Boukhara, Ouzbékistan

En train depuis Samarcande, nous sommes arrivés assez tôt pour pouvoir faire un petit tour de la vielle avant que la nuit tombe. Dès les premiers pas, nous sommes tombés sous son charme. Boukhara correspondait en fait à l’idée que nous nous étions fait de Samarcande : une vielle ville aux allées un peu poussiéreuses, aux maisons de pierres beiges et de terre séchée, parsemée de madrasas, de mosquées et de petites places ombragées. Boukhara, bien que moins étendue que sa grande soeur, semblait receler d’un bien plus grand nombre de monuments. Ceux hors des rues touristiques,étaient même pour la plupart à l’abandon, laissant entrevoir l’effet des siècles sur les structures, mais aussi à quoi devait ressembler jadis les monuments restaurés (le gouvernement ouzbèke aime bien embellir son patrimoine…)

Mosquée Bolo-Haouz pendant la prière8

 

Le soir venu, nous avons pour la dernière fois retrouvé Sven et sa copine qui passaient par là pour traverser le pays et rejoindre le Kazakhstan. Sven avait fait une demande de visa de transit pour se rendre en Iran en passant par le Turkménistan, mais cette dernière a été refusée… Espérons que ce ne sera pas le cas pour la nôtre. Bref le lendemain, les derniers adieux se sont donnés, car nos chemins se séparaient.

Cour de la mosquée Kalon

 

Entée de la madrasa Mir-i-Arab

Le reste de la journée a été dédié à une exploration plus approfondi ede la vielle ville et de ses monuments. Nous devons le redire Boukhara est magnifique et de loin la plus belle ville qu’il nous ait été donné de visiter en Asie Centrale. Je laisse les photos faire le reste du travail.

Cour de la madrasa Modari Khan (comptez le nombre de Audreys)

Reste-t-il quelque chose d’authentique à Boukhara? Pas vraiment et c’était d’ailleurs la plainte principale d’un couple d’allemands rencontrés à l’hostel; au point d’en avoir décidé d’écourter leur séjour en Ouzbékistan. Mais dans les faits, est-ce qu’une ville historique telle que Boukhara devait être jadis peut encore exister de nos jours? La réponse est à mon avis simple: non. L’ancienne Boukhara, aussi splendides furent ses nombreuses madrasas, ses mosquées et son palais fortifié dominant une ville protégée de hautes murailles, ne pourrait tout bonnement pas exister sous cette forme au 21e siècle. Ces attraits ont beau faire son charme, ils ne sont foncièrement que de l’infrastructure désuète. Afin de conserver tout ce patrimoine, il faut certes l’apport des gouvernements locaux et nationaux, mais aussi celui de l’industrie du tourisme. Et avec cette dernière viendront malheureusement les hôtels, les boutiques de souvenirs et autres services modernes qui “dénaturent” le lieu. Lorsque l’on visite ce genre d’endroit donc, il est bien intéressant de s’informer sur son histoire ancienne afin de mieux se l’imaginer tel qu’il devait être, mais il ne faut pas perdre de vue le contexte présent dans lequel il existe. Boukhara, comme tant d’autres, ne peut donc que perdurer aujourd’hui sous sa forme actuelle: celle d’une ville musée; on s’y balade, on admire l’architecture, on débourse pour visiter quelques bâtiments, on paye nos restos et notre logis plus cher et voilà tout. S’attendre à y retrouver quelque chose d’authentique relève de la naïveté. En Ouzbékistan comme ailleurs, cette authenticité ne se trouve maintenant que dans de petites bourgades agricoles en perdition ou encore dans des centres urbanisés pollués et nauséabonds, fourmillants d’activité mais sans attrait ni âme, l’habitant moyen n’ayant comme souci que d’en extraire sa pitance.

 

2 thoughts on “Boukhara, Ouzbékistan

  1. Ville super belle…merci
    Il y a 3 Audrey dans la photo….et un Antoine tête de côté dans l’allée
    Ici il neige à plein ciel. Les chevreuils et les dindons sauvages se régalent de mais dans la neige.
    Hélène

  2. Moi je compte 4 Audrey…
    Mais j’ai pas vu Charlie…

    Vraiment un coin de pays magnifique.
    Étonnante aussi la mosquée “en jupon” de la quatrième photo;
    Ça permet de se figurer comment sont construits ces monuments, qu’une couche de fard vient masquer une partie du travail. Durs labeurs sous la finition esthétique…

    Jean x x

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