Aralsk, Kazakhstan – Mer d’Aral

  • Date: 14 septembre
  • Départ: 12h00
  • Arrivée: 18h30
  • Température: soleil
  • Route: gravier puis piste de sable et de terre

Distance: 68 km (Cliquez pour plus de détails)

Vous remarquerez que la carte n’est plus tirée de Google Maps, mais plutôt d’OpenStreetMap, car les chemins que nous empruntions n’y sont pas affichés.

Debout à une heure raisonnable, nous avons déjeuné tranquillement en compagnie des chameaux et du paysage puis avons quitté notre camp direction mer d’Aral. Les camps dans la steppe ont définitivement quelque chose de magique. L’air y bon, bien que nous soyons totalement exposés, il y vente très peu et finalement, le ciel de nuit y est magnifique.

Nous avions près de 30 kilomètres à parcourir avant notre premier arrêt, ce qui est peu pour une journée de route au Kazakhstan, mais la route de gravier était très raboteuse, alors nous n’avancions pas très vite. Sven, plus agile avec sa moto, finissait toujours par nous devancer. Une dizaine de kilomètres avant Zhalanash, le village où se terminait la route et l’endroit où nous allions bifurquer vers la mer, un bruit métallique a commencé à se faire entendre dans la route avant gauche. J’arrête la voiture, je regarde en dessous, rien. Je remonte et j’avance un peu, le bruit recommence. Aurélien sort pour écouter pendant que je fais rouler la voiture et confirme l’origine du son et mon impression que cela doit venir de la suspension. Finalement, on démonte la roue et surprise, on découvre l’étrier du frein qui ne tenait plus qu’à quelques filets d’un boulon, l’autre étant tombé on ne sait où.

Nous sommes tous les trois sortis du véhicule et avons fait la battue de la route derrière nous pendant presque un kilomètre pour tenter de retrouver le boulon perdu. Sans succès, nous sommes retournés au véhicule et j’ai entrepris de trouver une manière de rattacher l’étrier. Après analyse du problème, le pas de vis du boulon inférieur, celui que nous avions perdu, était complètement mangé, ce qui signifiait potentiellement que le boulon était tombé il y a plusieurs milliers de kilomètres et que finalement, les vibrations avaient eu raison du boulon supérieur et l’avaient déserré. Qu’importe, circuler avec un frein à moitié attaché était tout de même quelque chose de plutôt risqué, mais comme nous ne roulions pas très vite, un boulon allait suffire jusqu’à notre retour à Aralsk. J’ai donc réinstallé le boulon supérieur et attaché le bas de l’étrier au moyeu avec du fil de fer. Pendant que nous travaillons sur la voiture, quatre Kazakhes sont passés en 4×4, on offert leur aide et voyant que la situation était sous contrôle, nous ont donné jus, eau, fruits et biscuits au cas où nous resterions coincés ici pour longtemps.

L’état du chemin…

La réparation faite, nous sommes repartis, mais non pas sans s’arrêter à tous les cinq kilomètres pour vérifier si rien ne s’était défait. Sven, qui avait eu le temps de se rendre jusqu’au village est finalement revenu à nous pour voir ce qui se passait et tout ensemble, nous sommes rentrés dans Zhalanash, un ancien village de pêcheur et le point de départ d’une route menant à un endroit où nous pouvions encore observer des carcasses de bateau laissées en plein désert par la mer qui s’était retirée il y a des décennies. La route menant aux carcasses n’était qu’une petite piste de sable et de terre surtout empruntés par des camions, mais avec notre garde au sol digne d’un 4×4, il n’y avait aucun problème et lorsque les ornières devenaient trop profondes, nous ne faisions que couper par l’ancien lit de la mer, aujourd’hui partie intégrante du désert alentour.

Des carcasses de bateau il ne restait plus que le fond. Tout avait été démantelé par les ferrailleurs. C’était quelque peu dommage, mais évidemment la bonne chose à faire avec des tas de métal pourrissant dans le paysage. Tout de même, il aura quand même fallu une bonne vingtaine d’année aux Kazakhes pour finalement s’en débarrasser. Seulement, il faudra mettre les guides de voyage à jour car le nôtre, datant de 2015, faisait encore état de ces épaves en plein désert.

Comme Sven peinait à maîtriser sa moto dans le sable, il nous a transféré Clotilde, sa passagère, car la Golf s’avérait bien plus à la hauteur pour ce type de terrain. Arrivés en bord de mer, nous avons été surpris de tomber sur une bande de pêcheur Kazakhes et un rivage boueux et plein de roseaux. Selon nos lectures, nous nous attendions à une immense mare en plein désert beaucoup trop salée pour que quoi que ce soit y vive. Nous nous étions évidemment trompés et tant mieux si les Kazakhes pouvaient encore tirer encore une petite subsistance de la mer d’Aral. Ayant été séparé en plusieurs segments par le recul des eaux, il se peut que l’endroit sur lequel nous avions lu se trouvait ailleurs. Peut-être en Ouzbékistan, peut-être quelques centaines de kilomètres plus loin dans le désert, qu’importe, c’était hors de notre portée.

À gauche, la mer d’Aral en 1989 et à droite, en 2014

Comme nous voulions un endroit paisible pour nous baigner et camper en bord de mer, nous avons quitté le coin des pêcheurs et nous sommes dirigés direction nord vers la ville d’Aralsk pour trouver un autre endroit. En allant tester ce qui semblait être au loin une plage, Sven s’est solidement embourbé dans le rivage boueux et il a fallu une bonne demi-heure à nous cinq pour sortir sa moto de là. Heureusement, notre prochain arrêt allait être le bon. Pas de plage, mais au moins un endroit sec pour poser la tente et un accès à l’eau. De toute manière, s’il existait des plages, elles avait dû maintenant être intégré au désert et donc à une bonne distance du rivage présent.

La baignade s’est avérée être une expérience boueuse, mais au moins un peu rafraîchissante. Tous lavés (propre, c’est débattable, car l’endroit est très pollué), nous avons soupé sur les provisions qu’il nous restait, soit potage et pâtes, car nous n’avions pas prévu de camper deux jours aux abords d’Aral. La nuit tombée, les pêcheurs fréquentant ce site avaient laissés assez de débris de bois et de roseaux coupés autour pour que nous puissions faire un feu (le premier du voyage!) en dégustant ce qu’il restait de nos réserves de vin français.

Notre premier feu en camping!

Almaty, Kazakhstan

Plusieurs Kazakhes rencontrés à Astana nous ont confiés venir d’Almaty, l’ancienne capitale au sud et lorsqu’ils apprenaient que justement elle se trouvait sur notre parcours, ils renchérissaient à l’unanimité qu’elle était beaucoup plus charmante qu’Astana. Comme de fait, c’est la première chose qui frappe lorsqu’on arpente Almaty, ses petites rues, toutes verdoyantes et flanquées de petits édifices vieillots. Astana, rappelez-vous, était tout le contraire : d’immenses boulevards dénudés de nature et bordés par d’immenses tours flambant neuves. Autre contraste, Astana est située au beau milieu de la steppe alors qu’Almaty se trouve en contrefort de montagnes dépassant le 4000 mètres et desquelles on aperçois glaciers et neiges éternelles.

La première journée donc, après avoir passé l’après-midi à l’ordinateur, nous avons sauté dans le téléphérique non loin de l’hostel pour monter le Kok Tobe et profité de ce promontoire pour observer le soleil se coucher sur la ville. Spectaculaire. Pour le reste de la soirée, rien de cette envergure, nous sommes simplement restés tranquille à l’hostel et plus tard, nous avons partagé une bière avec Aurélien, notre co-chambreur. Il avait voyagé jusqu’à Almaty en auto-stop depuis Shanghai en Chine et avait donc de bonnes histoires à conter. Il se dirigeait vers Baïkonour, le fameux cosmodrome russe, afin de tenter de voir décoller une fusée Soyouz qui emmènera un équipage vers la Station Spatiale Internationale. Par la suite, il se dirigerait vers la mer morte. Intéressant…

Au réveil le lendemain, nous avons discuté plus longuement avec Aurélien pour en apprendre plus sur son plan. Lors de la planification du voyage, en apprenant qu’il décollait un vol de Baïkonour alors que je me trouvais au Kazakhstan, j’avais sérieusement considéré y aller, mais à 1400 kilomètres d’Almaty, c’était peut-être trop loin. D’autant plus que pour rentrer sur le site, il fallait un laisser passer officiel que seulement certains opérateurs de tourisme étaient mandatés à émettre pour des sommes avoisinant les 1000-3000 euros (incluant le vol depuis Astana et un tour des installations). Aurélien n’avais de toute évidence par de tel permission et allait tenter de voir sur place s’il y avait des alternatives. Dans le pire cas, il allait espérer que la météo soit assez clémente pour le laisser observer le décollage depuis la ville à l’entrée du cosmodrome, située à quelques 40 kilomètres du pas de lancement. Il avait cartographié l’entièreté de la région et était de toute évidence bien préparé. Le risque d’échec était tout de même élevé, mais il était d’avis qu’il fallait au moins le tenter, car l’on est pas au Kazakhstan tous les quatre matins. Complètement d’accord… Après en avoir discuté avec Audrey pendant le repas du midi, nous avons décidé de nous aussi aller tenter notre chance et avons offert à Aurélien une place dans la Golf, chose à laquelle il a répondu un: “Ah ben carrément!”

Dans le Bazar Vert

N’ayant pas terminé la remise à niveau de la voiture lorsque nous étions à Astana, j’ai obtenu de la préposée de l’hostel des directions vers un marché aux puces de la mécanique similaire à celui de la capital. Avant d’y aller par contre, passage au Bazar Vert, un immense marché où il se trouve d’absolument tout à très bas prix et selon le guide un bon endroit pour tenter le lait de chamelle et de jument fermentés. Après avoir arpenté tout le complexe, nous sommes finalement tombés sur le petit stand qui vendait de ces produits. J’ai été plutôt hésitant, mais finalement, je me suis convaincu qu’il fallait tenter l’expérience. La vendeuse, habituée des touristes venant goûter de ces délices des steppes, nous a gentiment donné un petit fond de lait de chamelle.

Je goûte : c’est absolument infecte. Une sorte de jus de fromage chèvre périmé et beaucoup trop amer avec un fond de pétillant. Vient ensuite le lait de jument, encore là je goûte : même saveur que le précédent produit avec un distinct arôme de vômi en superposition. Je regoûte au lait de chamelle, tout d’un coup c’est un peu mieux. Audrey partage pleinement mon avis et a même avoué avoir eu une pensée nostalgique de sa soupe au kvac. Pendant que nous expérimentions avec ces produits du terroir, deux Kazakhes sont passés, ont promptement commandé un bon bol de lait et l’ont descendu sans même prendre le temps de respirer. Le lait de chamelle/jument est un goût acquis, c’est certain. Cependant, moi qui normalement adore fromages bleus, kimchis et autres trucs qui sortent de l’ordinaire, c’était hors de ma ligue.

Une fois arrivés au marché automobile (de l’autre côté de la ville), nous nous sommes arrêtés au premier garage pour obtenir un estimé. Son propriétaire parlait un bon anglais et nous a fait une offre raisonnable pour poser nos plaquettes (8$). Pendant qu’on travaillait sur la voiture, lui et moi avons discuté de plusieurs choses. C’était un Kazakhe bien nantis qui pouvait se permettre d’aller en Europe plusieurs fois par année. Il se décrivait comme heureux de vivre à Almaty, mais pestait contre la corruption, qui lui coûtait des centaines de tengues par jour. Des fois, c’était la police qui passait, d’autre fois l’inspecteur municipal, parfois les pompiers… tout le monde passait prendre sa petite cote. Inspectant en même temps notre voiture, il nous a évidemment questionné sur ce que nous comptions en faire. En apprenant que nous allions la vendre au Kirghizistan, il m’a avoué que nous allions obtenir un bien meilleur prix à Almaty et que ce genre de véhicule pouvait aller chercher 4000$US. Même lui était prêt à nous la prendre, alors il m’a demandé de lui donner un montant et pour l’exercice je lui ai sorti 3000 $US. Il m’a regardé d’un air étonné et m’a donné ses coordonnées. Comme l’importation de voitures est un casse-tête au Kazakhstan, il comptait la revendre en pièces détachées, mais cela nous importait peu. Imaginez, 3000$US pour une voiture qui nous a coûté 1100 Euros; nous allions non seulement récupérer notre investissement initial, mais allions en dégager un solide profit qui allait peut-être même payer essence et entretien. Il se peut que ce soit trop beau pour être vrai, alors je vais garder ma joie pour le moment où nous aurons une liasse de billets entre le mains. Les plaquettes posées et la voiture sortie du garage, Audrey et moi avons fait le tour du marché à la recherche d’un pneu pour finalement décider de laisser celui en place même s’il était très usé.

De retour dans notre quartier, j’ai tenté de réparer le problème de ralenti au démarrage, opéré une rotation des pneus pour en décommisionner un qui était vraiment, vraiment très usé et ai réorganisé un peu l’intérieur de l’auto. Sur la place d’à côté il se donnait un concert de musique folklorique alors aussitôt le repas (de cafétéria) terminé, nous nous sommes postés pendant une heure pour écouter deux orchestres Kazakhes interpréter de la musique nationale, mais aussi des airs plus occidentaux. Par la suite, j’ai travaillé un peu. Un peu je dis, car j’ai passé un bon deux heures à tenter de me renseigner sur l’observation d’un lancement à Baïkonour. Après m’être familiarisé avec le cosmodrome et la zone alentours, j’ai pu déduire que le décollage allait se faire vers le nord-est, car c’est l’orbite que suivait la Station Spatiale Internationale. Du reste, aucune autre information utile à part ce qui est donné par la canaux officiels, impossible de trouver un blogue ou un article de forum relatant l’expérience d’un voyageur ayant tenter de le faire de l’extérieur et sans permis. De nouveau nous avons prit un verre avec Aurélien qui rentrait d’une soirée avec des connaissances Kazakhes et c’en était de la journée.

Au matin, j’ai appris que Sven, un allemand rencontré à Astana se dirigeait lui aussi à Baïkonour. Nous allions donc être un beau petit contingent. La veille, nous n’avions pas pu faire réaligner la voiture, car le garage fermait bientôt. Nous sommes donc revenus au même endroit. Depuis sa nouvelle suspension, la Golf tirait de la droite et je soupçonnais que le désalignement était à l’origine de l’usure carrément exagérée des pneus avant. L’intervention allait certainement corriger la trajectoire et peut-être nous permettre de finir le voyage sur les pneus que nous possédions. En tout cas, pour 12$ ça valait de coup.

Almaty est verdoyante

Une fois de retour, Audrey et moi sommes sortis prendre une marche (nous quittions demain, il fallait tout de même visiter un peu de ville) pour revenir à bord du métro tout neuf d’Almaty (évidemment construit à l’image de celui de Moscou) et rencontrer Aurélien pour aller prendre un verre. Un bar, un kébab, un autre bar et après des bières dans un parc, la soirée s’est terminée sur fond d’exercice comparatif entre les démocraties canadiennes et françaises. Au retour à l’hostel pour un dernier verre, nous y avons intercepté Bruno, un flamand qui aurait pu être de bonne compagnie, mais qui à l’heure qu’il était beaucoup trop ivre pour que l’on puisse extirper quoi que ce soit d’intelligent de lui.

Astana, Kazakhstan – La Golf se refait une beauté

Comme le récit sur la ville d’Astana est très long, je l’ai divisé en plusieurs parties (ça laissera plus de places pour les photos):

  1. Premier contact
  2. La Golf se refait une beauté
  3. Exposition universelle (partie 1)
  4. John
  5. Le musée présidentiel et l’exposition universelle (partie 2)
  6. Exposition universelle (partie 3)

Le jour suivant allait être entièrement dévoué à la voiture. Le propriétaire de l’hostel, décidément un homme serviable, allait nous conduire jusqu’à un garage et nous aider à négocier un bon prix pour la réparation de la Golf. Le site sur lequel il nous a accompagné n’était en fait pas un seul garage, mais un conglomérat d’une dizaine d’entre eux attenant à un immense marché intérieur et extérieur de pièces automobiles en tout genres. On achetait ses pièces soi-même et l’on allait ensuite les faire poser par des mécaniciens. Sur l’espace de plusieurs heures, il a arpenté avec nous tout le complexe pour nous trouver quatre ressorts, deux amortisseurs (de manufacture chinoise) et un radio tout en nous négociant le meilleur prix. Il a fait de même pour l’installation et est resté sur place pour s’assurer que tout se déroulait rondement. Pour ma part, j’ai aussi surveillé les travaux et en ai profité pour aller reconnecter un senseur ABS qui s’était effectivement déconnecté sous l’effet des bosses. En discutant avec le propriétaire, quel n’a pas été son étonnement quand je lui ait confié que nous avions acheté le véhicule pour un petit 1100 euros. Impressionné par l’affaire, il a de suite renchérit en nous proposant de nous la reprendre pour 1000$US après notre périple. Une fois le travail terminé et la voiture sur ses quatre roues, ce fut l’extase mécanique la plus pure. La Golf avait maintenant l’allure d’un petit SUV. Sa garde au sol avait plus que doublé et que dire de ses performances routières, elle prenait les bosses avec le rebond et la tenue d’une voiture neuve.

Admirez la hauteur

Comme dernier arrêt, le lave-auto et la banque, car n’ayant pas la somme liquide sur nous, le propriétaire nous avait avancé tout l’argent nécessaire. Au fil des transactions et des discussions, nous avions un peu perdu le fil de quoi avait coûté combien, mais nous étions persuadés d’avoir eu les meilleurs prix. Quand le propriétaire nous indiqué que nous lui devions 41000 Tenge (164$ canadiens), nous étions certains qu’il y avait eu erreur; cela nous semblait bien trop peu (fait plutôt exceptionnel quand on parle de réparation automobile). Et bien non, c’était bel et bien le bon prix. Tout compte fait, le concessionaire Lituanien rencontré à Toulouse avait raison, un tel travail nous aurait coûté au-delà de mille euros en France, il valait donc mieux le faire en Asie-Centrale. Qui plus est, les pièces ici sont adaptées au marché, car une suspension neuve en France n’aurait pas autant augmenté la garde au sol. Pour une facture près de dix fois moindre au Kazakhstan, nous avions très bien fait de nous taper le cul 10000 kilomètres durant. Une fois remboursé et mille fois remercié, le proprio a prit son congé pendant que nous attendions patiemment que notre voiture se fasse refaire une beauté.

Une fois revenus à l’hostel, Audrey et nous sommes encore félicités d’une si bonne affaire. L’état des routes du Kazakhstan nous avait fait douter de notre capacité à poursuivre notre voyage tel que prévu. Maintenant, avec une telle voiture, le Pamir était à nous.

Šibenik, Croatie

La situation était critique, nous avions tous jusqu’à maintenant une piètre opinion de la Croatie et nous sentions tous que nous étions face à notre chance ultime de nous réconcilier avec le pays. Le lever au camping industriel s’est fait dans la concertation et le sérieux avec en bonus un pneu crevé (par une vis) à changer. Pour ma part, au delà de mes opinions par rapport à la Croatie, il me fallait impérativement un moment pour faire de l’entretien sur la voiture. Il a donc été convenu d’au moins s’occuper de cela pour la journée et de donner une autre chance à Šibenik.

En matinée, je suis allé acheter un kit de réparation de crevaison, monté les roues avant de la voiture sur le trottoir pour avoir accès au dessous et me suis affairé à stabiliser l’échappement pour qu’il cesse de vibrer au moyen de fil de métal. Par chance, la mère d’Audrey a trouvé pendant ce temps une chambre à trois dans l’auberge pleine la veille. Une fois le dîner consommé, je les ai laissé s’occuper des formalités du coucher pour aller continuer mon entretien de la Golf. Après avoir fait quelques magasins pour trouver (sans succès) des piles de remplacement pour les télécommandes, je me suis posé dans une station d’essence. Là, j’ai réparé la crevaison, intervertis nos roues de secours (on en avait deux) avec nos pneus avants usés presque à la corde (désormais relégués au rôle de roues de secours), réglé le problème de frottement (un pare chaleur tordu) et démonté une porte arrière pour réparer le bouton de contrôle de la fenêtre et le haut-parleur. En revenant en ville, j’ai été satisfait de voir, ou plutôt d’entendre, que la Golf était maintenant silencieuse.

J’ai par la suite rejoint Audrey et sa mère sur une terrasse en face de notre zauberge et de là, nous avons décidé de nous poser une nuit de plus à Šibenik, de réserver un nuit sur l’île de Vis suivant les conseils du propriétaire de l’auberge et de passer une soirée relax en ville. Šibenik a son petit côté spécial et c’est le soir qu’elle prend tout son charme. Une fois la nuit tombée, la lumière jaunâtre des réverbères se reflète sur ses allées de pierre polie par les âges pour créer un effet envoûtant. Nous étions aussi en plein dans le festival de musique et dance de la ville, alors en déambulant dans ses rues, les multiples concerts au loin ajoutaient à la scène une sonorité particulière.

Le lendemain, pendant qu’Audrey et sa mère étaient parties visiter l’île d’à côté, j’ai investi mon après-midi dans l’écriture de ces textes. Elles m’ont retrouvé le soir venu là où elles m’avaient laissés, devant mon écran. J’espérais prendre une heure dans l’après-midi pour aller arpenter Šibenik seul, mais je me suis laissé absorber par le travail. Comme il se faisait tard, nous nous sommes contentés d’une pizza plutôt délicieuse (les Croates savent faire de la pizza!) et d’une courte balade digestive dans la vielle ville. Le lendemain, il fallait être à Split pour attraper le ferry de 9h00.

Malheureusement, la réparation que j’avais opérée sur l’objectif de l’appareil photo a lâchée (je m’y attendais), alors attendez-vous à une diminution de la qualité des images d’ici à ce que l’on trouve une objectif de remplacement.

La France et l’achat d’une voiture

En France, j’allais rejoindre mon viel ami d’enfance avec qui en 2012, j’avais lancé Arza-Studio et passé un an à Toulouse pour l’occasion. Ce dernier venait tout juste d’avoir un enfant, et des complications périnatales le gardaient pour le moment à l’hôpital. C’est là que je l’ai rejoint. Quand-même étonnant qu’après 5 ans sans se voir, c’est tout comme si nous nous étions quittés il n’y a que quelques semaines. La complicité se remet en place instantanément et l’on reprend là ou l’on s’est laissé il y a plusieurs années.

De l’hôpital, où j’ai tout de même pris le temps de rencontrer la copine et l’enfant, nous nous sommes dirigés vers la gare de Toulouse à pied, repassant parmi tous ces quartiers et ces monuments que j’habitais en 2012. À chaque coin de rue, je sentais de nouveaux souvenirs rejaillir de ma mémoire.Toulouse est ma seconde ville favorite sur la planète (la première est Valence en Espagne) et j’étais enchanté d’enfin y retourner après toutes ces années. Mon ami avait déménagé dans la campagne d’Albi à Poulan, une heure au nord-est de Toulouse et c’est là que j’aillais loger jusqu’à mon départ de la France. D’ailleurs, c’est là que nous sommes dirigés afin que l’on passe la soirée ensemble et qu’il me montre sa maison, un lieu de vie bien à lui et sa copine avec un immense jardin, des toilettes sèches, un design éco-énergétique et j’en passe. En soirée, la bière et le bon fin français eurent tôt fait de me faire oublier la fatigue du voyage pour moi et celle de l’hospitalisation pour lui. Jusqu’à tard, nous avons rattrapé le temps qui nous séparait.

La P'tite Escale

La P’tite Escale

Le jardin de la P'tite Escale

Le jardin de la P’tite Escale

Le lendemain, nous avons fait le tour de la maison et de la liste de tout ce dont j’allais devoir m’occuper en son absence et je suis allé le reconduire à la gare d’Albi avec leur voiture qu’il avaient eu la gentillesse de me prêter pour la durée de mon séjour. De là, j’ai tout de suite débuté mes recherches d’un véhicule. Après avoir visité trois concessionnaires et passé la nuit sur les petites annonces à éplucher les offres, je me suis rendu compte que la tâche allait être plus ardue que prévu : il y avait surtout des petites voitures françaises (Renault, Peugeot, Citroën) et des motorisations diesel. Bref, le contraire de ce qu’il me fallait. Le lendemain, debout de bonne heure, je me suis dirigé à Rodez, à une heure d’Albi pour aller voir des véhicules chez des concessionnaires et particulièrement un de 4×4. Idéalement, c’est le genre de véhicule qu’il nous fallait, non pas pour nous rendre jusqu’en Asie Centrale, car les routes y étaient goudronnées, mais pour être assurés de passer la route du Pamir dans le sud du Tadjikistan, sur le flanc nord-ouest de l’Himalaya. Là, les informations sur la qualité de la chaussée manquaient. Le web nous conseillait généralement d’être quatre roues motrices, mais d’autres endroits faisaient état de la possibilité de passer en voiture de tourisme (les locaux conduisent des Ladas…)

Les 4×4 neufs en France sont très cher en raison des taxes environnementales. Par conséquent, il se fait une surenchère dans le marché usagé. Le véhicule le plus abordable chez le concessionnaire s’est avéré être un Kia Sportage 1995 de 130 000 km à 2500 Euros. Problèmes : Kia n’avait pas la cote dans ces temps là, la marque n’était pas très présente en Asie Centrale et en Europe et le véhicule avait surtout servi à la chasse et aux travaux lourds sur un chantier. Avoir habité en France avec les outils qu’il fallait, j’aurais sauté sur l’occasion, mais de risquer une panne en Russie et de devoir abandonner 2500 Euros sur le bord de la route, c’était un pari que je n’étais pas prêt à prendre. Pour acheter un véhicule tout-terrain de marque Japonaise et à essence, il aurait fallu au bas mot cinq milliers d’euros, soit largement au-delà du budget.

En fin de matinée, j’ai quitté Rodez pour repasser par Albi et aller jusqu’à Toulouse afin d’aller visiter d’autre concessionnaires. Là, je suis tombé sur quelques candidates potentielles, notamment une Toyota Avensis. Spacieuse et en bon état, elle était malheureusement diesel, et lorsque j’ai conté au concessionaire là où j’entendais la conduire, il me l’a déconseillé de la manière suivante : « Je viens de Lituanie et dans ce coin là du monde, le diesel est de mauvaise qualité. » Comme ex-habitant de l’union soviétique, je me suis dit qu’il en connaissait quelque chose. Je lui ai aussi fait part de mes craintes par rapport à l’état des routes, son conseil a été de faire poser des espaceurs de suspension pour relever la voiture de quelques centimètres une fois au Kazakhstan pour augmenter sa garde au sol. J’avais pensé acheter les pièces au Canada, mais elles se sont avérés être difficiles à trouver.

Le concessionnaire suivant possédait une candidate potentielle : une Volkswagen Polo 1997 à 138 000 au compteur et 1300 euros. Propre, elle a eu des hésitations au démarrage en raison du démarreur, mais le concessionnaire m’a assuré qu’il allait le changer. Cependant, j’ai réalisé en la voyant à quel point les Polos étaient des petites voitures, d’autant plus que celle-ci n’avait que trois portes. Avez la mère d’Audrey, nous allions être plutôt serrés. Qu’importe, j’allais installer une galerie sur le toit et de toute manière, nous n’entendions pas faire un voyage de confort. Après être passé voir une Volkswagen Sharan (une fourgonnette dans laquelle nous aurions eu tout le loisir de dormir) qui a cessé de fonctionner après 30 secondes en raison d’un antivol bricolé n’importe comment, je suis allé visiter la dernière candidate, une Honda Logo de 130 000 kms à 800 Euros. Le garage qui la vendait était fermé quand je suis passé, mais j’ai quand même pu constater qu’elle avait grosso-modo le même gabarit que la Polo. J’ai pensé retourner la voir lundi, mais suivant les conseils d’Audrey et de mon ami, je me suis dit qu’il y avait probablement anguille sous roche… les voitures équivalentes étaient un bon 500 euros de plus, il devait y avoir quelque chose qui clochait. D’autant plus que le modèle n’était pratiquement pas représenté d’Europe jusqu’en Asie Centrale alors bonjour la difficulté pour trouver des pièces.

En fin de journée, vu que je me trouvais à Toulouse où l’enfant de mon ami était hospitalisé, j’ai convenu un repas avec lui et sa copine non loin du service de pédiatrie puis suis rentré … pour passer un autre petit deux heures à parcourir les petites annonces et réfléchir. À mon grand désarroi, j’ai fait la découverte que les Polos, vers les 140 – 160 000 kms, souffraient souvent de pannes d’embrayage, merde. De plus, elles étaient bel et bien représentées en Asie Centrale, mais pas tant que ça, alors leur valeur de revente en souffrait grandement. Sur les petites annonces, j’avais également trouvé des Opels Frontera 4×4 dans le coin des 2300 Euros, mais ils étaient tous diesels et les recherches sur la fiabilité du véhicule ne donnaient rien de très rassurant. Compte-tenu d’un autre gros montant à débourser pour la carte grise (certificat de propriété) et d’une consommation en essence conséquente, il valait peut-être mieux laisser tomber le quatre roue motrices. Fâché d’encore patauger dans l’indécision, je me suis dit que j’allais dormir là-dessus.

Le matin venu, la nuit ne m’avait été d’aucun conseil. Le dimanche, tout est fermé en France, alors je passais tranquilement la journée à travailler sur d’autres bricoles quand dans un moment de procrastination je suis retourné sur les petites annonces. Là, en affinant ma recherche, je suis tombé sur une Volkswagen Golf 1999 1.4 essence à 1200 euros avec un moteur et une transmission récemment changés et un contrôle technique à jour. Qui plus est, les Volkswagen est particulièrement les Golf/Jettas sont dans les voitures les plus populaires en Asie Centrale. J’ai appelé le particulier qui la vendait, mais celui-ci m’a informé qu’il attendait des nouvelles d’un autre acheteur. Cinq minutes plus tard, me disant que les promesses de nouvelles faites sur les petites annonces ne valaient pas grand chose, j’ai rappelé le vendeur et lui ai dit que j’arrivais pour voir le véhicule. 45 minutes plus tard, j’étais à Castres devant la Golf.

Elle faisant son âge et fidèle aux habitudes des Volkswagen de l’époque, présentait tout un tas de pannes éléctriques mineures (fenêtres, lumières d’habitacle). Qui plus est, la suspension avant était en piètre état. À l’essai routier par contre, son moteur sonnait très bien, son embrayage était effectivement neuf, elle roulait droit, sans vibrations, freinait adéquatement et était silencieuse et confortable. L’habitacle était spacieux et au niveau des fonctions essentielles comme de la mécanique générale, tout était en ordre et très propre. Après un peu de réflexion et d’inspections, c’était marché conclu. La vente a été arrangée sur le champ pour 1100 euros. Mr. Ibrahim, un berbère d’Algérie, très honnête s’est même offert d’aller conduire la voiture à Albi chez mon ami si je le ramenait chez lui. Le soir venu, la Golf était dans l’entrée et j’étais ravi d’avoir trouvé une voiture si vite. Il restait encore de l’effort à investir pour la préparer à son aller-simple vers le Kyrgyzstan, mais j’avais le sentiment d’avoir fait une très bonne affaire.

Voiture du voyage (avant)

Voiture du voyage (arrière)

Le lendemain a été entièrement dévoué à la mise en ordre administrative du véhicule. La carte grise s’est faite rondement, car il n’y avait absolument aucune attente à la préfecture (rarissime en France). Pour l’assurance par contre, j’ai appris à mon grand désarroi que vu que le véhicule allait être exporté de la France, je n’étais pas éligible aux régimes d’assurance conventionnels et devait me diriger vers un assureur temporaire. Le premier devis reçu a été 280 Euros pour 60 jours, aïe! Le soir, après des recherches sur internet j’ai trouvé 213 Euros pour 53 jours avec assistance routière. Mieux, mais tout de même plutôt coûteux. La raison expliquant des prix si exorbitants est que les assurance temporaires ne font aucune enquête sur le conducteur et prennent donc plus de risques, ce qui résulte en des primes plus élevées. Tout de même, je me suis félicité d’avoir réussi à acheter une voiture en 5 jours avec assurances et papiers en ordre. Il ne restait en fait qu’à l’administration française de m’envoyer ma carte grise définitive.

Le jour d’arrivée d’Audrey, je suis allé la chercher à l’aéroport de Toulouse en Golf. En se voyant, c’est là que nous avons communément réalisé que le voyage était définitivement démarré. Nous sommes passés à l’hôpital dire un bonjour à mon ami et puis nous sommes mis en route vers sa maison. Arrivés, une sieste s’est imposée et ayant suffisamment récupérés, elle de son voyage et moi des derniers jours, nous avons passé la soirée dans la vielle ville d’Albi.

La cité épiscopale d'Albi

La cité épiscopale d’Albi

Cordes-sur-Ciel

Cordes-sur-Ciel

Les jours suivant, nous avons visités Cordes-sur-Ciel, lequel se réclame être le plus beau village de France (il y a plusieurs prétendants…) et le surlendemain a été dévoué au magasinage en vue de notre expédition (j’y reviendrai) et la pose d’un radio dans la Golf, le précédent ayant été retiré à grand renfort de pince coupe fils par le précédent propriétaire afin d’éviter qu’il se fasse voler (et pour grandement compliquer la tâche d’en réinstaller un…)

Un ruelle à Cordes-sur-Ciel

Un ruelle à Cordes-sur-Ciel

La cité médiévale de Carcassonne

La cité médiévale de Carcassonne

Le vendredi s’adonnait être le 14 juillet, fête nationale de la France. L’un de mes collègues de médecine m’avait véhément recommandé d’aller à la cité médiévale de Carcassonne pour l’occasion, car en cette date, les feux d’artifice rivalisaient en ampleur avec ceux de Paris. Vu qu’Audrey avait aussi grandement envie d’aller visiter l’endroit, j’allais retourner à Carcassonne pour la 4e fois de ma vie. Le chemin pour s’y rendre fut agréable, mais non pas sans encombres. J’avais remarqué que des vibrations se déclaraient lorsque l’on tournait à droite avec la Golf, mais lors du trajet, elle se sont empirées au point de devenir préoccupantes. Au son, cela semblait provenir de l’échappement qui frottait contre la carrosserie. Rien de trop préoccupant au niveau mécanique, mais plutôt énervant. De plus, un petit test sur routes de montagne a confirmé que la suspension avant était en pire état que je ne l’avais initialement envisagé et allait même jusqu’à compromettre la tenue de route. À ceci s’ajoutait un calage au démarrage si la pédale d’accélérateur n’était pas enfoncée, probablement  dû à un clapet encrassé. Bref, il fallait s’y attendre pour une voiture à 1100 Euros.

Les murs de la cité de Carcassonne

Les murs de la cité de Carcassonne

Feux d'artifices du 14 juillet à Carcassonne

Feux d’artifices du 14 juillet à Carcassonne

Un peu contrarié par ces ennuis mécaniques, j’ai tout de même réussi à faire la part des choses, la voiture roulait encore et j’étais en voyage avec ma copine. Nous sommes donc parvenus à passer un agréable après-midi à visiter la ville de Carcassonne exception faite d’une courte excursion à l’intérieur des murs de la cité-médiévale où la foule était tellement dense qu’on a frappé plusieurs bouchons de circulation piétonne. Le soir venu, nous avons dégusté notre apéro-dinatoire, siesté un peu et sommes retournés sur les berges de la rivière pour assister aux feux d’artifice qui se sont avérés être les plus imposants qu’il m’ait été donné de voir à ce jour. Nous comptions dormir dans le véhicule ce soir-là, mais vers 1h du matin, il nous restait assez d’énergie et un niveau d’alcoolémie suffisamment bas pour entreprendre le retour à Albi.

Vive la France!

Vive la France!

Le tour de France de passage à L'Isle-sur-Tarn

Le tour de France de passage à L’Isle-sur-Tarn

Vu que le 14 juillet avait été fêté de manière plutôt raisonnable, nous avons été en mesure d’aller assister au passage du tour de France non loin d’Albi et d’aller déguster quelques vins de la région de Gaillac par la suite. Le dimanche, c’est la ville de Roquefort (d’où origine le fameux fromage) qui a reçu notre visite avec au menu tour de cave (décevant), dégustation de fromage (une chance!), consommation d’Aligot (la poutine de l’Aveyron) puis hiking autour de la région. Le retour s’est fait par Milau pour voir son fameux viaduc et Rodez pour aller admirer sa cathédrale.

Toulouse près des Carmes

Toulouse près des Carmes

La vielle ville de Toulouse

La vielle ville de Toulouse

Le moment du séjour que j’attendais allait finalement se produire le lundi 17 juillet, soit la visite de Toulouse. Toulouse est une ville qui m’est très chère car j’y ai vécu pendant un an en 2012. Ayant tellement apprécié l’expérience, je la classe encore à ce jour comme ma seconde ville préférée au monde (derrière Valence en Espagne) et compte même retourner y vivre à long terme. Toulouse est la combinaison parfaite entre taille et effervescence. Tout s’y passe à l’échelle humaine, la ville est hautement bien urbanisée et s’impose comme pôle culturel, intellectuel (plusieurs universités et les usines Airbus…) et gastronomique de tout le sud de la France. Après avoir payé une petite visite à l’hôpital pour rendre son véhicule à mon ami, Audrey et moi avons loué deux Vélo Toulouse (des Bixis [appelés Vélouses par les locaux]) et nous sommes dirigés vers le centre-ville pour y passer l’après-midi à déambuler parmi les ruelles de la vielle ville.

Le capitole de Toulouse

Le capitole de Toulouse

À chaque coin de rue, à chaque place, des souvenirs rejaillissaient dans ma mémoire et j’ai été enchanté de constaté que la Toulouse de mes souvenirs existait encore, mais qu’elle avait même été embellie par des travaux de réfections et la transformations de certaines rues en espaces piétonniers. Audrey n’avait jamais visité la ville, mais rapidement elle a rangé ses opinions de mon côté : l’endroit lui a grandement plu. Le soir venu, nous avons convenu un souper avec mon ami au restaurant voisin de notre ancien appartement.

Vue sur la basilique de Toulouse

Vue sur la basilique de Toulouse

Jardin botanique de Toulouse

Jardin botanique de Toulouse

L’heure du dernier train approchait et sans trop s’en préoccuper, nous l’avons laissé filer avec l’intention d’aller nous prendre une chambre d’hôtel et de profiter du Toulouse nocturne. Le plan a été mis à exécution et bien que mon bar préféré eut été fermé (du vin au verre à même le tonneau, imaginez…), nous avons tout de même pu passer une excellente soirée parmi les fêtards. Même un peu amochés le lendemain, nous aurions aimé nous éterniser encore dans la ville rose, mais le chat n’avait pas été nourrit depuis la veille au matin alors il nous fallait reprendre le chemin de notre maison en campagne. En tout, nous n’avions eu que quelques heures de l’après-midi pour déambuler dans la ville et une soirée. C’était trop peu, mais bon, il y a de ces endroits où l’on doit dire adieu, mais dans le cas de Toulouse, ce n’est qu’un à la prochaine.

Ce soir-là, mon ami devait avec sa copine et son enfant obtenir son congé et finalement retourner chez lui après plus de 3 semaines d’hospitalisation. Il était d’emblée planifié que nous restions sur place afin de passer un peu de temps en leur compagnie dans leur maison, mais de toute manière les papiers du véhicule se faisaient encore attendre. Tel que mentionné dans un article précédent, le plan était d’entamer notre périple le 16 juillet. Je m’étais d’ailleurs démené pour que cela se réalise et aussi tôt que le 10 juillet tout était en règle au niveau de la voiture, du moins de ce qui était en mon pouvoir d’accomplir. L’administration française devait encore m’envoyer la carte grise du véhicule, mais selon toutes mes sources, il leur fallait tout au plus 3 jours pour le faire. Or, toujours pas de carte grise 7 jours plus tard et avec l’hospitalisation du nouveau-né, le report de notre départ était pleinement justifié. De les voir si ravi de retrouver leur domicile en compagnie de leur enfant nous a rempli de bonheur. L’expérience des dernières semaines avait été plutôt éprouvante pour eux, mais heureusement le dénouement a été heureux. Dommage que nous n’ayons pas pu passer davantage de temps en leur compagnie…

Éclairage extérieur

Le dossier voiture a connu de nombreux développements pendant notre séjour à Albi. La suspension avant était à revoir entièrement, mais c’était surtout les coupelles qui étaient dans un état critique. Après avoir récupéré quelques soumissions de la part des garages environnants, j’ai entrepris de les changer moi même pour finalement laisser tomber quand je me suis rendu compte qu’il fallait démonter un moyeu entier pour extraire la coupelle de suspension côté passager. Avec les bons outils et sur de la mécanique européenne (sans rouille …), c’est quelque chose que j’aurais fait les doigts dans le nez mais là, c’était hors de mes capacités. Ensuite, me disant que tant qu’à payer pour faire changer les coupelles, autant changer toute la suspension vu que la main d’oeuvre était la même. De nouveau, plusieurs soumissions de faites pour finalement me rendre compte que quand je parlais de suspension aux différents garagistes, aucun n’incluait le changement des ressorts. Or, c’était principalement eux qu’il fallait remplacer. Voyant une facture d’environ 300 euros grimper dans les 500 (pas moyen d’avoir de l’usagé). J’ai finalement laissé tombé et opté pour un changement de coupelle seules. La suspension reste hautement précaire, mais on verra si les Russes ou les Kazakhs me trouveront des pièces secondes mains. Ensuite, en faisant diagnostiquer le frottement du silencieux sur la carrosserie, le garage nous a informé que l’échappement avait débarqué d’un de ses supports en caoutchouc car celui-ci était désaxé et qu’il fallait repositionner la ligne d’échappement en entier. Pour le travail, ils nous avaient réservé un après-midi entier à 58 euros de l’heure plus pièces. Il fallait ce qu’il fallait, alors nous avons acquiescé. Or, en récupérant le véhicule, j’ai remarqué que le bruit avait disparu entièrement. Silencieux désaxé ou pas, nous n’allions pas faire démonter l’échappement entier à gros frais la veille de notre départ. J’ai donc commuté le rendez-vous pour un changement de coupelles. D’ailleurs, je me suis permis une petite visite en dessous du véhicule lorsqu’il était monté et j’ai pu constater moi-même le problème de ligne d’échappement et ou précisément le frottement se produisait.

Scène de repas

Scène de repas

Bon anniversaire Audrey!

Bon anniversaire Audrey!

Suite au retour de mon ami, les deux jours suivants ont été passés tranquilles à profiter de la quiétude de « La p’tite escale » (nom donné à leur maison par nos amis). Une petite visite de vignoble bio, de bonnes discussions autour de bonnes tables, une petite excursion en ville afin de nous approvisionner pour fêter l’anniversaire d’Audrey et finalement, le klaxon du facteur de la poste qui nous annonce que notre carte grise est arrivée et que l’heure du grand départ avait sonnée.

Fin de repas...

Fin de repas…

La famille de mon ami et nous