Camping au bord du lac – Camping dans les prés

  • Date : 13 octobre
  • Départ : 9h30
  • Arrivée : 18h45
  • Température : soleil
  • Route : en bon état

Cliquez pour plus détails (et admirer le bordel de frontières dans la région…)

Après un déjeuner rapide en compagnie de Ramon, direction le Kirghizistan. Selon notre visa, il nous restait un bon mois à passer dans le pays avant son échéance, mais la voiture elle, était limitée à 15 jours devait quitter le territoire aujourd’hui faute de quoi … Aucune idée, probablement une amende qui aurait pu être évitée en faisant les yeux doux aux forces de l’ordre tadjikes, Force de l’ordre qui, contrairement à leur congénères des autres pays de la région, méritent le prix émérite de la rectitude professionnelle. Nous nous sommes fais contrôler de nombreuses fois, mais à chaque reprise, le policier ou militaire se contentait de vérifier nos papiers de manière courtoise et nous souhaitait bonne journée. Pas de fausses amendes de vitesses, pas d’arrestations arbitraires.

En approchant de la ville d’Isfara, dernière ville avant la frontière kirghize le paysage et soudainement passé de l’agricole à l’aride. Parmi les collines, de vielles installations pétrolières témoignant d’un boom qui ne s’est jamais concrétisé et une ville à moitié abandonnée. De belles photos en perspectives… Je suis parvenu à escalader un bâtiment administratif de la région pour y admirer la vue. Cependant, pas moyen de rentrer à l’intérieur. Dommage.

Nos derniers somonis dépensés à Isfara en essence, légumes et shashliks (kébab au charbon de bois), nous sommes repassés au Kirghizistan sans encombres. La seule petite appréhension de la journée était en fait la navigation dubordel frontalier qui règne dans la région (voir carte ci-haut). Notre livre nous avait averti de problèmes pour les étrangers lors de la traversée des enclaves, mais heureusement, il n’en a pas été ainsi, car les autorités semblaient avoir construits de nouvelles routes pour les contourner.

Arrivés aux abords de Osh, nous sommes finalement tombé sur un site de camping adéquat pour y passer la nuit. Bien que jonché de déchets, il était à l’écart de la route et offrait un beau coup d’oeil. Au retour d’une marche parmi les collines après le repas, nos lampes ont éclairés des dizaines de yeux parmi notre campement. Et Audrey de dire : “Ya qu’au Kirghizistan où en ton absence, ton camp se fait envahir par les chevaux.”

Camp dans la montagne, Kirghizistan – Karakoul, Pamir, Tadjikistan

  • Date : 29 septembre
  • Départ : 11h30
  • Arrivée : 19h00
  • Température : pluie, nuages et neige en altitude
  • Route : excellente jusqu’à Sari Tash puis médiocre jusqu’à proximité de Karakoul puis acceptable

Cliquez pour plus de détails

En carence de sommeil et confortables dans notre campement, nous avons étiré notre nuit au maximum. De nouveau sur la route, il nous fallait un autre trois heures pour atteindre la frontière. Un magnifique trois heures de routes et de cols de montagne. La sortie du Kirghizistan s’est faite sans encombre, mis à part une taxe un peu louche d’entrée d’un véhicule sur le territoire quand en fait nous en sortions. Selon le douanier, nous ne l’avions pas payé car nous étions entrés par la Russie et le Kirghizistan et le Kazakhstan partagent une zone douanière avec cette dernière. Ça reste illogique, nous aurions dû la payer à l’entrée de la Russie. À cet effet, le douanier nous a demandé le document que nous avions tant peiné à remplir entre l’Ukraine et la Russie. Heureusement, nous le possédions encore, mais voyant qu’il ne nous avait pas été demandé lors de notre passage de la Russie au Kazakhstan, je m’étais demandé si je n’allais pas le jeter. Vous l’avez compris, le passage de véhicules entres les pays et toujours un défi, peu importe où sur la planète.

La frontière tadjike se situait un col plus loin, alors une heure de route plus tard, nous y étions. Les formalités allaientt bien. Notre visa électronique était en règle et mis à part tout de sorte de frais suspects pour lesquels je me suis assuré de demander un reçu, le tout s’est passé rondement. À la dernière étape, je quitte Audrey pour aller faire passer un contrôle vétérinaire à la voiture et à mon retour, je la vois sortir titubante du batiement des gardes. Il s’adonne que ces derniers avaient saisi un chargement de vodka et en avait partagé plus d’un verre avec elle. Les ayant informés qu’aujourd’hui était mon anniversaire, j’ai été invité à mon tour à les joindre pour de nombreuses rondes. J’ai eu beau leur faire signe qu’il fallait que je conduise, la réponse était toujours la même : Welcome Tadjikistan! No problem!

Pendant une bonne heure donc, on a enchaîné les rires et les shooters, le tout rincé avec du kvac. J’adore ce genre d’expériences!

Quand nous sommes finalement parvenus à nous extirper de l’emprise des gardes frontières. J’étais bien imbibé et davantage. En plus, il fallait que l’on conduise encore plus d’une heure pour atteindre la ville de Karakoul. Elle n’était pas notre objectif pour la nuit, car nous comptions camper un peu avant, mais compte tenu de notre état, nous avons décidé de suivre les recommandations des gardes frontières et dormir dans une maison d’hôte. Arrivés-là, nous avons été accueillis par Anne, une Tadjike aux origines ethniques Kirghizes. Elle parlait un anglais très fonctionnel et nous a installé confortablement dans une belle salle toute drapée de tapis et a tout de suite démarré un feu de bouse de yak dans le poêle. Audrey s’est tout de suite endormie. Pour ma part, j’ai dégusté le repas apporté par Anne puis me suis couché à mon tour. Tout à fait inattendu comme célébrations de 31 ans.

Och, Kirghizistan – Camp dans la montagne

  • Date : 28 septembre
  • Départ : 19h30
  • Arrivée : 22h00
  • Température : nuit
  • Route : excellente

Cliquez pour plus de détails

Debout de bonne heure après une courte nuit, j’étais tout de même préoccupé par la fuite de liquide de refroidissement, alors pendant qu’Audrey écrivait son courriel de nouvelles sur mon ordinateur, j’ai chargé et réorganisé la voiture puis suis parti en quête d’une pièce de rechange. S’il devait survenir un bris dans le Pamir, au moins nous allions avoir de quoi réparer la voiture.

Après avoir fait plusieurs magasins, l’un d’eux a finalement pu me diriger vers le bazar automobile. De là, j’ai pu trouver un commerce avec dont un préposé parlait anglais. Il n’avait pas la pièce en question, mais elle était disponible dans un magasin de la même enseigne à l’autre bazar automobile de la ville. De retour à l’hôtel pour ramasser la voiture, je me suis dirigé vers le deuxième bazar et me suis rendu au magasin qui supposément avait la pièce en stock. Manque de chance, le numéro de référence qui lui avait été donné ne correspondait pas au moteur de la Golf. Je suis donc allé la chercher et l’ai conduit jusque devant le magasin pour que le vendeur puisse de ses propres yeux voir que la pièce n’était pas la bonne. Réalisant que la problématique dépassait ses compétences, il m’a proposé de m’accompagner aux garages attenants au bazar pour qu’un mécanicien puisse diagnostiquer le problème. Évidemment, j’étais bien au courant de ce qui clochait, mais s’il fallait que lui se fasse une idée pour trouver la pièce qu’il me fallait et bien soit.

Cinq minutes plus tard, pas moins de cinq Kirghizes étaient autour de la voiture pour tenter de comprendre d’où venait la fuite. Selon eux, c’était le thermostat. En leur montrant l’endroit d’où coulait le liquide, j’ai appuyé sur le raccord du « water housing » qui se rendait un chauffage de l’habitacle et tout d’un coup, ce dernier s’est rupturé dans une explosion de liquide de refroidissement encore très chaud. Je m’en suis ramassé partout sur le bras gauche, mais heureusement, pas de brûlure et personne d’autre n’a été touché. Par contre, la voiture était maintenant immobilisée là et nous avions comme objectif de quitter Och dans l’heure.

La pièce défectueuse

Le vendeur de pièces Kirghize m’a gentiment partagé l’internet de son téléphone afin que j’informe Audrey de la situation. Tout compte fait, le bris n’aurait pas pu se produire à un meilleur endroit : juste en face d’un garage, à côté du plus grand bazar automobile de Och. Vu le peu de force qu’il a fallu pour briser le raccord, je ne crois pas que nous ne nous serions rendus très loin, mais une telle avarie dans le Pamir nous aurait immobilisé pour un bon moment. Le problème était maintenant clair, il fallait remplacer le water housing en entier. Une fois démonté, le vendeur est parti en quête d’un remplacement et une demi-heure plus tard, les mécaniciens kirghizes s’affairaient à l’installer pendant que j’allais chercher du liquide de refroidissement pour remplir le système et une clé allen 7mm que j’avais perdu à Aralsk.

À 17h30, la voiture était réparée. L’addition s’est avérée salée (2000 som de travail, 1500 pour la pièce et 500 de liquide refroidissement), mais je n’étais pas en position de négocier. Sur le chemin du retour à l’hostel, je me suis évidemment fait arrêté par la police. Voyant que j’étais un touriste, l’agent me demande d’où je viens et je lui répond aussitôt que je suis Français. Ce dernier me lance ensuite un « Bonjour, je m’appelle … » avec un gros sourire puis me laisse partir. Vers 18h00, j’étais de retour auprès d’Audrey. Compte-tenu de la situation, le tout avait été exécuté en un temps record! Bien qu’il était tard et que nous avions encore les courses à faire, nous avons pris la décision de partir tout de même, car j’avais comme objectif d’être dans le Pamir pour mes 31 ans (le 29 septembre).

Les courses pour presque 10 jours faites, nous nous sommes engagés sur la M41 direction frontière avec le Tadjikistan. Après deux heures de route, la fatigue commencait à nous gagner, donc nous nous sommes arrêtés pour camper à côté d’un bâtiment abandonné dans une vallée escarpée. Au menu : dumplings dans le bouillon et plusieurs verres pour célébrer une journée qui n’aurait pas pu mieux se dérouler malgré les circonstances.

Och, Kirghizistan

Premier arrêt à Osh. Tout comme Bishkek, nous y reviendront après le Pamir et prendrons le temps à ce moment pour la visiter. Nos défis de la journée: encore des courses pour de la nourriture, un chargeur de remplacement pour mon ordinateur, des cahiers et des stylos à donner aux enfants, un autre pneu, une doublure de sac de couchage, des somonis tadjikes (pas d’ATM dans le Pamir) et autres. Pour satisfaire une bonne partie de ces besoins, le marché de Osh, l’un des plus grands en Asie-Centrale et largement plus étendu que le “marché de Osh” de Bishkek (il s’appelle vraiment ainsi). Nous y avons passé toute l’après-midi, parfois à chercher activement ce dont nous avions besoins, parfois à flâner. Ayant eu froid lors de notre dernière nuit en montagne, j’ai acheté quelques mètres carrés de tissu et les ai fait coudre afin d’en faire une doublure pour mon sac de couchage. Le tout pour un 5$, décidément, le Kirghizistan est très peu cher.

Une fois le marché terminé, nous nous sommes dirigés vers le quartier automobile pour y acheter un pneu et le faire poser. Ceci fait, nous avons tenté sans succès de trouver une épicerie de bonne taille afin de compléter nos courses. Sur le chemin du retour vers l’hostel et après avoir perdu une bonne heure à chercher, qui ne décide pas de nous signaler de nous ranger sur le bord de la route? La police. En bon citoyens, nous nous sommes exécutés. Par contre, après cinq minutes et voyant que les agents étaient occupés à signaler d’autres voitures, nous avons simplement décidé de repartir. Allaient-ils nous poursuivre? Sûrement pas, d’autant qu’ils n’avaient aucun motif pour nous arrêter…

Plus tôt dans la journée en faisant l’appoint de liquide de refroidissement, j’avais remarqué qu’il s’était formé une espèce de mousse blanchâtre dans le réservoir. Suite au souper, je me suis attablé à l’ordinateur pour tenter d’en comprendre l’origine. En matière de santé véhiculaire (et d’humains), l’internet abonde en scénarios catastrophes: les forums pointaient tous vers un joint de culasse défectueux. Or, pas de trace de liquide de refroidissement dans l’huile. Plus de recherche et de temps à passer sous le capot m’ont heureusement permis d’écarter cette théorie (pour le moment). Il y a une fuite au niveau d’un collecteur de liquide de refroidissement et en faisant l’appoint il y a deux jours, nous aurions mélangé un type de liquide incompatible avec celui de la voiture. La réaction entre les deux aurait généré cette mousse. Autrement, le moteur ne chauffe pas et tout circule bien. À surveiller donc. La voiture n’a plus que quelques milliers de kilomètres à parcourir avant que nous la vendions; croisons les doigts.

Histoire de mettre toute mon écriture à jour, je me suis couché beaucoup trop tard pour la journée qui nous attend demain. Au moins, je quitte pour le Pamir l’esprit libéré! Enfin, je n’aurais qu’à me tracasser de mécanique…

Camp dans la montagne – Osh, Kirghizistan

  • Date : 26 septembre
  • Départ : 11h00
  • Arrivée : 23h30
  • Température : soleil
  • Route : 2 voies, de bonne qualité générale

Cliquez pour plus de détails

La nuit n’a pas été de tout repos. J’étais assez isolé avec ma couverture et mon sac de couchage, mais dès que bougeais et me retrouvait à découvert, le froid me réveillait. Il faudra que je repense mon système. Dès que le soleil s’est levé, la température s’est remise à monter et c’est pas un temps frais et agréable que nous avons déjeuné et remballé le camp.

La route, ça se partage!

Tout allait pour le mieux, le paysage était magnifique et nous roulions à bon allure. Dans un tournant, un automobiliste nous signale de ses phares : attention police! Tout de suite après, la vitesse permise chute à 60 et rapidement nous obtempérons. Voyant notre plaque, le policier derrière le radar nous indique à la dernière minute de nous ranger. Je sors du véhicule et marche à sa rencontre. Celui-ci m’indique que nous roulions à 73, ce qui était complètement faux. Il me demande si je parle anglais. Je lui répond que non. Russe? non plus. Seulement français. Quand même, il me tend un cartable avec un message écrit dans la langue de Shakespeare. Le message est clair, mais je feigne de ne pas le comprendre: il m’informe que j’ai commis une infraction routière et que je dois laisser mon permis à l’agent. Une fois que j’aurai payé l’amende (de plus de 150$ imaginez) à une banque, la police me renverra mon permis à mon domicile. Justement me suis-je dit, j’ai une belle copie plastifiée de mon permis dans mon porte monnaie justement pour ce genre d’occasions. S’il veulent me la prendre, ce ne sera pas une grosse perte, mais comme l’amende n’était aucunement justifiée j’allais me défendre. Manifestement, ces policiers ne s’attendaient qu’à un pot-de-vin, car il arrêtaient systématiquement tous les véhicules qui passaient.

Fort de mes altercations avec la police Kazakhe, je leur ai donné tellement de fil à retordre qu’ils nous ont finalement laissés partir indemnes. J’ai commencé par encenser le Kirghizistan, après je leur ai dit que j’allais au Tadjikistan et que j’avais besoin de mon permis. Mon passeport? À l’ambassade pour un visa que j’allais ramasser à Osh. Mes lunettes de soleil Made in Italy? Je ne comprend pas. Tiens, l’amende venait de se convertir en une somme trois fois moindre payable sur le champ. C’est dommage par contre, j’avais dépensé tout mon argent kirghize pour de l’essence (juste au moment ou j’écris ces lignes, un pneu vient d’exploser, super!) J’avais quelques tengues. Vous voulez 10000? Ah non, il ne me reste que 500. Des euros? Plus rien. S’il vous plaît laissez-moi partir, je vous jure qu’à l’avenir je serais très respectueux des limites de vitesse. Exaspérés, ils ont finalement lâché le morceau. Victoire!

Ouch!

Deux heures de belle route de montagne plus tard, nous nous sommes arrêtés dans une halte avec pont pour manger et réviser la réparation de la ligne d’échappement qui recommençait à cogner contre la carrosserie. Ceci fait, le trajet s’est déroulé sans accrocs jusqu’à ce que vers 21h20 et à 50 kilomètres de notre destination, d’importantes vibrations venant de l’arrière se font entendre (et sentir!) Audrey nous arrête aussitôt sur le bord de la route et l’on se rend compte qu’un pneu s’est complètement déchiré. Décidément, ces routes sont un enfer pour la pneumatique. Une vis s’est logée dans le pneu et ce dernier s’est désoufflé trop vite pour nous nous en rendions compte. Une autre course à faire à Osh! Arrivé là, il nous a fallu galérer un peu pour trouver un hostel mais finalement, nous avons trouvé quelque chose de convenable. Une fois les affaires déposées, nous sommes sortis nous récompenser de bonne cuisine kirghize, similaire à celle du Kazakhstan, mais avec sa petite touche et plus variée.