Can you cross the Americas with a two wheel drive vehicle ?

Most overlanders travel through the Americas in big 4WDs or campers; we did it in a 2005 Pontiac Vibe, a perfectly normal car, and without limiting ourselves in any way. Roads in South and Central America are generally in acceptable condition across most countries (we didn’t go to Brazil, however).

Prêts au départ

First off, traveling in a “normal” car has several advantages:

  1. cheap to buy;
  2. low fuel consumption;
  3. easy and inexpensive to repair;
  4. doesn’t attract attention (we had zero trouble with police or locals throughout the entire trip);
  5. easier to sell once you reach your destination (if you’re doing a one-way trip);
  6. cheaper to ship across the Darien Gap (see Passing a vehicle from Panama to Colombia or the opposite (across the Darien gap));
  7. lighter, so easier to extract if you get stuck.

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Getting there does take some preparation. Here are a few tips to be ready for most situations:

  1. Pick a reliable, common brand — meaning Japanese or Korean. Our Pontiac Vibe was actually a rebadged Toyota Matrix and shared most of its parts with the Toyota Corolla, an extremely robust and popular vehicle throughout the Americas.
    1. Avoid Subarus, as they’re rare in South America (except in Chile). Their AWD might seem appealing, but if you break down, good luck finding parts.
  2. Don’t pick a vehicle that’s too recent. Very modern cars are mechanically and electronically complex, parts are harder to source, and they require expertise you won’t find in a small village in the Andes.
  3. Make sure you have decent ground clearance — roads are often rough. Mid-trip, we had our car lifted by an inch (2.5 cm), a fairly cheap operation that local mechanics are used to. After that, we cleared everything without scraping.
  4. Bring a real spare tire, not just a puncture repair kit like modern vehicles often come with. Tires can literally blow out. A patch is useless if your tire is split open.
  5. It gets hot — A/C is a must.
  6. Fit winter or all-terrain tires. We did the trip on summer tires, but better grip in dirt and mud would have spared us several scares and one off-road excursion.
  7. Pack the following gear:
    1. a tow strap in case you get stuck;
    2. a shovel;
    3. traction boards;
    4. a fire extinguisher and a warning triangle;
    5. some wire to tie up your exhaust if it breaks loose (North American cars are rusty…).
  8. It’s always a good idea to carry an extra jerry can of gas. Stations are frequent, but they can run dry (especially in Bolivia).
  9. If you leave gear strapped to the outside of the car, secure it with zip ties to make theft less convenient.
  10. If your car only has a rear license plate (as is the case in Quebec and a few US states), make a laminated copy of the plate and mount it on the rear (moving the original to the front, so agents see it first when passing checkpoints). Police pulled us over countless times because we had no front plate. It never ended in a bribe, but the fewer reasons they have to stop you, the better.
  11. Automatic or manual? My preference is manual: more robust, more reliable, and better control in poor road conditions. Either way, you can fake a kind of traction control by working the throttle and brake at the same time to lock up the differential if a wheel spins.
  12. Swap your headlight bulbs for high-output LEDs. When you’re driving at night, it helps spot the guanacos standing in the middle of the road.
  13. Pick a vehicle roomy enough to sleep in if needed. In the mountains and in Patagonia, weather conditions can be harsh.

Finally, 2WD or 4WD, ask locals about road conditions. If you see small cars heading the same way you are, it’s usually a good sign. The iOverlander app is also a huge help — get a subscription and contribute your own impressions on campsites and roads.

Happy adventuring!

Entre Chimbote et Caraz

Est-ce qu’on peut traverser les Amériques avec un véhicules deux roues motrices?

La plupart des overlanders voyagent dans les Amériques avec de gros 4×4 ou des campeurs ; on l’a fait avec une Pontiac Vibe 2005, une voiture tout à fait normale, et ce sans nous limiter. Les routes en Amérique du Sud et centrale sont généralement dans un état acceptable, et ce dans la plupart des pays (nous ne sommes pas allés au Brésil par contre).

Prêts au départ

Tout d’abord, voyager avec une voiture « normale » confère plusieurs avantages :

  1. peu chère à l’achat ;
  2. consomme peu d’essence ;
  3. facile et économique à réparer ;
  4. n’attire pas l’attention (nous n’avons eu aucune embrouille avec la police ou les locaux de toute notre traversée) ;
  5. plus facile à revendre une fois rendu à destination (si vous faites un aller simple) ;
  6. traversée du Darien moins coûteuse (voir Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)) ;
  7. plus légère, donc plus facile à sortir du pétrin si vous vous enlisez.

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Y arriver demande un peu de préparation quand même. Voici quelques conseils pour être paré à la plupart des situations :

  1. Choisissez une marque fiable et commune, donc une japonaise ou une coréenne. Notre Pontiac Vibe était en fait une Toyota Matrix rebadgée et partageait la majorité de ses pièces avec la Toyota Corolla, un véhicule extrêmement robuste et populaire partout dans les Amériques.
    1. Évitez les Subaru, car elles sont très rares en Amérique du Sud (sauf au Chili). Leur traction intégrale peut sembler intéressante, mais si vous tombez en panne, bonne chance pour les réparer.
  2. Choisissez un véhicule pas trop récent. Les voitures très modernes sont mécaniquement et électroniquement compliquées, les pièces sont plus difficiles à trouver et elles demandent une certaine expertise pour les réparer, expertise que vous ne trouverez pas dans un petit village des Andes.
  3. Ayez une bonne garde au sol, car les routes sont souvent cahoteuses. En cours de route, nous avons fait lever notre véhicule de 2,5 cm, une opération somme toute peu coûteuse et à laquelle les mécaniciens locaux sont habitués. On passait partout sans frotter par la suite.
  4. Ayez une vraie roue de secours et pas juste un kit pour réparer les crevaisons, comme c’est fréquemment le cas de série sur les véhicules modernes. Les pneus peuvent littéralement exploser. Une rustine ne vous sera d’aucune utilité si votre roue est carrément fendue.
  5. Il fait chaud : la climatisation est un must.
  6. Installez des pneus d’hiver ou tout-terrain. Nous avons fait le trajet avec des pneus d’été, mais une meilleure adhérence dans la terre et la boue nous aurait évité plusieurs frousses et une sortie de route.
  7. Partez avec les équipements suivants :
    1. un câble pour vous faire tracter si vous vous enlisez ;
    2. une pelle ;
    3. des traction aids (plaques de désensablage) ;
    4. un extincteur et un triangle de sécurité ;
    5. du fil de fer pour attacher votre échappement s’il se casse (les voitures nord-américaines sont rouillées…).
  8. C’est toujours une bonne idée d’avoir un bidon d’essence supplémentaire. Les stations-service sont fréquentes, mais elles peuvent parfois être à sec (surtout en Bolivie).
  9. Si vous laissez des équipements attachés à l’extérieur, sécurisez-les avec des attaches rapides (tie wraps) pour diminuer les chances qu’on vous les vole.
  10. Si votre voiture n’a des plaques d’immatriculation qu’à l’arrière (comme c’est le cas au Québec et dans quelques États américains), faites une copie plastifiée de votre plaque et installez-la en arrière (en déplaçant l’authentique à l’avant, pour qu’au passage des contrôles les agents puissent la voir en premier). La police nous a arrêtés un nombre incalculable de fois parce que nous n’avions pas de plaque avant. Ça ne s’est jamais terminé en pot-de-vin, mais moins ils ont de raisons de vous contrôler, mieux c’est.
  11. Automatique ou manuelle ? Ma préférence va vers la manuelle : plus robuste, plus fiable et meilleur contrôle en mauvaises conditions routières. Dans les deux cas, il est possible d’émuler une sorte de contrôle de traction en jouant de l’accélérateur et du frein simultanément, afin de bloquer le différentiel si une roue patine.
  12. Changez vos ampoules de phares pour des LED haute puissance. Lorsqu’on roule de nuit, ça aide à voir les guanacos en plein milieu du chemin.
  13. Prenez un véhicule assez spacieux pour pouvoir y dormir au besoin. En montagne et en Patagonie, les conditions climatiques peuvent être rudes.

Finalement, 2×4 ou 4×4, renseignez-vous auprès des locaux sur les conditions routières. Si vous voyez de petites voitures circuler dans la direction où vous allez, c’est généralement bon signe. L’application iOverlander est aussi d’une grande aide. Prenez un abonnement et contribuez vos impressions sur les sites de camping et les routes.

Bonne aventure !

Entre Chimbote et Caraz
Elle nous aura amené partout !

Bilan première phase

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Au moment où j’écris ces lignes, nous voilà repartis pour l’Asie, deuxième phase de notre voyage.

Même si notre escale au Québec n’aura duré que trois semaines, j’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée depuis notre retour d’Amérique du Sud. Le phénomène est-il attribuable à ce dépaysement que l’on ressent après avoir quitté son quotidien depuis si longtemps? C’est probable. Lorsqu’on est en mode découverte, le cerveau redevient sensible à tout ce qui l’entoure et l’on devient bien plus conscient de tous ces petits détails normalement ignorés. Loin de la routine, le temps retrouve sa pleine ampleur et s’en voit même dilaté, car c’est la mémoire qui nous donne la mesure des jours qui passent.

Entre Montréal et Ushuaïa, il s’en est formé des souvenirs; assez d’ailleurs pour me donner l’impression d’être parti depuis des années. Tant de pays visités (certains plus que d’autres), tant de rencontres, tant de paysages… Les Amériques sont immenses et diverses. On en prend mal la mesure en regardant nos cartes.

À ce sentiment de voyage se sera superposé l’aventure et le défi, car se rendre à l’extrémité sud de notre continent en 7 mois en aura été tout un. En rétrospective, c’était ambitieux, mais nous y sommes arrivés quand même. Avec plus de temps, nous nous serions certainement arrêtés davantage, mais compte tenu du temps imparti, il fallait avancer. Plus qu’en mode visite, nous étions en mode road trip.

En ce qui me concerne, le travail aura ajouté un niveau de difficulté supplémentaire. Initialement, je m’étais donné comme objectif trois heures par jour. La promesse aura été tenue, mais au prix de nombreuses frictions et de beaucoup de stress. Devoir constamment passer du mode besogne au mode voyage, entrecoupé de réunions, est quelque chose d’éreintant. Travailler des heures durant dans un véhicule en mouvement, même sans mal des transports, fatigue bien plus qu’être confortablement assis à son bureau chez soi. J’aurais volontiers fait l’économie de toutes ces contraintes, mais je n’avais pas le choix.

Une chance d’ailleurs qu’Audrey a pris la relève du journal de voyage. Fidèle à son poste, elle vous en aura fait un récit riche en aventures et en émotions, avec une plume radicalement différente de la mienne.

La page de la première phase du voyage maintenant en train de se tourner (il manque quand même une publication), nous voilà donc dans les airs, en route pour l’Asie. Bien franchement, nous avions tous deux très hâte à cette partie. L’Amérique du Sud est intéressante, certes, mais elle n’a pas la profondeur et la richesse de l’Asie. Elle n’a pas non plus son attrait gastronomique. Certains se demanderont alors pourquoi nous n’y sommes pas allés une année entière. Pour la simple raison que toute la planète vaut la peine d’être explorée et que l’Amérique, c’est notre continent. Il faut donc le comprendre et le vivre; le voyage est une bonne manière d’y arriver.

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Dernières chroniques automobiles

En fait d’aventures mécaniques, il ne s’est pas passé grand-chose. Notre seule crevaison du voyage est arrivée au Chili (contre 12 lors de notre périple vers l’Asie Centrale).

Pas non plus d’embûches majeures. Nous sommes restés coincés dans le sable environ deux heures près de la frontière entre le Chili et la Bolivie, parce que nous avions tenté d’emprunter un petit chemin vers un cratère volcanique. Ayant mal évalué la surface de la route, la voiture est restée prise. Par chance, nous avons trouvé non loin des planches suffisamment solides pour supporter le véhicule et, méthodiquement, quelques dizaines de centimètres à la fois, nous avons pu manœuvrer hors de cette fâcheuse situation. Après l’incident, j’ai demandé à mes parents de m’apporter des aides de traction et j’ai acheté une pelle — qu’on s’est fait voler quelques semaines plus tard.

 

Un autre tronçon de route nous aura donné du fil à retordre : los 73 malditos entre El Chaltén et Bariloche sur la Ruta 40. Pavée sur toute sa longueur en théorie, ces 73 kilomètres sont toujours en terre battue en raison de conflits avec les estancias avoisinantes. Sans la pluie tombée la veille, nous n’aurions pas eu de problèmes, mais lors de notre passage, la chaussée s’était transformée en un mélange de terre glaiseuse — le genre qui colle à tout et réduit quasiment à néant toute traction. Nous avions si peu d’adhérence que dans les dix premiers kilomètres nous avons fait une sortie de route, heureusement sans dégâts. Je n’ai pas la prétention d’être un conducteur hors pair, mais je dois admettre que tant d’hivers passés à conduire dans les tempêtes québécoises m’ont donné une bonne dose d’expérience sur chaussée glissante. Il aura fallu trois heures d’habile jeu d’embrayage, de patinage contrôlé et une bonne dose d’adrénaline pour retrouver le pavage. À plusieurs reprises nous sommes passés à deux doigts de rester coincés, mais nous étions prêts à cette éventualité : j’avais un câble de remorquage et assez de vivres pour tenir quelques jours si nécessaire. Aurions-nous dû rebrousser chemin? Tous les conducteurs croisés — en 4×4 — nous avaient déconseillé de nous engager, mais le détour nous aurait rallongé de trois jours. Il fallait donc prendre le risque.

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Sortie de route

Au final, notre pari d’effectuer Montréal–Ushuaïa en simple véhicule à deux roues motrices aura été un succès. Ayant trouvé peu d’informations sur le web avant notre départ, je compte consigner mes impressions dans une publication séparée, en espérant qu’elle sera utile à de futurs aventuriers.

Se débarrasser de notre véhicule en fin de périple aura demandé quelques efforts, car importer un véhicule dans un pays d’Amérique du Sud est à toutes fins pratiques impossible. Il ne nous restait que l’option de le donner à un étranger, ce que nous avons pu faire au Paraguay. Notre fidèle Pontiac Vibe continuera donc ses aventures avec son nouveau propriétaire : un Québécois rencontré par hasard sur une terrasse d’Asunción. En espérant qu’elle lui rende de bons et loyaux services!

La Colombie (par Antoine)

Désolé pour le silence radio

On est occupés à… voyager. J’ai dit à plusieurs reprises que nous passerions les États-Unis, le Mexique et l’Amérique Centrale rapidement, car c’était du connu. Maintenant que nous nous trouvons finalement sur le continent sud-américain, le rythme des déplacements s’est drastiquement ralenti pour laisser place aux visites, découvertes, activités et … travail (pas le choix).

Carthagène

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Passage obligé pour y croiser les amis d’Audrey et récupérer la voiture, notre séjour dans cette ville emblématique des Caraïbes a été quand même agréable, quoique trop long. À partir du jour 7, je me suis mis à compter les heures, si bien que j’ai exigé qu’on quitte notre hôtel bon marché colombien pour aller dans le centre touristique. Au moins là, nos chances de faire du social allaient augmenter un peu.

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La vieille ville de Carthagène et ses remparts sont magnifiques et valent certainement la visite. Son côté balnéaire, avec ses impressionnantes tours, mérite aussi le détour. Autrement, les plages sont ordinaires et il y a peu à y faire, hormis la fiesta et le farniente sous le soleil cuisant des Caraïbes (mon Dieu qu’il y faisait chaud ).

Cartagena

Medellín

Carthagène à Medellin

Même si nous avions entendu tant de belles choses de Medellín, nous avions surtout hâte d’y être pour fuir l’humidité et la chaleur de la côte. La Colombie est un grand pays, et même si les routes y sont en bon état, il a quand même fallu couper le trajet depuis Carthagène en deux.

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Medellín, enclavée entre deux chaînes de montagnes, est une ville qui ne laissera personne indifférent. Quasiment tous ses bâtiments sont faits de brique ocre et sont ornés de végétation luxuriante. En plus d’être rafraîchissante, elle est belle et agréable à arpenter. Son centre regorge de perles architecturales et certains de ses quartiers rappellent Madrid. Les terrasses sont abondantes (ce qui n’est pas pour déplaire à Audrey), tout comme les parcs, le tout sous un vaste couvert de verdure. Il ne fait ni chaud ni froid dans cette ville qu’on dit avoir un printemps éternel.

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Lorsqu’on quitte le centre pour les quartiers plus populaires (comme la Comuna 13), à flanc de colline, on est récompensé par des points de vue imprenables sur Medellín.

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Communa 13

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Pas étonnant que de nombreux voyageurs y prolongent leur séjour. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour mieux profiter des occasions de marche, des montées en télécabine et pour partager un repas avec Steven et Ghania, un couple d’Anglais rencontrés sur la côte.

Notre dernière soirée à Medellín, nous l’avons passée dans un de ces petits débits de boisson qui, victime de sa popularité, déborde sur le trottoir et la voie publique. Comme dans une fête de voisins, on y discute de tout et de rien, une bière à la main. Contents de pratiquer leur anglais — et nous, notre espagnol —, nos amis colombiens d’un soir nous ont accueillis comme les leurs.

Salento

Medellin à Salento

Établir nos destinations depuis Medellín fut un processus ardu. Bogotá aura été sacrifiée pour nous donner plus de flexibilité dans l’exploration du reste du pays. De toute manière, tous les Colombiens consultés à Medellín nous ont dit que ça ne valait pas la peine d’y aller. À bien y repenser, peut-être avons-nous été dupes — un peu comme si l’on avait demandé à des Français non parisiens ce qu’ils pensent de Paris…

Palmiers de Salento

Salento, encore dans les montagnes et au climat frais, se trouve dans la zona cafetera : là où la Colombie fait pousser son bon café qu’elle exporte ensuite partout sur la planète. Après l’urbanité de Medellín, la tranquillité de Salento nous a fait le plus grand bien. Nous avons pu y faire de la randonnée et visiter une plantation de café, histoire de pallier un peu mon ignorance de cette baie que je consomme presque tous les jours de ma vie.

Cali

Salent à Cali

Nos lectures et le gouvernement du Canada semblaient indiquer que, lorsqu’on entrait en Équateur par la terre, il fallait soit produire un document officiel attestant de son casier judiciaire, soit obtenir du gouvernement une autorisation spéciale après lui avoir transmis les détails de notre itinéraire dans le pays. Il a donc fallu organiser notre sortie de Colombie et, à nouveau, faire des choix et des sacrifices. Cali, étant la troisième ville en importance du pays, nous nous sommes dit qu’elle valait bien un petit deux jours. Initialement, nous ne comptions pas y aller, mais d’autres voyageurs nous avaient confié y avoir passé du très bon temps. Nous aurions dû écouter notre instinct (et le Routard) : à part danser la salsa, il n’y a réellement pas grand-chose à y faire.

Devant notre souper du premier soir, Audrey et moi avons donc décidé de partir le lendemain pour San Agustín. C’était un détour qui allait nous rajouter plusieurs heures de route, mais tous les commentaires sur l’endroit étaient extrêmement positifs.

San Agustín

Cali à San Agustin

San Agustín se trouve de l’autre côté des montagnes, du côté plus amazonien de la Colombie. La journée de conduite depuis Cali a été passablement longue mais agréable, avec une route tortueuse dont un bon 40 km n’étaient pas pavés. Jouissant d’un climat frais et d’une atmosphère semblable à Salento, San Agustín est un incontournable de la Colombie, non pas pour son café (quoique vous en trouverez), mais pour ses vestiges archéologiques d’une civilisation précolombienne qui, aux dires des historiens, a disparu sans laisser de traces.

San Agustin

San Agustín m’aura aussi un peu réconcilié avec la cuisine colombienne. À bon prix, on y aura mangé deux des meilleurs repas du voyage : l’un de grillades, l’autre un déjeuner colombien typique. Deux plats anodins en soi, mais qui peuvent devenir délectables si l’on utilise des ingrédients de qualité et des sauces maison.

Cuisine à San Agustin
Avec une cuisine comme ça, c’est certain que le repas sera délectable.

Il y régnait réellement une bonne ambiance. Pendant que je travaillais et qu’Audrey lisait à l’auberge, un Colombien nous a approchés et s’est présenté comme le professeur d’anglais de la ville. Il donnait un cours le soir même et se demandait si nous accepterions de venir interagir avec ses étudiants, l’objectif étant de les exposer à différents accents et façons de parler la langue de Shakespeare. Sans hésiter, nous avons accepté. Le temps de boucler quelques tâches, et nous étions devant sa classe de cinq étudiants, à échanger sur nous, sur eux et sur la vie.

Le tourisme reste une manière intéressante d’aller à la rencontre des autres cultures, mais il n’en demeure pas moins que c’est une activité économique, et que beaucoup d’échanges sont médiés par l’argent. Ce genre d’occasion d’entrer en contact avec les gens du coin est rare et précieuse.

Vers Pasto par La Trampolina del Diablo

San Agustin à Pasto

Aller à San Agustín représentait un bon détour, mais en bonus, une partie du chemin vers la frontière équatorienne allait nous faire passer par la Trampolina del Diablo (en français, la « trampoline du diable »). Creusée à même la falaise, enchaînant les virages en épingle et comportant une seule voie où se croisent camions et autres véhicules, ce serait la route la plus dangereuse du pays. Certaines publications sur internet parlent d’une moyenne de 500 vies perdues par an (chiffre nettement exagéré, selon nous).

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En matière de sensations fortes, nous avons tout de même été servis. Il a fallu un bon quatre heures pour parcourir ses quelque 75 kilomètres. Les fesses se sont serrées quelques fois, mais les points de vue étaient au rendez-vous.

La Colombie – Fin

Redescendus des montagnes, nous avons passé notre dernière nuit à Pasto, puis traversé en Équateur.
La Colombie mérite sa popularité grandissante de ces dernières années. Ses défis de sécurité semblent, pour la plupart, appartenir au passé, et ses habitants sont accueillants. Entre mer, jungle et montagnes, il y en a pour tous les goûts, et ses paysages sont magnifiques. Seul bémol : la nourriture. Mettez de la sauce, bordel ! Les fèves et le riz, c’est bon, mais encore faut-il les apprêter un peu et ne pas en mettre dans tous les plats.

Nous aurons largement sous-estimé la taille du pays et tout ce qu’il avait à offrir, mais je suis tout de même satisfait de notre passage. l’aventure continue !

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Chroniques mécaniques

Pour cette fois… rien à dire ;) Comme je le disais plus tôt, on est sur une bonne lancée.

Passing a vehicle from Panama to Colombia or the opposite (across the Darien gap)

Pour la version française, voir Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)

The Pan-American Highway ends in southern Panama and only resumes about a hundred kilometers further south in Colombia. There is no way for vehicles to cross. In the past, this was the territory of the FARC rebels. Nowadays, it is a major route for drug trafficking and illegal immigration. The area is mountainous and the forest dense. One day there will be a road, but for now, if you want to cross with a vehicle, the only option is to put it on a boat (or in the case of a motorcycle, on a plane [apparently much more economical]).

Since the process is at first intimidating and still fairly expensive, we researched it thoroughly and benefited from the experience of many other travelers who detailed the adventure on their blogs. As services change and information quickly becomes outdated, I thought I’d return the favor and share how we went about it.

Unlike many travelers, we were driving a humble car rather than a massive camper. Our container companions, on the other hand, had a 23-foot-long Ford F350, so our suggestions still apply.

Roll-on Roll-off (RORO) or Container?

Apart from flying motorcycles, there are two ways to ship your vehicle: a ship designed specifically for wheeled vehicles (RORO) or the classic container vessel.

If your vehicle doesn’t fit inside a container, you have no choice but to use RORO. There once was a passenger-and-vehicle ferry service. You can still find traces of it online. It hasn’t been in operation for years, and I have no idea if it’s ever coming back.

On ships, it is of course forbidden to carry fuel. For camper Li-ion batteries, the rules seem to vary, but our container companions did not have to remove theirs.

Here’s a table that explains the advantages and disadvantages of each method.

Advantages Disadvantages
Container
  • More predictable timelines.
  • More frequent departures (1 per week).
  • Your vehicle must fit in a container.
  • Expensive if you don’t share the container.
RORO
  • Depending on the company, potentially cheaper.
  • Less predictable timelines.
  • The ship’s crew and port staff have your keys, so there’s a risk of theft.
  • Fewer departures (1 every 3–4 weeks?).

How do I cross myself?

You can either fly Panama – Cartagena (frequent flights). On the water, there are tourist cruises that take you through the San Blas archipelago. Apparently very pleasant, and the crossing takes a few days.

Book in advance, but given the possible delays in loading and reclaiming your car, this can be tricky.

What’s the process?

There are many steps and, unsurprisingly, a huge amount of paperwork; the company you choose will make things much easier. Here’s an overview of the steps:

  • 4–5 weeks before departure (D): find a company and pay the deposit.
  • D minus 2–3 days: police inspection in Panama and obtain the authorization to export the car.
  • D – 1: load the car into the container (you can book your flight at this point).
  • D: ship departure.
  • D + 5–6: ship arrives in Cartagena, container unloaded.
  • D + 7: you unload your car from the container into a port inspection area.
  • D + 8: inspection report signed and permits obtained to release the car (plus Colombian temporary import permit and SOAT insurance).
  • D + 9: release car from port, the journey resumes!

Warning: everything went unusually quickly for us. The standard seems to be 2–3 weeks.

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Us
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Our container companions

How far in advance should I plan, and how frequent are departures?

It’s recommended to plan 4–5 weeks ahead, especially if you want to share a container. Because of their vehicle’s length, our companions had to plan well ahead since there was only space left for one car like ours or motorcycles.

For containers, departures are weekly. For RORO, they’re less frequent.

How much does it cost?

About US$1,150 on the Panama side and US$1,150 on the Colombia side (paid separately in each country). Apparently, shipping from Mexico to Colombia is cheaper.

Which company/agent should I use?

It’s simply impossible to arrange shipping on your own—you must go through an agent. Cargo companies do not deal with individuals, and even if they did, it’s far too complicated, and I’m not even sure it would be legal for a tourist to arrange such a process in Panama or Colombia.

Initially, we exchanged with one provider, but our questions were only partially answered and response times were very long. Four weeks before departure, we contacted The Overland Embassy. They are based in Panama City but can ship your vehicle from anywhere in the world. Their service was impeccable: fast responses (everything goes through WhatsApp), clear instructions and explanations, related services (mechanical, supplies, etc.), competitive prices. They are experienced and it shows: their process is streamlined and they anticipate most of your questions.

What’s the timeline?

From the moment your car is in the container, expect 10–14 days before you get it back. Do not buy plane tickets until the container is sealed. You also need to be in Cartagena several days in advance to begin the process.

It is possible to track the container’s position in real time to know when to arrive in Cartagena and start the paperwork.

And that’s it! Hopefully this answers some of your questions.