Mysore, Karnataka, Inde

Mysore est connue pour son splendide palais d’inspiration européenne, mais avec une touche définitivement indienne. Du reste, ni notre guide ni d’autres voyageurs rencontrés ne recommandent d’y passer plus qu’une journée. Nous étions tout de même bien tombés, car chaque dimanche soir, le palais s’illumine au grand bonheur des spectateurs.
Le problème avec le transport de nuit, c’est qu’ils arrivent toujours trop tôt à destination. Du coup, on est systématiquement coincé pour attendre l’enregistrement à l’hôtel afin d’y déposer nos affaires. Histoire de maximiser notre temps à Mysore, nous avions optés pour un logement plus cher, mais à proximité des attractions. Arrivés sur place, ils n’ont plus de chambres et veulent nous déporter à 4 kilomètres. Ne voulant rien savoir, nous sommons le gérant de nous rendre notre dépôt. Finalement, ce dernier nous dit de patienter un peu, opère de sa magie indienne (lisez: être professionnel et à son affaire) et parvient à nous louer la chambre que nous avions réservé. Comme quoi en Inde, il y a toujours moyen.
Trouvez la blanche

Nous avions grand peur que le prix d’admission au palais soit gonflé pour les touristes, mais heureusement, il n’en était pas ainsi. Cinquante roupies (1$) plus tard et nos chaussures enlevées, nous voilà donc à l’entrée du bâtiment. La cohue était telle que le tour du palais s’est faire au coude à coude, naviguant une marée de gens qui nous poussaient inexorablement dans le sens de la visite.

Trouvez la surprise!

Les Indiens voyagent pas mal dans leur pays alors ils étaient légions à Mysore. Personne ne manquait une occasion de se prendre en selfie dans chaque salle du palais (en se positionnant de manière à nous avoir dans leur photo), de filmer chaque menu instant de leur visite ou encore de prendre des photos de tout et n’importe quoi. Au tout début, Audrey et moi ne manquions pas non plus une occasion de se foutre un peu de leur gueule, mais avec le temps, ça en était devenu même un peu attachant. Je plains leurs amis Facebook par contre… Ces photos, ils doivent bien les partager avec quelqu’un? Le selfie est une institution ici. Les Indiens l’utilisent à ce point à outrance que désormais le marketing des téléphones est orienté en ce sens: “best for selfie”, “capture the real you”, etc. Pour ma part, j’y vois l’opportunité d’une petite analyse sociologique : le selfie est pour l’Indien une manière d’actualiser son individualité dans une société non seulement très dense, mais aussi très conformiste et traditionaliste. Peut-être parviendrais-je à développer davantage cette théorie au fil du voyage.

Une vache… jaune!

Sortis du palais, nous avons quitté ses environs pour aller rendre visite à une église (toutes les religions se côtoient en Inde) en esquivant au passage une tentative somme toute bien ficelée de nous emmener dans un guet-apens. Par la suite, un passage au travers du marché et nous  étions de retour au palais de Mysore pour l’illumination. Les marchés en Inde mérite leur petite parenthèse ici. Audrey et moi affectionnons énormément ce genre d’endroit, car nul par autre ailleurs dans la ville peut-on assister à autant de petites tranches de vie quotidienne. Par le fait même, nul par autre peut-on avoir un aperçu aussi condensé de la culture d’un endroit. Justement, nous attendions notre premier passage dans un marché Indien avec impatience et l’expérience n’a pas déçue.

Encore plus qu’ailleurs, le marché Indien est chaotique, mais il est odorant de tous les mélanges d’épices (et d’ordures…) possibles et riche en couleurs de toutes sortes. Les offrandes étant une affaire d’importance dans la religion hindoue, dans chaque marché se trouve une section entièrement dédiée aux fleurs. Elles arrivent à la poche et sont toutes tressées sur place en colliers multicolores. Les Indiens les achètent  ensuite et vont les mettre au cou de la divinité la plus à même de leur donner de bonnes auspices.
Devant le palais, Audrey et moi nous sommes posés pour attendre patiemment l’illumination. Une demi-heure plus tard, c’était fait, les photos étaient prises, et nous sommes allés rejoindre nos amis allemands rencontrés la veille pour aller prendre un verre. Au passage, ils avaient récupéré un Australien qui errait seul dans les parages et c’est donc à cinq que nous sommes allés au bar … à deux bars en fait pour n’en sortir que très tard. Du moins, tard pour l’Inde. Nous avons passé une excellente soirée, mais il est peu probable que nos chemins se croisent à nouveau. Au moins, nous avons leur contact Facebook alors nous pourront peut-être leur envoyer … des selfies.

Hampi, Karnataka, Inde

Hampi est une capitale déchue d’un empire depuis longtemps disparu. Aujourd’hui une petite bourgade, il ne reste de cette ancienne cité que d’innombrables ruines (plus de 3000 il paraît) parsemant un paysage rocailleux. C’est au beau milieu de ces ruines que l’autobus nous a débarqué. Assommé par le trajet et la nuit, il m’a fallu un certain temps pour le réaliser, ou du moins, l’apprécier. Dans l’heure, nous avions trouvé un guest house et nous y sommes aussitôt couchés pour compenser le trop peu de sommeil de cette nuit. Vu que l’après-midi était quand même bien avancé lorsque nous nous sommes mis en branle, nous nous sommes contentés de marcher jusqu’au village voisin parmi les rizières et le paysage envoûtant de la région d’Hampi. En soirée, rien de très extravagant, car il a fallu que je travaille jusqu’à plutôt tard.

Au réveil, changement d’auberge, car l’Internet était tout simplement inutilisable à l’autre. Afin d’éviter ce genre de situation, c’est à dire de dépendre des installations numériques plutôt bancales de l’Inde. Je m’étais acheté une carte SIM avec un forfait données. Manque de chance, Hampi s’avérait être l’une des rares ville où le réseau cellulaire ne rentrait pas. Bien que plus coûteux, l’établissement que nous avions choisi avait au moins un internet potable. Je n’allais pas passer la journée à l’ordinateur par contre, il nous fallait encore visiter Hampi.

Après avoir traversé la rivière et observé pendant un moment les indiens faire leurs ablutions rituelles dans la rivière, nous sommes rentrés dans le temple principal d’Hampi. Le site comporte de nombreux autres temples, mais à la différence des autres, celui-ci est encore en opération. La spiritualité hindoue est une chose des plus fascinante. Partout autour de nous, des dizaines d’indiens s’adonnaient à des petits moments de religiosité tout en couleurs, en offrandes et en musique. Alors que nous apprêtions à quitter le temple, j’aperçois un attroupement de gens autour d’une grosse masse parmi une colonnade. En nous approchant, nous rendons compte qu’il s’agit de Lakshmi, l’éléphante du temple (nous avions lu à son sujet dans notre guide). Devant elle faisaient la queue de de nombreux Indiens pour recevoir sa bénédiction. Il suffisait pour ce faire de tendre un 10 roupies qu’elle agrippait  avec sa trompe, remettait à son gardien, puis revenait la déposer lentement sur votre tête. Après avoir observé de nombreux locaux se faire caresser par l’animal, Audrey et moi nous sommes finalement prêté au jeu.
Pour le reste de la journée, nous nous sommes baladés parmis les ruines d’Hampi. Au retour à l’auberge, encore du travail. Le lendemain, même chose. Nous quittions en soirée pour Mysore. En attendant le bateau pour traverser la rivière, nous avons fait la connaissance d’un couple d’Allemands se rendant eux aussi dans cette même ville et avec qui nous sommes allés prendre une bière le temps que notre autobus parte.

Goa (Patnem), Inde

Goa est une ancienne colonie portugaise (rétrocédée à l’Inde dans les années 60) et l’état capital de la villégiature indienne. Sa côte est parsemée de plages et il y fait bon s’y poser pour un temps même si l’ambiance huttes et palmiers de jadis a de nos jours laissé place à des rangées de bar restaurants et de transats. Pour le temps des fêtes donc, nous nous y sommes posés en la compagnie du père d’Audrey, sa copine et de deux de leur couple d’amis. N’étant personnellement pas très plage, j’investissais beaucoup d’espoir dans la possibilité de partir de temps à autre en plongée. Malheureusement, j’ai été déçu d’apprendre que Goa et par le fait même, toute cette partie de la côte ouest de l’Inde n’était pas propice au sport en raison de l’absence de visibilité sous l’eau. Je m’en suis donc remis au travail, lequel j’avais par mal négligé ces derniers mois.

Panorama de la plage de Patnem

Paradoxalement, je n’ai pas chômé durant mon temps à Goa. Pendant que les autres se doraient la pilule, j’ai planché pratiquement chaque jour du lever au coucher. Restez sans crainte par contre, j’ai au moins pris soin d’entrecouper la besogne avec des sessions de baignades et de faire une pause entre 19h00 et 21h00 pour aller manger et prendre un verre avec le reste du groupe.

Panjim

À Goa, nous résidions sur la plage de Patnem, de réputation plus tranquille que sas voisine, Palolem, où l’ambiance était plus « club ». Excepté une petite excursion d’une journée à Panjim, capitale de l’état de Goa, pour aller admirer son soit disant héritage portuguais (un peu décevant), nous ne sommes jamais sortis de la région immédiate de la plage et du village voisin. Rapidement donc, il s’est installé une routine de lever tardif, de déjeuner, de travail, de baignade, de travail, de souper puis de travail jusqu’au petites heures. L’internet allait de l’exécrable au médiocre, mais cela suffisait. En ce qui concernait le reste des touristes, remplacez par travail par plage/boisson et vous aurez un aperçu du climat. L’ambiance était donc assez festive et chaque nuit ça pétait de feux d’artifices.

Ces bonnes vielles vaches indiennes. Elles étaient légions à Goa.

L’archétype du touriste qui séjournait sur Patnem consistait en un anglais un peu bedonnant arborant des tattoos passés date et un fort accent de la classe ouvrière. La première bière s’ouvrait juste après le déjeuner et la dernière se buvait le soleil couché depuis un temps. L’un de ces couples qui fréquentaient notre restaurant/cabines en étaient d’ailleurs de fort bons représentants. Il nous aura fallu plus d’une semaine avant d’identifier la mère de la petite fillette si souvent présente au même restaurant et diligemment gardée par le personnel indien de notre établissement. Le père s’est finalement manifesté la semaine suivante lorsque son enfant a bu dans la bouteille de kérosène servant de carburant à la torche d’un numéro de cirque amateur indien non loin. L’enfant a été aussitôt emmenée à l’hôpital (je m’en suis assuré) et n’en est ressorti que le lendemain pour être gardée sous observation. Manque de pot, son vol de retour au pays décollait le soir même. Heureusement, la fillette s’en est sortie indemne et n’en gardera certainement aucun souvenir. J’ose espérer que ce ne sera pas le cas pour ses parents. Comme de fait, ils se sont montrés beaucoup plus attentifs aux errances de leur enfant les jours suivants sans pour autant cacher leur joie d’avoir pu étirer leurs vacances aux frais des assurances.

Alors qu’il était plutôt tard et que je m’affairais devant mon ordinateur, un touriste (que j’avais à l’origine pris pour un indien) m’invite à aller le rejoindre pour prendre un verre sur la plage. J’acquiesce sa gentillesse et lui répond que je suis occupé pour l’instant, mais qui j’irais probablement le rejoindre sous peu (sans grande volonté de le faire). Une heure plus tard, le cerveau fatigué et les yeux engourdis d’avoir passé autant de temps fixés sur l’écran, je me déplace vers la plage et fait connaissance de Yarhya et de son cousin. Ils ne sont pas indiens, ils viennent du Yémen. Arrivés en Inde en 2014 pour suivre un six mois d’immersion anglaise à Bombay, ils y sont restés en raison de la guerre civile qui a éclaté dans leur pays et qui y sévit toujours. Histoire d’utiliser leur temps d’expatrié à bon escient, les deux ont entamé des études en administration des affaires dans une université indienne (tous frais payés par leur famille). J’ai eu l’occasion dans ma vie de rencontrer de nombreuses personnes de différentes cultures, mais rarement aussi différente que celle du Yémen. Yarhya,  un type très allumé, était très au fait du fossé qui nous séparait et ô combien curieux d’en apprendre sur ma manière de penser et mon pays (et moi de même). Le questionnant sur ce qu’il était venu faire à Goa, il m’a répondu qu’il savait que l’endroit était prisé des occidentaux et qu’il s’était déplacé ici dans l’optique d’en rencontrer. Jusqu’à ce qu’il me croise, il avait malheureusement eu peu de succès. Disons que le vacancier typique n’était pas à Goa pour faire connaissance avec des yéménites. En peu de temps, une petite amitié s’est tissée et nous nous sommes revus à quelque reprise pour discuter de culture, de la guerre au Yémen, du monde, de nos ambitions, de voyage, de religion et de divers autres sujets hautement enrichissants. Avant qu’il ne vienne m’extirper de mon travail, voilà déjà quelque jour qu’il rôdait dans les parages. Avoir su que nos interactions allaient s’avérer si intéressantes, je l’aurait approché bien avant.

Après un bon trois semaines sur la plage de Patnem à Goa, Audrey et moi  avons partagé un dernier repas en compagnie de son père, sa copine et de leurs amis, avons fait nos sacs puis nous sommes rendus au village d’à côté pour intercepter un bus de nuit vers Hampi, notre prochaine destination. Le voyage n’aura pas été de tout repos. J’étais premièrement incommodé au niveau digestif (un incontournable indien) et deuxièmement, il me manquait un petit dix centimètres pour complètement m’allonger sur la couchette. Heureusement pour moi, l’excitation d’être à nouveau sur la route (et les médicaments) m’ont grandement aidé à passer au travers.

L’Inde – début

L’Asie Centrale terminée depuis plus d’un mois et le Népal bien derrière nous, le temps est venu d’affronter l’Inde. La réputation de cet immense pays n’est plus à faire, mais il paraît qu’il a le don de surprendre même les plus chevronnés des voyageurs. En réalité, voilà déjà trois semaines que nous y sommes, sauf que nous n’avons fait qu’atterrir dans la région la plus balnéaire du pays et nous y poser pour souffler et un peu et passer le temps des fêtes. En bonne compagnie par contre, car même si nous étions loins de (la plupart) de nos proches, nous y avons rejoint le père d’Audrey qui lui entame un six mois de voyage en Asie.

Au programme l’Inde, certes, mais aussi un passage par le Sri-Lanka, une petite visite du Bangladesh et possiblement un écart pour retourner visiter ce satané Turkménistan. J’ai hâte de retomber en mode découvertes et aventures!

Katmandou (2) [Bakhtapur et Bodnath], Népal

Retour à Katmandou pour la dernière partie du voyage. Non la moindre par contre, car si la capitale du Népal à proprement dit n’est pas si intéressante que ça, ses alentours sont riches en points d’intérêts. À notre arrivée, comme l’après-midi était déjà bien entamé, nous nous sommes contentés d’un retour relax à l’hôtel puis d’une soirée magasinage (pour les filles) dans Thamel, le guetto touristique de Katmandou. Pour les prochains jours, l’offre était si étendue qu’il nous a fallu renoncer à toute une panoplie de visites intéressantes et arrêter nos choix sur Bakhtapur, réputée pour son durbar (square) et Bodnath, haut lieu de la spiritualité bouddhiste.

Bakhtapur

Dr. Amrit Sapkota

Dans les incontournables de la vallée de Katmandou, Bakhtapur siège au premier rang. Avant de nous y rendre par contre, il nous fallait visiter à nouveau le centre de visa indien pour y laisser nos passeports. Selon la préposée, les autorités nous avaient octroyé un 6 mois double entrée. Nous aurions bien aimé un multiple entrées, mais compte-tenu du fait que ce centre de visa émet généralement des 3 mois entrée simple, il y avait de quoi se réjouir. Cette formalité remplie, nous nous sommes dirigés vers le départ des autobus de ville pour Bakhtapur, littéralement dans la banlieue de Katmandou. Alors que nous étions arrêtés dans une boutique de livres pour tenter d’y trouver un guide de voyage indien, nous avons été accostés par un petit népalais très bavard à l’anglais très performant. Professeur de littérature anglaise dans la plus grosse université de la ville, il passait souvent par cette petite librairie et ayant lui-même beaucoup voyagé (dont 1 mois de stage à l’Université Concordia à Montréal), il était curieux d’en apprendre plus sur notre présence au Népal et nous a donc invité à prendre le thé à côté. Un peu pressés par le temps (nous nous étions séparés de ma mère et ma tante pour aller au centre de visas), nous avons tout de même acceptés d’aller partager ce moment avec lui avant de sauter dans le bus.

La première chose qu’Audrey a remarqué en arrivant à Bakhtapur, c’est que les photos de Katmandou qu’elle avait vu dans le guides et sur internet avaient en fait été prises ici. À 10 kilomètres l’une de l’autre Katmandou et Bakhtapur sont en réalité la même ville, car la première a avalé la dernière. Avec ses innombrables temples, palais et places, ses bâtiments de brique pittoresques au style Newar et ses allées de briques, cette ancienne cité possédait encore le monopole du charme. Grosse ombre au tableau par contre, en raison de ses constructions vétustes, elle a sérieusement écopée lors du tremblement de terre de 2015; à un point tel qu’un bon tiers des monuments et des bâtiments étaient en reconstruction ou simplement effondrés et laissés à l’abandon.

En reconstruction…

Pendant une bonne heure, Audrey et moi nous sommes promenés dans ses ruelles et ses allées, admirant l’architecture et baignant dans l’ambiance d’un lieu qui avait gardé des allures de village. Les rues principales bourdonnaient d’activité, mais il suffisait de sauter à la ruelle parallèle pour retrouver les petites places avec leurs petits attroupements d’aînés et … les chantiers. Deux ans après le tremblement de terre, les artères principales avaient été en bonne partie rebâties et c’était ce qui se trouvait derrière qui était aujourd’hui en reconstruction. Le travail est à ce point fastidieux qu’à plusieurs reprises, nous avons croisés des groupes de femmes affairées à nettoyer des briques à la brosse. Pour dire à quel point la main d’oeuvre ne vaut rien au Népal, quoi que dans un soucis de restauration fidèle, mieux vaut se servir des matériaux d’origine.

Samosas de rue!

En soirée, nous avons retrouvé ma mère et ma tante qui elles avaient passées la journée à Patan, un autre quartier pittoresque de la vallée de Katmandou. Le lendemain, nous avons répété plus au moins le même circuit parcouru la veille en leur compagnie et en suivant les directions de notre guide. Leur réaction a été similaire à la nôtre: Bakhtapur était un endroit enchanteur de par sa beauté et crève-coeur de par la destruction qu’elle avait subie.

Le square des potiers.

Bodnath

À nouveau séparés de ma mère et ma tante, encore pour des histoires de visas, il nous a fallut repasser par Katmandou avant de nous rendre à Bodnath tandis qu’elles y sont allées directement. Nos passeports récupérés au centre des visas, nous avons cette fois entrepris de marcher à notre prochaine destination plutôt que d’y aller en transports en communs. Un petit 7 kilomètres de marche au travers de Katmandou, c’était très gérable pour deux voyageurs habitués d’arpenter les grandes capitales soviétiques de l’Asie Centrale. Il nous aura quand même fallu deux heures pour arriver à destination, car le traffic, tant piétonnier que motorisé est intense et les trottoirs sont choses rares. Tout de même, cette balade nous aura permis d’assister à nombre de petites tranches de vie népalaise. Nous adorons marcher dans la ville, aussi difficile que cela puisse être parfois.

Arrivés à Bodnath, nous sommes rapidement débouchés sur la stupa elle-même, très imposantes de ses quelques centaines de mètres de circonférence. Pour les non initiés, les stupas sont des monuments côniques autour desquels les bouddhistes font les cents-pas pour méditer. En tournant toujours dans le sens horaire par contre, ça nous l’avions oublié en nous engageant sur la place du stupa de Bodnath, mais le flot de pèlerins nous a rapidement réorienté dans le sens du courant.

Ma mère et ma tante avaient élu logis dans un monastère de l’endroit alors c’est là que nous sommes allés les rejoindre. Ceci fait, nous sommes allés nous trouver une auberge à notre tour puis sommes tous retournés autour de la stupa pour en admirer le spectacle à nouveau. La stupa, très imposante en soit, n’est qu’une partie du spectacle. Le principal étant la procession de pèlerins en constante giration autour de cette dernière. Une partie d’entre eux portent la robe des moines bouddhistes. mais la plupart sont népalais ou touristes. Autour de la stupa, des centaines de moulins à prière que les dévots animent au fil de leur procession dans un cliquetis incessant.

Le lendemain matin, déjeuner avec une connaissance de ma tante qui enseigne le bouddhiste depuis plusieurs années à Katmandou puis retour dans le centre-ville. Vu que ma mère et ma tante nous quittaient le lendemain, le reste de l’après-midi a été dédié aux dernières emplettes, la soirée à un bon repas et la suite à une dernière partie de cartes. Avant le restaurant, il a fallu faire les bagages, chose normalement indigne de mention, mais vu que nous nous sommes débarrassés d’une foule de matériel et de vêtements utiles en Asie Centrale, mais superflus pour la suite du voyage, optimiser le tout s’est avéré être un certain défi.

Patan et le reste

Audrey grimpant le Swoyambunath

Le matin venu, j’ai couru les magasins afin de me trouver un chandail en laine de yak que j’ai pu ramener in extremis à ma mère et ma tante avant qu’elles ne prennent le taxi pour l’aéroport. Les au-revoir faits, Audrey et moi avons ramassés nos affaires à notre tour puis nous sommes déplacés à notre prochaine auberge. Après avoir passé les dernières semaines dans des hôtels, nous avions hâte de retrouver la bonne ambiance voyageuse de ce genre de lieux. Disons que le prix y jouait pour quelque chose aussi. À 5$ plutôt que 25$ la nuit pour deux, c’était définitivement plus léger sur la bourse. Pour le reste de l’après-midi, nous sommes partis à pied visiter le temple de Swoyambhunath, surnommé le temples aux singes. Juché sur une colline, le panorama de la ville était intéressant mais sans plus. En frais de primates, Pashupatinath était largement plus intéressant, tant au niveau des macaques que des hominidés.

Crédit: Audrey Roy
Des moulins à prière (crédit: Audrey Roy)

Notre hostel se vantait d’avoir la plus belle terrasse de toit de la ville. S’il fallait que l’on me donne 1$ pour chaque établissement se targuant du plus beau « rooftop » … sauf que là, c’était vrai. J’en ai naturellement profité pour aller chercher quelques clichés de la nuit tombant sur Katmandou et franchement, l’un d’entre eux se mérite le titre de plus belle photo du voyage. Chanceux que j’étais, l’on pouvait apercevoir les montagnes en arrière-plan (chose rare dans une ville polluée comme Katmandou) et la lumière était juste assez tombante pour aller chercher un bel effet longue exposition tout en capturant un peu des couleurs normalement visibles en plein jour.

La plus belle photo du voyage…
Stands d’épices au marché de Katmandou

Une bonne brochette de voyageurs fréquentait l’hostel, donc on a pu passer deux bonnes soirées à discuter avec des types intéressants. Du reste, notre temps au Népal tirait déjà à sa fin et il ne nous restait qu’une pauvre petite journée à passer à Katmandou. Nous avons donc entrepris de marcher jusqu’à Patan, jadis une ville d’importance de la vallée, mais aujourd’hui partie intégrante de cette énorme agglomération qu’est la capitale. Patan, comme Katmandou et Bakhtapur, possédait son propre Durbar, une sorte de place centrale aux fonctions princières et religieuses. Malheureusement, à l’image de ses deux confrères, il n’aura pas échappé au tremblement de terre. N’étant pas trop chaud à l’idée de débourser un autre montant substantiel (le prix d’entrée pour les touriste est gonflé, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi), nous avons choisi d’aller explorer le quartier autour. Quelle n’a pas été notre joie de retrouver la bonne petite ambiance de Bakhtapur. Pendant plusieurs heures, nous avons circulé parmi les scènes de la vie quotidienne et ce jusqu’au retour à l’auberge.

 

Le durbar de Patan

À l’aéroport le lendemain, deux touristes nous approchent l’air en panique. Leur carte de crédit a été bloquée et ils ne sont pas en mesure de régler les frais pour leur excédent de bagages. Ils me transféreront l’argent de suite pour que je puisse ensuite payer avec la mienne. Ça flairait un peu le scam au début, mais les voyant agiter leurs passeports canadiens, je me sens rassuré. Je me connecte donc à l’internet pour recevoir leur paiement puis passe régler leur note au comptoir d’enregistrement. Visiblement pas trop habitués de voyager, ils nous demandent ce qu’on fait dans ce genre de situation: Audrey et moi répondons quasi simultanément que c’est pour cette raison que nous gardons un bon coussin de $US en permanence. Tous deux de Toronto, elle conseillère en ressources humaines (tien!) et lui agent immobilier, ils avaient prit deux mois de vacances pour aller visiter la famille en Inde et en ont profité pour aller faire une petite escapade au Népal. Étant deux personnes très amicales, nous avons passés le temps mort d’attente de notre vol en leur compagnie à discuter de voyage, mais aussi du Canada qui, il faut le dire, nous manque.

Scène de petite place perdue dans Patan