La dernière fois que j’ai laissé quelques mots ici, nous étions en route vers la ville de Panamá, qui devait être notre dernière destination en Amérique centrale. Je vous rassure, elle le fut, sans aucun pépin!
Panama City – 23 au 27 août
La ville m’a semblée être un lieu de convergence de beaucoup de choses. Convergence de deux « Amériques », convergence de cultures, convergence de réalités. Ses tours d’habitations se voient de loin, j’ai d’ailleurs eu un petit sourire en pensant à la ville de Québec que l’on aperçoit soudainement au détour d’une collinette, sur l’autoroute 40. Sur place, elle m’a fait penser à certaines villes que l’on trouverait plutôt dans Star Wars, où tout se passe en hauteur, à partir de quelques étages, et où le sol est plutôt imagé comme un espace que l’on remarque moins, sous de bas nuages, réservé aux activités quotidiennes. Bien sûr il n’en est rien puisque la vie est bien présente en plusieurs endroits, mais la ville semble avoir été concue pour profiter des hauteurs. Un magnifique parc linéaire d’environ 4 kilomètres permet toutefois de faire le lien entre le centre des grandes tours et la vieille ville, où les gens semblent avoir une appréciation toute particulière pour le patin à roues alignées. Les autres s’entraînent dans des espaces aménagés, courent en groupe, se promènent. La vieille ville, dans son style colonial, est bien charmante.
La ville, qui revêt ses lumières de soirée
Une route qui semble flotter sur la mer, entre son ancien centre colonial et sa collection de tours contemporaines. Rien de trop beau pour permettre à Panama d’imager son histoire
Si les autres pays traversés en Amérique centrale présentent une relative homogénéité de ses habitants, le monde se rencontre à Panamá. Certains y sont arrivés par concours de circonstances, avec intention ou non, il y a quelques années ou générations, peut-être. Beaucoup y ont été conduits par leur chemin migratoire, d’autres par l’appât des économies fiscales. Et chacun y trouve un endroit lui convenant, mais je ne peux dire qu’ils se mélangent, malgré leur proximité. Car si nous marchions un instant entre les tours de luxe et les quelques badauds arborant polo coûteux, souliers de cuir italien et chien bien toiletté, le coin de rue suivant nous amenait à nous mêler à quelques femmes offrant leurs services aux voitures passant lentement. Antoine a par ailleurs reçu un avertissement d’un homme qui me semblait agent de sécurité, de faire attention à moi. Qu’aurait-il pu arriver? Probablement simplement que l’on me fasse une offre. Mais il est difficile parfois de bien saisir le niveau d’insécurité qui nous entoure. Elle se lit parfois seulement dans les seuls yeux de celui qui la juge.
Au final, la ville m’a laissé une impression certaine de passage et d’impermanence. Même son Canal, par où transitent plusieurs des produits que l’on consomme tous régulièrement, en est l’emblème parfaite : on vient à Panama parce qu’il le faut, peut-être pas nécessairement parce qu’on l’a espéré. C’est donc une ville où l’on peut tout trouver, mais qui demeure relativement calme.
L’une des trois voies du canal, qui attend son prochain visiteur, dont on voit la proue a droiteLa même voie, avec un pétrolier. L’eau a été vidée, on ne voit donc que le dessus (et un immense porte-conteneur au fond, dans la nouvelle voie mise en activité en 2016 pour accueillir les bateaux qui étaient trop grands pour les deux voies actuelles, terminées de construire en 1914
Le transfert – 26 août
Alors. L’Objectif. Avec un grand O. Mettre notre petite voiture, tout gentiment, dans un container pour qu’elle nous suive par la voie maritime pour le reste du voyage. Dans un bateau pouvant contenir jusqu’à 7612 containers de 40 pieds, ou 15254 Pontiacs Vibe, si l’on souhaite s’amuser à l’utiliser comme unité de mesure. L’entreprise aura pris quelques levers aux petites heures (genre 4h30), plusieurs formulaires, et quelques milliers de dollars. Ne soyons pas avares de détails pour ceux qui souhaiteraient faire le même exercice, on parle d’environ 3000$ canadien pour l’envoi. Avec des colocataires, soient Beth et Bill, qui envoyaient un Ford F350 avec une grosse boîte de camping. Leurs 23 pieds de long venaient combler, tout juste, ce que nous avions laissé de libre avec notre voiture. Et le tout aura pris au moins 10 employés impliqués, allant du coordinateur administratif, à la coordinatrice terrain qui nous ramenait, en passant par les conducteurs de remorqueuses et au personnel qui sanglait le tout. L’équipe aura pris notre Pontiac en photo, sous tous ses angles possibles, pour assurer que s’il y avait une égratignure sur notre voiture, on trouverait la solution. Gang… la peinture pèle, des pièces décollent, mettons qu’il y a une égratignure additionnelle qui faisait tout le long de sa carrosserie… on ne vous en tiendrait pas rigueur. Mais bon, la rigueur, justement, est de mise, puisque les véhicules envoyés sont habituellement de luxe. Nous avons donc reçu le même traitement qu’une Cadillac.
Cartagena – 27 août au 6 septembre
Nous avons donc pris un vol le 27 août, au lendemain de nos au revoir, pour arriver à Cartagena. Une ville qui est définie par sa température, sa proximité de la mer et le peuple colombien. Les résidents de Medellin et Bogota viennent profiter de sa chaleur, son humidité écrasante et ses plages, pour fêter. C’est probablement l’endroit le plus actif que nous ayons vus jusqu’à maintenant, un vrai paradis de vacanciers. Nous avons d’ailleurs nous-même profité d’un petit moment de vacances durant notre voyage. Sur quelques petites places, les gens se rejoignent et l’espace se comble. Alors, on ouvre une bière, on mange une grillade vendue sur place et on discute en riant, en tentant de compétionner avec la musique qui joue. C’est une ambiance exaltée, qui n’a que faire du propret, et c’est délicieux ainsi.
Le centre historique est grand, magnifique, avec plusieurs dédales au travers desquels on se promène pour chercher restauration, hydratation (ou déshydratation) et danse. Partout, il y a des gens en vacances. Nous avons par ailleurs passé quelques heures dans un tout petit bar, remplis de colombiens, ou les bières et le fort affluaient, et ou les partenaires de danse s’échangeaient au gré des chansons. Je regardais le tout, amusée, mais surtout médusée, par une sorte de flux d’énergie condensée, qui semblait emplir chaque centimètre de l’espace qu’occupait ce petit bar. On n’arrête jamais, on danse, puis on boit, puis oh! on mange les collations ramenées du resto d’en face, puis on chante, puis on mélange les groupes… puis on recommence, toujours le sourire aux lèvres, les yeux dans les yeux, au rythme des chansons souvent lascives qui jouent.
En plus de l’ambiance perpétuelle de fête, de la chaleur et de l’abondance de restos et bars, on dirait que la ville et ses visiteurs s’allient pour parfaire la réputation des femmes colombiennes, que l’on dit très belles et tout aussi coquettes. De fait, une grande majorité ne reculent devant rien pour oser un maquillage assumé et une tenue tout ce qu’il y a de plus confiante. Les couleurs sont vives, les motifs audacieux et les tissus coupés savamment, comme pour crier “je suis là, et je ne m’en excuserai pas”! On dirait que le processus n’est pas du tout forcé et qu’il est tout naturel, même si parfois le résultat l’est peut-être moins, ce qui fait que cela participe à l’esprit festif : à Cartagène, chaque soirée est spéciale, et est préparée en grand.
Nous avons passé quelques jours biens remplis en compagnie de nos chers amis Alex et Jason, qui y étaient pour une semaine de vacances. Lorsque l’on quitte en voyage pour longtemps, on ne sait pas si, ni quand, ni qui viendra nous rejoindre, alors cette rencontre nous aura été des plus rafraîchissante! Et je dois dire qu’après leur départ, la chaleur de la région a commencé à me peser. Nous avons bien profité de fêter, de marcher sur les remparts, de la mer, de découvrir tous les petits racoins de la ville en attendant notre bagnole, mais… Antoine et moi avons réalisé que… un peu d’altitude et de fraîcheur feraient bien notre affaire. Alors notre prochaine destination a été Medellin, plutôt que la côte des Caraïbes comme je l’avais initialement pensé.
Nous y sommes arrivés le 7 septembre, on vous en reparle!
Fiou. Ça en fait des pays… Actuellement, nous sommes entre la ville de David au Panamá et d’ici la fin de la journée, nous serons à Panama City. Au cours des derniers jours, nous avons en effet passé tous les pays listés. Rapidement, sans trop de pause pour souffler, en mode “nous avons un objectif à atteindre”. Alors, on part, suivez-nous!
Guatemala, El Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panamá
Quand on voyage, il y a le plan, puis le résultat. Nous en avons eu un bon exemple à notre arrivée à la frontière avec le Guatemala. Car oui, lorsque nous avons quitté San Cristobal de Las Casas, c’était avec la ferme (et préparée) intention de traverser la frontière. Alors en ce beau dimanche ensoleillé, nous quittâmes tôt, tels de bons petits voyageurs, le ventre plein, les papiers prêts et les informations consignées sur les heures d’ouvertures, etc. Nous arrivons donc un peu avant l’heure du midi à la frontière et notre première étape était d’aller à une banque, dont l’objectif était de « libérer » notre voiture de son permis d’importation temporaire et, par le fait même (fait non négligeable par ailleurs), nous rembourser quelques centaines de dollars américains pris en gage. Mononcle Google nous disait que la succursale était ouverte. Et comme ses opérations sont liées à la frontière, ce n’était pas fou de penser qu’elle le serait, même un dimanche… Que nenni… elle ne l’était pas. Bon, ben… on fait quoi? On attend, pas le choix.
Ciudad Cuauhtémoc – 10 août
On se rend donc dans un petit hôtel (il n’y en a que trois, malgré que ce soit une frontière connue et à pas pire débit, quant même). Tout est parfait, c’est pas cher, il y a la clim, un stationnement, une jolie petite cour. Nous en avons donc profité pour relaxer, préférant voir ce délai comme un congé au coeur de notre périple, plutôt qu’un pépin dans notre avanture. Et s’il n’y avait pas beaucoup d’hôtels, les possibilités pour manger étaient tout aussi restreintes. Mais c’est ce qui est chouette en même temps : dans un petit village, on fait comme les autres et on se réfère aux mêmes adresses.
Le petit parc central et la toute aussi petite église de Ciudad CuauhtémocQuelques rues en quadrillé, et c’est fini!
Guatemala
Lac Atitlàn – 11 et 12 août
Pour s’y rendre, nous devions y mettre un nombre raisonnable d’heures, soit environ 4-5. Sur la route, à un moment, nous nous rendons compte qu’il y a beaucoup de camions qui sont arrêtés, mais que quelques motos et voitures dépassent. Alors on fait comme eux! Mais là, ça commence à être beaucoup de camions, et nous commençons à nous demander… quelle est la raison? Parce que cette dernière donnera le ton à notre décision : on fait bien ou pas? Alors nous en avons profité pour nous arrêter dans une station service, et ciel nous avons quand même bien fait de poser la question! C’était une manifestation, qui bloquait la route entre deux états du Guatemala, afin de protester contre le mauvais état de ladite route. Autrement dit, s’y pointer n’était pas recommandé, avec notre plaque étrangère, de surcroit. Nous avons donc fait un détour d’un peu plus d’une heure pour passer par un autre état.
Arrivés sur place, il fait noir, on descend des montagnes sur des routes escarpées, en première vitesse. Arrivés en ville, nous pouvons déjà goûter la bière fraiche sur nos lèvres pour nous récompenser d’une journée forte en émotions. Mais la ville (et Google) n’avaient pas terminé leurs plans pour nous. Car en avançant tranquillement selon le GPS, parfois… oh oh, c’est un sens unique, et pas dans le bon sens. Bon. On va évidemment ailleurs parce que les tuk-tuk derrière vont commencer à s’impatienter, avec raison. Et là, au fil des directions données, et fidèlement exécutées, on se retrouve dans une rue qui est supposée être destinée aux motos seulement… ohh ooohhhhh. La sueur sur mon front commence à perler. J’essaie que mes mains ne soient pas trop moites sur mon volant, mais n’empêche, là je suis coincée, dans un tournant, je ne sais pas si je peux avancer, et je vois à mon rétroviseur qu’il y a au moins quatre tuk-tuks et deux-trois motos derrière. En plus des piétons. Une seule possiblité dans l’immédiat : notre émissaire Antoine va voir au prochain coin de rue, que dis-je, de ruelle, voir si la lumière est devant. Parce que si elle n’est pas devant… ça veut dire qu’elle est derrière, et je sens déjà que le procédé sera complexe. Pendant ce temps, mon esprit commence à oublier que si nous sommes rendus dans cette fâcheuse position, c’est que l’on peut faire le chemin inverse, et déjà il s’imagine les ressources nécessaires pour sortir. La police locale, une grue, peut-être… Mais, que font les gens autour durant ce temps? Aucun klaxon, seulement beaucoup de patience. J’ai reçu ce calme comme une belle dose de respect et de compassion, et probablement quelques miettes de jugement, quand même. Mais avant tout, ils n’en ont pas rajouté. Nous avons fini par pouvoir sortir de cette fâcheuse position et, finalement installés, nous avons profité du moment.
Vue de San Pedro de la Laguna, sur le Lac Atitlán et ses montagnes, de notre hostel
Il y a quelque chose de surréel parfois, d’être planté sur une terrasse de toit. On ne peut que surveiller attentivement tout ce qui se déroule devant nous. Les nuages qui se meuvent parfois imperceptiblement, le vent qui se permet de nous flatter le visage pour nous confirmer qu’il est bien là, les lumières, de la rive jusque dans les plis montagneux, nous parviennent comme si l’on regardait une toile peinte avec attention. Nous avons aussi un accès privilégié au moment présent de plusieurs personnes, comme si l’on était des témoins secrets d’une guirlande de petits moments banals qui structurent la vie. Les promenades de soirée, les quelques rires échappés entre amis, les échanges tantôt philosophiques, tantôt énergiques, tenus au coin d’une rue. Et puis, finalement, la faune décide de s’y mettre, comme reprenant contrôle de son territoire. Les chiens se mettent à converser d’un village à un autre, possiblement d’une rive à une autre. Le boucan est tel, qu’une fois de temps en temps, un coq se met de la partie, peut-être pour tenter de faire cesser ces exagérations canines, ou simplement pour rappeler que c’est lui, le maître du chant. Dans tous les cas, toutes ces strates qui s’accumulent s’offrent comme un film, qu’il fait bon regarder.
Lac AtitlánLac Atitlán
Antigua – 13 et 14 août
À Antigua, on stationne dans le salon. Confortable….
C’est une chouette petite ville coloniale, où l’on peut bien manger, se promener. Un petit plus, nous avons l’oeil sur des volcans. Et l’un d’eux nous envoie des petits souffles de fumée de façon relativement régulière durant le jour. Et à la tombée de la noirceur, cette fumée s’efface et on n’y voit maintenant que la lave, crachée sporadiquement comme si le volcan faisait simplement son ménage. Mais l’excitation de voir l’ilumination rougeâtre débuter…! La ville m’a quand même fait penser à San Cristobal au Mexique : ses quartiers pavés, son accessibilité, sa générosité, sans négliger la magnificience de son environnement.
Encore des marchés et de la bouffe…..!
La ville, sous les lumières articielles ou naturelles, toujours digne et gracieuse.
L’un des volcan surveillant la villeVous pouvez remarquer, la lumière commence à tomber et fait place à un peu de rougoiement. Subtil, mais savoureux! Après nous avons arrêté les photos pour profiter du spectacle
El Salvador – 15 et 16 août
El Zonte – 15 août
Surprise inattendue sur la route!
Nous avons décidé de nous arrêter dans ce petite village, qu’Antoine connaissait de nom puisque son frère y était allé. Nous avons donc regardé un peu sur Google puis il nous a dirigé vers un potentiel hôtel sur la plage. Tout était parfait! La magnifique plage à quelques pas de notre chambre, l’air climatisé pour bien dormir, un resto pour se sustenter… Nous avons vite fait de débarquer nos baggages, d’enfiler nos maillots et de courrir dans les vagues suffisament grandes pour plaire aux surfeurs. Et je dois vous faire une petite confidence : un de mes bonheurs les plus purs, c’est de sauter dans les grandes vagues. Celles qui te font demander “j’essaie d’y aller par dessus ou je plonge dessous”? Celles qui vous ramassent comme si vous étiez un vulgaire petit bout de bois, vous garde dans ses bouillons durant quelques secondes, pour vous recracher sans que vous puissiez dire avec certitude où est le sable et où est l’air. Ce sont des moments que je ne voudrais jamais voir s’arrêter, où on dirait que l’enfant en moi prend tout le dessus : le jeu avant tout. Il faut que je m’en rappelle dans mes futurs voyages.
San Miguel – 16 aout
Après la soirée parfaite d’El Zonte, San Miguel m’a donné un petit choc. Mini, là, juste pour me ressaisir d’une bonne petite dose de réalité. Je remarque en enfilant aussi rapidement un grand nombre de villes d’Amérique centrale, qu’elles sont souvent basses, en termes de nombre d’étages bien sûr, mais souvent peu éclairées, et la nuit tombe tôt. Combiné à quelques autres facteurs, comme la présence nombreuse de déchets, la proximité avec un marché fermé ou un parc où plusieurs hommes nous regardent intrigués et marmonant quelque commentaire à notre endroit, j’ai frisonné devant son aspect lugubre par moment. En quittant notre hostel pour aller souper dans un endroit recommandé par notre hôte, nous avons justement dû traverser le marché où tout ce qui restait, c’était les marchandises abandonnées, dont l’odeur nous laisser penser que c’était peut-être à raison. avec quelques coquerelles, chats et chiens qui s’y promènent, au travers des quelques personnes qui ferment un étal ou déchargent un camion de sa livraison de bananes. Le tout enveloppé d’une espèce d’humidité légèrement visible, comme vaporeuse. Mais dans les faits, c’est plutôt la déstabilisation, puisée à tous nos sens, qui m’a fait sentir ainsi. Car objectivement, femmes et enfants se promenaient et ne semblaient pas trop s’inquiéter, et lorsque notre regard se posait à l’intérieur d’une maison, la tranquilité chaleureuse semblait y régner. Malgré tout, nous avons compléter la soirée à l’hostel plutôt que dans un des bars-discothèques des environs.
Honduras, puis Nicaragua – 17 au 19 août
La journée du 17 août fut chargée à souhait : lever, voiture, frontière, voiture, frontière (bis), voiture, souper, dodo. Passer une frontière, c’est déjà du boulot. Mais en passer deux en une journée? Cela peut avoir comme conséquence de puiser dans les réserves de patience qui s’égrainent… Non, pas besoin de change. Non, pas besoin d’aide. Non, pas besoin d’eau, de bonbon, ni de chips. Parfois en arrivant à une frontière, plusieurs personnes nous accueillent en même temps, souhaitant nous offrir un accompagnement dans la traverse de la frontière. Les conseils vont de “où se stationner” à “quels bureaux visiter”, en échange d’un pourboire. C’est un travail comme un autre, mais rajouter une autre personne dans les démarches n’aide pas nécessairement au processus. Par ailleurs, si nous ne le faisons pas nous-même, nous ne le comprenons, le processus. Et à chaque frontière on nous pose des questions sur la précédente, il est donc préférable de garder les mains sur le volant, littéralement et figurativement.
León – 17-18 août
Considérée comme plus intellectuelle, et l’un des berceaux fertiles à la révolution nicaraguayenne survenue en 1979, elle porte les couleurs de sa fierté. En effet, les drapeaux du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) flottent sur la ville, dans les rues, aux fenêtres… et les personnes ayant contribué à cette révolution importante pour l’histoire de toute la région de l’Amérique centrale sont honorées sobrement dans les rues du centre. On y trouve en effet une photo et un descriptif des faits d’armes des camarades.
En outre, la ville est jolie, présentant quelques immeubles qui valent le coup d’oeil. Mais pour l’université, on ne saura pas, on nous a interdit l’accès.
En quittant la ville, nous en avons profité pour visiter un volcan sur notre chemin, qui est actif et bien enfumé. C’est impressionnant de pouvoir se tenir au bord d’un cratère, jeter un oeil en son coeur (sans lave toutefois!), et au paysage qui s’étend tout autour.
Volcan Masaya : toujours actif, mais trop de lumière pour voir le rougeoiement.
La grande place devant l’église de León
San Juan del Sur – 19 août
Sur cette petite côte, nous avons trouvé une belle petite baie saupoudrée de quelques bateaux. Il s’est rapidement mis à pleuvoir, par contre, alors nous nous sommes sauvés vers une petite terrasse couverte sur le bord de l’eau.
Costa Rica (Jacó) – 20 août
Considérant que nous étions tous deux déjà allés, et que la route s’y fait bien, nous n’avons passé qu’une nuit. Malheureusement nous sommes arrivés après le coucher de soleil, et il y a eu de la pluie le lendemain. Donc présence de plage, mais même pas de baignade… snif. Mais une légère éclaircie le temps de prendre une photo avant notre départ!
Les plages se suivent, mais le sable ne se ressemble pas tout le temps!
Panama (David) – arrivée le 21 août
Vu notre journée qui avait été occupée par la route et la frontière, nous devions nous arrêter à la ville de David, le soleil étant déjà couché. La côte à cette hauteur est quand même loin de la route, ce n’était donc pas une possiiblité, et de continuer un peu plus loin nous aurait obligés à rajouter quelques heures. En cherchant un hostel, je tombe sur un endroit qui s’appelle littéralement “Chambres en ville”. Je souris en voyant passer le visage de Francis Reddy dans ma tête, mais je suis surtout convaincue par les commentaires qui mettent en valeur la cour intérieure joliement entretenue. Arrivés sur place, coup de foudre. La voiture a son petit stationnement privé à l’ombre des bananiers, la récolte des cocotiers vient d’être faite, il y a une piscine et… un dessin du Château Frontenac! Et oui, le tenancier de l’hostel, qui ressemble plus à un humble resort au coeur de la ville, a habité plusieurs années au Québec. On le comprend rapidement à son accent, qui vient rejoindre le nôtre. Enchantés, nous décidons déjà, le soir-même, de demeurer une deuxième nuit pour se poser un peu. Nous avons bien fait, Luis a été d’un accueil plus que généreux, philosophant avec nous, ou nous aidant à partir nos briquettes ou à ouvrir nos noix de coco.
Réflexions
Au cours de notre traversée de l’Amérique centrale, nous avons rencontré plusieurs personnes, dont les desseins sont tous aussi divers. Nous avons par ailleurs été beaucoup plus en contact avec la faune touristique. Parce que oui, nous tous qui voyageons, sommes parties d’une faune bien spécifique, complètement sortie de son élément initial, avec divers degrés d’adaptation, certains plus réussis que d’autres. Par exemple, un Québécois établi à Antigua au Guatemala pour y servir poutine, lasagne et pain de viande, sans oublier le pudding chômeur. Un autre, originaire du Panama mais ayant habité longtemps au Québec, nous accueil avec notre propre accent chaleureux dans son petit coin de paradis rempli de fleurs et d’arbres fruitiers au coeur de sa ville. Puis il y a les voyageurs pus et durs. Lorsque l’on parlait de notre projet avant de le débuter, nous recevions souvent de la bouche de notre interlocuteur un “wow”, tandis que ses yeux trahissaient plusieurs sentiments. L’incrédulité, parfois, la peur, la surprise, la curiosité aussi. Comme si ces yeux ne souhaitaient pas transmettre un wow mais plutôt un “z’êtes des malades…”! Croyez-le ou non, ce sont parfois mes yeux qui transmettent maintenant ce sentiment de quasi détresse ne m’appartenant même pas. Par exemple, un mec que nous avons embarqué à la suite d’une frontière. le soleil allait se coucher peu de temps après, et il semblait chercher une solution qui ne se trouvait malheureusement pas dans son sac à dos. Nous en comprenons alors qu’il est parti de chez lui, en France, il y a 9 mois, avec quelques trucs dans son sac à dos, dont une tente, et la vive intention de quitter pour ne potentiellement jamais revenir. Habité d’une simple écoeurantite apparemment, il ne cherchait que le renouveau. Le bateau-stop lui aura fourni une opportunité. Pour ceux qui sont moins familiers avec le bateau-stop, c’est sensiblement la même chose que l’auto-stop, mais avec des tâches. Ainsi, si tu réussis à te chopper un passage des îles Canaries à la Guadaloupe, ce qu’oui a fait, ce sera gratuit mais tu devras participer aux tâches du voilier. Tous y gagnent : les gens qui sont capitaines ont une paire de bras de plus, souvent nécessaire à l’opération, et le voyageur a son aventure. Ainsi, au fil de ses journées, il s’était retrouvé en même temps que nous au Nicaragua. Antoine avait par ailleurs bien résumé l’esprit de ce mec : ” Ouin, y’a pas grand chose qui stress c’te gars-là”. C’est difficile de mieux résumer. Il était à une frontière, pas d’argent, pas d’eau, une galette de quelque chose à grignotter, pas grand vêtements. Et il semblait confortable dans ses sandales et son bronzage : qu’est-ce qui pouvait lui arriver? Avoir soif, avoir faim, mal dormir? Possible, tout ça en même temps. Mais ça ne le stressait pas, parce qu’il avait confiance que peu importe, il trouverait et ne serait pas en danger de mort. Cette résilience, à tout casser soyons honnêtes, me fascine. Pas nécessairement parce qu’elle donne quelque chose, ou sert à quelque chose, sauf peut-être atteindre un niveau de liberté de niveau acrobatique. Mais peut-être me fascine-t-elle simplement parce que je ne saurais rejoindre ce gars : une mer ce certitudes et d’incertitudes nous séparent. Nous l’avons finalement laissé sur le bord de la route, à la noirceur, dans un endroit où l’on percevait quelques lumières de chaumières et hop, il est parti avec l’eau de nos bouteilles transvidées dans la sienne, une pomme qui nous restait, et l’avenance du pèlerin qui cogne à une porte pour piquer sa tente sur le terrain.
Nous avons aussi rencontré un couple de Russes, partis il y a environ 6 mois si ma mémoire ne me trompe pas. Ils ne pouvaient partir d’aussi loin que nous, vu que leurs passeports ne leurs permettaient pas d’entrer au Canada ou aux États-Unis, mais il avaient débuté leur traverse des Amériques au Mexique, en vélo, et comptaient se rendre au même endroit que nous, à Ushuaia. Eux aussi voyageaient avec peu, et considéraient même traverser le bouchon de Darien, pour le défi. Le bouchon de Darien, c’est ce petit espace d’environ 160 kilomètres de long et 50 kilomètres de large, qui sépare le Panamá et la Colombie, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. Ledit bouchon, qui ne se surnomme pas ainsi sans raison, nous allons l’éviter en envoyer notre voiture par bateau en Colombie dans quelques jours. J’avoue que nous ne nous sommes même pas posé la question, à savoir si nous devions le tenter. Premièrement, une voiture, ça ne passe pas, un vélo non plus d’ailleurs : c’est le seul endroit où la Panaméricaine, la route liant le Nord de l’Alaska au Sud de l’Argentine, a été abandonnée. La route aurait du fendre la jungle en deux, ce qui a alimenté plusieurs résistances, et puis le terrain avait de fortes chances d’occasionner son lot de complications techniques. Maintenant, c’est donc un endroit ou quelques peuples vivent encore, mais qui est aussi bien connu dans le monde comme étant un passage de mirgrants important, dont le flot aura grandement augmenté au cours des dernières années de 2022, 2023, 2024 : https://www.ohchr.org/fr/stories/2025/05/monitoring-motion-migrants-darien-gap. La traverse est dangereuse en soit, puisque les humains sont confrontés à la jungle, féroce, mais aussi parce que le passage est contrôlé par les cartels. Le coût est donc très élevé, mais non assuré. Il faut vraiment avoir besoin de s’éloigner d’une vie difficile pour souhaiter faire cette traversée, et tous n’y parviennent pas: certains doivent rebrousser chemin, certains y meurent.
Au travers des rencontres de voyage qui sortent de l’ordinaire, il y en a plein d’autres. le groupe de boys qui profitent de leur été de congé entre deux sessions au bacc en admin pour aller faire du surf et se promener d’hostel en hostel. Ou la fille qui se promène pieds nus dans une petite ville côtière du Costa Rica, arborant sourire, bronzage et joli chapeau de paille, assumant pleinement son air bohème. Ou le couple de retraités qui viennent allier soleil et aventure. L’Amérique centrale est en endroit qui appelle bien des gens de tout acabit, et dans bien des cas rappelle!
C’est donc forte de tout ce que je sens avoir reçu, que je sens avoir besoin de me poser un peu. Nous savions que nous avions “peu” de temps, d’où la rapidité avec laquelle nous avançons: nous pourrons nous concentrer sur l’Amérique du Sud, la Patagonie, les grands espaces et le camping. La proximité de l’Amérique centrale nous permettra de lui revenir pour des vacances hivernales. Mais actuellement, j’ai envie de ralentir, de regarder le temps et les gens passer, de me faire à manger… et c’est justement le moment où nous allons probablement pouvoir commencer tranquillement à le faire.
Prochaine étape, bye bye voiture, on se revoit en Colombie!
Aimer un endroit, c’est y revenir pas deux, mais trois fois.
Utila est une île au Honduras dont le principe touristique est simple: la plongée (et la fête, pour ceux qui le désirent).
J’ai abouti là pour la première fois en 2013 avec en tête d’y rester une ou deux semaines pour y faire un petit cours de plongée. J’y suis finalement resté plus de deux mois. En 2016, j’y suis retourné avec deux de mes cousins pour y passer près de 1 mois à faire mes cours de plongée technique. M’y revoilà près de 8 ans et une pandémie plus tard avec mon frère (désireux de tenter la plongée) et un ami (déjà certifié).
Se rendre à Utila n’est pas une mince affaire. Oui, des grands transporteurs offrent des vols directs vers les tout-inclus de l’île d’à côté (Roatan), mais les horaires de vols étaient loin de faire notre affaire. Nous avons donc opté pour une succession de vols qui à l’allée nous donnaient une petite journée et une nuit à Houston au Texas.
Je suis un fervent adepte des escales prolongées. Tant qu’à moisir quelques heures dans un aéroport dans l’attente du prochain départ. Pourquoi ne pas se donner un peu plus de temps pour aller explorer un endroit dans lequel nous ne nous serions pas arrêtés ? Les villes dans le monde ne sont pas faites égales; certaines étant définitivement plus intéressantes que d’autres. Cependant, j’ai pour dire que si plusieurs millions d’humains décident de s’installer à un endroit, il doit certainement y avoir quelque chose à voir ou faire.
Nous avons donc déambulé dans Houston quelques heures avant de nous arrêter dans un classique restaurant de BBQ texan. À en juger par la file dehors, l’endroit était réputé. Il faisait bon dehors et ça sentait l’été (selon les barèmes canadiens). Comme de fait, certains Houstoniens nous ont confirmé que nous étions dans la meilleure période pour visiter leur ville. Les arbres étaient verts et la température parfaite. Plus tard vers l’été, le soleil calcine tout.
De retour à l’aéroport tôt le lendemain main, un vol nous a amené à l’île de Roatan depuis laquelle nous avons sauté dans un ferry vers Utila. La mémoire est une faculté qui oublie, certes, mais elle est aussi une faculté qui déforme. Mon souvenir de la rue principale et de l’emplacement des principaux centres de plongée était encore juste, mais ma conception spatiale du centre de plongée et de ses installations ne cadrait plus vraiment avec l’emplacement des choses dans la réalité. Rien de mal à tout ça quand on est touriste, ça ne fait que donner l’opportunité de redécouvrir un peu…
À partir du lendemain de notre arrivée, mon frère débutait ses cours tandis que moi et mon ami allions plonger sur une base quotidienne. Une fois ses formations complétées, mon frère allait nous rejoindre dans notre délire. La devise d’Utila, c’est drink and dive et nous lui avons fait honneur durant toute la durée du séjour. Certaines de nos connaissances sont déjà venues ici dans le passé pour tâter l’atmosphère de l’endroit sans y plonger. Tous furent déçus et avec raison. Ici, pratiquement tout tourne autour de ce sport et les conversations entre visiteurs ne concernent que ce qui a été vu ou vécu en respirant de l’air sous pression. Ceci dit, il y a moyen de passer un bon moment tout en restant hors de l’eau. Pour peu que l’on cherche, il existe quelques petits endroits reclus et paradisiaques sur l’île, mais il faut des poches profondes pour bien en profiter.
Chez RJ`s
Nous tenions à vivre l’expérience backpacker, mais avec un peu plus de budget nourriture, nous avons pu nous distancer le temps de quelques repas de la gastronomie hondurienne, qui à l’image du reste de l’Amérique Centrale, tourne autour de la malbouffe à base de poulet frit, de riz, de fèves, de plantain, de portions de viandes trop cuites. Il y a sur Utila une poignée de bons restaurants, dont RJ’s, qui sert des grillades de poissons et de viandes locales tout à fait délicieuses. Mention spéciale à la sauce forte maison, qui goûte le soleil et dont Ron (le R de RJ’s) lui même nous a gracié d’une bouteille lors de notre troisième visite.
Cours terminés !
Question environnement, j’ai été malheureusement marqué par la dégradation notoire du récif entre ma première visite il y a 11 ans et celle-ci. Plusieurs spécimens de coraux étaient blanchis et l’abondance générale de ces organismes était notoirement moindre plus on se rapprochait de la surface de l’eau. Les coraux étant à la base des complexes écosystèmes que sont les récifs, les différents poissons et autres créatures aquatiques qui en dépendent étaient à leur tour moins nombreux. Les plus gros organismes (raies, barracudas, mérous, etc.) se nourrissant des plus petits, se faisaient également plus rares…
À l’inverse de la nature autour de l’île, le noyau urbain d’Utila s’était quand à lui embelli. Les caniveaux ont été récemment bétonnés, des routes supplémentaires ont été pavées et la gestion des ordures largement améliorée. La circulation routière (composée principalement de motos, de 4 roues et de voiturettes de golf) semblait moins dense et définitivement ralentie sur les plus grosses artères par des dos d’ânes. Utila a prit du gallon en terme de qualité et cela se voyait (et se ressentait dans le porte monnaie). Oui, l’endroit possède encore son lot de bâtiments délabrés, mais il s’est construit pas mal de neuf.
Curieusement, dans tous ces mois passés sur l’île, je ne m’étais jamais vraiment aventuré hors de la ville. Une tentative en août 2016 avait avortée en raison de la chaleur accablante et l’assaut implacable des moustiques. L’un d’entre nous a suggéré la location d’une voiturette de golf et l’idée s’est concrétisée la dernière journée. Aussitôt sur la route, nous nous sommes dirigés vers Pumpkin Hill, point culminant de l’île. À mesure que la pente augmentait, la voiturette largement sous-motorisée s’est mise à ralentir jusqu’à ce qu’elle commence à reculer en pleine route de terre pentue. J’ai écrasé le frein pour me rendre compte avec horreur que celui-ci était n’allait pas contribuer à ralentir notre descente. Tout de suite, j’ai crié aux deux autres de débarquer du véhicule par les côtés et j’ai enfoncé l’accélérateur. Ces deux manoeuvres ont suffit à stopper la voiturette. En la poussant pour les quelques dizaines de mètres restant, nous sommes finalement parvenus à terminer la montée. On a eu chaud…
Fort heureusement, le reste de la journée s’est déroulé sur le plat et sans avarie. On s’est promené une partie de la journée dans les petits rangs d’Utila et ses quartiers bien nantis avec de magnifiques villas côtières. À cour d’endroits à visiter, on a terminé l’après-midi dans les estrades du stade de baseball local. Deux équipes de l’île s’affrontaient et il y avait bonne ambiance.
On est finalement restés entre nous une bonne partie de la semaine (mention spéciale au balcony bar). Les voyages à plusieurs ne se prêtent pas vraiment à la socialisation. Tout de même, nous aurons quand même tissés des petits liens avec deux Mikes (l’un du Canada et l’autre des É-U).
Exténués de nos vacances pas trop reposantes, nous avons pris le premier ferry du matin. Nicolas allais vers Roatan pour prendre l’avion de là, mais moi et mon frère avions une petite nuit à San Pedro Sula avant notre prochain vol. San Pedro étant à 4 -5 heures d’autobus de La Ceiba, ville côtière où aboutit le ferry depuis Utila, c’était potentiellement se compliquer la vie mais bon, on allait pouvoir explorer un peu du vrai Honduras.
San Pedro Sula est une grande ville d’Amérique Centrale pas trop intéressante, mais elle a l’avantage d’être authentique. Débarqués en milieux d’après midi (en passant, je crois avoir vu une partie d’éclipse depuis l’autobus), on aura eu amplement le temps de faire un tour du centre-ville et de déambuler dans les rues autour de notre auberge. L’ambiance y était définitivement différente et souvent on nous suivait du regard. Certains se sont même aventurés à nous lâcher quelques gringos! plutôt irrespectueux. C’était à priori sans danger, mais je ne me souvenais pas de ce genre d’ambiance à mon passage en 2016. Qu’est-ce qui a changé depuis … le fait que tout le monde a maintenant le regard rivé sur un téléphone qui leur fait miroiter l’apparent bonheur de gens plus riches qu’eux ? L’envie est à la source de bien des maux.
Le vols du retour était plutôt audacieux. De San Pedro Sula, nous avions 1h d’escale à Panama puis un retour direct à Montréal. Au final tout se sera déroulé sans entraves. Notre compatriote de voyage qui avait choisi de passer par Roatan (ce vol était substantiellement plus cher lorsque nous avons acheté nos billets) aura finalement été retardé de 24h.
La veille de notre retour retour, je me suis demandé si après trois visites, j’allais avoir encore le goût de revenir à Utila … mon instinct me disant que c’était peut être la dernière fois que je visitais l’île. Oui nous allons probablement passer par là dans un futur périple et j’aimerais faire visiter l’endroit à Audrey, mais elle ne plonge pas et Utila quand on ne plonge pas … Il y a tant à explorer dans le monde et bien franchement, je suis peut-être dû pour aller visiter d’autres fonds marins (NdR: je relis ces lignes quelques semaines plus tard avant de publier et j’ai peut être parlé trop vite).
Le genre Pterois – ou plus communément le poisson lion – mérite bien son titre. Avec sa large crinière et son attitude impérieuse, il règne en souverain dans la plupart des récifs de coraux des Caraïbes et s’est affairé dernièrement à étendre son empire le long de la côte est américaine. Sa venue en a détrôné plus d’un au rang du plus beau pisciforme; poissons anges, coffres et clowns ont été relégués au rang de simples courtisans. Pour la plupart des plongeurs, il sera invariablement le clou du spectacle. Une photo vaut mille mots; vous n’avez pas vu beaucoup de spécimens plus élégants. Après une plongée, la beauté du poisson lion aura certainement tapé dans l’œil de la majorité des participants. Cependant, peu d’entre eux seront au courant de l’ampleur des ravages que ce magnifique poisson cause aux récifs de la région.
Un Pterois volitans dans toute sa splendeur (Laszlo Ilyes, Wikimedia Commons, 2010)
Un intrus
Les conquérants ont rarement été invités et le poisson lion n’y fait pas exception. Originaire des eaux des océans Pacifique Ouest et Indien, personne ne sait vraiment comment il s’est rendu jusqu’aux Amériques. Avec son habit d’apparat, sa majesté n’a certainement pas traversé le vaste Pacifique par lui-même. Peut-être était-ce à bord des ballasts d’un navire de fort tonnage? Plausible mais peu probable. Une théorie qui a prévalu longtemps voulait que des poissons lion captifs se soient échappés d’un aquarium de Floride brisé lors de l’ouragan Andrew de 1992. Pour autant que l’on sache, l’origine de leur venue est encore inconnue, car bien avant les ravages d’Andrew, le roi du récif avait déjà été aperçu le long de la côte floridienne. Étant des poissons assez prisés des aquaristes, la thèse qu’ils aient été relâchés intentionnellement ou par erreur par un propriétaire a récemment refait surface.
Un destructeur
Qu’importe, le mal est fait. Les poissons lions sont désormais légion et causent des ravages sans précédent dans tous les écosystèmes qu’ils fréquentent. Dotés d’un appétit sans précédent, ils dévorent les autres poissons des récifs sans demander leur reste. Ils ont beau traîner tout cet attirail derrière eux, ils sont néanmoins capables de formidables impulsions pour capturer leur proie. Le récif n’est pour eux qu’un simple buffet. Leur nageoires sont hérissées de dards vénéneux, alors gare à vous si vous vous y frottez. On a comparé leur piqûre à celle de se faire fermer une portière de voiture à pleine vitesse sur les doigts. Résultat : votre main enflera jusqu’à l’épaule et vous vous retrouverez agonisant de douleur dans le fond du bateau. Vos vacances? Invariablement gâchées pour quelques jours, car il n’existe aucun antidote. Pour un plus petit habitant du récif qui serait tenté de goûter au roi, c’est une mort certaine qui l’attendra au détour.
Le poisson lion n’a donc pas de prédateur naturel dans les Amériques. Les requins sont apparemment immunisés à leur poison, mais ayant malheureusement été virtuellement éliminés de la région, on ne peut pas vraiment compter sur eux pour endiguer la propagation de cette espèce invasive. On a recensé des Pterois dans le ventre de mérous, mais encore là, leur faible densité fait d’eux une piètre option. Le lion règne donc en roi partout où il s’installe. Là où il est activement chassé, on le retrouve généralement tapis dans les crevasses. Ailleurs il déambule en plein jour comme si rien n’était, comme le témoigne cette vidéo, où un plongeur en harponne pas moins de 200 sur un seul site.
Un délice
La seule espèce capable de contrer la progression de l’envahisseur, c’est un Homo sapiens palmé armé d’un harpon. Encore une fois donc, il incombe à l’homme de réparer les torts qu’il a causé à la nature, sauf que là heureusement, le poisson lion est délicieux. Dans un burger ou en ceviche, la mort rétracte son venin à l’intérieur de ses épines et pour autant que l’on soit muni d’un bon couteau, il est relativement facile de le fileter.
Chasser le poisson lion est une autre paire de manches par contre. Complètement indifférent face à la menace d’un trident à deux pouces de sa tête, il ne fait pas une redoutable proie. Le problème, c’est qu’un faux mouvement pourrait se solder par une piqûre, car la direction de ses bonds est somme toute imprévisible. Plus c’est beau et coloré, plus c’est toxique. En langage technique, c’est de l’aposématisme, une manière qu’a l’animal d’avertir ses prédateurs qu’ils devraient passer leur chemin.
Sur l’île d’Utila au Honduras, le centre de plongée dans lequel je suivais une formation, envoyait sporadiquement ses maîtres plongeurs à la chasse, à la fois pour contrôler l’expansion de l’espèce, mais aussi pour alimenter ses cuisines de chair fraîche pour le fameux « save the reef » burger. Dans les récifs encerclant l’île, les efforts de contrôle étaient assez efficaces, puisque apercevoir un Pterois était somme toute peu fréquent. Loin des sites de plongée par contre, on le retrouvait en grand nombre. C’est donc là que nous allions chasser, dans les collines marines qui bordaient la périphérie extérieure de l’île. Le stress, l’effort et la profondeur demandaient des habilitées de plongée supérieures à la moyenne pour éviter les accidents de décompression, mais le défi principal résidait dans le fait que nous n’étions autorisés à nous servir que d’un harpon – erronément appelé sling hawaiienne – d’une longueur maximale de deux pieds, ce qui exigeait que nous approchions nos mains nues dangereusement proche de notre proie.
La sling hawaiienne est un petit trident auquel est attaché à son extrémité un élastique chirurgical. L’élastique est enfilé autour du pouce et il est bandé jusqu’à ce que la main puisse agripper la base du trident. Lorsque la poigne est relâchée, le trident est projeté vers l’avant par la force de l’élastique avec suffisamment de force pour transpercer un poisson de taille moyenne. Dans nombre de vidéos incluant celui ci-haut, les plongeurs sont munis d’une sling avec un long manche, ce qui établit plus de distance entre eux et leur proie et leur permet l’utilisation d’un plus long élastique pour une puissance accrue. En vertu des règlements en place pour limiter la pêche sur l’île d’Utila, nous étions limités à un harpon de deux pieds et des mains sans protection, le port de gants étant lui aussi interdit.
Le stockage du poisson lion harponné présente lui aussi un défi. Il n’est pas possible de se servir d’un simple sac de maille tissée, car ses dards pointus présentent encore un danger pour quelques temps après le décès. Il existe des contenants adaptés, mais pas de Fedex ni d’UPS sur l’île, alors nous devions faire avec les moyens du bord, soit des tuyaux de PVC bouchés aux deux extrémités. Pendant qu’un plongeur s’occupait du harponnage, son compagnon devait tenir le réceptacle en prenant garde de ne pas toucher ses embouts troués.
Une fois à bon port avec les prises de la journée, tous les spécimens étaient mesurés pour fin de statistiques et ensuite filetés pour le ceviche du soir. Les abats, eux, étaient répandus dans les alentours en espérant qu’il vienne à un prédateur plus adapté qu’un humain à la vie aquatique l’aspiration de détrôner le poisson lion comme roi du récif.
En conclusion
Que les premiers spécimens soient arrivés par bateau ou relâchés par un propriétaire d’aquarium qui voulait leur donner une seconde chance plutôt que de les tuer, ce n’est qu’une triste conséquence d’un manque de jugement de notre part. Il n’y a pas eu malice ou de grossière négligence de la part de personne. Je ne sais pas si globalement, les efforts pour endiguer la progression de l’espèce portent fruit. Localement par contre, sur plusieurs îles que j’ai fréquenté, la communauté des plongeurs et les habitants se sont mobilisés pour contrer l’envahisseur, car vivant de pêche de subsistance ou de l’éco-tourisme, leur source de revenus ou nourriture en dépend. Il s’organise des « lion fish derby », où tous se rassemblent un après-midi pour aller chasser sur les récifs. L’évolution des populations est suivie par des biologistes et les autorités locales et lors de plongées avec des clients, nous apportions souvent notre équipement de chasse au cas où nous rencontrerions un Pterois. Bien que faisant face à d’autres menaces, les récifs autour de ces îles s’étaient généralement affranchis de celle du poisson lion, grâce aux efforts concertés des différentes parties prenantes. Ailleurs par contre, l’ampleur des dégâts est difficile à juger. Cela peut sembler paradoxal, mais désormais, la santé de ces écosystèmes fragiles dépend en grande partie de celui qui les a mis en danger en premier lieu: l’homme.
My time on Utila was split in two chapters. Chapter one, spent with my cousins, was obviously about diving, but also about (responsible) debauchery and good family fun. Chapter two however, was to be about the slightly more serious sport of tec diving. Tec diving is diving beyond recreational limits. Within those limits, should whatever happen, you can always come up to the surface with very little risks of developing decompression illness (DCI). In tec diving, if something goes wrong down there, coming up to the surface is often not an option and if it is, DCI is to be expected. In short, a screw up can very likely either kill you or send you directly to the hyperbaric chamber ($$$$).
Well, I’m making this sound like risky business and it is, but while it will never be as harmless as recreational diving – and the tec diving manual really insists on that fact – it can be made pretty safe with good training, experience and equipment. I’m saying this in retrospect, everyone you meet (that is not a tec diver) and everything you read make the sport look like pure madness but in reality it’s nowhere as bad as it sounds and just like any other extreme sport, most casualties arise from human stupidity (not errors: careless risk-taking). It’s like skydiving in a way (albeit a lot more complex), where the gear and the procedures have been optimized to the maximum and very rarely become a failure point in chain of events leading to accidents. But just as in skydiving, error chains are short; few mistakes can get you killed whereas in recreational diving, you’d have to get a lot of things wrong before you become a casualty. Understandably, equipment and procedures in tec diving are much more complicated than in recreational diving. Since surfacing is not an option, everything is redundant (you even have a second mask). In order to make the dive feasible, you also carry multiple gas mixes (typically air, pure oxygen and enriched air) so that’s two other tanks strapped to your sides on top of the two you already have on your back. All in all a lot of equipment and a lot of room for mistakes as switching to the wrong gas at the wrong depth could lead to convulsing underwater and drowning. Planning and preparing the dive is also an integral part of tec diving. Where in normal diving you generally just don you kit and go under, in tec diving the planning part is generally just as long if not more than the actual dive itself. You have to plan you decompression stops on your way up (3 minutes at 24m … 6 minutes at 9m … 15 minutes at 5m, etc.) and you also have to plan for contingencies such as going too deep, staying too long, loosing decompression gases and so on. Last consideration but not the least, it’s very expensive. The course itself was 1400$US for 9 days of training and single tec dives generally hover around double what two recreational dive will cost you, making an already very expensive hobby even more costly.
So, why taking up tec diving if it’s more dangerous, more expensive more complicated and overall less enjoyable than recreational diving? There are a couple of reasons. First, the thrill of knowing that I’m 50 meters deep, that coming up to the surfaces would injure or kill me, but that I’m kept safe by equipment, training and experience and that whatever happens I’ll be ready and capable of handling it. Very intellectual I know… Second, it has made me a much better diver overall giving me in depth (pun-intended) knowledge of what happens and what’s involved when you go beyond the no decompression limit. Third, it’s a challenge. Not that I have a lot of experience in diving in general, but I’ve done enough of it so that going underwater on a normal dive, while fun, isn’t such a thrill anymore. Fourth, it give you access to dive sites that are normally out of bound for recreational divers. Since you can go deeper and stay there for a longer time, there’s more you can explore.
On a training dive
Those are the reasons why I enrolled myself in a 9 days tec diving course with UDC on Utila. I should also add that I did not foresee any other time where I could do it in the coming years. I was traveling alone, had plenty of time, was on Utila (where the diving it cheap and good) and without my girlfriend, who incidentally is not into diving. Even if it will very likely be another couple of years before I get to go tec diving again, the conditions where too good for me to skip on the opportunity. I had a couple of days in between the beginning of the course and my cousins leaving, which I spent diving with the crew at BICD. When the course started however, the better part of my days were spent over at UDC. The program was divided into three parts TEC40, TEC45 and TEC50 which you guessed were the depth limits the course would certify you to but there were also other restrictions. I had to go through a 300 pages manual before showing up for actual instruction so there was a lot of theory review before we even went in the water and when we got wet, the first couple of dives where done shallow to practice special procedures and emergency drills. It was only the last dives of each part that were decompression dives.
At 45m
TEC40 involved a dive at 40 meters but decompression could not be longer than 10 minutes and we were not allowed to carry gas blends of over 50% oxygen and also not allow to use them for accelerated decompression. TEC45 removed those limits and down we went to 45m with 50% and 100% oxygen (on top of the two air tanks on our backs) to make decompression faster. TEC50 took us (me and my instructor) to 50 meters with again 50% and 100% oxygen strapped to our sides. As mentioned earlier, the oxygen tanks are there to make decompression (coming up from the dive) faster but in our planning, we carry enough air on our primary tanks to complete the full dive plus the decompression on that gas only. To give you an idea, a 22 minutes dive at 50 meters requires about 40 minutes of decompression and ascent using pure oxygen and 50%. On air only, you’d be doubling that time and spending two hours underwater. I’m aware that not many people will share my excitment, but trust me, it was thrilling. I was alone with Scott, my instructor for the whole duration of the formation. He event showed how to do gas blending. It’s like I had to relearn diving all over again; every dive was a blast.
Scott in the front of the bow of the Odyssey
On top of the dives mandated by the tec diving course itself, I ended up doing three other tec dives. The first two were done on a day trip (an hour and half west of Utila) to the wrecks of Roatán and the third one I’ll get to later. Roatán is the largest of the Bay Islands and the more visited one. It has resorts, fancy hotels and is geared toward more conventional tourism while Utila caters to the backpackers both in budget and vibe. The diving, while good in Utila, is generally regarded as being better on Roatán, with larger and more abundant wildlife. Wrecks follow the same pattern. Utila has the Haliburton, a 100 feet freighter stripped and sunk to 30 meters to provide a playground for divers but Roatán has the Aguila and the Odyssey, which are slightly deeper (35 meters) and much larger ships. Visiting those two wrecks is entirely feasible in recreational diving configurations and that’s what the vast majority of people do but contrary to the Haliburton on Utila, you get to enjoy them a lot more if you are tec diving. Where other divers could only spend about 5 minutes at the bottom, Scott, Jake and I got to tour around for a good 25 minutes. On the Aguila, we even went inside the superstructure, spent a bit of time visiting the engine room and them made our way up the next floor before exiting though a door. Being around wrecks underwater, already an eerie feeling, gets even better once you get inside them. The lighting, the atmosphere, the marine life, the fact that you brain thinks your horizontal but your not since the wreck is not sitting upright all make for an out of this world experience. The two dives only took us to 35 meters, but since we spent so much time, it took us about 40 minutes to come back up. Once we were done with the diving, the boat docked to the island, we all went for a meal at a restaurant and on the way back to Utila, got into drinking games on the boats.
Posing in front of the AguilaAt Dr. John’s
That night was Pancho’s going away party so I sobered up for two hours before going at it again with the BICD bunch. I went to bet a 4h30 am. Having woken up at 5 am to go to Roatán, I had almost made it round the clock. Tiring but worth it. While with my cousins, I had a more difficult time finding a connection with the people at BICD but once they were gone, the onus was entirely on me to get out there and be sociable so quickly I befriended most of them and got into the gang. The same scenario had occurred when I had visited Utila in 2013, where I had landed among people who had already been together for a couple of weeks. For the first few days, I felt sort of outcast but pretty soon (after a couple of drunken sessions) I was granted a place in the family. Relationship you have with other travelers tend to be short-lived and sort of disposable, but there on that island you spend enough time together to start building meaningful connections. One that I’ll commit to writing is with Jennifer, an English girl I ended up doing a lot of diving with to a point where she would call me her favorite dive buddy. Another one is with Jennah and Blake, an Australian-American couple with whom I had loads of fun.
The day before my departure was spent doing the very last dive of the TEC 50 course in the morning and planning tomorrow’s tec dive with Bob at BICD. There were only two certified tec divers divers at BICD, Nick and Bob and some brand new equipment for a course that they were supposed to set up. Nick, being the course director, was busy with teaching but Bob was more than willing to go on a tec dive. We spent the better part of the afternoon putting together our rigs, doing gas planning an filling bottles. When evening came, I went out for a couple drinks and got to bed quite early for a last night on the island, but I wanted to be in shape. In the morning, the weather was favorable so we made it to the North side. Bob and I were in the water quickly and thankfully got down without any problem. Thankfully I had to specify because there I was breaking an important rule of tec diving, which is not to do a tec dive in equipment you are not familiar with: you try it in shallow water first. The gear was brand new and top notch and the descent was fine, but as soon as we hit 50m, I got into a bit of trouble with my attitude as the wings were too large and air would shift to one side when leaning which made staying horizontal a pain. Restricting my movements did the trick, but it’s certainly something I should have figured out on a shallower dive.
I was not the only one breaking rules that day though. On reaching the edge of the wall during descent, I could see streams of bubbles coming up from divers who were already down there, which I thought was odd because I was certain we had gotten under first and there were no other boats in the vicinity. A few minutes later, while we were at 50m, I spotted a string of dead lionfish below us. Passed the corner, I signaled to Bob that there were to other divers in the distance at around 65m. On closer inspections, I noticed they were only wearing standard scuba equipment. They were on their way up and kicking frantically to get away from us and reach shallower depths as soon as possible. Later on on the boat, Bob confessed to me that it was two other instructors that had sneaked on a dive by themselves to go spear some lionfish, which in and of itself is glamorous thing to do but certainly not worth putting your life in danger over. At 65m, you only get a couple of minutes of no decompression time and that’s if you get catapulted there. Realistically, there is no way to reach that depth and come back up maintaining a safe ascent rate on no deco limits so they certainly had to do a bit of decompression on the way up, which is bad and strictly forbidden in recreational diving. Still, a good diver will certainly manage that on a single tank, but what’s worse is that at 65m on air, you are under sever nitrogen narcosis, air is toxic at this depth and can trigger convulsions with no warning but the one thing that puts you mostly at risk is equipment failure, which at 65m, will likely get you killed. That’s why in tec diving, we dive with full redundancy and large gas reserves. With none of those safeguards and backups, the slightest malfunction may very well end up being fatal for you and your buddy (who will most likely try to assist and get in trouble as well). A regulator free flow at this depth will empty your bottle in two minutes, that’s not nearly enough time to do decompression reach the surface. I knew they could loose their jobs over this so I kept quiet as they were only endangering themselves.
Back to Bob and I’s dive. At the planned time, we started ascent, did all our decompression stops by the book (or the tables should I say). Since the reef was deep on the site, we at to do the 5m stop (the longest) hovering in mid water, which made it quite a bit harder (and boring) since we could only use our gauges for reference. After an elapsed time of more than 70 minutes we emerged. Both happy and (mentally) tired, we fist bumped for a dive well done and climbed back on the boat where the rest of the normal divers had been waiting for us. They could go do another dive but since it’s advised to leave 2 hours between tec dives, we had to sit the next one out, which I took as an opportunity to take a nap. Back on shore, Bob kindly offered to take care of the equipment so I bid farewell to everyone, scrambled to my room to pack my things, went for some last baleadas and got on the ferry.
At 50m
Leaving Utila was again sort of heartbreaking. However, I was eager to come back home, start school, see my girlfriend and get back to life as normal. On the ferry, I met up with Eoin, whom I had met at UDC some days earlier and we tagged along all the way to San Pedro Sula and the next morning shared a ride to the airport. My flight back to Montreal made me connect through Atlanta for a good 12 hours and then New-York. With an open traveler’s mind, I took it as an opportunity to do a bit more tourism and got out of the airport and caught a train downtown to check out the city. Atlanta did no seem like much though I had a bit of fun walking among the hordes of disguised people that invaded the downtown core after DragonCon. Later after my walk, I settled at a bar for a couple of drinks and sparked incomprehension when I told the bar tenders I was from Canada. “Why would you come to Atlanta?” they asked me and on arriving back the airport around 3am and reminiscing through my evening that’s exactly what I thought: there did not seem to be much to this city. To be fair, I won’t make a proper opinion until I get to spend a couple days there and properly experience it, but my first impressions were leaning rather towards the negative side.
Not wanting to end on that note though, I will recapitulate the objectives of this five week trip in Central-America, which were to see a bit of El Salvador, mainland Honduras, binge dive and do my tec diving course. By that metric, this vacation was a resounding success, with my favorite parts being El Salvador and obviously the technical diving. As for the rest, I think I’m getting too much used to backpacking around and have gotten too accustomed to the feeling and the highs it’s supposed to provide. Consequently, I think I’ll make the next adventure more adventure/goal oriented (read motorcycle) and/or travel more exotic routes. One thing that did struck me however was how mentally rested I was went I landed back in Montreal. During the last five weeks, I had completely disconnected from my life here and it even went to a point where I was eagerly counting the days until my flight back.
Such emptiness… being in airports at night is spooky!