La cafétéria kazakhe

La cafétéria Kazakhe est un concept de restauration rapide où à peu de frais (2 à 3$ par personne) l’on peut manger de bons plats locaux frais cuisinés. Comme dans une cafétéria conventionnelle, on commence par se saisir d’ustensiles (cuillère et fourchette, il n’y a jamais de couteaux) et d’un plateau puis l’on défile devait les plats disposés dans un présentoir. Au menu: plov (riz frit ouzbek), laghman (nouilles et soupe), mantis (gros dumplings), pâtisseries à la viande, plats en sauce, soupes, salades et bien plus.

Très pratique pour un touriste non initié à la cuisine locale d’être capable de voir ce qu’il s’apprête à manger. On pointe ce que l’on veut et l’employé nous en sert une portion (souvent pesée) et réchauffe le tout au micro-onde. Ensuite, on passe à la caisse puis l’on va s’asseoir avec notre plateau. Une fois le repas consommé, on laisse notre bordel sur la table (ne vous avisez pas de rapporter le plateau comme on le ferait chez nous, on va vous regarder avec des gros yeux) et un employé le ramassera plus tard.

Détail d’importance: bon nombre de ces cafétérias sont ouvertes 24/24, on peut donc à toute heure de la journée aller savourer son plat kazakhe préféré. Tellement pratique et bon marché qu’Audrey et moi y mangeons à pratiquement chaque repas. Vraiment, des ingrédients achetés au supermarché et cuisinés nous même coûteraient presque autant, alors pour un dollar de plus, nous préférons mille-fois aller profiter des classiques de la gastronomie locale préparés par des pros.

Est-ce que l’invention du concept revient aux Kazakhes, nous ne pensons pas. L’Ukraine avait quelque chose de très semblable et la Russie aussi. Peut-être alors est-ce un concept hérité de l’ère soviétique. Qu’importe, chez les Kazakhes, la cafétéria parait davantage s’être hissée au rang d’institution qu’ailleurs. Dans un pays ou pullulent cafés et restaurants rapides à l’occidentale, nous sommes très heureux de voir que la bonne cuisine nationale a toujours la cote.

 

Le roi des récifs

Article initialement publié sur l’ARN Messager, journal des étudiants en biologie de l’Universié de Montréal. Basé sur l”article de 2013, “Spearing Lionfish”.

Le genre Pterois – ou plus communément le poisson lion – mérite bien son titre. Avec sa large crinière et son attitude impérieuse, il règne en souverain dans la plupart des récifs de coraux des Caraïbes et s’est affairé dernièrement à étendre son empire le long de la côte est américaine. Sa venue en a détrôné plus d’un au rang du plus beau pisciforme; poissons anges, coffres et clowns ont été relégués au rang de simples courtisans. Pour la plupart des plongeurs, il sera invariablement le clou du spectacle. Une photo vaut mille mots; vous n’avez pas vu beaucoup de spécimens plus élégants. Après une plongée, la beauté du poisson lion aura certainement tapé dans l’œil de la majorité des participants. Cependant, peu d’entre eux seront au courant de l’ampleur des ravages que ce magnifique poisson cause aux récifs de la région.

Un Pterois volitrans dans toute sa splendeurUn Pterois volitans dans toute sa splendeur (Laszlo Ilyes, Wikimedia Commons, 2010)

Un intrus

Les conquérants ont rarement été invités et le poisson lion n’y fait pas exception. Originaire des eaux des océans Pacifique Ouest et Indien, personne ne sait vraiment comment il s’est rendu jusqu’aux Amériques. Avec son habit d’apparat, sa majesté n’a certainement pas traversé le vaste Pacifique par lui-même. Peut-être était-ce à bord des ballasts d’un navire de fort tonnage? Plausible mais peu probable. Une théorie qui a prévalu longtemps voulait que des poissons lion captifs se soient échappés d’un aquarium de Floride brisé lors de l’ouragan Andrew de 1992. Pour autant que l’on sache, l’origine de leur venue est encore inconnue, car bien avant les ravages d’Andrew, le roi du récif avait déjà été aperçu le long de la côte floridienne. Étant des poissons assez prisés des aquaristes, la thèse qu’ils aient été relâchés intentionnellement ou par erreur par un propriétaire a récemment refait surface.

 

Un destructeur

Qu’importe, le mal est fait. Les poissons lions sont désormais légion et causent des ravages sans précédent dans tous les écosystèmes qu’ils fréquentent. Dotés d’un appétit sans précédent, ils dévorent les autres poissons des récifs sans demander leur reste. Ils ont beau traîner tout cet attirail derrière eux, ils sont néanmoins capables de formidables impulsions pour capturer leur proie. Le récif n’est pour eux qu’un simple buffet. Leur nageoires sont hérissées de dards vénéneux, alors gare à vous si vous vous y frottez. On a comparé leur piqûre à celle de se faire fermer une portière de voiture à pleine vitesse sur les doigts. Résultat : votre main enflera jusqu’à l’épaule et vous vous retrouverez agonisant de douleur dans le fond du bateau. Vos vacances? Invariablement gâchées pour quelques jours, car il n’existe aucun antidote. Pour un plus petit habitant du récif qui serait tenté de goûter au roi, c’est une mort certaine qui l’attendra au détour.

Le poisson lion n’a donc pas de prédateur naturel dans les Amériques. Les requins sont apparemment immunisés à leur poison, mais ayant malheureusement été virtuellement éliminés de la région, on ne peut pas vraiment compter sur eux pour endiguer la propagation de cette espèce invasive. On a recensé des Pterois dans le ventre de mérous, mais encore là, leur faible densité fait d’eux une piètre option. Le lion règne donc en roi partout où il s’installe. Là où il est activement chassé, on le retrouve généralement tapis dans les crevasses. Ailleurs il déambule en plein jour comme si  rien n’était, comme le témoigne cette vidéo, où un plongeur en harponne pas moins de 200 sur un seul site.

Un délice

La seule espèce capable de contrer la progression de l’envahisseur, c’est un Homo sapiens palmé armé d’un harpon. Encore une fois donc, il incombe à l’homme de réparer les torts qu’il a causé à la nature, sauf que là heureusement, le poisson lion est délicieux. Dans un burger ou en ceviche, la mort rétracte son venin à l’intérieur de ses épines et pour autant que l’on soit muni d’un bon couteau, il est relativement facile de le fileter.

Chasser le poisson lion est une autre paire de manches par contre. Complètement indifférent face à la menace d’un trident à deux pouces de sa tête, il ne fait pas une redoutable proie. Le problème, c’est qu’un faux mouvement pourrait se solder par une piqûre, car la direction de ses bonds est somme toute imprévisible. Plus c’est beau et coloré, plus c’est toxique. En langage technique, c’est de l’aposématisme, une manière qu’a l’animal d’avertir ses prédateurs qu’ils devraient passer leur chemin.

Sur l’île d’Utila au Honduras,  le centre de plongée dans lequel je suivais une formation, envoyait sporadiquement ses  maîtres plongeurs à la chasse, à la fois pour contrôler l’expansion de l’espèce, mais aussi pour alimenter ses cuisines de chair fraîche pour le fameux « save the reef » burger. Dans les récifs encerclant l’île, les efforts de contrôle étaient assez efficaces, puisque apercevoir un Pterois était somme toute peu fréquent. Loin des sites de plongée par contre, on le retrouvait en grand nombre. C’est donc là que nous allions chasser, dans les collines marines qui bordaient la périphérie extérieure de l’île. Le stress, l’effort et la profondeur demandaient  des habilitées de plongée supérieures à la moyenne pour éviter les accidents de décompression, mais le défi principal résidait dans le fait que nous n’étions autorisés à nous servir que d’un harpon – erronément appelé sling hawaiienne – d’une longueur maximale de deux pieds, ce qui exigeait que nous approchions nos mains nues dangereusement proche de notre proie.

La sling hawaiienne est un petit trident auquel est attaché à son extrémité un élastique chirurgical. L’élastique est enfilé autour du pouce et il est bandé jusqu’à ce que la main puisse agripper la base du trident. Lorsque la poigne est relâchée, le trident est projeté vers l’avant par la force de l’élastique avec suffisamment de force pour transpercer un poisson de taille moyenne. Dans nombre de vidéos incluant celui ci-haut, les plongeurs sont munis d’une sling avec un long manche, ce qui établit plus de distance entre eux et leur proie et leur permet l’utilisation d’un plus long élastique pour une puissance accrue. En vertu des règlements en place pour limiter la pêche sur l’île d’Utila, nous étions limités à un harpon de deux pieds et des mains sans protection, le port de gants étant lui aussi interdit.

Le stockage du poisson lion harponné présente lui aussi un défi. Il n’est pas possible de se servir d’un simple sac de maille tissée, car ses dards pointus présentent encore un danger pour quelques temps après le décès. Il existe des contenants adaptés, mais pas de Fedex ni d’UPS sur l’île, alors nous devions faire avec les moyens du bord, soit des tuyaux de PVC bouchés aux deux extrémités. Pendant qu’un plongeur s’occupait du harponnage, son compagnon devait tenir le réceptacle en prenant garde de ne pas toucher ses embouts troués.

Une fois à bon port avec les prises de la journée, tous les spécimens étaient mesurés pour fin de statistiques et ensuite filetés pour le ceviche du soir. Les abats, eux, étaient répandus dans les alentours en espérant qu’il vienne à un prédateur plus adapté qu’un humain à la vie aquatique l’aspiration de détrôner le poisson lion comme roi du récif.

En conclusion

Que les premiers spécimens soient arrivés par bateau ou relâchés par un propriétaire d’aquarium qui voulait leur donner une seconde chance plutôt que de les tuer, ce n’est qu’une triste conséquence d’un manque de jugement de notre part. Il n’y a pas eu malice ou de grossière négligence de la part de personne. Je ne sais pas si globalement, les efforts pour endiguer la progression de l’espèce portent fruit. Localement par contre, sur plusieurs îles que j’ai fréquenté, la communauté des plongeurs et les habitants se sont mobilisés pour contrer l’envahisseur, car vivant de pêche de subsistance ou de l’éco-tourisme, leur source de revenus ou nourriture en dépend. Il s’organise des « lion fish derby », où tous se rassemblent un après-midi pour aller chasser sur les récifs. L’évolution des populations est suivie par des biologistes et les autorités locales et lors de plongées avec des clients, nous apportions souvent notre équipement de chasse au cas où nous rencontrerions un Pterois. Bien que faisant face à d’autres menaces, les récifs autour de ces îles s’étaient généralement affranchis de celle du poisson lion, grâce aux efforts concertés des différentes parties prenantes. Ailleurs par contre, l’ampleur des dégâts est difficile à juger. Cela peut sembler paradoxal, mais désormais, la santé de ces écosystèmes fragiles dépend en grande partie de celui qui les a mis en danger en premier lieu: l’homme.


Références

The quest for Durian

The title of a science-fiction novel I’m writing recounting the search by a brave group of space explorers for a mysterious planet.

No durians!No, I’m kidding, it’s just a post about this strange fruit and my attempt at trying it. It all started in the Singapore metro when I noticed a sign, that on top of advising the riders that it was prohibited to smoke, eat or carry inflammable goods also banned durian. Curious, I documented myself on the thing as soon as I got to my hostel and realized it was a fruit. A fruit? That you can’t have with you in the metro? I must try it. Upon discussing it with my Singaporean friends they informed me that it was indeed a delicacy, but a smelly one with a peculiar “love it or hate it” taste. So smelly and incommoding to some that for this reason it was banned from public transportation. Regrettably, all my attempts at finding some provided futile in Singapore, as it was not the season.

From that point on, the durian would come back and haunt me from time to time. It was a recent afternoon while walking in Chiang Mai, Thailand, with Jesse that I told him about this coveted fruit and its strange properties and instantly he was convinced that we should attempt to find some. So we asked at a nearby Thai restaurant where we could find it in town and the lady kindly directed us to the produce market on the outskirts of the old city.

Once at the market, it took us some time before we could lay our eyes on some prepared durian but eventually we spotted it. In fact, we had seen the entire fruit numerous times before, but since we had no idea on how to prepare it, not even sure we would like it and not forgetting that its about the size of melon, we figured it would be more reasonable to get its precut in small quantity. Not a whole lot we found and it was very expensive. According to a expatriate also purchasing some there, also not of the best quality, but we had not walked this far to come back durian-less. So we purchased the smallest piece we could find, some rice, some meat skewers and ate that small dinner on the curb and had the durian for dessert.

Finally, durian!

Finally, durian!

To our great surprise, it was delicious. Tasty but with a lot of character. To quote the British naturalist Alfred Russel Wallace: “A rich custard highly flavoured with almonds gives the best general idea of it“. Satisfied by our durian experience, we decided to leave some for later so I wrapped the rest back in its plastic tray, put it in a plastic bag which I tied in a knot and stuffed the package in my backpack. It was not that smelly anyway, so we started to wonder what all the fuss was really about. Back at our hostel, I moved the durian to a drawer and we headed out for a night out in town.

When we came back the whole dorm was filled with the strong stench of the fruit. An odor akin to smelly feet but with a touch of sweetness. There it was, the famous durian smell we laughed, but since it was nothing unpleasant to our noses we went to bed (without much consideration for our roommates). The next morning, we decided to make it up to those who had to endure the smell the whole night so I pulled the durian out of its packaging and offered some to everyone in the common area, including the owner of the hostel, who upon seeing the fruit cried: “So that’s what it was! The Thai cleaning lady has been telling me all morning that there was a durian in the room.” And then he kindly refused our offer as he was not really a fan but warned us that the next time, we should keep it outside.

To our delight, the durian was even tastier that morning than it was the day before.

 

La politesse japonaise

Merci pour le conseil

Merci pour le conseil

Elle mérite son propre article, car il ne m’a jamais été donné de côtoyer une société aussi polie et respectueuse et franchement, je ne crois pas qu’il en existe qui puissent les supplanter. Peu importe l’endroit, les Japonais sont toujours présents, serviables et souriants. Même livré à eux mêmes, leur étique de travail fait en sorte que peu importe la tâche à laquelle ils s’adonnent, il est garanti qu’elle sera bien faite et ce au premier essai. Les villes sont d’une propreté telle qu’il y est très difficile de trouver des poubelles (Melissa a formulé l’idée de développer une application pour les indiquer aux touristes), les Japonais ramènent leur déchets à la maison comme le prescrit de nombreux signes dans les parcs. Avec raison dans le fond, contrairement à nous qui erronément pensons que nos emballages usés et restes de nourriture ne sont plus notre responsabilité.

Je fis l’expérience du savoir vivre de ce pays dans le plus inattendu des endroits: au Mister Donut. Les deux seuls préposés furent si serviables que Melissa et moi nous sommes sentis franchement inconfortables d’avoir eu droit à un service cinq étoiles pour le seul achat de cafés et de beignes. Pour donner quelques exemples, ne parlant pas anglais, les employés firent leur possible pour s’assurer que nous ne manquions de rien, ils nous apportèrent lait et sucre sans même que nous le demandions et lorsque l’un nous renversa un peu de liquide sur nos mains et la table, plus vite que son ombre l’un d’eux accouru avec des serviettes. Lorsque nous quittâmes l’endroit, nous eûmes droit à la révérence Japonaise avec un “Good bye, thank you” maladroit mais chaleureux et ce n’était pas parce que nous étions manifestement touristes, les autres clients ayant eu droit à la même qualité de service.

Les Japonais ont encore une fois mis la barre haute. Pour votre divertissements voici une sélection de signes que l’on peut trouver un peu partout au Japon. Pour la collection entière, rendez-vous ici.

Arcade is not dead!

And in fact, it is thriving in Japan. Where the few machines that are still to be found in America have not really evolved past the Street Fighter era, the Japanese have been putting their very fertile imagination into developing systems that are very much 21st century.

An entrance to an arcade. How colorful and appealing!

An entrance to an arcade. How colorful and appealing!

Video games

The variety of games that could be played was mind-boggling. Some of them I was not even able to figure how they worked.

UFO games

The general goal was to nudge or pick up something in order to make it fall inside a conduct. Still a common sight in America where in most cases cuddly toys can be won, the Japanese, true to themselves, have pushed the concept much further than we have. Most arcades had entire floors devoted to UFO games, where things ranging from food to anime characters could be won.

UFO game

Cutifying yourself

Worry not ladies, the Japanese arcades also has something for you too : photo booths big enough for you and all your friends that apply some digital imagery trick to make you look cuter. Bambi eyes (western looking eyes), skin defect correction, makeup or black and white, whatever fits your mood of the day. Once satisfied with the result, the machine lets you pick a background and a layout, sends the photos to an e-mail account and then prints stickers so you can show the world how kawaii (cute) you are.

Pachinko

While looking at people playing pachinko and not understanding the point, I figured there had to be more to this game. After reading the wikipedia article on it, I realized that no, it’s just a Japanese twist on the retarded zombie slot-machine. Basically, it is played with little metal balls that fall randomly on a vertical pinball machine like surface and if one enters a specific hole, points are won and … you get more balls. In Japan, gambling for money is illegal so when you poor brain can no longer take pachinko or you get an angry call from your wife, you take your balls to a different store where they can be used to redeem prizes or cash.

Pachinko!

Pachinko!

The peeing game

The one machine that struck me as being very original and weird was one that I found in a place where I least expected it: above a urinal. An infrared sensor starts a timer upon the first squirt of urine and the longer you relieve yourself, the more points you score and the more the sexy looking anime lady on the screen undresses herself. Brilliant.

Peeing game