Bilan première phase

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Au moment où j’écris ces lignes, nous voilà repartis pour l’Asie, deuxième phase de notre voyage.

Même si notre escale au Québec n’aura duré que trois semaines, j’ai l’impression qu’une éternité s’est écoulée depuis notre retour d’Amérique du Sud. Le phénomène est-il attribuable à ce dépaysement que l’on ressent après avoir quitté son quotidien depuis si longtemps? C’est probable. Lorsqu’on est en mode découverte, le cerveau redevient sensible à tout ce qui l’entoure et l’on devient bien plus conscient de tous ces petits détails normalement ignorés. Loin de la routine, le temps retrouve sa pleine ampleur et s’en voit même dilaté, car c’est la mémoire qui nous donne la mesure des jours qui passent.

Entre Montréal et Ushuaïa, il s’en est formé des souvenirs; assez d’ailleurs pour me donner l’impression d’être parti depuis des années. Tant de pays visités (certains plus que d’autres), tant de rencontres, tant de paysages… Les Amériques sont immenses et diverses. On en prend mal la mesure en regardant nos cartes.

À ce sentiment de voyage se sera superposé l’aventure et le défi, car se rendre à l’extrémité sud de notre continent en 7 mois en aura été tout un. En rétrospective, c’était ambitieux, mais nous y sommes arrivés quand même. Avec plus de temps, nous nous serions certainement arrêtés davantage, mais compte tenu du temps imparti, il fallait avancer. Plus qu’en mode visite, nous étions en mode road trip.

En ce qui me concerne, le travail aura ajouté un niveau de difficulté supplémentaire. Initialement, je m’étais donné comme objectif trois heures par jour. La promesse aura été tenue, mais au prix de nombreuses frictions et de beaucoup de stress. Devoir constamment passer du mode besogne au mode voyage, entrecoupé de réunions, est quelque chose d’éreintant. Travailler des heures durant dans un véhicule en mouvement, même sans mal des transports, fatigue bien plus qu’être confortablement assis à son bureau chez soi. J’aurais volontiers fait l’économie de toutes ces contraintes, mais je n’avais pas le choix.

Une chance d’ailleurs qu’Audrey a pris la relève du journal de voyage. Fidèle à son poste, elle vous en aura fait un récit riche en aventures et en émotions, avec une plume radicalement différente de la mienne.

La page de la première phase du voyage maintenant en train de se tourner (il manque quand même une publication), nous voilà donc dans les airs, en route pour l’Asie. Bien franchement, nous avions tous deux très hâte à cette partie. L’Amérique du Sud est intéressante, certes, mais elle n’a pas la profondeur et la richesse de l’Asie. Elle n’a pas non plus son attrait gastronomique. Certains se demanderont alors pourquoi nous n’y sommes pas allés une année entière. Pour la simple raison que toute la planète vaut la peine d’être explorée et que l’Amérique, c’est notre continent. Il faut donc le comprendre et le vivre; le voyage est une bonne manière d’y arriver.

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Dernières chroniques automobiles

En fait d’aventures mécaniques, il ne s’est pas passé grand-chose. Notre seule crevaison du voyage est arrivée au Chili (contre 12 lors de notre périple vers l’Asie Centrale).

Pas non plus d’embûches majeures. Nous sommes restés coincés dans le sable environ deux heures près de la frontière entre le Chili et la Bolivie, parce que nous avions tenté d’emprunter un petit chemin vers un cratère volcanique. Ayant mal évalué la surface de la route, la voiture est restée prise. Par chance, nous avons trouvé non loin des planches suffisamment solides pour supporter le véhicule et, méthodiquement, quelques dizaines de centimètres à la fois, nous avons pu manœuvrer hors de cette fâcheuse situation. Après l’incident, j’ai demandé à mes parents de m’apporter des aides de traction et j’ai acheté une pelle — qu’on s’est fait voler quelques semaines plus tard.

 

Un autre tronçon de route nous aura donné du fil à retordre : los 73 malditos entre El Chaltén et Bariloche sur la Ruta 40. Pavée sur toute sa longueur en théorie, ces 73 kilomètres sont toujours en terre battue en raison de conflits avec les estancias avoisinantes. Sans la pluie tombée la veille, nous n’aurions pas eu de problèmes, mais lors de notre passage, la chaussée s’était transformée en un mélange de terre glaiseuse — le genre qui colle à tout et réduit quasiment à néant toute traction. Nous avions si peu d’adhérence que dans les dix premiers kilomètres nous avons fait une sortie de route, heureusement sans dégâts. Je n’ai pas la prétention d’être un conducteur hors pair, mais je dois admettre que tant d’hivers passés à conduire dans les tempêtes québécoises m’ont donné une bonne dose d’expérience sur chaussée glissante. Il aura fallu trois heures d’habile jeu d’embrayage, de patinage contrôlé et une bonne dose d’adrénaline pour retrouver le pavage. À plusieurs reprises nous sommes passés à deux doigts de rester coincés, mais nous étions prêts à cette éventualité : j’avais un câble de remorquage et assez de vivres pour tenir quelques jours si nécessaire. Aurions-nous dû rebrousser chemin? Tous les conducteurs croisés — en 4×4 — nous avaient déconseillé de nous engager, mais le détour nous aurait rallongé de trois jours. Il fallait donc prendre le risque.

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Sortie de route

Au final, notre pari d’effectuer Montréal–Ushuaïa en simple véhicule à deux roues motrices aura été un succès. Ayant trouvé peu d’informations sur le web avant notre départ, je compte consigner mes impressions dans une publication séparée, en espérant qu’elle sera utile à de futurs aventuriers.

Se débarrasser de notre véhicule en fin de périple aura demandé quelques efforts, car importer un véhicule dans un pays d’Amérique du Sud est à toutes fins pratiques impossible. Il ne nous restait que l’option de le donner à un étranger, ce que nous avons pu faire au Paraguay. Notre fidèle Pontiac Vibe continuera donc ses aventures avec son nouveau propriétaire : un Québécois rencontré par hasard sur une terrasse d’Asunción. En espérant qu’elle lui rende de bons et loyaux services!

La Colombie (par Antoine)

Désolé pour le silence radio

On est occupés à… voyager. J’ai dit à plusieurs reprises que nous passerions les États-Unis, le Mexique et l’Amérique Centrale rapidement, car c’était du connu. Maintenant que nous nous trouvons finalement sur le continent sud-américain, le rythme des déplacements s’est drastiquement ralenti pour laisser place aux visites, découvertes, activités et … travail (pas le choix).

Carthagène

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Passage obligé pour y croiser les amis d’Audrey et récupérer la voiture, notre séjour dans cette ville emblématique des Caraïbes a été quand même agréable, quoique trop long. À partir du jour 7, je me suis mis à compter les heures, si bien que j’ai exigé qu’on quitte notre hôtel bon marché colombien pour aller dans le centre touristique. Au moins là, nos chances de faire du social allaient augmenter un peu.

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La vieille ville de Carthagène et ses remparts sont magnifiques et valent certainement la visite. Son côté balnéaire, avec ses impressionnantes tours, mérite aussi le détour. Autrement, les plages sont ordinaires et il y a peu à y faire, hormis la fiesta et le farniente sous le soleil cuisant des Caraïbes (mon Dieu qu’il y faisait chaud ).

Cartagena

Medellín

Carthagène à Medellin

Même si nous avions entendu tant de belles choses de Medellín, nous avions surtout hâte d’y être pour fuir l’humidité et la chaleur de la côte. La Colombie est un grand pays, et même si les routes y sont en bon état, il a quand même fallu couper le trajet depuis Carthagène en deux.

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Medellín, enclavée entre deux chaînes de montagnes, est une ville qui ne laissera personne indifférent. Quasiment tous ses bâtiments sont faits de brique ocre et sont ornés de végétation luxuriante. En plus d’être rafraîchissante, elle est belle et agréable à arpenter. Son centre regorge de perles architecturales et certains de ses quartiers rappellent Madrid. Les terrasses sont abondantes (ce qui n’est pas pour déplaire à Audrey), tout comme les parcs, le tout sous un vaste couvert de verdure. Il ne fait ni chaud ni froid dans cette ville qu’on dit avoir un printemps éternel.

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Lorsqu’on quitte le centre pour les quartiers plus populaires (comme la Comuna 13), à flanc de colline, on est récompensé par des points de vue imprenables sur Medellín.

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Communa 13

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Pas étonnant que de nombreux voyageurs y prolongent leur séjour. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour mieux profiter des occasions de marche, des montées en télécabine et pour partager un repas avec Steven et Ghania, un couple d’Anglais rencontrés sur la côte.

Notre dernière soirée à Medellín, nous l’avons passée dans un de ces petits débits de boisson qui, victime de sa popularité, déborde sur le trottoir et la voie publique. Comme dans une fête de voisins, on y discute de tout et de rien, une bière à la main. Contents de pratiquer leur anglais — et nous, notre espagnol —, nos amis colombiens d’un soir nous ont accueillis comme les leurs.

Salento

Medellin à Salento

Établir nos destinations depuis Medellín fut un processus ardu. Bogotá aura été sacrifiée pour nous donner plus de flexibilité dans l’exploration du reste du pays. De toute manière, tous les Colombiens consultés à Medellín nous ont dit que ça ne valait pas la peine d’y aller. À bien y repenser, peut-être avons-nous été dupes — un peu comme si l’on avait demandé à des Français non parisiens ce qu’ils pensent de Paris…

Palmiers de Salento

Salento, encore dans les montagnes et au climat frais, se trouve dans la zona cafetera : là où la Colombie fait pousser son bon café qu’elle exporte ensuite partout sur la planète. Après l’urbanité de Medellín, la tranquillité de Salento nous a fait le plus grand bien. Nous avons pu y faire de la randonnée et visiter une plantation de café, histoire de pallier un peu mon ignorance de cette baie que je consomme presque tous les jours de ma vie.

Cali

Salent à Cali

Nos lectures et le gouvernement du Canada semblaient indiquer que, lorsqu’on entrait en Équateur par la terre, il fallait soit produire un document officiel attestant de son casier judiciaire, soit obtenir du gouvernement une autorisation spéciale après lui avoir transmis les détails de notre itinéraire dans le pays. Il a donc fallu organiser notre sortie de Colombie et, à nouveau, faire des choix et des sacrifices. Cali, étant la troisième ville en importance du pays, nous nous sommes dit qu’elle valait bien un petit deux jours. Initialement, nous ne comptions pas y aller, mais d’autres voyageurs nous avaient confié y avoir passé du très bon temps. Nous aurions dû écouter notre instinct (et le Routard) : à part danser la salsa, il n’y a réellement pas grand-chose à y faire.

Devant notre souper du premier soir, Audrey et moi avons donc décidé de partir le lendemain pour San Agustín. C’était un détour qui allait nous rajouter plusieurs heures de route, mais tous les commentaires sur l’endroit étaient extrêmement positifs.

San Agustín

Cali à San Agustin

San Agustín se trouve de l’autre côté des montagnes, du côté plus amazonien de la Colombie. La journée de conduite depuis Cali a été passablement longue mais agréable, avec une route tortueuse dont un bon 40 km n’étaient pas pavés. Jouissant d’un climat frais et d’une atmosphère semblable à Salento, San Agustín est un incontournable de la Colombie, non pas pour son café (quoique vous en trouverez), mais pour ses vestiges archéologiques d’une civilisation précolombienne qui, aux dires des historiens, a disparu sans laisser de traces.

San Agustin

San Agustín m’aura aussi un peu réconcilié avec la cuisine colombienne. À bon prix, on y aura mangé deux des meilleurs repas du voyage : l’un de grillades, l’autre un déjeuner colombien typique. Deux plats anodins en soi, mais qui peuvent devenir délectables si l’on utilise des ingrédients de qualité et des sauces maison.

Cuisine à San Agustin
Avec une cuisine comme ça, c’est certain que le repas sera délectable.

Il y régnait réellement une bonne ambiance. Pendant que je travaillais et qu’Audrey lisait à l’auberge, un Colombien nous a approchés et s’est présenté comme le professeur d’anglais de la ville. Il donnait un cours le soir même et se demandait si nous accepterions de venir interagir avec ses étudiants, l’objectif étant de les exposer à différents accents et façons de parler la langue de Shakespeare. Sans hésiter, nous avons accepté. Le temps de boucler quelques tâches, et nous étions devant sa classe de cinq étudiants, à échanger sur nous, sur eux et sur la vie.

Le tourisme reste une manière intéressante d’aller à la rencontre des autres cultures, mais il n’en demeure pas moins que c’est une activité économique, et que beaucoup d’échanges sont médiés par l’argent. Ce genre d’occasion d’entrer en contact avec les gens du coin est rare et précieuse.

Vers Pasto par La Trampolina del Diablo

San Agustin à Pasto

Aller à San Agustín représentait un bon détour, mais en bonus, une partie du chemin vers la frontière équatorienne allait nous faire passer par la Trampolina del Diablo (en français, la « trampoline du diable »). Creusée à même la falaise, enchaînant les virages en épingle et comportant une seule voie où se croisent camions et autres véhicules, ce serait la route la plus dangereuse du pays. Certaines publications sur internet parlent d’une moyenne de 500 vies perdues par an (chiffre nettement exagéré, selon nous).

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En matière de sensations fortes, nous avons tout de même été servis. Il a fallu un bon quatre heures pour parcourir ses quelque 75 kilomètres. Les fesses se sont serrées quelques fois, mais les points de vue étaient au rendez-vous.

La Colombie – Fin

Redescendus des montagnes, nous avons passé notre dernière nuit à Pasto, puis traversé en Équateur.
La Colombie mérite sa popularité grandissante de ces dernières années. Ses défis de sécurité semblent, pour la plupart, appartenir au passé, et ses habitants sont accueillants. Entre mer, jungle et montagnes, il y en a pour tous les goûts, et ses paysages sont magnifiques. Seul bémol : la nourriture. Mettez de la sauce, bordel ! Les fèves et le riz, c’est bon, mais encore faut-il les apprêter un peu et ne pas en mettre dans tous les plats.

Nous aurons largement sous-estimé la taille du pays et tout ce qu’il avait à offrir, mais je suis tout de même satisfait de notre passage. l’aventure continue !

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Chroniques mécaniques

Pour cette fois… rien à dire ;) Comme je le disais plus tôt, on est sur une bonne lancée.

Passing a vehicle from Panama to Colombia or the opposite (across the Darien gap)

Pour la version française, voir Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)

The Pan-American Highway ends in southern Panama and only resumes about a hundred kilometers further south in Colombia. There is no way for vehicles to cross. In the past, this was the territory of the FARC rebels. Nowadays, it is a major route for drug trafficking and illegal immigration. The area is mountainous and the forest dense. One day there will be a road, but for now, if you want to cross with a vehicle, the only option is to put it on a boat (or in the case of a motorcycle, on a plane [apparently much more economical]).

Since the process is at first intimidating and still fairly expensive, we researched it thoroughly and benefited from the experience of many other travelers who detailed the adventure on their blogs. As services change and information quickly becomes outdated, I thought I’d return the favor and share how we went about it.

Unlike many travelers, we were driving a humble car rather than a massive camper. Our container companions, on the other hand, had a 23-foot-long Ford F350, so our suggestions still apply.

Roll-on Roll-off (RORO) or Container?

Apart from flying motorcycles, there are two ways to ship your vehicle: a ship designed specifically for wheeled vehicles (RORO) or the classic container vessel.

If your vehicle doesn’t fit inside a container, you have no choice but to use RORO. There once was a passenger-and-vehicle ferry service. You can still find traces of it online. It hasn’t been in operation for years, and I have no idea if it’s ever coming back.

On ships, it is of course forbidden to carry fuel. For camper Li-ion batteries, the rules seem to vary, but our container companions did not have to remove theirs.

Here’s a table that explains the advantages and disadvantages of each method.

Advantages Disadvantages
Container
  • More predictable timelines.
  • More frequent departures (1 per week).
  • Your vehicle must fit in a container.
  • Expensive if you don’t share the container.
RORO
  • Depending on the company, potentially cheaper.
  • Less predictable timelines.
  • The ship’s crew and port staff have your keys, so there’s a risk of theft.
  • Fewer departures (1 every 3–4 weeks?).

How do I cross myself?

You can either fly Panama – Cartagena (frequent flights). On the water, there are tourist cruises that take you through the San Blas archipelago. Apparently very pleasant, and the crossing takes a few days.

Book in advance, but given the possible delays in loading and reclaiming your car, this can be tricky.

What’s the process?

There are many steps and, unsurprisingly, a huge amount of paperwork; the company you choose will make things much easier. Here’s an overview of the steps:

  • 4–5 weeks before departure (D): find a company and pay the deposit.
  • D minus 2–3 days: police inspection in Panama and obtain the authorization to export the car.
  • D – 1: load the car into the container (you can book your flight at this point).
  • D: ship departure.
  • D + 5–6: ship arrives in Cartagena, container unloaded.
  • D + 7: you unload your car from the container into a port inspection area.
  • D + 8: inspection report signed and permits obtained to release the car (plus Colombian temporary import permit and SOAT insurance).
  • D + 9: release car from port, the journey resumes!

Warning: everything went unusually quickly for us. The standard seems to be 2–3 weeks.

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Us
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Our container companions

How far in advance should I plan, and how frequent are departures?

It’s recommended to plan 4–5 weeks ahead, especially if you want to share a container. Because of their vehicle’s length, our companions had to plan well ahead since there was only space left for one car like ours or motorcycles.

For containers, departures are weekly. For RORO, they’re less frequent.

How much does it cost?

About US$1,150 on the Panama side and US$1,150 on the Colombia side (paid separately in each country). Apparently, shipping from Mexico to Colombia is cheaper.

Which company/agent should I use?

It’s simply impossible to arrange shipping on your own—you must go through an agent. Cargo companies do not deal with individuals, and even if they did, it’s far too complicated, and I’m not even sure it would be legal for a tourist to arrange such a process in Panama or Colombia.

Initially, we exchanged with one provider, but our questions were only partially answered and response times were very long. Four weeks before departure, we contacted The Overland Embassy. They are based in Panama City but can ship your vehicle from anywhere in the world. Their service was impeccable: fast responses (everything goes through WhatsApp), clear instructions and explanations, related services (mechanical, supplies, etc.), competitive prices. They are experienced and it shows: their process is streamlined and they anticipate most of your questions.

What’s the timeline?

From the moment your car is in the container, expect 10–14 days before you get it back. Do not buy plane tickets until the container is sealed. You also need to be in Cartagena several days in advance to begin the process.

It is possible to track the container’s position in real time to know when to arrive in Cartagena and start the paperwork.

And that’s it! Hopefully this answers some of your questions.

Passer un véhicule du Panama vers la Colombie ou vice-versa (au travers du Darien)

For the English version, see Passing a vehicle from Panama to Colombia or the opposite (across the Darien gap).

La Panaméricaine s’arrête au sud du Panama et ne reprend qu’une centaine de kilomètres au sud en Colombie. Pas moyen de passer de véhicules. Anciennement, c’était le territoire des rebelles FARC. De nos jours, c’est une importante route de passage pour la dogue et l’immigration illégale. Le territoire est montagneux et la forêt dense. Un jour il y aura une route mais dans l’immédiat, si vous voulez traverser en véhicule, pas d’autres solutions que de le mettre sur un bateau (ou dans le cas d’une moto, dans l’avion [vraiment plus économique à ce qu’il paraît]).

Vu que le processus est aux premiers abords intimidant et quand même coûteux, nous l’avons passablement recherché et avons pu profiter de l’expérience de nombreux autres voyageurs qui ont détaillé l’aventure dans leur blogue. Comme les services évoluent et que l’information périme vite, je me suis dit que j’allais rendre la pareille et partager la manière dont nous nous y sommes pris.

Contrairement à bien des voyageurs, nous conduisions une humble voiture plutôt qu’un immense campeur. Nos compagnons de conteneur avaient quant à eux un Ford F350 de 23 pieds de long alors nos suggestions s’appliquent quand même.

Roll-on Roll-off (RORO) ou conteneur ?

Mis à part l’avion pour les motos, il y a deux manières d’acheminer votre véhicule. Un bateau spécialement conçu pour la livraison de voitures (RORO). L’autre option, c’est le bon vieux porte-conteneur.

Si votre véhicule ne rentre pas dans un conteneur, vous n’aurez pas d’autre choix que le RORO. Il y a déjà eu un service de ferry pour passagers et véhicules. On en retrouve des traces sur le web. Ce dernier n’est plus en activité depuis des années. Aucune idée si il est prévu que le service reprenne.

Sur les navires, il n’est bien sûr pas permis de transporter de combustibles. Pour les batteries Li-ion des campeurs, les règles semblent varier, mais nos compagnons de conteneur n’ont pas eu à démonter les leurs.

Voici un tableau qui explique les avantages et les désavantages de chaque manière.

Avantages Désavantages
Conteneur
  • Délais plus prévisibles.
  • Départs plus fréquents (1 par semaine)
  • Votre véhicule doit rentrer dans un conteneur.
  • Cher si vous n’avez pas de compagnon de conteneur.
RORO
  • Selon la compagnie choisie, potentiellement mois cher.
  • Délais plus imprévisibles.
  • L’équipage du bateau et le personnel du port ont vos clés alors il y a risque de vol.
  • Moins de départs (1 par 3-4 semaines?)

Comment traverser ma personne?

Vous aurez le choix entre l’avion Panama – Cartagène (vols fréquents). Sur l’eau, il existe des croisières pour touristes qui vous font passer au travers de l’archipel de San Blas. C’est apparemment très agréable et il faut compter quelques jours pour effectuer la traversée.

Réservez d’avance par contre, mais vu les multiples délais possibles dans le chargement et la prise de possession de votre voiture, ça peut être difficile.

Quel est le processus?

Il y a de nombreuses étapes et sans grande surprise il y a énormément de paperasse impliquée; la compagnie que vous choisirez vous simplifiera grandement la chose. Voici un survol des différentes étapes :

  • 4-5 semaines avant le départ (J) : trouver une compagnie et verser le dépôt
  • J moins 2-3 jours : inspection de police au Panama et obtention de l’autorisation d’exporter la voiture
  • J – 1 jour : chargement de la voiture dans le conteneur (il est possible de réserver son vol à ce moment)
  • J : départ du bateau
  • J + 5-6 jours : arrivée du navire à Cartagène et déchargement du conteneur
  • J + 7 jours : déchargement de la voiture du conteneur (par vous) vers une zone du port où elle sera inspectée
  • J + 8 jours : signature du rapport d’inspection et obtention du permis pour sortir la voiture (ainsi que du permis d’importation temporaire colombien et de l’assurance SOAT)
  • J + 9 jours : sortie de la voiture du port, le voyage recommence!

Avertissement : tout s’est fait particulièrement rapidement pour nous. La norme semble être 2 semaines voir 3.

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Nous
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Nos compagnons de conteneur

Combien de temps en avance doit-on s’y prendre et à quelle fréquence sont les départs?

Il est conseillé de s’y prendre 4-5 semaines à l’avance, surtout si vous voulez partager un conteneur. Vu la longueur de leur véhicule, nos compagnons ont dû s’y prendre longtemps à l’avance car il n’y avait de la place avec eux que pour une voiture comme la nôtre ou des motos.

Pour les conteneurs, il y a des départs à chaque semaine. Pour le RORO, c’est moins fréquent.

Combien ça coûte?

Environ 1150 $US côté Panama et 1150 $US côté Colombie (à payer séparément dans chaque pays). Apparament partir du Mexique jusqu’en Colombie est moins cher.

Avec quelle compagnie / agent faire affaire?

C’est tout simplement impossible d’arranger le transfert de votre véhicule vous même, il faut passer par un agent. Les compagnies de cargo ne transigent pas avec les particuliers et même si ils le faisaient, c’est beaucoup trop compliqué et je ne suis même pas certain que ce serait légal pour un touriste d’organiser ce genre de chose au Panama ou en Colombie.

Initialement, nous avions échangé avec un premier fournisseur, mais nos questions étaient partiellement répondues et les délais de réponse très long. Quatre semaines avant le départ, nous avons contacté The Overland Embassy. Ils sont basés à Panama City mais il sont capable d’envoyer votre véhicule depuis n’importe où sur la planète. Leur service fut impeccable : réponses rapides (tout passe par Whatsapp), directions et explications claires, services connexes (mécanique, fournitures, etc), prix compétitifs. Ils ont de l’expérience et ça sent : leur processus est bien rodé et ils auront anticipé la plupart de vos questions.

Quels-sont les délai?

À partir du moment où votre voiture est dans le conteur, il faut compter 10 – 14 jours avant de la récupérer. N’achetez pas de billets d’avion tant que le conteur n’est pas scellé. Vous devez également être à Cartagène plusieurs jours à l’avance pour entamer les procédures.

Il est possible de suivre la position du conteneur en temps réél pour savoir quand arriver à Cartagène et entamer les démarches.

Et voilà ! En espérant avoir répondu à quelques-unes de vos questions.

Amérique Centrale

L’Amérique Centrale a l’air petite sur le globe, mais ce n’est qu’une impression du fait de la projection de nos cartes. Les distances sont quand même importantes, mais surtout, le territoire est dense. En une bonne journée de route, on parcours environ 300 kilomètres. La chaussée est généralement acceptable, mais il y a beaucoup de trafic routier, de nombreux camions, des bouchons dans les innombrables villages mais surtout, des frontières et encore des frontières.

Antigua – volcan et marché

 

Il nous aura fallu environ 4 semaines pour traverser la région à partir du moment où nous sommes entrés au Guatemala jusqu’à notre départ de Panama. Le rythme fut pour le moins quand même intense. Mis à part des arrêts au Guatemala (lequel nous connaissions peu), nous passions rapidement au travers des pays car tel que mentionné précédemment, c’était une régions que nous connaissions sommes toutes bien.

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Je dois dire que le Guatemala est fort agréable. Ses volcans (actifs), son relief et ses villes font sa popularité pour les bonnes raisons. Le El Salvador aussi mérite mention (j’y étais allé en 2016). La sécurité s’y étant drastiquement améliorée dans les dernières années, ont sent le pays et sa population revivre. Au Honduras, nous n’aurons passé que quelques heures (2 frontières en une journée, c’est quelque chose; je vous en passe plusieurs papiers et tout un tas de formulaires). Le Nicaragua reste toujours un sympathique endroit tout à fait emblématique de la région tandis que le Costa Rica est encore plus propre et développé que dans mes souvenirs.

Volcan Masaya
L’Amérique Centrale, terre de volcans

Tout au long du voyage, Audrey restait persuadée que je détestais le Costa Rica (et encore à ce jour me dit-elle actuellement). C’est faux. Le Costa Rica est un endroit fantastique qui vaut la peine d’être vu. De tous les pays d’Amérique Centrale, c’est lui d’ailleurs qui tire le mieux son épingle du jeu économique (on le surnomme d’ailleurs la Suisse de la région). Qui dit modernisation par contre dit souvent perte d’authenticité et c’est précisément ce que je reproche à ce pays. Si vous voulez une expérience centro-américaine, passez votre tour. La nature est tout aussi belle ailleurs et votre portefeuille vous en sera reconnaissant.

 

Panama

L’arrivée au Panama fut festive. Le dernier pays avant le passage en Amérique du Sud, nous avons été emplis d’un sentiment d’accomplissement en passant sa frontière. C’est un endroit que j’affectionne quand même. C’est verdoyant et accueillant. Il y a une foule de chose à y faire et quand on se promène en Amérique Centrale depuis un moment, débarquer à Panama City a un effet particulier. Comparé aux autres capitales de la région, c’est relativement propre et développé. Il fait bon profiter de ses parcs et de ses bons restaurants. Le Canal de Panama est aussi un incontournable de la région.

Canal Panama

Notre horaire y fut quand même bien rempli en raison des procédures pour l’envoi de la voiture. À deux reprises il a fallu se lever avant 0500. La première pour une inspection de police et la récupération d’un formulaire X et la deuxième pour aller côté Caraïbes mettre la voiture dans le conteneur. Nous pensions quitter le 28 août, finalement tout s’est fait le 26 alors nous nous sommes envolés vers la Colombie le lendemain. Deux amis de Audrey nous y attendaient et étaient fort ravis qu’il n’y ait eu aucun délai en raison de notre véhicule.

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Chroniques automobiles

Pas de road-trip sans nouvelles mécaniques. Depuis le Mexique, nous étions sur une bonne lancée. L’air climatisé, dont remplissage devait tenir 1-2 semaines, soufflait toujours froid et la voiture roulait droit.

Il se rajoutait par contre graduellement des notes de graves au son que son moteur produisait. De tout évidence une fuite d’échappement et effectivement, le bruit provenait d’un connecteur près du silencieux. Ce genre de fuite n’a rien d’inquiétant et ne nuit pas du tout aux performances environnementales du véhicule. Le soucis par contre, c’est que la rouille est immanquablement en cause et ça finira par casser.

Comme de fait, cela s’est produit 300 kilomètres avant Panama City. J’avais prévu de quoi réparer le problème dès le jour du départ. Dans tout véhicule et particulièrement ceux qui sont vieux, avoir une bobine de fil de fer sous la main est indispensable. Facilement on rattache une pièce qui pendouille pour s’éviter un remorquage. Le petit soucis dans notre cas était qu’il était samedi et qu’on avait l’inspection de police lundi matin et qu’ils allaient sûrement sourciller en entendant le bruit que faisait notre véhicule (finalement, ils ne l’auront jamais démarré ni inspecté par ailleurs; seul le numéro de série a été vérifié).

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L’échappement rapidement sécurisé, nous aurions facilement pu nous rendre jusqu’à destination mais vu la contrainte, je me suis dit qu’il valait mieux tenter de trouver un garagiste le plus rapidement possible. En débusquer un qui était capable de souder ne fut pas une mince affaire, mais une heure et 16$ plus tard, l’échappement était à nouveau solidifié et étanche.

En achetant la voiture, l’ancien propriétaire nous avait informé que la fenêtre côté conducteur ne fermait pas complètement et qu’il n’avait pas la moindre idée de la raison. De toute évidence, quelque chose à l’intérieur de la porte bloquait la vitre. Après de nombreux cycles de monter et descendre la vitre, cette dernière aura finalement eu raison du blocage (heureusement que ça n’a pas été le contraire). Du coup, la vitre fonctionnait à nouveau normalement, mais désormais la porte ne semblait être que partiellement attachée à voiture. Le mystère était résolu, c’était une retenue qui bloquait la vitre et celle-ci avait finit par la guillotiner. Pour la troisième fois du voyage, le fil métallique tressé que nous nous étions procuré à Little Rock en Arkansas a été mis à contribution pour sécuriser la portière.