Comment assister au lancement d’une fusée à Baïkonour (gratuitement)

English version

Il y a en gros quatre manières d’assister au lancement d’une fusée à Baïkonour:

  1. Depuis l’extérieur du cosmodrome
  2. Avec une agence de tourisme accréditée à vous emmener à l’intérieur du cosmodrome
  3. En donnant un pot-de-vin au personnel de sécurité russe
  4. En entrant par effraction

Option 1 : la manière légale et gratuite (depuis l’extérieur)

Mes recherches concernant cette option n’avaient pas donné d’information utile, d’où la rédaction de cet article. J’espère qu’il aidera de futurs voyageurs à assister au fascinant spectacle qu’est le lancement d’une fusée dans l’espace. En résumé, même depuis l’extérieur du cosmodrome à près de 27 kilomètres de la plateforme, l’expérience reste des plus impressionnante et vaut largement tout le tracas de se rendre à Baïkonour par la route.

Selon moi, le meilleur point d’observation se situe sur l’autoroute à 18 kilomètres à l’est de Toretam. C’est l’endroit accessible le plus près du Départ de Garagin, la plateforme d’où sont lancées les fusées Soyouz en direction de la Station Spatiale Internationale. Il est aussi orienté parallèlement à la trajectoire de la fusée. En plus, c’est un endroit facile d’accès en voiture et un bon site de camping pour la nuit.

Point violet: Départ de Gagarin
Point vert: point d’observation

Les lancements de Soyouz (et probablement tous les lancements depuis Baïkonour) décollent tous puis orientent leur trajectoire vers le nord-est pour deux raisons. Premièrement, la SSI orbite la terre dans cette direction et deuxièmement, si quelque chose se passe mal durant le lancement, la fusée et/ou ses débris tomberont en territoire kazakhe et/ou en Sibérie, deux zones très peu populeuses et sous contrôle russe.

Option 2 : l’agence de tourisme

Plusieurs agences de tourismes sont accréditées par Roscosmos (l’agence spatiale russe) pour amener des touristes à l’intérieur du cosmodrome sur la plateforme d’observation à 3 kilomètres du lancement. Cette option est certainement la plus fiable et la plus sécuritaire, mais c’est aussi la plus cher (plusieurs centaines d’euros) et doit être réservée des mois à l’avance.

Option 3 : le pot-de-vin

Voir l’histoire détaillée ici

Selon mes recherches sur le terrain, payer le personnel de sécurité coûtera environ 13000 roubles russes par voyageur. À savoir si ce montant vous laissera passer à l’intérieur du cosmodrome ou vous jettera dans la gueule du loup, c’est une question à laquelle je ne peux pas répondre, car j’ai été contraint de l’abandonner à la toute dernière minute. Vos meilleures chances d’y parvenir est d’aller discuter avec les chauffeurs de taxis de Toretam, la ville kazakhe voisine au cosmodrome. Inutile de spécifier que cette technique comporte ses risques.

Option 4 : entrer par effraction

Le cosmodrome est localisé sur une grande étendue de steppes au milieu du Kazakhstan et à en juger par sa taille, je doute qu’il soit clôturé. Depuis la route jusqu’au Départ de Gagarin, la plateforme d’où partent les vols vers la SSI, il faut compter à peu près 27 kilomètres. Cependant, je suis certain que les Russes ont installé des dispositifs de surveillance pour sécuriser le site. Caméras thermiques, radars, patrouilles, etc. tout y est probablement pour au moins s’assurer qu’aucun cheval ni chameau n’entre sur le site (et force l’annulation d’un lancement); il existe certainement une manière de détecter tout être vivant se trouvant à l’intérieur du périmètre du cosmodrome.

Pour ma part, je ne voudrais surtout par me faire intercepter par les forces de sécurité. En plus d’être entré par effraction dans le cosmodrome, vous seriez aussi entré en territoire russe. Les risques sont énormes.

How to watch a rocket launch from Baikonur (for free)

Version française

There are basically four ways to watch a rocket launch from Baikonur:

  1. From outside the cosmodrome
  2. With a tour agency that has the required authorizations to take you into the cosmodrome
  3. By bribing the Russian security personnel to let you in the cosmodrome
  4. By trespassing

Option 1 : the legal and cheap way (from outside)

Researching this option did not lead to any usable information, hence this article which I hope will be useful to future travelers wanting to observe the amazing spectacle that is a rocket launching into space. To put is shortly, even from outside the cosmodrome some 27 kilometers away from the pad, it is still a marvelous experience and well worth all the trouble to get to Baikonur by road.

In my opinion, the best view point is located on the highway some 18 kilometers east of Toretam. Not only is the closest accessible location from Gagarin’s Start, the pad from which Soyuz rockets launch to the International Space Station, it is also oriented parallel to the rocket’s course. Moreover, this suggested location is easily accessed with a car and also a nice camping spot for the night.

Purple dot: Gagarin’s Start
Green dot: viewpoint

Soyuz launches (and probably all launches from Baikonur) all take off and then veer to the north-east for two reasons. The first being that the ISS orbits more or less in this direction and the second it that should something go wrong with the launch, the rocket or debris fallout will happen over the middle or Kazakhstan and Siberia, two areas very sparsely inhabited and under Russia’s control.

Option 2 : the tour agency

Several tour agencies hold the required authorization by Roscosmos (the Russian space agency) to bring tourists into the cosmodrome to watch a launch from the viewing platform, some 3 kilometers away from the launch pad. This options sure is the most reliable and safe way to watch a rocket fly into space, but it’s also the most expensive (you’re looking at several hundred euros…) and requires you to secure your ticket months in advance.

Option 3 : the bribe

Read the detailed story here (in French)

According to my field research, bribing the guards costs about 13 000 Russian rubles per person. Whether this will get you in the cosmodrome or not I can’t tell, because I had to back down at the very last minute. Should want to exercise that option, your best bet is to ask the taxi drivers in Toretam, the Kazakh town next to the cosmodrome. Needless to say, it comes with some risks…

Option 4 : trespassing

The cosmodrome is located in a very large swath of steppes in the middle of Kazakhstan and judging by its size, I doubt they’ve had the whole zone fenced off. From the road to Gagarin’s Start, the pad where flights to the ISS usually launch, it’s about 27 kilometers. However, I am certain that the Russians have some sort of surveillance equipment set up to secure the site. Thermal cameras, radars, patrols, it’s probably all there and given the amount of camels and horses roaming the landscape (you would want one to run into the launch pad with the countdown started), they must have a way to detect and deter all living things entering the perimeter.

I for one would want to get caught by the security forces there. On top of trespassing on the cosmodrome, you would also be entering Russian territory illegally. Attempt at your own risk.

Orenbourg, Russie – Aktoubé, Kazakhstan

  • Date : 27 août
  • Départ : 16h00
  • Arrivée : 01h00
  • Température : soleil
  • Route : bitume, gravier et sable (endommagé), bitume

NDR: j’ai décidé d’ajouter la qualité des routes au petites données que je donne sur le trajet car désormais, elles auront une énorme influence sur notre progrès.

Vous voyez la portion orange sur la carte? Et bien c’était le tronçon en réfection…

Nous possédions la chambre jusqu’à 23h00, alors après avoir consommé un déjeuner plutôt excellent, nous sommes remontés pour profiter de l’internet et s’adonner à nos tâches numériques avant de partir pour le Kazakhstan. Il était quand même 16h00 lorsque nous avons quitté la ville. N’ayant pas trouvé d’épicerie sur notre route à Orenbourg, nous sommes arrêtés dans la ville suivante, où contre toute attente pour une ville mineure de région désertique, il régnait une atmosphère de bord de mer dans le centre-ville, probablement à cause de la rivière non loin (nous étions tout de même à plus de 1000 km de la mer). Tous les piétons portaient sandales et maillots, les habitants de la ville affichaient tous des chambres à louer et dans l’épicerie, les russes magasinaient bière et grillades.

Crédit: Audrey Roy

Quelque chose en feu sur le bord de la route

Ravitaillés en prévision de nos prochains jours de camping, nous avons repris la route vers la frontière. Selon des vérifications pré-départ, ce poste était bel et bien ouvert aux étrangers (ils ne le sont pas tous); vous le verrez plus tard, l’Asie-Centrale est un casse tête géographique. 30 kilomètres avant la frontière, la route bitumée s’est transformée (visible sur la carte) en chantier avec comme seul voie de contournement un chemin terreux lourdement endommagé par le constant passage de camions. Empruntant parfois des sections asphaltées mais pas encore ouvertes de la nouvelle route (ce qui stressait la bonne conscience d’Audrey) et le chemin terreux, ils nous a fallu un bon deux heures pour atteindre le poste frontalier. Deux heures plutôt pénibles à se cogner la suspension et le silencieux et à anticiper le pire: briser la voiture, rester coincé en Russie, dépasser la période de validité de notre visa, passer un sale quart-heure à nous faire gronder par les autorités.

Quel a été le soulagement donc quand nous avons aperçu la sortie de la Russie toute proche, à quelques véhicules à peine du nôtre. Rapidement, nous sommes passé devant les agents Russes qui, très aimables cette fois, nous ont, étampés, souhaité bon voyage et n’ont fait aucun chichi avec nos papiers. Du côté Kazakhe, nous avons été accueillis avec le sourire et l’on nous a même complimenté sur la qualité de notre passeport (message que nous ne manquerons pas de transférer à Passeport Canada). Voyant que nous n’indiquions pas d’adresse sur nos cartes d’immigration, le garde nous a demandé si nous allions à l’exposition universelle d’Astana, ce à quoi nous nous sommes empressés de répondre un oui souriant. Rapidement nos documents ont été étampés et l’on nous a souhaité bon périple.

Astana, la capitale du Kazakhstan, est hôte de l’exposition universelle 2017. Nous l’avions lu quelques mois auparavant et avions même remarqué que notre guide Lonely Planet 2015 en parlait, mais cela nous était complètement sorti de la tête. Le but de notre visite dans le pays n’était en fait pas l’exposition, mais disons qu’Audrey et moi étions ravis que par pure coïncidence, elle se tienne sur notre route.

Une fois passé du côté Kazakhstan, il nous a fallu acheter une assurance temporaire pour la voiture car nous n’étions plus couverts par notre police européenne et ça y était. Nous étions tous deux contents de s’être rendus jusque là, mais surtout surpris que le processus frontalier n’ait pris que deux petites heures. Pour entrer en Russie par contre, la file s’étendait sur un bon kilomètre…

Il faisait nuit alors nous n’avions pas conscience du paysage autour de nous, mais après un freinage d’urgence pour éviter un troupeau de chevaux sauvages qui traversait la route, il était clair que nous étions en Asie Centrale. Comme la chaussée était de très bonne qualité, il nous a fallu peu de temps pour rejoindre Aktoubé, notre destination pour la nuit. Nous n’avions pas de réservation mais heureusement, le seul hostel de la ville avait deux lits pour nous. Un petit repas dans la cantine d’à côté et nous sommes tous deux allés nous coucher, fatigués de cette journée pour le moins exigeante.

La file pour entrer en Russie

Kazhan, Tatarstan (Russie) – Orenbourg, Russie

  • Date: 26 août 2017
  • Départ 11h00
  • Arrivée: 3h00
  • Température: ciel dégagé

Au lever, la pauvre Audrey avait de nouveau mal au genou. Disons qu’avec un 25 kilomètres la veille, nous avions un peu poussé la donne..Le changement d’huile s’est fait dans les temps et le mécanicien nous a même rattaché l’échappement avec des moyens un peu plus permanents que du fil de métal. Dommage qu’il ait trop serré la collerette, car maintenant une partie des vibrations du moteur se transmettent dans la cabine. Il va donc falloir que je révise le tout dans les prochains jours…

Après un tour au marché de la ville pour nous ravitailler en victuailles, nous avons pris la route direction frontière Kazakhe. Contrairement au paysage de Moscou à Kazan, plutôt forestier, celui du Tatarstan était très agricole et pétrolier … l’horizon était parsemé de pompes et de stations de traitement. Voilà qui expliquait la richesse de la capitale. À chaque petit village sa mosquée et nous progressions à bon train, mais la route s’est avérée plus difficile à suivre en raison d’un manque de panneaux d’indications qui nous aura coûté une bonne demi-heure.

Finalement arrivé à Orenbourg, nous avons galéré pendant un bon deux heures à chercher des hôtels pour finalement revenir au premier que nous avions croisé, mais que j’avais trouvé trop cher. Ce genre de perte de temps met littéralement hors de moi (ça s’est aussi passé à Sibenik) et ce coup là, j’ai atteint des sommets de colère; contre moi-même rassurez vous. Colère d’avoir été gratteux en vain… Pour couronner le tout, nous avions traversés (en voyageant nord-sud…) deux fuseaux horaires, donc il fallait ajouter deux heures à nos montres, retardant par le fait même une arrivée déjà beaucoup trop tardive.

Qu’importe, demain est une autre jour et demain c’est, le Kazakhstan!

Kazan, Tatarstan (Russie)

L’hostel où nous avions élu domicile pour la nuit, bien que correctement côté sur l’internet était tout de même plutôt merdique, car l’un de ses établissements que le commun de mortels utilise comme hôtel bon marché. L’ambiance était donc pourrie. Qu’importe, nous avons pris la décision de passer une journée à Kazan plutôt que de repartir sur la route. De toute manière, la voiture avait pressamment besoin d’un changement d’huile. C’est donc la première chose que nous avons fait de la journée: aller voir un garage pour arranger la chose. Vu qu’ils n’avaient pas de place pour la journée, le rendez-vous a été convenu pour le lendemain à 9h, ce qui ne nous arrangeait pas vraiment, mais le prix était bon (après leur avoir fait comprendre que je voulais de l’huile bon marché et non la top qualité) et ils avaient le filtre en stock.

Le kremlin de Kazan

Le Kazakhstan!

Ceci fait, nous avons fait nos sacs et nous sommes dirigés vers le Kremlin de Kazan. Un Kremlin est en fait une forteresse, alors un bon nombre de villes russes en possèdent un. Celui de Kazan est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, alors nous avions de hautes attentes. D’autant plus que contrairement au kremlin moscovite, celui-ci possédait une mosquée et une église. C’était donc un kremlin multiculturel; à l’image du Tatarstan, où l’influence musulmane est définitivement palpable, à la fois dans l’architecture et le faciès de sa population. Une fois en ses murs, nous avons eu la chance d’assister à une cérémonie de musique militaire où étaient invités Turcs, Kazakhs et Russes en plus de pelotons Tatares. À cet effet, le présentateur ne manquait pas de rappeler que l’on était ici en république du Tatarstan et c’était ses drapeaux qui flottaient en majorité dans la ville. À regarder ces pauvres militaires debout immobiles pendant une bonne heure, j’ai bien apprécié ce petit retour dans mon passé militaire où il n’y a pas si longtemps, j’étais à leur place.

La cérémonie terminée, nous avons suivi le flux de touristes vers la mosquée, qu’Audrey a pu visiter car un balcon d’observation spécial avait été aménagé au dessus des planchers de prière. Après, visite de l’église orthodoxe ou à notre arrivée, se déroulait une cérémonie religieuses. Notre tour du kremlin complété, nous sommes tous deux sortis de ses murs hautement satisfaits et d’avis que celui de Kazan était définitivement mieux que celui de Moscou.

La visite de la ville s’est poursuivie sur les berges de la Volga, toutes récemment aménagées avec arbres, bancs, restaurants et arrangements paysagers. En bordure du parc, de somptueuses résidences unifamiliales. En fait, toute la ville resplendissait de richesse et de propreté, plutôt étonnant pour une ville moyenne de Russie. De retour dans le centre, deux heures ont été dévouées en vain à la recherche d’un vêtement « adéquat » pour l’Asie Centrale afin de remplacer celui oublié au Canada, puis nous sommes retournés à l’auberge pour écrire un peu.

Richissime demeure à Kazan

Deux heures plus tard, n’allant tout de même pas terminer notre visite de la ville là, nous avons laissé nos compagnons d’auberge à leurs cellulaires et leur passivité pour aller explorer l’autre côté de la Volga, mais bière en main cette fois. Une petite station de métro plus loin (Kazan a une ligne datant de 2005), nous sommes sortis et avons entamé une marche qui nous a fait faire le grand tour pendant un bon quatre heures, mis à part quelques pauses pour faire de la photo de nuit.

Un monument en forme de bol. Kazan veut dire marmite en tatare, alors j’imagine qu’il y a un lien

Usés par la soirée, nous avons fait un dernier arrêt au petit restaurant à côté de l’auberge, notre troisième de la journée au même endroit. La nourriture y était bonne, le prix concurrentiels, mais surtout le personnel très sympathique et content de voir que des étrangers s’intéressaient à leur petit établissement. Toute une marche! Ce faisant, nous avions sérieusement empiété sur notre nuit, mais bon, il fallait tout de même profiter au max de notre moment dans la capitale du Tatarstan, que nous avons tous deux trouvés très attachante.

NDR: À regarder mes photos en les mettant sur le blogue, je commence à me rendre compte que j’ai un petit problème d’alignement. Pour la suite, je vais tenter de tenir ma caméra de la bonne manière…