand à lui embelli. Les caniveaux ont été récemment bétonnés, des routes supplémentaires ont été pavées et la gestion des ordures largement améliorée. La circulation routière (composée principalement de motos, de 4 roues et de voiturettes de golf) semblait moins dense et définitivement ralentie sur les plus grosses artères par des dos d’ânes. Utila a prit du gallon en terme de qualité et cela se voyait (et se ressentait dans le porte monnaie). Oui, l’endroit possède encore son lot de bâtiments délabrés, mais il s’est construit pas mal de neuf.

En bateau

Curieusement, dans tous ces mois passés sur l’île, je ne m’étais jamais vraiment aventuré hors de la ville. Une tentative en août 2016 avait avortée en raison de la chaleur accablante et l’assaut implacable des moustiques.  L’un d’entre nous a suggéré la location d’une voiturette de golf et l’idée s’est concrétisée la dernière journée.  Aussitôt sur la route, nous nous sommes dirigés vers Pumpkin Hill, point culminant de l’île. À mesure que la pente augmentait, la voiturette largement sous-motorisée s’est mise à ralentir jusqu’à ce qu’elle commence à reculer en pleine route de terre pentue. J’ai écrasé le frein pour me rendre compte avec horreur que celui-ci était n’allait pas contribuer à ralentir notre descente.  Tout de suite, j’ai crié aux deux autres de débarquer du véhicule par les côtés et j’ai enfoncé l’accélérateur. Ces deux manoeuvres ont suffit à stopper la voiturette. En la poussant pour les quelques dizaines de mètres restant, nous sommes finalement parvenus à terminer la montée. On a eu chaud…

En voiturette de gold à Utila

Fort heureusement, le reste de la journée s’est déroulé sur le plat et sans avarie. On s’est promené une partie de la journée dans les petits rangs d’Utila et ses quartiers bien nantis avec de magnifiques villas côtières. À cour d’endroits à visiter, on a terminé l’après-midi dans les estrades du stade de baseball local. Deux équipes de l’île s’affrontaient et il y avait bonne ambiance.

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On est finalement restés entre nous une bonne partie de la semaine (mention spéciale au balcony bar). Les voyages à plusieurs ne se prêtent pas vraiment à la socialisation. Tout de même, nous aurons quand même tissés des petits liens avec deux Mikes (l’un du Canada et l’autre des É-U).

Exténués de nos vacances pas trop reposantes, nous avons pris le premier ferry du matin. Nicolas allais vers Roatan pour prendre l’avion de là, mais moi et mon frère avions une petite nuit à San Pedro Sula avant notre prochain vol. San Pedro étant à 4 -5 heures d’autobus de La Ceiba, ville côtière où aboutit le ferry depuis Utila, c’était potentiellement se compliquer la vie mais bon, on allait pouvoir explorer un peu du vrai Honduras.

Le centre ville de San Pedro Sula

San Pedro Sula est une grande ville d’Amérique Centrale pas trop intéressante, mais elle a l’avantage d’être authentique. Débarqués en milieux d’après midi (en passant, je crois avoir vu une partie d’éclipse depuis l’autobus), on aura eu amplement le temps de faire un tour du centre-ville et de déambuler dans les rues autour de notre auberge. L’ambiance y était définitivement différente et souvent on nous suivait du regard. Certains se sont même aventurés à nous lâcher quelques gringos!  plutôt irrespectueux. C’était à priori sans danger, mais je ne me souvenais pas de ce genre d’ambiance à mon passage en 2016. Qu’est-ce qui a changé depuis … le fait que tout le monde a maintenant le regard rivé sur un téléphone qui leur fait miroiter l’apparent bonheur de gens plus riches qu’eux ? L’envie est à la source de bien des maux.

Le vols du retour était plutôt audacieux. De San Pedro Sula, nous avions 1h d’escale à Panama puis un retour direct à Montréal. Au final tout se sera déroulé sans entraves. Notre compatriote de voyage qui avait choisi de passer par Roatan (ce vol était substantiellement plus cher lorsque nous avons acheté nos billets) aura finalement été retardé de 24h.

La veille de notre retour retour, je me suis demandé si après trois visites, j’allais avoir encore le goût de revenir à Utila … mon instinct me disant que c’était peut être la dernière fois que je visitais l’île. Oui nous allons probablement passer par là dans un futur périple et j’aimerais faire visiter l’endroit à Audrey, mais elle ne plonge pas et Utila quand on ne plonge pas … Il y a tant à explorer dans le monde et bien franchement, je suis peut-être dû pour aller visiter d’autres fonds marins (NdR: je relis ces lignes quelques semaines plus tard avant de publier et j’ai peut être parlé trop vite).

Bratislava, Slovakie

Vu la proximité de Bratislava, capitale de la Slovaquie avec Brno, pourquoi ne pas aller y faire un petit tour ? En plus, elle allait être une meilleure base de départ potentielle pour un éventuel retour vers le Canada.

Le Danube à Bratislava
Sur le Danube

Ce qui est magnifique avec l’Europe, c’est qu’en un petit deux heures de train, on est dans un autre pays, dans d’autres paysages et dans une autre culture. En fait, Tchèques et Slovaques sont cousins et formaient autrefois le même pays (l’ancienne Tchécoslovaquie). Suite à un divorce qui s’est apparemment très bien passé (ce qui est tout à fait inusité dans le domaine des mouvements d’indépendance), les deux cultures sont allées habiter leur propre contrée. Les deux langues sont très proches; ça s’entend et se lit. Les Tchèques ne comprennent par contre pas les Slovaques. Toutefois, l’inverse n’est pas vrai. La Slovaquie, plus petit pays, voit son environnement médiatique envahi de contenu tchèque et de blockbuster hollywoodiens traduits dans cette langue.  Ainsi, les Slovaques sont exposés à la langue de leur cousin et non le contraire. Un peu comme nous et les Français, quoi que nos deux dialectes restent tout à fait mutuellement intelligibles.

Audrey sur le chateau de Bratislava

Conséquemment à cette homogénéité relative, on est pas trop dépaysé quand on atterrit en Slovaquie depuis la Tchéquie. Les gens, l’architecture et les référents y sont relativement semblables. Bratislava, reste quand même plus austère dans son apparence et l’on se rend bien compte qu’avant l’indépendance, elle était une capitale de rang provincial. Prague lui volait certainement la vedette. Malgré tout elle est construite et urbanisée comme ses semblables. Une vielle ville surplombée d’un chateau, de beaux points de vue, de la verdure et pleins d’endroits intéressants dans lesquels se balader.

Vue de la vielle ville de Bratislava

Panorama de Bratislava

Vue de la vielle vielle de Bratislava

Deux jours suffisent à explorer cette capitale. Si l’on se lance dans le culturel et le muséal, cela peut bien certainement être un peu plus long. En dégustant des vins slovaques (excellents soit dit en passant), je me suis perdu un peu dans l’exploration de la cartographie du pays pour me rendre compte qu’en fait la Slovaquie était pleine de relief. J’ai partagé l’observation avec Audrey et notre réaction commune a été de nous imaginer nous promenant parmi ces collines pour aller voir les pittoresques villages qui les habitent.

Ce sera pour une autre fois.

Tramway et chateau la nuit à Bratislava

Vers une autre destination
On quitte pour une autre destination. Tant mieux car la météo commençait à se dégrader.

Brno, République tchèque

Centre-ville de Brno
Dans le centre

Tant qu’à être en Tchéquie, pourquoi ne pas visiter une autre de ses villes ? On aurait bien aimé voir la campagne, mais le temps de l’année s’y prêtait moins.

La République n’est pas un si grand pays, alors en un peu plus de 2h de train nous étions de l’autre côté du pays et arrivés à Brno. Nos affaires déposées, on a mis nos sacs à dos de jours puis sommes partis nous balader.

Brno est la deuxième ville en importance du pays, quoique beaucoup moins populeuse que Prague. Elle s’est urbanisée de manière pas mal similaire, c’est à dire une vielle ville, surplombée d’un impressionnant château avec une banlieue plus moderne d’héritage communiste mais truffée d’espaces verts.

Le tartare de boeuf est un met populaire en Tchéquie. Cela tombait bien, car c’est un plat que j’apprécie particulièrement. Par contre, manger un tel met dans un restaurant reste une expérience un peu hasardeuse et comme de fait, j’avais encore le système digestif un peu perturbé par mon précédent repas de tartare à Prague. Quand on a un peu la nausée, on semble avoir le dégoût pour certaines choses et le goût pour d’autres. Ce soir là. En passant par un BBQ Coréen justement, l’envie d’en manger pour souper m’a prise.

Même si ce n’est pas encore le temps des marchés de Noël (mais il approchait, comme en témoignaient les cabanes rouges en train de pousser sur les places), nous avons eu la chance de croiser de nombreux marchés de nourriture extérieurs ou l’on servait des mets et breuvages locaux. Certaines choses que l’on nous vend comme des traditions ne semblent parfois que des prétextes pour vendre des bricoles (pensez aux queues de Castor). Ici pourtant, le vin chaud coule à flot, les saucisses sont hautement populaires et sur l’heure du midi, c’est 1 voir 2 pintes de bière.

Marché tchèque à Brno Marché tchèque à Brno

Villa TugendhatLe lendemain, plus de promenade, mais aussi tentative de visite de la Villa Tugendhat une demeure bâtie à la fin des années 1920 par un architecte allemand de renom (Mies van der Rohe) qui plus tard dirigera la fameuse école de Bauhaus. Le bâtiment a beau être centenaire, tout dans sa conception reste d’actualité. On reconnait dans ses espaces et ses formes plus principes encore en application à ce jour. À notre grande déception, il aura fallu réserver pour la visiter … il y a 3 mois. On s’est contentés de l’admirer de l’extérieur.

En soirée, petite grimpade jusqu’au château pour profiter la vue puis redescente vers la vielle ville pour manger et s’installer dans un bar.

Nous n’avions qu’un court 2 jours à Brno. C’était d’ailleurs suffisant pour en faire l’exploration. Demain, direction Bratislava en Slovakie.

Prague, République tchèque

 

Après vérification du prix des billets, des contraintes logistiques et de la météo dans toute l’Eurasie, notre choix s’est arrêté sur Prague en République Tchèque.

Prague

Tramway de Prague

Bien que cette capitale soit dans le circuit européen classique, ni moi ni Audrey n’y étions allés jusqu’à maintenant. Malgré un peu de froid et de pluie, la température était plutôt de notre côté tout comme la période de l’année. Nous n’étions pas dans les marchés de Noël et pas non plus dans le chaos estival européen.

Prague Bateau sur la Vitava

Magnifique, décidément européenne mais avec sa propre touche d’originalité, nous y avons même rallongé notre séjour de 4 à 5 nuits. Prague est une ville d’ampleur faite de nombreux quartiers, certains plus classiques, d’autres plus éclectiques. Toutefois, ce qui nous a saisi, c’est l’abondance d’espaces verts et pas des parcs manucurés, de belles étendues d’arbres matures traversées par des sentiers. La ville, spécialement sa banlieue, semble construite à même la forêt.

Autant dire qu’il fait bon s’y promener.

Prague

La vielle ville est sans grande surprise majoritairement occupée par de la boutique de souvenirs et autres restaurants chers (c’est la norme). Elle reste cependant tout à fait impressionnante, surtout depuis ses ponts, qui donnent des coups d’oeils sur l’imposant chateau, les rives du fleuve et d’innombrables bâtiments centenaires. Pour peu qu’on se donne la peine d’en sortir, on est récompensé par de la belle architecture, d’intéressants commerces, de fantastiques restaurants (et bars) et de la verdure. À chaque heure, Audrey s’exclamait devant la beauté de l’endroit (architecture, verdure et restaurants …. c’est son truc).

Prague

Tartare de boeuf
Ce tartare m’a plutôt incommodé

Du nord au sud et d’est en ouest, nous avons donc marché Prague des heures durant pour en découvrir tout ses petits coins. Le soir venu, nous prenions place dans l’un des innombrables bars de la ville (j’en ai jamais vu autant) pour l’apéro et après, le resto en mode bouffe tchèque (de viande, de féculents et sauces). Heureusement que les microbrasseries avec un peu d’originalité sont parvenues à prendre racine dans la culture de la bière tchèque, car la bonne vielle pilsner, on finit par se tanner.

Panorama de Prague Panorama de Prague

Intérieur d’une cathédrale à PragueMis à part une petite visite du chateau, pas de musées ni de ces fameux concerts / opéras. Avoir eu plus de temps, peut-être qu’on aurait dépensé les demies-journées nécessaires. Or, nous étions à Prague pour la ville et les villes se vivent à pied.

Foule dans Prague