L’Amérique Centrale a l’air petite sur le globe, mais ce n’est qu’une impression du fait de la projection de nos cartes. Les distances sont quand même importantes, mais surtout, le territoire est dense. En une bonne journée de route, on parcours environ 300 kilomètres. La chaussée est généralement acceptable, mais il y a beaucoup de trafic routier, de nombreux camions, des bouchons dans les innombrables villages mais surtout, des frontières et encore des frontières.
Il nous aura fallu environ 4 semaines pour traverser la région à partir du moment où nous sommes entrés au Guatemala jusqu’à notre départ de Panama. Le rythme fut pour le moins quand même intense. Mis à part des arrêts au Guatemala (lequel nous connaissions peu), nous passions rapidement au travers des pays car tel que mentionné précédemment, c’était une régions que nous connaissions sommes toutes bien.
Je dois dire que le Guatemala est fort agréable. Ses volcans (actifs), son relief et ses villes font sa popularité pour les bonnes raisons. Le El Salvador aussi mérite mention (j’y étais allé en 2016). La sécurité s’y étant drastiquement améliorée dans les dernières années, ont sent le pays et sa population revivre. Au Honduras, nous n’aurons passé que quelques heures (2 frontières en une journée, c’est quelque chose; je vous en passe plusieurs papiers et tout un tas de formulaires). Le Nicaragua reste toujours un sympathique endroit tout à fait emblématique de la région tandis que le Costa Rica est encore plus propre et développé que dans mes souvenirs.
L’Amérique Centrale, terre de volcans
Tout au long du voyage, Audrey restait persuadée que je détestais le Costa Rica (et encore à ce jour me dit-elle actuellement). C’est faux. Le Costa Rica est un endroit fantastique qui vaut la peine d’être vu. De tous les pays d’Amérique Centrale, c’est lui d’ailleurs qui tire le mieux son épingle du jeu économique (on le surnomme d’ailleurs la Suisse de la région). Qui dit modernisation par contre dit souvent perte d’authenticité et c’est précisément ce que je reproche à ce pays. Si vous voulez une expérience centro-américaine, passez votre tour. La nature est tout aussi belle ailleurs et votre portefeuille vous en sera reconnaissant.
L’arrivée au Panama fut festive. Le dernier pays avant le passage en Amérique du Sud, nous avons été emplis d’un sentiment d’accomplissement en passant sa frontière. C’est un endroit que j’affectionne quand même. C’est verdoyant et accueillant. Il y a une foule de chose à y faire et quand on se promène en Amérique Centrale depuis un moment, débarquer à Panama City a un effet particulier. Comparé aux autres capitales de la région, c’est relativement propre et développé. Il fait bon profiter de ses parcs et de ses bons restaurants. Le Canal de Panama est aussi un incontournable de la région.
Notre horaire y fut quand même bien rempli en raison des procédures pour l’envoi de la voiture. À deux reprises il a fallu se lever avant 0500. La première pour une inspection de police et la récupération d’un formulaire X et la deuxième pour aller côté Caraïbes mettre la voiture dans le conteneur. Nous pensions quitter le 28 août, finalement tout s’est fait le 26 alors nous nous sommes envolés vers la Colombie le lendemain. Deux amis de Audrey nous y attendaient et étaient fort ravis qu’il n’y ait eu aucun délai en raison de notre véhicule.
Chroniques automobiles
Pas de road-trip sans nouvelles mécaniques. Depuis le Mexique, nous étions sur une bonne lancée. L’air climatisé, dont remplissage devait tenir 1-2 semaines, soufflait toujours froid et la voiture roulait droit.
Il se rajoutait par contre graduellement des notes de graves au son que son moteur produisait. De tout évidence une fuite d’échappement et effectivement, le bruit provenait d’un connecteur près du silencieux. Ce genre de fuite n’a rien d’inquiétant et ne nuit pas du tout aux performances environnementales du véhicule. Le soucis par contre, c’est que la rouille est immanquablement en cause et ça finira par casser.
Comme de fait, cela s’est produit 300 kilomètres avant Panama City. J’avais prévu de quoi réparer le problème dès le jour du départ. Dans tout véhicule et particulièrement ceux qui sont vieux, avoir une bobine de fil de fer sous la main est indispensable. Facilement on rattache une pièce qui pendouille pour s’éviter un remorquage. Le petit soucis dans notre cas était qu’il était samedi et qu’on avait l’inspection de police lundi matin et qu’ils allaient sûrement sourciller en entendant le bruit que faisait notre véhicule (finalement, ils ne l’auront jamais démarré ni inspecté par ailleurs; seul le numéro de série a été vérifié).
L’échappement rapidement sécurisé, nous aurions facilement pu nous rendre jusqu’à destination mais vu la contrainte, je me suis dit qu’il valait mieux tenter de trouver un garagiste le plus rapidement possible. En débusquer un qui était capable de souder ne fut pas une mince affaire, mais une heure et 16$ plus tard, l’échappement était à nouveau solidifié et étanche.
En achetant la voiture, l’ancien propriétaire nous avait informé que la fenêtre côté conducteur ne fermait pas complètement et qu’il n’avait pas la moindre idée de la raison. De toute évidence, quelque chose à l’intérieur de la porte bloquait la vitre. Après de nombreux cycles de monter et descendre la vitre, cette dernière aura finalement eu raison du blocage (heureusement que ça n’a pas été le contraire). Du coup, la vitre fonctionnait à nouveau normalement, mais désormais la porte ne semblait être que partiellement attachée à voiture. Le mystère était résolu, c’était une retenue qui bloquait la vitre et celle-ci avait finit par la guillotiner. Pour la troisième fois du voyage, le fil métallique tressé que nous nous étions procuré à Little Rock en Arkansas a été mis à contribution pour sécuriser la portière.
Dans les états visités précédemment, le Texas était définitivement celui où nous avions le plus de chance de revenir. N’empêche, il fallait couper la route et l’envie de le visiter était bel et bien présente. Le Texas, plus que tout autre état américain, collectionne les stéréotypes et c’est ce qui fait son charme et le rend attachant (sauf quand on parle de politique). Des énormes pick-ups, des églises, d’immenses bannières sur l’autoroute vous accusant d’infidélité envers le seigneur et vous menaçant d’une éternité en enfer, on en a vu des masses.
On a aussi pu goûter à l’aimabilité de ses habitants et à son fameux BBQ (pas une mais deux fois). Et à Rome, on fait comme chez les romains alors pour clore notre séjour chez les texans, on s’est arrêté à un champ de tir où Audrey a pu s’initier au privilèges du second amendement. Premier service, un Glock 17 9mm, similaire à l’arme de fonction des policiers de chez nous. Comme plat de résistance, une copie civile d’un AK-47. Je crois qu’elle a été de maints détails sur son expérience.
Comme Audrey, j’avais pris un forfait introduction car la logique voulait qu’ils ne laissent pas tirer de façon autonome quelqu’un sans permis. Me rendant compte qu’en fait, la seule règle était d’être accompagné, j’ai promptement converti mon petit cours avec instructeur en la location d’un AR-15. Mon passé dans l’armée est loin derrière moi, mais ces heures à pratiquer le maniement de la C7 (version canadienne de la M16, dont laquelle le AR-15 est la version civile), m’ont inculqué une mémoire mécanique du maniement de cette arme. En peu de temps, j’étais de nouveau à l’aise. Avec précision et constance, j’ai promptement vidé mes deux chargeurs (Audrey a tiré un peu aussi), tout en ayant géré un enrayage comme on me l’avait enseigné il y a 20 ans.
Je dois me confesser, j’aime tirer, j’aime l’odeur de la poudre et j’aime les armes. Dans les mains de quelqu’un un tant soit peu entraîné et mal intentionné par contre, un AR-15 en particulier peut causer d’énormes dégâts. C’est d’ailleurs cette arme qui est responsable de la majorité des fusillades de masse aux États-Unis. Il n’existe à mon sens pas de raison valable pour qu’un fusil d’assaut à l’origine conçu pour la guerre se retrouve dans les mains de la population. Fort heureusement, ce n’est pas le cas au Canada et cela contribue sans aucun doute à en faire un pays plus sécuritaire.
Pour en revenir au voyage, nous nous sommes arrêtés à trois villes au Texas. Dallas, la première, fut quand même agréable à explorer. C’est une énorme métropole, mais certains coins se marchent bien. Quant à Austin, nous avions de grandes attentes, car elle est de réputation beaucoup plus libérale et agréable à vivre que le reste du Texas. Comme de fait, la ville est plus compacte, plus verdoyante et effervescente de contre-culture. On y mange merveilleusement bien et il fait bon s’y promener. Laredo quand à elle, à la frontière avec le Mexique, est sans intérêt.
De toutes villes américaines visitées, c’est définitivement Austin qui remporte la palme et nous y retournerions volontiers.
Le Mexique
Hormis quelques des passages dans la péninsule du Yucatàn pour profiter de la plongée et des installations balnéaires, j’étais allé au Mexique seulement en 2007. C’était un petit 9 jours pendant l’été et nous avions fait un séjour rapide dans la capitale (il y avait pas mal plus de VW Beetle), à Acapulco et à Oaxaca. Autant dire donc que je connaissais peu l’endroit. Ceci dit, hormis un 5 jours à Mexico Ciudad, nous y sommes quand même passés rapidement, mais avons pu profiter de quelques autres parcelles de cet immense pays.
Audrey vous a décrit nos différents arrêts en plus de détails: Monterrey, San Luis Potosi, Mexico, Cordobà, Coatzalcoalos, San Cristobal de Las Casas et Ciudad Cuothémoc. Quelques uns d’entre eux plus longs, les autres pour couper la traversée de ce pays qui, il faut le dire, est quand même énorme en terme géographique.
Tacos de tripa, incroyable
Je me rappelais d’un Mexique plus pauvre et bon marché, mais cette fois-ci j’ai été quand même surpris par le coût de la vie. Il y a quand même un certain bonheur économique à voyager pour peu de dinero, mais le fait que mes dollars canadiens aillent moins loin qu’auparavant signifie une certaine hausse de la qualité de vie. C’est une grossière simplification, mais c’est quand même un peu vrai. Le Mexique m’a paru mieux organisé et mieux structuré que dans mes souvenirs. Tant mieux pour eux.
Ce qui a définitivement été au rendez-vous par contre, c’est le bonheur gastronomique. Jeune voyageur peu expérimenté, je suivais auparavant à la lettre la consigne d’éviter la bouffe de rue. Mes souvenirs incluent peu de tiendas de tacos. Celui qui est resté gravé dans mémoire l’est à cause d’une salsa verde particulièrement forte et de l’inconfort gastro-intestinal qui m’a suivi jusqu’à 1 mois après mon retour en sol canadien. Or, ce n’est pas pour rien que la cuisine mexicaine s’est exportée partout autour du globe. Ce n’est pas une gastronomie pour l’élite, mais pour le peuple et elle se déguste au coin des rues. Comme Audrey l’a mentionné d’ailleurs, on est exposé qu’à la pointe de l’iceberg et c’est sur place qu’elle dévoile toute sa variété et ses saveurs.
On en fait l’expérience à toute heure du jour (et de la nuit) assis sur des bancs de plastique à dévorer tacos, huarraches, quesadillas, gorditas et j’en passe. Elle est fraîche, toujours accompagnée de limes et de sauces fortes maisons ( qui se déclinent en rouge et vert). On peut même manger son taco une étoile Michelin. Oubliez le 5 services cérémonieux: il se consomme debout et en quelques bouchées: comme un vrai taco.
Le visage de deux personnes qui mangent un taco étoilé Michelin
La capitale est drastiquement différente des autres villes plus mineures et par moment on a littéralement l’impression d’une capitale d’Europe (avec un petit niveau de délabrement supplémentaire). Il fait bon visiter ses quartiers et s’arrêter dans ses parcs pour prendre une pause de marche. Le soir et la nuit, elle fourmille d’activité. Impossible de s’ennuyer. 5 jours n’étaient de toute évidence pas suffisants tout comme cela aura été trop peu de temps passé à Paris, Berlin et autres grandes agglomérations de ce monde.
Les bourgades plus mineures ont souvent à offrir un centre-ville colonial et quelques petites places coquettes. N’empêche, le rythme est plus lent et le charme est total. À ma grande suprise aussi, il fait bon visiter le Mexique à tous moments de l’année. Comme aux États-Unis, je m’attendais à une chaleur accablante mais montagneux qu’il est, beaucoup des attraits du Mexique se situent altitude, là où la température est tempérée et agréable.
Faits qui nous ont sauté aux yeux, c’est l’absence d’anglais qui règne au Mexique. Son paysage sonore est quasi entièrement occupé par des rythmes lations et la population ne parle que peu anglais. Tant mieux pour nous qui voulons améliorer notre espagnol. C’est possible aussi dû au fait que l’on se tient à l’écart des circuits. Toujours est-il que c’est rafraîchissant que l’influence du gros voisin américain ne se fasse pas trop sentir ici. Du point de vue d’un étranger, je n’ai aucune difficulté à concevoir que le Canada ressemble au États-Unis, mais le Mexique lui, a sa propre personnalité.
Moi, à Teotihuacan en 2007
Chroniques automobiles
Voyager en taco (automobile vétuste pour ceux non familier avec ce québécisme) vient avec son lot d’aventures en soit. L’épisode du câble de transmission finalement s’est bien terminé et à relativement bon prix, car le concessionnaire ne nous a chargé que le 1h30 de travail indiqué par le manuel quand il en fallu dans les faits environ 7. Au Canada, la rouille compliquant toujours les choses, les mécaniciens ne se gênent pas pour facturer à l’heure.
Mine de rien, nous avions déjà parcouru 5000 kilomètres alors la voiture était à nouveau dûe pour son changement d’huile. Localiser un petit garage à Cordobà fut chose plutôt simple. Tant qu’à faire aussi, j’allais leur parler d’une barre de direction à changer, car la suspension cognait et le véhicule louvoyait un peu sur l’autoroute. Fort heureusement, il y avait peu de clients ce matin là alors le petit mécano aux cheveux lissés et en souliers de cuirs cirés a accepté de nous accomoder. Par curiosité, j’avais fait évaluer le travail par un atelier à Mexico et quand je leur avait confié que c’était un véhicule nordique le ton de leur voix avait changé et craignant une grosse journée de labeur, ils ne pouvaient pas nous donner de rendez-vous avant une semaine; on avait laissé tombé. J’anticipais une rude bataille contre la rouille, mais il n’en a pas du tout été ainsi et le travail s’est complété dans les temps prescrits. De plus, une inspection sommaire du reste de la suspension indiquait que le reste semblait en ordre.
Je ne pensais honnêtement pas qu’il allait y avoir une deuxième partie à la saga du câble, mais loin passé Mexico à Coatzalcoalos alors qu’Audrey était au volent, le bras de vitesse est redevenu mou comme la première fois. Coincés en 3e et dans une côté, nous avons réussi au prix d’une bonne odeur d’embrayage brûlé à sortir la voiture de la voie. En mode solution, un nouveau bris du câble n’a même pas fait partie de mon diagnostic différentiel du problème. Il était quand même neuf !
Aussitôt le capot ouvert, l’avarie m’a sauté aux yeux. Le support qui tenait le dit câble à la transmission était complètement détaché et un boulon manquait. Le mécanicien qui avait fait le travail à Okhlahoma City l’avait de toute évidence mal réinstallé. Le petit kit d’outils Canadian Tire a de nouveau connu du service et en quelques minutes j’avais réinstallé le tout et la voiture était de nouveau opérationnelle. Ses vitesses passaient d’ailleurs pas mal plus aisément, alors de toute évidence le problème se tramait depuis un certain temps.
Les garages automobiles, je les fréquentes quand je n’ai pas les outils qu’il faut ou le temps, mais pour autant qu’on s’intéresse un peu à la mécanique, on est toujours mieux servi que par soi-même (et c’est vrai pour bien des choses). Je ne compte plus le nombre de fois que des mécaniciens ont mal faits leur boulot sur mes véhicules. Si votre mécano est minutieux et soigné, gardez-le précieusement comme vous gardez votre médecin de famille; c’est une rareté.
Nous n’étions pas tout à fait au bout de nos peines automobiles par contre. En déchargeant le véhicule le soir même, j’ai remarqué que les tapis aux pieds des passagers avant et arrière étaient saturés d’eau. Nous voyant éponger l’innondation, un Mexicain curieux nous à gentiement offert une bonne dose de sens-bon à la fraise chimique et nous a aussi dispensés de sa certitude qu’il y avait un trou dans la carosserie. Pour une voiture de cet âge et venant du Québec de surcroît, c’était une réelle possibilité. Cependant, nous n’avions pas roulés dans la pluie à ce point et le dessous de la voiture, je l’avais bien inspecté. Il était tard de toute manière et Audrey tenait à ce que le problème soit investigué demain.
Il y a quelques années, j’avais eu vent d’un problème similaire avec la voiture de mon cousin et au final, c’était l’air-climatisé qui se jetais dans l’habitable plutôt qu’à l’extérieur. Constatant le débit auquel les airs climatisés de l’hôtel crachaient leur eau de condensation, je me suis dit qu’il fallait que ça vienne de là. Sachant pertinament que je n’allais pas pouvoir fermer l’oeil sans avoir évacué au moins cette hypothèse, je me suis mis en mode recherche. Un petit tutoriel YouTube plus tard, j’avais localisé le tube d’évacuation de la condensation, constaté qu’effectivement il se jetais dans l’habitacle, puis l’avais promptement réinstallé dans son trou pour qu’il se déverse à l’extérieur. Pour une fois, c’était simple.
Le tuyau est supposé aller dans le trou
La mécanique, c’est comme la médecine. On émet des hypothèses, ont fait des tests, on trouve le diagnostic et on répare. Chez l’humain par contre, la machinerie est diablement plus complexe, elle ne se démonte pas facilement, les pièces de rechange sont rares voir inexistantes et bien des problèmes ne se réparent pas.
Éventuellement, je détaillerai sur ce blogue les raisons qui nous ont poussés à acheter un vieux véhicule (et j’en ferai même une publication à part entière pour d’éventiuels aventuriers qui voudraient nous imiter). Pour le moment, je pense que nous sommes sur une bonne lancée et j’ai bon espoir qu’avec un minimum maintenance préventive on puisse se rendre jusqu’au bout.
Sept années après notre précédent périple de un an (notamment en Asie Centrale), le temps est à nouveau venu de repartir à l’aventure.
Les souvenirs qu’il me reste du précédent départ sont empreints de fébrilité et d’excitation. Oui, il y a eu quelques moments plus stressants en lien avec l’achat d’un véhicule en France mais en somme, ma mémoire ne me rapelle aucune grande difficulté. Notre vie au Québec, nous l’avions entièrement stockée dans un entrepôt et c’était tout.
Les années ont passées et sans grande surprise nous sommes devenus plus adultes, ce qui amène son plus de responsabilités (et plus de possessions). Une fois l’appartement sous-loué, il a fallu plancher dur sur le chalet pour le préparer à la location. Ceci sans négliger mes responsabilités (à degrés divers) envers trois entreprises. Bref, j’ai eu l’impression qu’une force intangible était en train de m’éjecter de cette vie vers une autre, que mon navire existentiel était en train couler et qu’il fallait que je sauve un maximum de meubles. Conséquemment, je n’ai que peu savouré l’anticipation du grand départ. De plus, il allait m’être impossible (contrairement à Audrey) de complètement décrocher. J’allais devoir mettre quelques heures par jours sur divers projets donc j’entrevois la prochaine année comme celle de nomade digital, vie que j’ai vécu de 2011 à 2014 et où besogne et voyage se fusionnent pour devenir un style de vie.
Je ne suis pas en train de me plaindre par contre. Nous savions très bien dans quoi nous nous embarquions; nos multiples listes de préparatifs ne manquaient pas de nous rappeler. Un départ bien préparé allait nous assurer une tranquilité d’esprit une fois partis. La réalité et la fébrilité des grands voyages allait nous retrouver à quelque part sur la route, c’est garanti.
Ce coup-ci donc, l’objectif pour la première partie du voyage était de partir de Québec pour se rendre en voiture jusqu’en Patagonie au sud de l’Amérique du Sud. Cette idée avait je crois pris sa source à quelque part dans l’Himalaya en 2017. On aime bien les road-trips faut croire. L’objectif de la deuxième phase est beaucoup plus nébuleux. Océanie ? Afrique ? Asie ? La seule certitude: nous allions terminer tout ça au Japon (comme la dernière fois).
Ambitieux périple de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, se rendre en Patagonie est une expédition qui prend normalement un an du Québec. En traversant les États-Unis, le Mexique et l’Amérique Centrale rapidement, je suis convaincu que six mois allaient être largement suffisants. Si jamais après 6 mois nous étions encore sur notre faim, l’option de rester en Amérique du Sud était encore sur la table.
Si l’on se fie aux images que l’on croise sur les réseaux sociaux et les blogues de voyage, il allait également nous falloir un gros campeur 4×4. Cependant, notre expérience en Asie Centrale nous a prouvé que l’on s’en sort très bien avec un véhicule normal et que vu la situation de sécurité largement moins bonne en Amérique, c’était même à mon avis plus souhaitable de passer sous le radar. Un gros Mercedes tout terrain, c’est comme se promoner avec un gros signe “Je suis un touriste, venez me voler”. Qui plus est, nous allions faire un allez-simple et importer un véhicule en Amérique du Sud n’est pas une mince affaire. Soit on le vend à un autre voyageur, soit c’est la casse. Dans ce dernier cas, nous n’allions pas vraiment récupérer l’argent investi pour acheter la voiture.
Notre choix de voiture initial s’était donc arrêté sur notre vielle Subaru Outback 2010. Ancien véhicule de la grand-mère de Audrey, elle même grande voyageuse, l’idée qu’elle aille finir son existence au terme d’une grande aventure plaisait à notre esprit. Notre Outback est une voiture spacieuse que je connais bien (au niveau mécanique). Les gros moins par contre, c’était qu’elle avait 326 000 km au compteur et que même si la marque était présente dans tous les pays que nous allions traverser, elle restait quand même rare (parfois un seul concessionnaire dans la capitale). J’étais bien consient que nous étions à la merci d’un bris fatal qui allait nous forcer à poursuivre en sac-à-dos, mais jusqu’à la toute dernière minute j’ai eu confiance en sa capacité de nous amener à destination. Ceci jusqu’à ce qu’elle se mette à surchauffer en montant le Massif entre Baie-St-Paul et Québec. Après plusieurs heures de recherche et d’analyse, tout portait à croire que le joint de culasse (lequel ? cette voiture en a 2) fuyait et qu’il s’inflitrait des gaz d’échappement dans le système de redroidissement. C’était de toute évidence une fuite à bas bruit et la voiture roulait encore très bien pour peu qu’on la surveille, mais les chances d’une panne majeure (genre, en Bolivie dans les Andes, perdus entre deux cols) étaient devenues trop élevées à mon goût.
À quelques jours du grand départ, il a donc fallu que je trouve un nouveau véhicule. Cette fois-ci par contre, nous allions pouvoir en choisir un qui serait économique et facile à réparer dans le Sud. Notre choix s’est donc arrêté sur un Pontiac Vibe 2005 (en fait une Toyota Matrix avec le signe du défunt constructeur américain [et la Matrix est à toute fins pratiques une Corolla avec une carosserie différente]) avec 194 000 km au compteur et acheté pour la modique some de 2500$. Le véhicule avait été exceptionnellement bien entretenu (antirouille annuel) et nous offrait climatisation (un must pour les contrées chaudes) et régulateur de vitesse (un must aussi pour la jambe opérée de Audrey). Elle n’est pas aussi spacieuse que la Subaru Outback, mais dans l’urgence on peut quand même coucher à l’intérieur. Malgré tout par contre, j’ai quand même passé plusieurs jours à le préparer et à régler tout les petits bogues qu’une voiture de cet âge a nécéssairement. Les étriers avant ont été changés car ce n’était qu’une question de semaines avant qu’ils ne brisent. J’ai installé un radio moderne et inspecté et rattaché tous les petits caches de plastiques qui avaient perdus leurs fixation. Lors de deux voyages à la casse automobile, j’ai ramassé en plus d’autres pièces fusibles, relais et ampoules pour couvrir les petites pannes électriques. Le seule problème qui m’ait vaincu a été celui du système d’airbag qui persiste à donner des codes d’erreur malgré plusieurs tentatives de le réparer. Ça l’attendra l’intervention d’un garagiste dans le sud des États-Unis, où les pièces usagées vont être moins rouillées et plus faciles à extraire.
Une fois la voiture en ordre et tout le matériel chargé (rien d’extravaguant comme organisation, tout rentre dans le coffre), j’ai tenu à ce que l’on reporte notre départ d’une journée afin profiter de la vie et de compagnie de mes parents. La charge mentale des derniers jours avait été conséquente et j’avais besoin de faire un peu le vide pour partir l’esprit un peu léger. L’idée de se poser un peu n’a pas déplu à Audrey, qui avait elle aussi trimé dur dans les derniers jours (notamment avec les assurances qui nous ont bien compliqué la vie).
Parlant d’Audrey, elle sera auteure invitée sur ce blogue alors vous pourrez sporadiquement lire sa belle plume et sont regard plus philosophique sur l’expérience que nous nous apprêtons à vivre. En ce qui me concerne, vous connaissez mon style.
Finalement donc, nous sommes partis avec plusieurs jours de retard sur notre planification, mais nous sommes partis prêts pour l’aventure, l’esprit en paix. Le matin du départ nous nous sommes tous deux réveillés avant notre alarme. Fébriles, nous avons pu goûter au vertige existentiel qui précède ce genre d’aventure. Aventure dont au au fil des prochaines publications, nous vous partagerons des bribes et des pensées.
The M41, also known as the Pamir highway, runs in Central Asia from Osh in Kyrgyzstan to Dushanbe in Tajikistan. As the second highest continious road in the world, it features spectacular scenery and has earned itself a top position in any adventure motorcyclist, 4×4 road-tripper or travel cyclist’s bucket list of destinations. But can it be attempted in a normal everyday vehicle?
Most people who cross the Pamir will do so by renting a 4×4 with other travelers or will come from Europe with their own vehicle, usually also of the rugged 4×4 type or utility truck modified into a camper. However, can it be done with a normal car? Not everyone can afford to travel in expansive gaz-guzzling all-terrain vehicles. I could not find any information confirming that it was both feasible and safe so after attempting it myself at the beginning of October in a 1999 Volkswagen Golf carrying only basic camping supplies, I figured I’d write an article about my experience to give budget road-trippers the confidence that they can also put that absolutely magnificent road-trip on their route.
Roads
From Osh to Khorog, the road is actually sort of ok given its remoteness. Of course you will hit potholes, gravel, wash boarding, name it, but some stretches are in surprisingly good condition. The Wakhan valley is pretty rough, but passable by car. The road from Khorog to Kalaikum is in a disastrous shape, but definitely drivable owing to it being the main link to the region. In any case, if the road gets rough, slow down.
In my opinion, the most serious obstacle you might face is fording rivers, but that is entirely dependable on the season and whether some bridges have been washed off or not. Once you hit Central Asia, you will for sure start meeting people coming from the Pamir so ask around. A general rule of thumb is that as long as the water level (which you should physically check before entering the water with your car) is below your engine’s air intake, you should be fine. For most cars, that’s about the height of your headlights.
Fuel
There is fuel in Murghab, Khorog and Kalaikum. In smaller villages, ask around; the villagers will surely be willing to sell you some from their own supply. With a full tank, you can easily reach one large town from the next. However, you should load up when you get the chance. Beware too that the fuel might be of lesser quality than it is elsewhere. Refuel with caution, especially if you are driving diesel.
Repairs
Breaking down in the Pamir is probably the worst that can happen to your journey there. Becoming stranded will probably require you to hitch hike to the next village, find someone capable of towing your vehicle to the nearest town, waiting (a long time) for the part and then fix the vehicle. All in all an expensive and lengthy ordeal.
Even though a Tadjik visa is valid for 45 days, your car can only remain in the country for 15 days (go figure) so by the time you get your problem sorted out, you will probably have outrunned this restriction.
Preparation
In general, you can will not need preparation for you car besides having it fully inspected and in good working order. Modern engines will handle the altitude just fine albeit with slightly reduced power. If you want to explore secondary roads (such as the Wakhan valley), you might want to have your suspension swapped to one that will give your car a higher ground clearance. Given the state of the roads in Central Asia, I would say that’s actually something you should consider doing as soon as you enter the region. Parts and work are really cheap here. For our VW Golf, four springs, two shocks and installation on the car amounted to about 100 Euros. In France, having the same job done would have costed at least 10 times as much. A sump guard might also be a good idea, but it becomes much less a necessity if you have proper ground clearance.
Otherwise, here are some other important pieces of advice :
Carry a spare jerrycan of fuel
Having two spare tires is a very good idea
Have a basic set of tools with you. Even if you don’t know how to use them, the locals might (and they are helpful)
Although that’s not an absolute requirement, some knowledge in mechanics is a valuable asset
Know you car and the noises that it makes so you can deal with small issues before they become real problems
Drive a car make that is present in Central Asia. In general, anything German, Japanese and Russian is very common in the region. Avoid French and Italian makes, they are virtually non-existent. I can’t stress this one piece of advice enough.
Have a car that runs on petrol. Since diesel cars are not found anywhere in Central Asia, so will the parts needed to fix their engines.
Other information
Camping is easy in the Pamir but if sleeping under a tent is not your thing, there are very affordable guesthouses in pretty much every village.
There only food items to be found are non-perishable products in small markets. Buy most of the things you will need before you leave civilization.
It’s a cold and windy place. Expect any kind of weather at any time of the year.
Have enough money (preferably Tajik Somonis, US$ are also useful) on you to cover the whole trip, ATMs are unreliable and virtually non-existent.
You will feel the altitude. If you are going in the Osh to Dushanbe direction, give your body some time to acclimate itself as the climb is steep. The other way around is fine.
De retour à Bishkek, capitale du Kirghizistan. Nous avions trois tâches à y accomplir:
Récupérer notre visa ouzbèke
Vendre la voiture
Investiguer l’obtention du visa de transit turkème
La Golf s’est fait renfoncer le nez
La première journée donc, après avoir fait du lavage, réparé la voiture et écrit une bonne partie de l’après-midi, nous sommes allés nous enquérir de la possibilité d’obtenir un visa de transit turkmène à l’ambassade de Bishkek. Lorsque nous étions à Douchanbé, deux Irlandais s’étaient vus refuser leurs formulaires sous prétexte qu’en raison d’une fête nationale, aucun visa allait être émis jusqu’au 25 octobre. Devant l’ambassade de Bishkek, une énorme villa fortifiée, le préposé à qui nous avons parlé au travers d’une lucarne nous a indiqué qu’ils acceptaient les applications. Un pays, deux ambassades, deux messages différents, c’est le Turkménistan. Bref, nous étions soulagés de constater que notre éventuel passage dans ce pays n’allait pas être compromis. Autrement, comme il nous fallait nos visas du pays d’entrée (l’Ouzbékistan) et de sortie (l’Azerbaïdjan), nous ne pouvions remettre notre application à ce moment. Après une petite balade dans le parc non loin de l’ambassade, nous sommes revenus à l’hostel et avons attendus Sven et Clotilde pour aller manger dans un bon restaurant de Bishkek et virer une autre soirée entre amis de voyage.
Le lendemain: lever tardif, écriture et direction le bazar automobile de Bishkek. Sur place, nous avons visité plusieurs garages et obtenus diverses soumissions pour la Golf. Elles tournaient toutes autour de 1000$US et la plupart des gens étaient prêt à l’acheter sur le champ. Bien, mais nous aurions espéré plus. Il y a trois ans, ça l’aurait été le cas, mais depuis la création d’une zone douanière entre le Kirghizistan, le Kazakhstan et la Russie, il s’est établi un régime de taxation pour les véhicules importés. C’est évidemment tout à l’avantage de la Russie, car c’est le seul des trois pays qui produit des véhicules et où il y a des concessionnaires en grand nombre. Dans le cas de la Golf, on parle d’à peu près 4000$ pour la plaquer kirghize; nous allions donc la vendre pour pièces. Cependant, 1000$, c’était trop peu. D’autant plus qu’à Almaty au Kazakhstan, on nous avait parlé de 3000. Vu que la ville était à un petit 3 heures de route de Bishkek, Audrey et moi avons décidé d’aller y tenter notre chance, d’autant plus que nous allions partir de là pour aller en Ouzbékistan et que nous avions reçu notre lettre d’invitation pour aller ramasser notre visa à l’ambassade de Bishkek. C’est donc ce que nous allions faire le lendemain puis après quitter le Kirghizistan pour retourner au Kazakhstan.
C’est dommage, nous avions si peu vu Bishkek. Histoire d’en faire un petit tour rapide, nous nous sommes rendus au centre-ville pour le marcher pendant quelques heures (et faire un petit tour de manège). De retour à l’hostel, j’ai passé le reste de la soirée à écrire.