Chine

Sur la Chine, on entend, on lit, on interprète. J’avais donc une bonne idée du type de pays dans lequel j’allais entrer, mais avec quelques données inconnues. Déjà, dans le passé il semblait être impossible d’entrer si un tampon de Taïwan était présent à notre passeport. Finalement, après quelques recherches… non, l’entrée est possible, même qu’un vol direct nous aura transportés de Taïpei vers Shanghai. Et lorsque nous avons débuté nos préparatifs, la visite de Mark Carney en Chine avait fait débouller une entente permettant d’entrer sans Visa. C’est donc grâce à cette nouveauté de février 2026 que nous sommes entrés.

Une fois rendus, je ressens à nouveau la complexité voyagère qu’est la barrière de communication. Enfin! Car maintenant, avec les cartes SIM faciles à se procurer, les applications de traduction, les systèmes partagés mondialement (ne serait-ce que pour les cartes bancaires), le voyage peut être drôlement plus facile qu’on le pense. En Chine, plusieurs de ces outils ne fonctionnent pas, et beaucoup moins de gens parlent anglais. Et le français, on passe. C’est donc avec un peu d’hilarité que nous nous sommes retrouvés confrontés à notre premier métro : on fait quoi, on va où, on paie comment… on ne le savait pas à ce moment mais notre chemin entre l’aéroport et notre premier hôtel, qui était sur papier de 2h, allait en prendre 5h. En fait, moi je le vivais dans l’hilarité parce que je trouvais cela réellement drôle. Et stimulant. Antoine était un peu moins dans l’hilarité, mais plutôt dans l’irritation de voir les applications planter, mal fonctionner et devenir une barrière à notre avancée. Déformation professionnelle, j’imagine. Car ici, à sa dernière visite il y a une quinzaine d’année, il pouvait retirer de l’argent facilement puis se dépatouiller en pointant ce qu’il voulait et obtenir thé, repas, tickets de bus. Maintenant, l’argent, c’est out! Tout passe par une application mobile dont l’efficacité est encore à prouver. Et il ne faut pas oublier que nous ne partageons pas le même alphabet, alors même si on essaie de dire, pointer, montrer une adresse, l’info ne se traduit pas tout le temps. Mais cette relative vulnérabilité demeure douce, puisque les gens sont très volontaires, généreux, et s’arrêtent souvent pour aider. Et finalement, nous trouvons la façon de pouvoir traduire tant nos questions que les menus. C’est parfois approximatif, mais cela nous amène habituellement au bon objectif.

Suzhou – la Venise de l’Est – 3 au 7 mai

Son petit surnom dit bien son attrait principal : plusieurs villes où les canaux sont un personnage central. C’est par ailleurs un endroit que les Chinois visitent beaucoup eux-mêmes, un peu comme nous irions à Tremblant ou à Kamouraska. Et ce qui est drôle, c’est que rendus ici, première soirée, nous apprenons que c’est la Golden Week, une semaine de congé généralisé au pays. Nous sommes donc dans l’équivalent du Vieux-Québec en pleine semaine de la construction. Il ne manque pas de monde! Mais c’est magnifique, c’est comme si en plus de voir les attraits touristiques, nous sommes témoins de leurs vacances. J’ai l’impression de regarder un film en plein air. Beaucoup de femmes sont habillées en costumes traditionnels, fartées et maquillées, coiffées de hautes sculptures capillaires. Ça pose ici et là, partout. Et quand je dis partout, c’est réellement le cas : des photographes professionnels à la pelle accompagnent leur clients pour le cliché parfait, pendant que plusieurs autres petits groupes se prennent en photo entre eux. Une coexistence presque sans faille entre la modernité où l’on pose le regard sur ce que l’on projette et l’essence ancien du jardin devant apaiser l’âme dans la cultivation patiente de la nature. Je ne peux m’empêcher de sourire à la réflexion philosophique que le sujet me pose.

La ville de Suzhou en elle-même est tout de même intéressante, les rues sont belles, les parcs sont utilisés pour des danses en groupe, pour discuter, pour siester, toutes les raisons sont bonnes. Et l’ambiance est chouette, des petits restos qui donnent l’eau à la bouche, que ce soit pour un délicieux hotpot (la vraie fondue chinoise), des nouilles goûteuses ou des dumplings à se jeter par terre. On est confortables dans notre hôtel hyper “artsy” (pas mal dans le top 3 des plus chouettes qu’on ait eu depuis le début). Bref, on a apprécié notre temps là-bas. Cette ville nous aura donc permis de nous adapter à la Chine, avec quelques surprises. Notamment une annecdote présentée par le fait qu’il y a peu de bars en Chine, selon notre expérience. Les gens consomment au restaurant lors de leur souper, par exemple, ou à la maison. Alors, lorsque nous avons vu un petit bar, nous sommes entrés, et avons reçu un accueil très chaleureux! Surpris, mais chaleureux! Les quelques femmes nous sourient, replacent leurs cheveux subtilement nerveusement, nous servent une bière, des arachides… et je remarque que certaines continuent d’arriver. Qu’en rotation, elle se refont une beauté au miroir. Qu’il y a près des tables des petites boites avec brosse à cheveux, déo, rouge à lèvres. Je me dis que nous sommes peut-être tombées dans un repaire pour les femmes fêtant entre elles. Finalement, pas vraiment… Les femmes qui entrent et font comme si elles travaillent ici en passant derrière le bar, finissent par être rejointes par un Monsieur peu de temps après. Et certains montent vers un 2e étage. On comprend que l’on est peut-être tombés sur un bar où la compagnie se loue, finalement. Le regard de surprise initial s’explique un peu, alors.

Shanghaï – 7 au 12 mai

Nous avons quitté notre petit espace touristique pour aller vers la grande Shanghaï, où nous devions rejoindre mon père et sa conjointe. Ensemble, nous avons donc goûté à tout ce que la Chine met de l’avant dans ce qui est l’un de ses joyaux. Joyaux, car elle est sa plus grande ville. Car elle est un centre financier international important. Car elle propose grandes marques, luxe, restaurants de qualité, divertissement quasi continu. Et c’est vrai qu’elle est belle. Vue de sa promenade au bord du cours d’eau la traversant, qui offre à ses visiteurs plusieurs immeubles coloniaux magnifiques et ses tours futuristes illuminées. Ou vue de ses terrasses en hauteur, sur le toit d’un 15e étage, ou au 91e étage d’une de ses géantes…

Nous avons visité quelques sites “traditionnels”, et ici l’important seraient les guillemets. Car malheureusement, on détruit parfois pour reconstruire. La vieille ville semble donc nouvellement reconstruite, et certains des sites listés à notre vieux guide du routard étaient, rendus sur place, fermés, remplacés par un nouveaux centre commercial dernier cri ou entourés de barrières sur lesquelles on annonçaient la reconstruction d’une nouvelle ancienne ville. On détruit donc les vieilles maisons pour refaire un faux palais qui accueillera des crèmeries et des boutiques d’aimants et de pâtisseries. C’est, disons-le, tout de même dommage. Et à mon sens, moins riche en culture : on perd la vraie saveur de ce que l’on souhaite préserver et transmettre. En même temps, c’est un pays qui a recréé la tour Eiffel et le village autrichien d’Hallstatt en son sein, c’est donc peu surprenant. Soyez donc avisés, si vous visitez la Chine, prenez un guide récent.

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Shanghai
Pourquoi pas? L’apéro devant le soleil se couchant sur Shanghai

Beijing (ou Pékin) – 12 au 18 mai

Après quelques heures de train, nous voilà dans une autre ambiance. Si Shanghaï ne cachait pas trop son intention de vouloir paraître neuve, à l’affût, brillante, Beijing revêt plutôt ses habits de grande dame. Elle représente l’histoire, la sagesse, le pouvoir et… on y sent une petite effluve d’austérité. Ici, les palais portent le jaune ou le vert de la royauté, alors que les maisons des vieux quartiers revêtent le gris de la population ouvrière. Encore aujourd’hui, les rénovations conservent ce gris omniprésent. Et que dire de la présence militaire et policière. À notre première journée, nous avons tenté de nous rapprocher de la Place Tian’Anmen. Un symbole fort pour les revendications populaires, tant en Chine que pour le reste du monde. Après avoir montré nos identifications à plusieurs policiers, nous sommes finalement renvoyés hors de l’espace. C’est que nous n’avons pas pris rendez-vous (encore une fois, nos trop vieilles infos). Parce que c’est certain que c’est plus facile de poursuivre des manifestants si on sait exactement qui était présent, numéros de documents d’identité à l’appui. Ok, pas de trouble, nous allons prendre rendez-vous plus tard pour visiter la Cité interdite (ancien palais royal) ainsi que la fameuse place, pas très loin. Rendus au point de rencontre la matin de notre visite, nous apprenons que finalement, pas de Place Tian’Anmen aujourd’hui. Elle est fermée dû à la présence du président américain. Sérieusement? Bon ok, on part donc visiter la Cité interdite et on échange notre rendez-vous pour la place qui sera dans quelques jours. Finalement, nous nous pointons à notre rendez-vous, avec plusieurs milliers de personnes, pour la descente du drapeau, exécutée par les militaires à tous les jours au coucher du soleil. La sécurité à l’entrée est plus rigoureuse qu’à l’aéroport, et les policiers retirent des sacs armes, briquets, allumettes… et certains items pouvant faire du bruit. Gardiens de la sobriété jusqu’au bout. Je sens qu’on indique au visiteur qu’aucune écartade ne sera tolérée. Nous faisons donc finalement le tour de la place et nous nous installons sous le regard des multiples caméras pour regarder l’événement. C’est tout de même un moment fort, plusieurs ayant un drapeau chinois à la main, une caméra à l’autre pour immortaliser le symbole. Au moment exact où la cérémonie débute, la pluie le fait également. C’est donc dans une mer de parapluie, dans un silence relatif et une grisaille brumeuse, que l’on regarde le drapeau descendre sous les yeux attentifs et émus. Pendant tout ce temps, je ne peux m’empêcher de penser à ce qui est reproché à cette grande nation par la communauté internationale, et à ceux qui se sont levés par patriotisme, mais sont maintenus à l’abris des regards. Définitivement, un pays de contrastes. La pluie continuera pour les prochaines 24 heures.

 

La cité interdite
La cité interdite : ancien complexe royal

Nous avons visité un quartier qui a été revitalisé en conservant les vestiges des industries l’ayant constitué des années auparavant, le parc de Shougang. Et le résultat est vraiment très intéressant. Comme quoi c’est possible de conserver.

La grande muraille de Chine – petite escapade de 36 heures durant notre séjour à Beijing

Il y a de ces endroits, qui laissent sans mot. Ou plutôt, qui nous font répéter les mêmes perpétuellement, de l’ordre du “oh my god que c’est beau” ou le classique “prends une photo, c’est malade”. La poésie reste dans ce qui nous entoure et s’imprime sur nos rétines, plutôt que sur nos langues, comme vous pouvez le constater. La grande muraille est en fait plusieurs murs à divers endroits en Chine et non un long mur traversant le pays. Ils ont été construits pour repousser l’ennemi venant du Nord, et se sont avérés être moins efficaces qu’espérés. Ils ont simplement été contournés, la dynastie des Ming n’aura d’ailleurs pas survécu à une invasion.

Mais si vous voulez vous assurer de goûter à l’expérience qui vous plaira, il faut donc choisir la bonne section. L’une d’entre elles est proche de Beijing et est fortement visitée. Nous n’y sommes pas allés, mais Antoine l’avait déjà vue lors de sa dernière visite. Elle est apparemment rénovée, un peu sous le mode préablement décrit : on fait du vieux neuf en reconstruisant. Nous souhaitions toutefois une expérience plus calme, plus authentique et plus sportive. Nous avons donc choisi un tronçon qui faisait débuter notre randonnée à Jinshanling pour revenir à Gubeikou, où nous passions une nuit. C’est donc environ 18 kilomètres et un nombre incalculable de marches à monter et descendre. On débute par une section qui a été rénovée un peu, mais dont le résultat ne parrait pas outrageux. Après quelques kilomètres, on nous fait dévier dans la forêt durant un petit bout, puisque cette portion de la muraille a été réquisitionnée par l’armée. Puis on remonte sur le mur, dans une portion non rénovée. Certaines sections ne sont donc pas sécurisées, et quelques marches manquent à l’appel. Mais c’est tellement beau. Du début à la fin. Et nous aurons été seuls durant des heures. Seuls sur la muraille de Chine, je ne pensais même pas que c’était possible. Mais cela aura été une opportunité de réfléchir sur la richesses des cultures de la région, et sur leur importance historique indéniable. Des peuples qui auront construit de grandes choses, et cumulé des connaissances en divers domaines, comme en sciences, en construction ou en arts. Avec un grand pouvoir devrait venir un grand sens de responsbilité, comme disaient Oncle Ben et Roosevelt, selon la référence qui vous parle le plus.

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Taïwan

Le tour de l’île – 25 avril au 3 mai

Nous avons récidivé. Parce que le vent de liberté qui nous faisait porter nos sacs à dos au travers des gares de train, des stations d’autobus ou des aéroports, ne soufflait apparemment pas suffisamment fort. L’envie de rajouter des contraintes sous la forme de machines est revenue nous titiller. À moto, cette fois-ci, donc chacun sa paire de roues.

Ah mais ces roues permettent de demeurer dans le vent, littérallement. Elles permettent de traverser, de survoler presque les paysages et les villages. Car à moto, tous les sens sont aux aguets. Pour garantir la sécurité du conducteur, l’aspect beaucoup plus terre-à-terre de l’équation, mais aussi parce que nous sommes transportés par tellement à voir et à sentir. L’effervescence des villes, l’odeur d’une industrie ou d’un champ fleuri, le vent frais sur notre visage et la chaleur du soleil sur notre dos… puis nos muscles qui se contractent pour conserver le contrôle sur notre accélération et nos freins, notre cerveau qui évalue constamment qui des sept mobilettes autour est la plus susceptible de nous accrocher.

Et je dirais qu’en plus, il y a un aspect très intime dans ce type de voyage. Des heures, seule dans mon casque, à penser, commenter pour mon unique plaisir, réfléchir. Ces heures m’appartiennent entièrement, puisque je ne communique pas avec Antoine, je ne prends pas de photos, rien. Comme une relation privilégiée avec un pays que l’on découvre kilomètre par kilomètre. Au Québec, nous disposons d’un système de communication pour nos escapades à moto, il nous arrive donc d’attirer l’attention de l’autre sur ce qui se passe autour ou même, de planifier les rénovations à l’agenda des prochains jours. Mais lors de ce périple, nous nous suivons mais nous effectuons un voyage distinct l’un de l’autre, ce qui demeure tout de même intéressant. Si certains motocyclistes disposent de caméras sur leur casque, nous n’avons pas cette possibilité de consigner chaque petite découverte. C’est donc un moment à vivre pleinement, sans l’orienter vers un message, une discussion ou une volonté de transmettre des photos, ou même de se souvenir. Exister dans le moment présent, et en profiter, tout simplement. La moto et la plongée sont deux activités où bizarrement, j’ai cette propension à savourer tout naturellement. Grâce à la contemplation, l’immersion et la réflexion qui viennent s’allier pour me transporter où tout le reste prend le bord, j’imagine. Les craintes et les espérances, le passé et le futur, le temps en lui-même ne semble pas exister. Une paix remplie de stimulations, exemptes de divertissements par tout ce que l’on ajoute habituellement dans nos quotidiens. Pas de musique, pas de nouvelles, pas d’écran. Mais le temps passe, sans trop que je m’en rende compte, malgré tout, et sans que mon sourire béat ne disparaisse sous mon casque.

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Côte Est

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Nous avons débuté notre tour de Taïwan dans le sens anti-horaire. Nous débutons donc par descendre la côte Ouest, qui fait face à la Chine. Elle est densément peuplée, et densément industrialisée. L’orientation est très possiblement choisie dû au terrain le permettant, mais cette oposition de deux entités, d’une culture commune mais de politiques opposées, me semble une image forte. Nous sommes donc majoritairement entourés de villes qui se déroulent devant nous et se succèdent, pour parfois laisser un peu de place à l’agriculture, notamment des rizières et de la pisciculture. Sans oublier les montagnes coupantes qui comblent le centre de l’île et qui sont toujours en vue dans notre horizon. En se rapprochant du Sud, chaque ville a sa culture fruitière de prédilection. Les bananes, puis les pommes de cire (ou jamalac), puis les mangues. Lorsque nous remontons vers le Nord par la côte Est, les villes demeurent grandes, mais la côte rocheuse, avec ses falaises dramatiques, s’impose pour entrecouper le tout et y déposer des pauses de verdure, enrubannées de nuages. À plusieurs endroits, on passe à côté de grands complexes industriels, avec leurs bassins, leurs tours, leurs échelles métalliques précaires et rouillées, qui se croisent et montent vers des silos ou des pièces qui tiennent sur des piloris à une hauteur presque ridicule. On dirait un décor d’un jeu vidéo dont on n’aurait pas limité la créativité des concepteurs. Cétait réellement fascinant à voir.

Après avoir laissé nos montures à l’entrée de la ville, nous revenons légers vers le centre de la ville de Taïpei, pour en profiter pour les prochaines 36 heures avant notre départ.

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Mémorial à Tchang Kaï-Chek, ancien président et figure importante dans l’histoire de Taïwan et de la Chine

J’ai tout aimé de Taïwan, tout. Les gens, les villes, les campagnes, la nourriture, tout. Y compris sa savoureuse et aisée alliance entre traditions et fierté identitaire avec une ouverture sans conteste vers le monde dans lequel elle évolue.

Thaïlande

Le Royaume de Thaïlande, qui n’était initialement pas sur notre itinéraire, s’est ajouté quelques temps après un appel video avec ma famille pour Noël. À ce moment, mon parrain Marc nous dit qu’il sera en Asie en avril… au cas où cela nous adonnerait de se croiser. L’idée a fait son chemin et nous y a amenés. Nous avions quelques jours de libres avant l’arrivée de Marc et son ami Martin, nous en avons donc profité afin que je puisse faire mon cours avancé de plongé. Ce dernier donne la possibilité d’aller un peu plus profond, et de participer à des voyages destinés à la plongée, communément appelés “liveaboards”. C’est, finalement, une minie croisière où tout tourne autour de ce que l’on aura réussi à appercevoir ou pas dans l’eau.

9 au 14 avril : plongée dans la mer d’Andaman (à l’Ouest de la Thaïlande)

En thaïlande, il y a beaucoup de possibilités de partir quelques jours en liveaboards. Les prix peuvent par ailleurs être très décents, considérant qu’ils incluent les frais de plongée, le lit et la nourriture. Nous avons donc choisi notre bateau, qui était offert par une entreprise qui semblait sérieuse et sécuritaire au regard de l’organisation des plongées. Car cela reste une activité qui, planifiée comme s’il s’agissait d’un simple picnic, peut avoir des conséquences graves. Nous avons rapidement rencontré l’équipe, puis nos 14 compagnons de voyage. Ensemble, nous allions nous réveiller à 6h du matin, plonger, manger, siester, puis répéter 19 fois sur 5 jours. I-DÉ-AL! Nous avons franchement eu beaucoup de plaisir, entre les magnifiques découvertes sous l’eau, et les belles discussions sur le pont le soir, une bière à la main. Car on ne sait jamais sur quel groupe on tombe, tant guides que voyageurs : l’ambiance peut nous correspondre ou, au contraire, moins nous plaire. Mais là vraiment, c’était parfait. Et les plongées étaient vraiment mangifiques, nous faisant longer ou traverser des forêts de coraux, ou nous enveloppant d’un banc de poissons tellement dense que la lumière peine à se rendre à nous.

14 au 17 avril : Phuket

Afin de laisser passer le mal de terre quelques jours, nous nous sommes rendus dans la vieille ville de Phuket. La région de cette dernière est grande et inclut plusieurs plages diverses, et plusieurs ambiances diverses également. On peut donc passer du “familial, calme et propret” au “complètement déluré, fêtard et certainement réservé aux adultes avertis”. Sur cette île se rencontrent donc un peuple chaleureux et souriant, ainsi qu’une industrie du tourisme bien développée. C’est une cohabitation qui m’a semblée parfois paradoxale. La vieille ville, de son côté, nous aura surtout permis de profiter de la culture, des canaux, des couchers de soleil et de la délicieuse nourriture thaï.

17 au 21 avril : Koh Lanta

PXL_20260418_091634090Hop, on change d’ambiance! On quitte les rues et les marchés de nuit noctures bondés, on rejoint maintenant l’ambiance de vacances. C’est ici que l’on rejoint Marc et martin, dans le calme et la chaleur. Nous sommes quand même au Sud de l’île, sur la baie de Kantiang, donc loin du port d’arrivée qui est au Nord de l’île. C’est donc petit, quelques restos sont disponibles, mais l’ensemble ferme relativement tôt. Après 22h, il peut ne rester qu’un seul bar d’ouvert. C’est donc réellement pour relaxer que l’on vient se poser ici. Mais j’aime bien ce type d’ambiance : on finit par avoir quelques habitudes et se sentir chez nous. Et le coucher de soleil dans la baie vaut le détour.

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21 au 25 avril : Bangkok

Nous retournons alors vers l’animation de la ville, au coeur de Bangkok. On traîne la chaleur avec nous, mais nous aurons maintenant l’occasion de marcher longtemps, de visiter palais et temples. Et de retrouver beaucoup de touristes, parfois concentrés dans certains attraits spécifiques.

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Impossible de passer à côté d’une soirée de combats de Muay-Thaï

Sydney et Singapore

En quittant Fiji, nous nous sommes demandé la si simple question : “Par où on va maintenant”? Notre objectif était de quitter l’Océanie pour l’Asie. Idéalement, Singapore. Antoine était déjà allé et avait beaucoup aimé. De plus, c’est un centre commercial névralgique, son aéroport est donc une belle porte d’entrée, selon nos intentions ultérieures (encore incertaines à ce moment). Alors en faisant les recherches déjà testées quelques jours et semaines avant, nous apprenons que les billets Fiji-Singapore, en vol direct, ont subit une petite envolée de prix. C’est donc pour cette raison que finalement, nous avons décidé d’arrêter quelques jours à Sydney en Australie, tant qu’à y être, pour repartir vers Singapore.

Sydney – 31 mars au 3 avril

Ce qui est bien lorsque nous n’avons pas d’attente, c’est que tout est possible par la suite. L’Australie n’était pas sur ma liste. Pourtant, plusieurs personnes nous en avaient parlé très positivement, mais je n’avais simplement pas l’appel. Je me gardais la région pour plus tard, un jour. Nous avons choisi le quartier de Newtown comme résidence temporaire, et le choix aura été parfait! De la bonne bouffe, des gens plein les rues, une effluve de liberté transportant des couleurs et des sourires, marqués par la mode et l’art, la jeunesse et les possibilités. Et en s’éloignant un peu du quartier, nous avons continué d’apprécier la ville. Si facile à arpenter, il y a toujours quelque chose à voir. Franchement, un endroit fort accueillant.

Opéra de Sydney
Opéra de Sydney

Singapore – 4-8 avril

Depuis notre retour en voyage, nous avons été choyés par l’abondance des saveurs. Tant à Fiji qu’à Sydney. Le goût du riz blanc des Amériques commence à se dissiper tranquillement. Mais à l’arrivée à Singapore… Ooohhhhh, l’importance de se contenir et de se tempérer. Nous avions un enjeu : trop d’envies culinaires, pas assez de repas dans la journée. À un point tel que parfois, nous prenions deux repas partagés pour mieux s’étendre sur les différents territoires. Notre première journée, nous avons déjeuné japonais, dîné indien du Sud, puis soupé chinois. MI-AM! Lorsqu’un repas se termine, on planifie non seulement le suivant, mais ceux des prochains jours : ne rien oublier, ne rien manquer, tout manger! C’est donc en butinant d’un resto à l’autre que nous avons procéder à notre visite de cette cité-état, l’une des trois sur terre, avec Monaco et le Vatican.

Ce qui fait que l’offre alimentaire est halucinante à Singapour, c’est la diversité, la quantité, et les prix. J’ai mangé pour 2.50$, et ce avec délectation, et avec mes doigts. Comme dit Antoine, le bonheur économique est important. Et comme la ville est remplie de grandes tours d’habitation pour loger ses 6 millions d’habitants, les rez de chaussée sont souvent occupés par des cours alimentaires (appelés ici des Hawkers centers). Selon des stastistiques glanées sur le web, 62% à 77% des singapouriens mangent au moins un repas au restaurant, à tous les jours. Parce que, pourquoi pas, quand c’est plus facile et moins cher..! Nous sommes bienheureux : notre voyage culinaire est officiellement commencé et ne se terminera pas avant notre retour!

Outre la nourriture et ses gens, Singapore est emplie d’immeubles, certains bien classiques, d’autres plutôt créatifs, conférant à la ville un style bien unique.

Singapore
On voit assurément la Malaisie au fond.

Singapore

Bonjour Québec, Hello San Francisco, Bula Fiji!

La rafraichissante vision d’un couvert de neige blanche, le doux contact des draps frais lavés de notre propre lit, la satisfaction de faire notre lavage entre deux commissions dans nos petits commerces de proximité… des petits détails qui viennent compléter les moments forts de notre voyage au Québec, soit les retrouvailles avec la famille, les soirées avec les amis, les grandes rires avec les collègues. Le monde, notre monde, celui qu’on ne peut pas amener avec nous à l’autre bout du monde. C’est l’un des aspects particuliers de voyager longtemps, cet effet sur les liens : on se raconte, on se fait rire, on est contents de se voir, puis rapidement les discussions reprennent comme si on s’était vus la semaine précédante.

Nous avons donc pu profiter de cette ambiance des Fêtes en février, comme si l’on souhaitait reprendre un petit retard. Et nous nous sommes délectés de chaque petit moment que cette période nous a offert. Suffisamment pour susciter une petit émulsion voyageuse. Car après des mois de vagabondage américain, l’essouflement était palpable. Dû à la vitesse de traverse, à l’enfilade des paysages et des nouveautés, à l’accumulation des kilomètres comportant le défi de deux voyageurs gourmands qui ne veulent rien laisser dans l’assiette. Alors qu’à notre arrivée au Québec, il ne semblait plus me rester une miette d’appétit pour le voyage, au fil des semaines je recommençais à toucher à ce divin sentiment : la faim d’ailleurs. Je savais qu’elle allait revenir, cette faim, elle le fait toujours, alors je profitais tranquillement du moment présent en l’attendant.

C’est donc, fidèles à nos habitudes, quelques jours seulement avant notre second départ que nous avons assis nos plans. Ou en tout cas, la première destination de notre plan qui en comptera… plus, même si on ne sait pas exactement combien ni lesquelles! De mon côté, j’avais envie de poser les pieds en Océanie. Parce que les îles m’attiraient, d’une part, et puis en plus, nous n’avions jamais mis les pieds sur le continent, ni Antoine ni moi. Il s’agissait donc du seul continent, maintenant, que nous n’avions pas vu, alors que même l’Antarctique nous avait séduits. Cela peut paraitre banal de se donner un objectif du type “touchons à tous les continents”! Mais dans les faits, cela nous amènent parfois sur des recherches que nous n’aurions pas nécessairement faites autrement. Et, justement, nous avons trouvé des billets vraiment pas chers, un peu par hasard, pour les îles Fiji. Quand le hasard t’amène là… pourquoi chigner. Il faut dire oui! Afin de faciliter un peu les transferts d’avion et tout, nous avons pris une nuit à San Francisco.

San Francisco – 17 mars

Nous nous sommes donc envolés, Antoine, moi, et ma mère. Nous souhaitions nous rejoindre à un moment durant cette deuxième partie, sans savoir où et quand serait le plus optimal et finalement… elle aura fait comme nous et acheté ses billets à la dernière minute. C’est donc à la St-Patrick que nous déposons nos sacs en soirée, avant d’aller boire une pinte en l’honneur de l’Irlande. Le lendemain, notre vol était le soir donc nous avons pris toute la journée à marcher dans la ville, traversant ses magnifiques et diversifiés quartiers, reliant ses points d’attrait connus comme la rue en Zigzag, le pont ou le Chinatown.

Golden Gate Bridge

19 mars : journée annihilée!

Nous sommes partis le 18 mars vers 23h, de San Francisco, en avion. Donc, reculant dans les fuseaux horaires jusqu’au premier sur la carte, pour changer de côté complètement et avancer d’une journée et arriver le 20 mars en matinée. Nous avons donc sauter la journée du 19 mars.

Nadi, Fiji – 20-22 mars

Nous arrivons, accueillis par de chaleureux “bula!”, et l’ambiance insulaire se fait déjà sentir. Le sourir des gens, le temps qui est plus lent, la chaleur, le soleil et les fleurs… pas besoin de plus à Fiji.

Lors de plusieurs de nos voyages, nous nous procurons des guides pour chaque endroit prévu, nous avons des listes d’impératifs, des attentes propres à chacun de nous quant aux activités, sites ou intérêts. Cette fois-ci, nous mettons en pratique, par défaut, la bonne vieille méthode à-la-va-comme-je-te-pousse. Peut-être parce que les derniers mois ont été plus chargés en organisation et en limitations logistiques. Et parce que nous avions certains référents parsemés tout au long des Amériques. Actuellement, nous sommes donc relativement peu informés sur la culture et la réalité des gens qui nous accueilleront. Cela peut se vivre tant comme un manque de connaissance, mais aussi comme une disposition complète à recevoir sans filtre. C’est donc avec étonnement que nous avons découvert qu’une très grande diaspora indienne vit aux îles Fiji. Avec elle s’invitent notamment les temples hindous colorés et la nourriture si gouteuse et diversifiée que l’on trouve en Inde.

Nous restons dans la région de l’aéroport de Nadi, comme point de départ avant de voir ce que l’on souhaite visiter pour la suite.

Pacific Harbour (sud de l’île principale, Fiji) – 22-27 mars

Notre choix s’arrête sur ce petit coin, au Sud de l’île et à environ 4h de bus, puisqu’il nous permet d’éviter bateau et avion, d’une part, et que des plongées renommées s’y trouvent. C’est donc dans un petit complexe de time share, sur le bord d’une longue plage, que nous posons nos sacs. Nous avons la possibilité de profiter du soleil matinal de notre balcon, puis d’arpenter la plage baignés dans le soleil chaud de l’après-midi. Parmi toutes ces relaxantes activités, Antoine et moi partons à la conquête des fonds marins. Deux premières plongées avec les requins, qui auront été une expérience quand même surprenante. Guidés par un ex-policier états-unien, dans une ambiance quasi militaire, nous sommes descendus sous l’eau dans une réserve marine afin de regarder un banc de requins se nourir d’immenses poissons. Surprenante, l’expérience, disais-je, mais au final très excitante et sortant de l’ordinaire. Un peu comme d’être assis devant un écran géant, mais en pouvant goûter l’eau salée et profitant de l’apesanteur relative dans l’eau. Suffisant pour faire s’esclaffer et tenter de sortir un semblant de “wwwoooowww” au travers de son détendeur. C’est également l’occasion de jeter un oeil rapproché sur ces immenses poissons, et détailler leurs dents, leurs nageoirs, et, malheureusement, comptabiliser la proportion portant au coin de leur gueule, un hameçon rouillé.

Quelques jours plus tard, nous sommes allés plonger dans un autre secteur, afin de voir les coraux cette fois-ci. Ma mère était avec nous également, pouvant en profiter en apnée. Les couleurs variées et l’abondance de poissons offre une expérience magnifique. Car les îles Fiji sont surnommées la capitale mondiale du corail mou. À chaque plongée, on transporte avec nous le sentiment de flotter dans des forêts lumineuses qui pourraient inspirer le monde d’Avatar.

Naisoso Island – 27 mars

Nous revenons dans la région de l’aéroport de Nadi afin d’accompagner ma mère, qui quitte Fiji. Antoine et moi passons donc une nuit sur cette petite île entre l’aéroport et la marina d’où nous quitterons le lendemain matin pour notre prochaine destination. Nous avions choisi cet endroit pour la proximité, et le faible coût. Nous nous sommes retrouvés dans un espace qui semblait hors de Fiji : il s’agit d’un rassemblement d’immenses villas luxueuses, que l’on dirait peu habitées. Et l’on loue les chambres de certaines de ces villas aux visiteurs. C’est donc une petite banlieue cossue, où seules quelques notes de musiques provenant des festivités de la ville, plus loin sur la côte, parviennent.

Yasawa islands (plus spécifiquement Naukacuvu Island – 28-31 mars

Au petit matin, hop, sortis du lit rapidement afin de savourer l’excitation de prendre le bateau vers 8h pour les îles Yasawa. C’est d’ailleurs dans cette région que les deux films Le lagon bleu ont été tournés. Notre hôtel, un regroupement de plusieurs cabanas, était parfait pour passer quelques jours à relaxer, sans s’ennuyer. Vous l’aurez deviné, encore une fois il y avait de la plongée au menu! Sinon, quelques activités sportives, de la nage sur la plage parmi les poissons et les coraux. Ou encore se prélasser dans la piscine avant le souper. Nous avons bien apprécié ce petit moment, qui aura bien terminé notre aventure aux Îles Fiji.

Yasawa islands
La plage sur laquelle notre hôtel est

Yasawa

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Je suis en retard dans la tenue de notre journal de voyage, parce que l’on avance vite! Depuis Fiji, nous avons fait quelques arrêts et sommes maintenant en Thailande. Peut-être que le calme ici me permettra de me mettre à jour… à suivre!