Et voilà, c’est fait. Notre objectif était de faire voyager notre petit véhicule et nos deux grandes personnes de Montréal à Ushuaïa, la ville la plus au Sud du monde. Et nous avons réussi. Pas que nous en doutions, mais bon, nous partions avec un véhicule de 2005 et près de 200 000 kilomètres au compteur, le risque de ne pas se rendre n’était donc pas simplement théorique.
La côte argentine – 3 au 8 janvier
La distance entre Buenos Aires et Ushuaïa est… d’un peu plus de 3000 kilomètres…! Et laissez-moi vous dire que de la pampa, y’en a. C’est donc très désertique, où le paysage se déroule continuellement sous les mêmes couleurs, parsemé d’émeus et de Guanacos en quantité niveau “écureuils au Québec”. Le moment est presque méditatif, jusqu’à ce que tranquillement le sable et les courts bosquets secs soient remplacés par les arbres verts et les montagnes tressées de petits ruisseaux.
Quelques animaux marins se dorent sous le soleil et un puissant 40 degrés
Pinguinos
Toujours de beaux spots
Éviter le vent côtier
Peu stressé
Ushuaïa et le parc national de la Tierra del Fuego – 8 au 15 janvier
Nous nous trouvons, encore au moment où j’envoie ces lignes, dans l’archipel de la Tierra del fuego, la Terre de feu, que ses habitants semblent aimer avec une forte fierté. Les Fueguinos vivent d’air pur et de fleurs le temps de quelques semaines estivales, sinon ils s’abreuvent de vent, de pluie et de neige, dans ce que tous ces éléments peuvent créer de plus beau. Depuis notre arrivée, nous en profitons donc pour randonner dans les bois et sur la côte, et pour camper sous la protection des montagnes et le regard des divers animaux. Nous côtoyons des endroits mythiques, comme le détroit de Magellan ou le Canal Beagle. Et comme le laisse présager le surnom de la ville d’Ushuaïa, “La fin del Mundo”, il est vrai qu’elle suscite ce sentiment d’aventure, d’avoir abouti, d’avoir complété une traversée. Ce n’est pas pour rien qu’elle est aussi l’objectif de nombre de voyageurs sur roues, allant des cyclistes aux grands VR, en passant par les motocyclistes.
Photo classique… on ne peut faire autrement!
Une autre frontière, que nous n’avions pas prévue..!
Le camping dans le parc national de la terre de feu est magique, magnifique: les chevaux sauvages se promènent librement, la matin peu apporter des sommets fraichement enneigés, et le bruit de la rivière nous aura accompagné comme une douce berceuse.
Prochaine étape
Alors, que fait-on lorsque l’on atteint un objectif? On célèbre, certes, mais est-ce que l’on se perd dans une mer de désoeuvrement? Nous avons trouvé une solution rusée afin d’éviter cette triste transition….! Nous avons donc modifié ce que l’on interprétait comme “se rendre le plus au Sud possible”. Pour ce faire, nous devons toutefois laisser notre fidèle voiture derrière afin d’embarquer sur un navire qui prendra la relève. Car celui-ci devra nous faire voyager par delà le détroit de Drake (ou passage de Drake). Ce dernier, d’une longueur d’environ 1000 kilomètres, est la plus courte distance qui peut relier la terre ferme et… l’Antarctique!
Si le passage de Drake est le plus court, il est aussi fameusement reconnu pour son agitation, causée notamment par la rencontre entre les océans Pacifique et Atlantique, combinée à la baisse des températures vers l’océan Austral. Le courant circumpolaire antarctique vient ajouter sa puissance à la recette, avec ses 150 millions de mètres cubes par seconde, faisant de lui le courant marin au plus grand volume au monde. Et n’oublions pas les vents d’Ouest : on dit que les vent en deça du 40e parallèle sont rugissants, du 50e hurlants et du 60e, déferlants… ça promet! Mais à chaque lecture que je fais, on parle de rite de passage, de traversée légendaire, d’aventure qui permet de gagner son droit à poser le pied sur le continent. Dans tous les cas, on ne pourra qu’être servis en excitation face à cette grandiose expédition!!
Nous quittons aujourd’hui même (OH MY!!), pour un retour le 24 janvier. Nous ramènerons photos, expériences, et sûrement une quantité d’anecdotes pas possibles à raconter!
Ce fut un relatif changement de traverser de la Bolivie vers le Chili. Certains aspects demeurent partagés, comme l’utilisation de briques rouges pour les maisons en région, ou l’aspect désertique. L’oeil conserve donc certains repères. Toutefois, de petits détails nous laissent comprendre que nous entrons en territoire moins surprenant. Les routes sont bien entretenues, l’eau est potable, les infrastructures sont bien développées… notre capacité d’adaptation sera possiblement moins sollicitée à partir de maintenant, quitte à nous surprendre moins souvent. Au quotidien, on cherche parfois à se laisser surprendre le moins souvent possible, alors on planifie, on calcule, on prévoit… on vit partiellement à l’avance ce que l’on place dans notre horaire. Bien des avantages viennent avec cela, mais l’effet de surprise relégué au second plan nous fait également perdre des opportunités. Opprtunités d’émerveillement, de bonheur pur, de satisfaction complète. Ainsi, bien qu’un relatif soulagement vienne avec la facilité, nous devions aborder les prochaines semaines et mois avec attention afin de protéger cet équilibre entre rassurance et surprise.
Voici donc ce nous avons fait:
Chile
Le Nord et la côte chilienne – Camping le 24 et 25 novembre et Caleta Chañaral du 26 au 28 novembre
Sur notre route, nous avons passé rapidement San Pedro de Atacama, dans le Nord du pays. C’est en fait une petite bourgade, toute de blanc revêtue, qui accueille avec grand plaisir pas mal de touristes. Ici donc, on vient pour marcher et voir le désert, et se retrouver entre jeunes autour d’une pizza et d’une bière. Nous n’y sommes pas restés, notre attrait étant surtout orienté vers la Vallée de la lune, un parc stupéfiant par ses points de vue arides mais chaleureux.
Quelques centaines de kilomètres plus bas, sur le côte du Pacifique
Sur la côte, nous avons surtout profité du temps magnifique, du vent et des couchers de soleil. Un peu de plongée aussi.
Valparaiso (28 nov) et Santiago, Chile (29 nov au 5 décembre
Cette région me semblait fougueusement punk… drôle à dire comme première impression…! Surtout du côté de Valparaiso. Il y a une effervescence culturelle, une diversité vestimentaire, qui est souvent l’un des premiers moyens de communication d’une personne. Les rues sont animées par plein de jeunes, ce qui me donnait l’impression que la ville s’ouvrait à la vie et aux échanges.
Valparaiso
Santiago
Une autre belle vue d’un autre bel appartement… quelle chance.
C’est à Santiago que les parents d’Antoine sont venus nous rejoindre pour participer à notre road trip. Ils sont restés avec nous jusqu’à Buenos Aires, notre obejctif à quatre.
Argentina
C’était donc une courte incursion au Chile, pays auquel nous disions au revoir afin de suivre notre périple vers Buenos Aires. Mais sur le chemin, de nombreux endroits allaient nous arrêter afin que l’on puisse apprivoiser et savourer l’Argentine. Apprivoiser, parce que bon, faut bien s’habituer à souper à 22h… et savourer, parce que bon, les parillas (grillades) et le Malbec.
Uspallata – 5 décembre
Nous avons fait une petit arrêt dans cette région de villégiature locale : camping et petits chalets sont à l’honneur!
Sur notre chemin, entre Santiago et Uspallata
Vallée de Uco – 6 décembre
Une autre petite pause dans une région vinicole pour… se reposer en campagne et goûter le Malbec, très prédominant dans la région.
Mendoza , Argentina – 7 au 9 décembre
Nous avons beaucoup aimé l’ambiance de la ville, son caractère et ses belles grandes rues couvertes, mais nous n’avons que peu de photo… Faudra vous y déplacer pour en savoir plus!
Villa San Agustin – 9 au 11 décembre
À ce moment, nous sommes remontés un peu vers le Nord et quelques parcs nationaux du coin : Talampaya et Ischigualasto. Nous avons finalement visité le premier seulement. Mais quelle beauté…!
Cordoba – 11 au 14 décembre
Cette ville était présentée par notre guide comme étant souvent « délaissée » par les touristes. Peut-être parce qu’elle est avant tout un pôle industriel et commercial, autant qu’universitaire, et que les gens lui préfèrent Mendoza ou Buenos Aires. Choisir c’est renoncer, comme on dit. De notre côté, vu notre déplacement en voiture, nous passions nécessairement par là, ce qui ne pouvait que me plaire. L’ambiance allie quotidien naturel et animation, nous permettant de goûter à sa réalité tout en profitant de promenades sur le bord de la rivière, sous le couvert des arbres.
Nous avons aussi fait un petit croche par Alta Gracia, petite ville pas très loin, notamment afin de visiter la maison d’enfance de Che Guevara.
Buenos Aires – 14 décembre au 3 janvier
J’ai un nouveau coup de coeur… J’adore tellement de villes partout sur Terre, et celle-ci est la petite dernière. Un oncle d’Antoine y est venu de façon régulière durant plusieurs années et je peux certes comprendre son attrait. Cette ville se vit, se mange, se boit, s’écoute, se danse… Nous y serons restés un bon trois semaines, au final, et en aucun cas nous ne nous sommes ennuyés. Jamais une petite miette. Elle est belle, elle séduit et envoûte, par son offre culturelle, ses charmantes rues où les quartiers rivalisent pour attirer. Nous avons marché dans tous les sens et avons profité des terrasses, bistros et restaurants de grillades. Nous en sommes ressortis essoufflés, je dois dire, car la ville n’arrête jamais!
Et bien. Les publications se suivent et se ressemblent. Pas nécessairement sur le contenu et les lieux que l’on ajoute à nos carnets de voyage, mais surtout sur le retard d’écriture qui les accompagne..! Car oui, je vais maintenant vous raconter ce que l’on a vu il y a un mois et demi… Au cours du mois de décembre, nous avons reçu la visite des parents d’Antoine, puis le temps des Fêtes est arrivé. C’est donc sans aucune gêne que je n’ai pas respecté ma promesse d’écrire rapidement..! Faut bien se permettre des écarts quand on écrit pour le plaisir, pour partager et pour broder notre mémoire de certains détails forts.
La Paz – 11 au 17 novembre
En quittant le Pérou, nous avons fait plusieurs kilomètres dans l’Altiplano, cette vaste plaine qui s’étend sur environ 1500 kilomètres. Elle débute au Pérou justement, traverse la Bolivie et descend jusqu’au Chili et à l’Argentine. Cette plaine est en altitude (en moyenne 3800 mètres). En y roulant, on croise donc beaucoup d’herbes de la Pampa, quelques villages et du bétail. A un moment, la densification urbaine se fait sentir, mais nous ne voyons que les maisons de briques collées se multiplier devant nos yeux jusqu’à des pics montagneux au loin. Et soudainement, la plaine laisse place à un immense creux, entre elle et les montagnes. Comme si la terre avait fondu pour retourner vers son noyau, et partout la surface est recouvertes de maisons et d’immeubles. Et la ville n’est pas de tout repos, car de multiples collinettes jalonnent son fond et ses parois, essoufflant tant les marcheurs que les voitures. Car tous deux sont touchés par la pente en altitude! Une solution est clairement présente, soit le transport en commun. D’une part, une quantité surprenante de vagonettes à une dizaine de passagers déplace les gens du nord au sud, et du fond à la surface. En plus, un réseau de téléphériques que je comparerais au métro de Montréal dans son étendue, joint l’utile à l’agréable.
Aucun espace ne se perd…
La Paz est un mélange entre Medellín et l’Inde: l’enveloppe architecturale rappelle cette magnifique ville de Colombie, alors que l’effervescence et la densité de population rappelle l’Inde. Lors d’une journée de marche, nous sommes remontés par téléphérique vers les hauteurs, appelées El Alto, afin d’en faire un petit tour sur son bord pour redescendre à pied vers le centre de la ville. Et bien, nous nous sommes retrouvés dans un marché, qui aura grignoté des kilomètres et des kilomètres de rues. Ici, vous pouvez tout trouver. Nourriture, vêtements, pièces de voiture, tout. Neuf ou usagé. Et ce qui donne une couleur, ma foi, colorée… ce sont les cholitas. Depuis plusieurs pays nous croisons des femmes dignes, parées pour de grands événements même pour aller au champs, mais ici, on a rajouté une couche. Littéralement, car les femmes, surnommées cholitas, portent plusieurs couches de tissus en guise de jupe, accentuant de façon artificielle la courbe de leurs hanches. Un symbole de fertilité, qui leur est parfois difficile de faire passer entre deux tables. Ces jupes bouffantes auraient apparemment été, selon notre guide, adoptées par les femmes autochtones en modèle des Espagnoles qui arrivaient par bateau à l’époque de la colonisation, avec leurs amples robes de la Renaissance. Leur chapeau melon viendrait également de cette colonisation. Ces femmes ont longtemps été stigmatisées, mais ce terme qui était initialement péjoratif est maintenant un symbole de fierté et d’affirmation. Elle embrassent tous ces symboles, qui sont ironiquement intimement liés au passé colonial de la région.
Impossible de ne pas trouver sa couleur de jupe.
Patates séchées
Des foetus de lamas (morts naturelles), utilisés comme offrandes à Pachamama lors de la construction d’un maison.
Sucre – 17 au 19 novembre
Cette ville, aussi blanche et douce que son nom, semble un peu en parallèle du reste du pays. Elle est officiellement la capitale du pays, même si absolument tout est plutôt à La Paz, y compris les autorités juridiques, législatives et exécutives. Mais on y trouve une ville jeune et dynamique. Elle se présente bien à ceux qui viennent la voir, comme un petit espace de calme.
Potosi – 19 au 21 novembre
Cette ville fut un jour la plus peuplée et la plus riche de l’Amérique du Sud, grâce à ses mines. Avant l’époque coloniale, les peuples habitant la région respectaient la montagne, sans y toucher, par croyance. Peut-être parce qu’elle regorgeait de galettes d’argent pur, et que leur seule vision sortait de l’ordinaire. Les yeux des Espagnols aussi se sont illuminés à cette vue, sans toutefois faire résonner les mêmes cordes : la foi en la divinité de la richesse plutôt que celle en une divinité de la nature. Ils en ont donc ramené une quantité importante en Espagne. De nos jours, les mines fonctionnent encore, mais bien sûr le travail est plus ardu parce que l’argent et les autres minéraux sont plus diffus dans la roche. On ne récolte donc plus l’argent comme si on se coupait une tranche de fromage.
Parlant de ce travail ardu… l’un des attraits de cette ville pour les touristes est la visite des mines. Sinon, c’est une ville qui ne sort pas nécessairement de l’ordinaire, qui se couche tôt, et qui offre peu (ou pas) d’activités en nature dans ses alentours. Et cette fameuse activité suscite parfois des débats moraux. Même Antoine et moi avons eu ce débat entre nous. Car les conditions de travail sont dangereuses et, selon ce que l’on nous a souligné, l’espérance de vie d’un mineur est d’environ 45-55 ans, notamment vu la fréquence des décès dû à une silicose. Cette maladie pulmonaire incurable est causée par l’inhalation de particules fines de silice sur une longue période. Donc. Même en connaissant ces enjeux depuis des décennies, les hommes continuent de choisir ce métier. J’utilise le verbe choisir, mais j’aimerais tout de même demander… s’agit-il d’un véritable choix? Pour plusieurs, j’en doute. Dans tous les cas, environ 14 000 hommes minent la montagne (et quelques unes autour) contre une rémunération considérée comme étant plus élevée que plusieurs autres. Certains d’entre eux, notamment ceux qui apprenent l’anglais, ont donc la possibilité de devenir guide de mine. Au lieu de travailler 12 heures consécutives, ils font donc des petites entrées de 2h à la fois, pour peut-être 2 ou 3 entrées maximum par jour. C’est donc un emploi avec des salaires plus élevées et des heures de travail moins élevées. Je balançais donc entre ma volonté de voir, de connaître, de me sensibiliser. Car tout ce que je lisais à ce sujet revenait à un aspect central: les voyageurs soulignaient à quel point l’expérience les a complètement chamboulés, puisqu’elle vous amène dans les profondeurs sombres de la réalités d’humains qui partagent la même planète que nous, mais n’ont peut-être pas tiré une paille de la même longueur. Pour plusieurs, l’expérience était saisissante de prise de conscience. D’un autre côté, même si cet intérêt de connaître et comprendre était fort (intérêt que certains appelleraient une curiosité morbide), j’avais de la difficulté avec le fait de participer à une industrie qui occasionne des enjeux de santé. J’ai donc décidé de ne pas y aller. Antoine y est allé, il vous fera par ailleurs le récit de son expérience plus tard. Dans tous les cas, au cours des dernières années, j’ai souvent entendu parler de tourisme noir, ou tourisme de catastrophe, ou encore tourisme de désolation. Plusieurs personnes le dénoncent, par ailleurs, considérant que c’est une forme d’exploitation de la souffrance, de la tristesse, du sort que d’autres personnes portent. Je me permettrais respectueusement d’être en désaccord. Tout d’abord, plusieurs de ces sites permettent un exercice de mémoire, trop important dans notre monde économique, politique, social et scientifique. Nous devons nous rappeler les erreurs que nous avons commises, au nom de la patrie, par inadvertance crasse, ou appât du gain. Car ces erreurs, même si elles sont liées à un gouvernement, à une équipe scientifique ou à une organisation, elles sont portées par l’Humanité toute entière. (Vous pouvez aller lire l’article du blog écrit à la suite de notre visite de Tchernobyl, en 2017, qui parle justement de cette notion de tourisme vs voyeurisme)
J’ai toutefois visité une usine de transformation du minerai, avant qu’il soit envoyé dans des usines métallurgiques pour leur transformation finale (surtout au Chili). La professionnelle RH en moi n’a pas été impressionnée par les outils de prévention mis en place…. Les seules personnes portant le casque et le gilet de sécurité étaient… nous. Et les machines, ciel, les machines… J’ai repensé au travail et à nos diverses politiques et programmes : qui aurait pu penser que des termes SST comme SIMDUT, cadenassage et EPI m’accompagneraient jusqu’ici…
La montagne argentée, encore minée à ce jour.Vue de notre hostel
Uyuni – 21 au 23 novembre
Cet endroit est probabement l’un des plus visité, celui qui fascine les voyageurs de tous types. Une immense étendue de… sel. À perte de vue, parfois recouverte d’une légère couche d’eau la rendant aussi réflective qu’un miroir, selon la saison. Il est vrai que de se promener des heures dans un véhicule qui fend le vent où l’on ne peut que contempler une autre merveille créative de la Terre, ne peut qu’être méditatif.
Cimetière de trains
Le sport de l’endroit : le selfie
L’heure du goûter
Unne petite île aux cactus
En quittant, vive les flamands roses
Un pays qui touche, qui empreigne
Au final, la Bolivie m’aura laissé une impression forte. De résilience, de culture assumée, de contradictions parfois inévitables. Un pays coincé par son manque de devises et de combustible, mais nourri par la force de caractère de ses peuples.
Nous n’avons vu qu’une petite portion de ce grand pays…
La suite… où sommes-nous?
En quittant la Bolivie, nous sommes entrés au Chili, où nous avons rejoint les parents d’Antoine à Santiago. Puis, ensemble nous avons traversé vers l’Argentine jusqu’à Buenos Aires, où Antoine et moi avons passé le temps des fêtes, avec des amis rencontrés en voyage à quelques reprises au cours des derniers mois. Nous avons depuis quitté la ville pour descendre jusqu’à notre objectif final, Ushuaïa!! Nous devrions y arriver ce soir, pouvez-vous y croire?? Je ne suis même pas certaine que j’y crois… Et vous êtes quelques-uns à nous avoir informés des incendies et évacuations récentes en Patagonie. Nous n’en avons pas vues jusqu’à maintenant, mais nous gardons en effet un oeil sur le tout puisque nous sommes supposés passer par là où les 3000 évacuations ont eu lieu (d’ici 2 à 4 semaines, selon les choix que nous ferons au cours des prochains jours). Nous demeurons donc informés et vous tenons au courant!
Ici, je vous partage nos dernières aventures dans le magnifique pays del Perú. En retard, certes, puisque nous sommes actuellement à Santiago de Chile! Et entre les deux pays nous avons également traversé la Bolivie… puisque nous traversons bientot vers l’Argentine, je vais au moins essayer de conserver un maximum de 2 pays de retard..! L’exercice d’écriture demeure tout de même une portion intéressante du périple car, en plus de tenir au courant ceux qui souhaitaient nous suivre, cela me permet également de me remémorer le périple, et de réfléchir sur ce qui nous a touché.
Arequipa – 5 au 8 novembre
Cette ville, considérée parfois comme la petite sœur de Cuzco pour sa beauté, fut somme toute agréable. À mon sens, c’est surtout une ville facile et confortable, sans peut-être l’éclat ou la fascination que peut dégager sa grande sœur. Une des surprises que j’ai eue fut toutefois le couvent de Santa Catalina. Ayant initialement été ouvert au 16e siècle afin d’accueillir jeunes filles riches et veuves toutes aussi riches, il est le plus grand du monde (2 hectares). Je parle du statut financier de ses premières occupantes, simplement parce que plusieurs d’entre elles achetaient en effet un appartement, pour ainsi dire, dans le couvent. Elles vivaient donc cloîtrées, mais en paix, et certaines possédaient quelques pièces et avaient plusieurs serviteurs à leur service. On dit également que certains événements mondains étaient organisés, divertissant ainsi les résidentes du couvent et leurs invités de marque. Un cloître avec une paroi de dentelle par endroit, donc. Il en résulte une collection de chambres, de cuisines, de petits jardins, de grandes salles, qui vient en fait à en faire un petit village. Le couvent aura toutefois été réformé au 19e siècle, le pape envoyant une religieuse stricte afin de réordonner un peu le quotidien des soeurs. Sa façon de faire parvenir un message que l’on pourrait traduire par “là, ça va faire”. Ainsi, fini les esclaves, le personnel et les festivités. Les sœurs sont restées cloîtrées jusqu’aux années 70 ou 80 du 20e siècle.
En voyage, visiter les lieux de culte est souvent l’un des moments forts, peu importe le pays. Les édifices sont grandioses, l’attention mise à la décoration et aux objets est souvent minutieuse, et le seul fait de s’y retrouver invite au calme et à la méditation. Je me suis donc donné comme objectif de poser le pied dans chaque pièce nous étant accessible, ce que j’ai en effet réussi sans aucun problème. Il faut tout de même garder en tête que l’écrasante majorité du territoire du monastère est seulement utilisé pour les visites du public, les quelques sœurs restantes étant logées dans le seul édifice apparement récent dans l’enceinte. Ce n’est donc pas le présent que l’on visite mais bien le passé, et beaucoup de temps et d’argent ont été mis à la restauration du site. N’empêche, que cela demeure possible en 2025 parle de l’importance historique de l’endroit. Et je l’avoue, j’ai complètement perdu le contrôle sur le nombre de photos…
Couvent Santa Catalina
Canyon de Colca – 8 au 10 novembre
Entre Arequipa et le Lac Titicaca, nous avons repris un peu de hauteur afin d’aller voir, spécifiquement, ce canyon, dont les mérites nous ont été vantés. Déjà la beauté époustouflante apportée par le plus profond canyon au monde (maintenant détrôné par un petit voisin au pays). Et en plus, la chance d’apercevoir des condors. Chance dont nous avons profité, pour le plus grand plaisir de nos yeux. Car oui, bien que ce soit un animal choyé et vénéré des peuples andins, c’est aussi un volatile plus que gracieux, qui glisse sur les courants d’air comme s’il possédait les environs.
Subtil…
Encore du beau camping pour se rendre au canyon
Lac Titicaca (ville de Puno) – 10 au 11 novembre
Alors, cette immense étendue d’eau navigable, la plus élevée au monde, nous aura accueillie une soirée. Le lac, en fait, est traversé par la frontière partagée entre le Perú et la Bolivia. Le lac est donc tout aussi partagé… Au premier abord, la ville de Puno est bien classiquement péruvienne: remplie de marchands sur le bord de la rue, dynamique et active. Sinon, l’attrait principal de l’endroit est le lac et ses îles, notamment ses îles flottantes en roseaux. Elles sont une particularité propre à ce lac, et une solution trouvée par la population Uros à l’époque de la colonisation espagnole. Avec ces îles, ils pouvaient tout simplement voguer plus loin avec l’ensemble de leurs possessions pour échapper à l’envahisseur. On dit parfois que la dernière représentante de ce peuple serait décédée dans les années 50, on dit aussi que c’est plutôt une acculturation des Uros par leurs voisins riverains Aymaras… dans tous les cas, certaines traditions demeurent mais d’autres se sont perdues, notamment la langue. De nos jours, beaucoup de gens y vivent encore, mais disons que l’objectif a changé: certaines personnes vont souvent travailler en ville, comme chauffeur de taxi-bateau ou dans les diverses industries, et d’autres restent pour accueillir les touristes. Il y a plusieurs îles distinctes et ont y emmène en rotation les touristes, afin de faire profiter à chacun de cette manne. C’est donc… un peu malaisant comme activité (on ne le dira pas trop fort, mais je n’avais initialement pas vraiment envie de faire la visite…). On nous amène sur une île, où nous serons accueillis par 2-3 personnes ayant couvert leur gaminet aux couleurs de leur équipe de foot favorite par un poncho traditionnel, et ayant ajouté une tuque tressée par dessus leur casquette (je n’exagère même pas). Ils proposent donc des items souvenirs après quelques infos transmises sur la fabrication des îles. Puis on passe à l’autre île, l’île « restaurant », où l’on a finalement pris un thé avant de repartir pour la terre ferme.
C’est le type de situation qui m’amène à réfléchir aux raisons qui font en sorte que je voyage. Qu’est-ce que je je veux voir, ou pas, et qu’elle est ma relation a l’authenticité. Et je pose un regard critique sur ma propre personne mais aussi sur mes comparses voyageurs. La ligne est mince entre vouloir connaître, s’informer, s’éduquer, et occasionner par notre propre tourisme un effet de cirque. Car le choix de conserver un mode de vie ancestral est-il mû par un réel souhait de conservation des traditions, ou par une opportunité commerciale, ou potentiellement un peu des deux..? Dans les faits, il n’y a pas de mauvaise réponse, tous les choix se valent. Mais de mon côté, ai-je appris, où ai-je fermé les yeux avec une petite touche de naïveté et d’hypocrisie? Car j’ai déjà visité des endroits où l’on a reconstitué un ancien village de nouvelle France, par exemple, mais les lignes sont claires: on sait qu’il y a des acteurs, et que l’objectif est pédagogique. En voyageant, parfois, j’ai le sentiment que notre seule présence occasionne une distorsion entre le passé et l’actuel, où la frontière se floue. Parce l’on veut voir ce que l’on pense être « le vrai ». Mais dans les faits, ce que l’on nous montre est parfois le « vrai » d’il y a quelques décennies. Des sentiments parfois difficiles à réconcilier…
Bon, bon, bon…. je dois vous parler du contexte de ma relation avec le Perú. Elle n’est pas extraordinaire, ni particulière, ni privilégiée. Mais chaque voyageur développe une relation avec le pays, l’endroit qu’il souhaite visiter. Certaines personnes nourrissent des rêves dès l’enfance d’un voyage bien spécifique, rêves parfois chéris bien au-delà de l’âge adulte. La rencontre revêt alors un sens tout particulier et devient encore plus spectaculaire. À moins d’être déçu bien sûr, mais ça c’est un autre enjeu, bien plus rare je l’espère! De mon côté, c’était un peu l’inverse au regard du Perú. Pour une raison que j’ignore, ce pays n’était pas sur mon radar. Pourtant je connais plusieurs personnes qui y sont allées, et qui ont été transportés par les merveilles qu’ils y ont vues. Mais peut-être est-ce justement là que mon (petit) désintérêt puise sa source : en avoir entendu parlé longuement. Et peut-être craindre d’en être déçue. Mais avant même de visiter les sites qui s’en viennent, et qui sont largement reconnus comme les perles péruviennes, j’avais déjà été conquise. La brutalité sablonneuse du Nord, la force de la résilience de ses peuples, l’incontournable beauté de ses pampas et de ses montagnes… à chaque détour d’un regard, le pays ne me permet pas de demeurer indifférente. J’aurais souhaité y rester seulement deux semaines, dans mes prévisions, au contraire d’Antoine qui de son côté, attendait avec une relative impatience notre entrée au pays. Et bien, nous y serons restés quatre semaines, et j’en veux encore, il m’en manque, je reste sur une soif insoupçonnée et non étanchée. Et lorsqu’un tel environnement nous fait perdre contrôle sur nos propres plans de voyage, c’est le signe que la découverte a été réelle.
Cusco – 29 octobre au 1er novembre
Il est vrai que Cusco est le joyaux le plus précieux parmi les villes encore habitées du Perú. Les monuments coloniaux semblent rivaliser avec les traces de l’Empire Inca pour le territoire, la gloire et l’importance. Car les uns se sont construits sur les autres, littéralement. Certains immeubles présentent par exemple la fondation d’un ancien temple inca, sur lequel un cloître chrétien a été placé pour solidifier et imager son emprise sur le peuple. Difficile de faire plus clair comme modèle d’imposition coloniale. Malgré le poids de l’histoire, déambuler dans la ville est particulièrement agréable et l’on peut comprendre pourquoi cette vile est la porte d’entrée des étrangers, parfois à la recherche d’un contact presque mystique avec la région. Cusco est le mélange de tout ce qui l’a construite au fil de ses siècles.
D’ailleurs, après avoir visité des temples incas et s’être émerveillés devant l’ingéniosité des Incas, nous avons vécu…l’Halloween! En fait, le 31 octobre est au Perú “el dia de la canción Criolla”, soit le jour de la chanson créole. On célèbre alors des chants inspirés tant des premiers peuples, des espagnols et des esclaves Africains. Le style de musique serait présent depuis longtemps, mais se serait cristallisé au XXe siècle, notamment avec l’arrivée de la radio. La journée est donc bien remplies en activitées de toutes sortes, et le nombre de personnes déguisées m’a tout de même surprise. Je ne pense pas avoir vu un 31 octobre aussi festif chez nous… enfants et adultes sont costumés, jusqu’à tard.
Aguas Calientes mais surtout, le Machu Picchu – 1er au 2 novembre
Pour se rendre à l’ancienne cité inca du Machu Picchu, qui signifie en Quechua “vieille montagne”, nous devions laisser notre voiture, puisque le seul accès se fait par train ou à pied. J’ai d’ailleurs vécu un petit sentiment d’avoir raté quelque chose en ne prenait pas la voie du “chemin de l’Inca”, qui amenait les Incas par la forêt à ce sanctuaire, leur faisant éviter les Espagnols. Mais bon, on ne peut pas tout faire.
En arrivant à Aguas Calientes, qui est aussi nommé Machu Picchu pueblo (le village du Machu Picchu), j’ai eu une pensée pour le quartier de Tamel, à Katmandou au Népal : un condensé de petits endroits se lovant les uns aux autres pour accueillir les étrangers. Et dans les deux cas, on voit des gens qui reviennent de treks de plusieurs jours, pour déguster une pizza et une bière. Parfois, la rencontre entre expérience spirituelle et confort relatif de la modernité ne tient qu’à une douche d’eau chaude…! Mais c’est frappant de voir cet équilibre précaire : comme si le tourisme a nécessairement amené une manne indéniable, forçant aussi un rapport bien plus fréquent avec la commercialité ou certains aspects de modernité, parfois en contradiction avec la tradition. On peut penser que cela dénature l’endroit, mais nous faisons tous le choix du confort (à des degrés différents, bien sûr). Il est donc un réflexe humain, tant au Québec, qu’au Perú, et chacun façonne le maintien de ses traditions à sa manière.
Normalement, les gens réservent à l’avance leurs entrées sur le site du Sanctuaire du Machu Picchu. Bien que nous étions hors saison, les billets pour le trajet que nous souhaitions faire (pas mal tout le site) n’étaient disponibles qu’en décembre, même lors de nos recherches en octobre. Il est toutefois possible de se procurer l’un des 1000 billets rendus disponibles chaque jour directement au village. C’est donc cette stratégie que nous avons retenue, puisque nous ne connaissions pas notre date exacte. Sur les blogs, nous avions lu qu’il fallait se présenter presque aux aurores, que les files étaient monstrueuses, etc, etc… Et bien, nous sommes arrivés vers 13h30 en train, 6 employés étaient disponibles pour nous, et nous avons acheté LE trajet que nous voulions pour le lendemain… wouhou! À notre défense, le Perú donne maintenant le nombre de billets restants en temps réel, nous avons donc pu évaluer les derniers jours. Nous nous étions aussi donné le droit de rester une journée de plus, au cas…
Alors, le lendemain matin… je me suis levée un peu angoissée. Des miettes, seulement, rien d’inquiétant. Mais tout de même, j’ai réalisé à ce moment que ces miettes s’accumulaient depuis quelques jours, culminant à cette nuit. Car jusqu’à maintenant, le Perú m’avait subjuguée, les volutes de brume de ses montagnes et ses vents chauds et remplis de sel et de sable m’avaient complètement enveloppée. J’avais glissé pour sa beauté, comme on s’abandonne les yeux fermés au chaud soleil d’un été québécois en écoutant les cigales. Que me réservait le lieu emblématique d’un pays, de ses habitants et croyances, passés et actuels? Même si le Perú n’était pas sur mon radar et que je n’avais aucune attente il y a quelques semaines à peine, je les avais construites au fil des heures de route. J’avais maintenant peur d’être décue. Dans l’autobus, qui ne fait que le lien entre le village au pied des montagnes et “la vielle montagne”, je contemplais chaque petite beauté au fil des serpentins qui nous faisaient grimper. Les fleurs du paradis, la vallée qui grandissait sous mes yeux, le ciel d’un bleu clair et quasi immaculé couronné de nuages ouateux, qui grandissait tout autant. Et tout à coup… des pierres, des vestiges, comme s’ils avaient été déposés tout récemment au sommet de la “vieille montagne”. Peut-être choisie justement pour la sagesse qu’elle représentait aux Incas, qui sait. Ce qui est certain c’est qu’elle est un endroit sécurisé, qui les rapprochaient du soleil et de la lune, deux entité particulièrement importantes dans leur spiritualité. L’angoisse se transformait donc tranquillement en excitation, mêlée bizarrement de sérénité. Excitée de pouvoir enfin voir ce lieu mythique, au beau soleil sans pluie, et sereine parce que l’endroit commande ce sentiment. Nous étions tous perchés sur une montagne qui semble être un promontoire au milieu d’une vallée l’entourant en fer-à-cheval, au-delà de laquelle se dressent d’autres montagnes. Un endroit fier, et protégé. L’environnement est aussi spectaculaire que le site en lui-même, à mon sens.
Ollantaytambo – 2 novembre
Au coeur de la vallée sacrée des incas, la ville est magnifique, apparemment encore organisée selon les plans initiaux des Incas. On y trouvent donc les petits canaux d’eau qui traversent la ville, les bâtiments avec cour intérieure, et possiblement encore plusieurs pierres de l’époque.
En quittant la ville, je souhaitais initialement faire une randonnée qui devait nous amener aux “salineras de Maras”. Il est finalement possible de s’y rendre en voiture, ce que nous avons fait. Car en fait, en redescendant du Machu Picchu à pied, je me suis tordue une cheville… je sais, ce n’est pas une bonne idée et c’est un peu ridicule, mais que voulez-vous, on ne peut pas toutes les gagner. Ces salineras sont donc des bassins dans lequel de l’eau s’écoulant des colines autour s’accumule, dont le débit est contrôlé selon des techniques savament maitrisées par les familles y travaillant : le déplacement de quelques roches aux bons endroits..! Ces quelques 3000 bassins existaient bien avant l’Empire Inca. Au delà de la production de sel, ce site offre un point de vue magnifique.
Pitumarca – 3 au 5 novembre
Nous souhaitions faire une petite visite des montagnes de couleur, qui se trouvent au sud de la vallée sacrée. Il y a quelques sites différents, quelques randonnées différentes, mais un arrêt ici nous permettait de nous rapprocher du site. Et, afin de laisser un peu de temps de récupération à ma cheville, cet arrêt nous permettait aussi de ralentir un peu.
En arrivant, nous avons tout de suite senti une ambiance calme, authentique. Premièrement, nous sommes les seuls étrangers actuellement, c’est la basse saison. Et durant notre séjour tombait la fête du village voisin, collé à Pitumarca et séparé seulement d’une rivière. Pour cette fête, tous les petits hamaux de la régions venaient participer à un grand défilé. Les habitants de chaque village revêtent donc les habits d’apparat qui les représentent le mieux, dansent et chantent. La ligne est mince entre leurs habits usuels et les habits d’apparat, puisque la chaleur des couleurs et la créativité de la décoration sont au rendez-vous dans les deux cas. Et sur la place principale, les villageois de Pitumarca regarde avec satisfaction cette démonstration de fierté, ces festivités. Je peinais à tout regarder, tant les participants à la parade que les spectateurs me fascinaient. Quand le hasard nous amène à être témoins de tels petits et grands événements, le voyage en est encore plus riche.
Plusieurs générations, plusieurs styles, une même attention respectueuse
Après notre mini pause à Pitumarca, sur notre chemin vers Arequipa, nous nous sommes arrêtés aux montagnes de couleurs, notamment Vinicunca et la vallée rouge. Levés à 5h15 pour partir tôt, car ces montagnes sont l’une des destinations les plus populaires maintenant. Les bus de touristes quittent parfois Cusco vers 3h du matin afin d’amener les gens le plus tôt possible, question de posséder l’espace pour eux seuls. Car oui, même si Internet foisonne de photos Instagram (avec un petit filtre parfois, quand même), ces montagnes étaient presqu’inconnues avant 2013 : elles se situent à environ 5000 mètres, donc il y a une douzaines d’années, elle étaient continuellement… couvertes de neige. Un nouvel endroit duquel profiter, mais avec un petit goût amer vu la raison.
Après la fameuse montagne Vinicunca, gravie à force d’efforts de respirations difficiles vue l’altitude et les petites chevilles fragiles, nous souhaitions traverser dans la “valle roja”. Au sommet d’une crête, nous regardions voir ce qui se trouvait de l’autre côté et une dame, vêtue tout ce qu’il y a de plus traditionnement, nous faisait signe de nous en aller. Non, vous ne fouinerez pas sans payer…! Sur ses habits traditionnels, elle portait une veste jaune de sécurité, dénotant son rôle coercicif dans l’affaire. Et même si son Quechua ne nous permettait pas de comprendre exactement les mots qu’elle utilisait, sa matraque brandie était claire…! Hélas, nous n’avions que quelques soles sur nous, avons donc fait mine de quitter, mais on nous aura laissé passer quand même. Si ma cheville ne m’avait pas restreinte, j’aurais passé la journée à arpenter les couleurs, d’une coline à une autre, d’un flottement à l’autre.