Le Japon partie 3 – Tokyo

Akihabara

Akihabara

Une ruelle de Tokyo

Une ruelle de Tokyo

Je débarquai à Tokyo très tôt le matin, fatigué et déprimé par la perte de ma partenaire de voyage. Après avoir trouvé l’auberge et y avoir fait une longue sieste, j’entreprit d’aller visiter un musée et d’ensuite explorer un pan de cette immense ville en revenant à l’auberge à pied. Je désirais tout particulièrement voir Akihabara, le bastion de la culture manga/jeux vidéos du Japon. La promenade s’avéra très intéressante, surtout en raison des multiples spécimens d’adolescents japonais costumés que je croisai sur mon chemin, particulièrement dans les alentours de la ville électrique (surnom d’Akihabara). De retour à l’auberge le soir venu, je ne trouvai rien de mieux à faire que de m’isoler devant mon ordinateur, car il semblait que c’était le thème de la soirée, notamment pour un groupe d’occidentaux, tous les yeux rivés sur leur game boys. La chose me parut un peu pitoyable, mais j’appris plus tard qu’ils faisaient partie d’un tour organisé dédié à la culture manga japonaise, ce qui les excusa de leur comportement plutôt antisocial à mes yeux. Plus tard par contre, je fis la rencontre d’un français et d’un serbe qui s’apprêtaient à partir de l’endroit, mais décidèrent de sauver ma soirée en restant pour me tenir compagnie. Nous fûmes plus tard joints par une argentine et un autre français et dans notre petit coin nous passâmes un bon moment à échanger dans de différentes langues.

L'intersection de Shibuya

L’intersection de Shibuya

À mon réveil, je réalisai que le fait que nous étions lundi allait sérieusement compromettre mes plans de musée de la journée. J’optai donc pour un classique: errer. Comme première destination, je choisis Ginza, célèbre pour ses magasins à départements de luxe; j’avais besoin d’un nouveau portefeuille Louis Vuitton de toute manière. Tel que prévu, je ne fis pas long feu dans ce genre d’environnement et procédai en vitesse vers mon prochain objectif, grimper une tour pour y admirer la vue et me diriger vers un parc du quartier réputé pour être plutôt charmant. Ceci fait, je pris le métro en direction de l’intersection principale du quartier commercial de Shibuya, où apparemment il y traverse au-dessus de 100 000 personnes à l’heure, faisant d’elle le passage clouté le plus achalandé du monde. Effectivement, il y avait du japonais, et tournant en rond en tentant de m’orienter vers mon prochain objectif, je contribuai à plusieurs reprises à cette statistique. Harajuku – un autre quartier de boutiques trop chères mais valant le coup d’oeil pour ses devantures de magasin extravagantes – fut mon dernier arrêt de la journée et je repris le métro en direction de l’auberge. Surprise surprise, il y avait encore une absence totale d’atmosphère, alors j’alla retrouver mon amis l’ordinateur jusqu’à ce que l’argentine m’accoste pour me souhaiter un bon voyage, car elle changeait d’auberge. Voyant que je m’ennuyais profondément et que la même chose l’attendait possiblement là où elle allait, Mercedes me proposa d’aller prendre un verre et vers la fin de la soirée, nous nous donnâmes rendez-vous le lendemain pour aller faire les touristes ensemble.

Le jour suivant donc, je la retrouvai à son auberge et après un repas au train de sushi, nous allâmes visiter une exposition d’installations d’art numérique. En chemin, nous grimpâmes un autre gratte-ciel muni d’un observatoire sur son dernier étage. La vue était largement meilleure que celui que j’avais visité le jour précédent et permettait vraiment d’apprécier l’étendue d’une des plus grandes métropoles de la Terre. Une fois sorti du musée qui s’avéra fort intéressant, nous allâmes explorer Shinjuku et Roppongi, qui s’avérèrent être encore d’autres agglomérations de magasins, de bars et de restaurants sans grand intérêt.

Tous des quartiers fortement recommandés par le Lonely Planet, tous la même recette décevante. Ça m’apprendra à ne faire confiance à un livre qui se prétend être le guide du backpacker, mais donne des adresses d’hôtels à 200$ la nuit. J’en ai quoi à foutre moi du Mariott de Tokyo, je n’ai pas besoin d’un guide pour le trouver, si j’ai les moyens de me payer une telle chambre, je vais aussi être en mesure de me permettre une limousine pour m’y rendre. Il semblerait que les éditeurs du Lonely Planet, victimes de leur succès, se soient mis à courtiser une autre clientèle plus aisée pour aller bouffer des parts de marché au guide Michelin. En conséquence, la quantité de contenu pertinent (le genre de truc pour lequel on voyage, pas les grandes marques que l’on retrouve aux quatre coins du monde)  a grandement diminué pour laisser place à des conseils de boutiques et de restaurants hors de prix. Je suis certain que Tokyo a énormément à offrir à celui qui sait où chercher ou qui est bien conseillé. En trois jours de visite, je ne me suis pas vraiment donner les meilleurs chances de faire de belles découvertes, mais n’empêche que j’ai été un peu laissé sur ma faim. Remarquez aussi que vu la compagnie dont j’ai profité la semaine précédente, la barre avait été mise très haute.

Tokyo est impressionnante et hautement intéressante et je ne prétend en avoir vu un seul pour cent, mais elle m’a paru comme étant similaire aux autres villes japonaises dans lesquelles je suis passé, seulement sur une plus grande échelle et avec moins de charme. C’est peut être ma faute d’avoir visité le Japon à l’enver, mais une fois à l’aéroport, je me suis rendu compte que je n’étais pas mécontent de quitter la capitale.

Triste de partir du Japon cependant. En regardant par le hublot de l’avion en direction du terminal 2 de l’aéroport Narita, je remarquai un membre du personnel de guidage au sol qui nous faisait des signes d’au revoir de la main. Quelques moments plus tard, il fit la révérence à l’appareil et disparu de mon champ de vision.

Au revoir Japon.

Dans la grande roue de Kobe

Dans la grande roue de Kobe

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