Résumé: La médecine moderne ne peut plus se pratiquer sans l’aide de bases de connaissances cliniques. Or, toutes celles disponibles sont payantes et fermées et s’il est un domaine qui pourrait bénéficier d’un accès libre à de l’information fiable, de qualité et à jour, c’est celui de la santé. Wikimedica (http://wikimedi.ca) est une plateforme libre accès conçue à cette fin qui permet tant aux cliniciens de terrain qu’aux étudiants de collaborer dans la création et l’amélioration des connaissances essentielles à leur professions.
Abstract: Modern medicine cannot be practiced without the help of basic clinical knowledge. However, all that is available is payment based and restricted, and if ever there was a field in which one could benefit from free-access to trustworthy, high quality and up to date information, it would be healthcare. Wikimedica (http://wikimedi.ca) is a free-access platform created for this purpose which allows working clinicians and students to collaborate on the creation and the improvement of the knowledge essential to their professions.
Mourir de soif au Japon? Impossible! Moyennant quelques yens, il y a dans le paysage urbain des machines distributrices sur littéralement chaque coin de rue, toutes prêtes à offrir tout ce dont vos papilles gustatives pourraient avoir envie. Thé, café chaud ou froid, incontournables de la boisson gazeuse sucrée ou autre concoctions bien spécifiques à l’île, on trouve même de la bière et du saké par endroit (bien pratique pour agrémenter nos errances de fin de soirée).
Trouvez les machines distributrices! (indice: il y en a plus de 9 dans cette seule image)
Me promenant seul dans une Tokyo humide à une heure tardive, je leur ai trouvé un je ne sais quoi d’esthétique. Plantées en petits groupes dans les ruelles, ne manquant jamais d’attirer le regard par leur offre colorée et le scintillement de leurs DELs, j’en ai capturé quelques unes en image.
Complètement à gauche, une machine distributrice de cigarettesCelle-là vend de la bièreLes dépanneurs sont presque autant légion ici au Japon
Si proche de l’Inde le Sri Lanka, pourquoi ne pas aller y faire un petit tour? Logiquement, nous aurions même pu y aller en traversier. Les deux pays sont littéralement séparés par un petit 10-20 kilomètres de détroit. Or, bien qu’il y ait déjà eu un tel service, le seul moyen de s’y rendre de nos jours est par avion. Nous sommes donc partis de Chennai pour une heure plus tard atterrir au nord de Colombo, la capitale du Sri Lanka. Nous n’y avons même pas mis les pieds par contre, cela se fera au retour. Nous avons sautés dans le premier bus et sommes allés rejoindre le père d’Audrey à Anuradhapura dans le milieu nord de l’île. Comparé à l’Inde, le Sri Lanka est minuscule. Il est donc aisé de s’y déplacer.
La première chose qui nous a frappé en débarquant au Sri Lanka, c’était l’absence presque totale de tous ces désagréments si présents en Inde. L’endroit est propre et vert, la circulation est ordonnée et l’usage du klaxon raisonnable. On ne se fait pas non plus harceler constamment pour nous vendre n’importe quoi. Rafraîchissant… D’autant plus que j’aurais cru que le Sri Lanka allait être davantage plus miséreux que son gros voisin, mais en réalité c’est tout le contraire. Tous les indicateurs sociaux, économiques et environnementaux sont plus élevés ici. Qu’est-ce qui l’explique? La religion? La culture? L’organisation sociale? Des leaders visionnaires? Nous le découvriront sûrement…
Anuradhapura est une ancienne capitale de je ne sais plus quel empire. Autrefois un énorme complexe religieux et administratif, une bonne partie est aujourd’hui en ruine, mais plusieurs de ses immenses stupas et monastères bouddhistes sont encore en activité, notamment car c’est ici même qu’aurait été planté une bouture de l’arbre sous lequel le Bouddha aurait atteint l’éveil. C’est donc un endroit très fervent. D’autant plus que nous y étions lors d’une fête religieuse. La majorité des visiteurs étaient habillés de blanc et s’adonnaient à des actes de piété.
Le complexe était d’une telle taille qu’à la suggestion du père d’Audrey, nous avons loué des vélos. Un peu comme à Lumbini au Népal, nous nous sommes promenés de points d’intérêt en point d’intérêt, débutant par une immense stupa, largement plus large et haute que celle de Bodnath. Par la suite, nous nous sommes rendus aux ruines d’un gigantesque complexe monastique. Occupant presque un kilomètre carré, nous nous y sommes baladés un bon moment pour terminer par sa stupa. Encore une stupa? Oui, mais contrairement à toutes les autres, celle-là avait perdu son blanchiment à la chaux au cours du dernier millénaire pour ne montrer que sa surface de briques. Manquant de temps, nous avons piqué direct à l’arbre de Bouddha pour ne pas rater notre rendez-vous au restaurant avec le père d’Audrey. Rendez-vous auquel nous sommes de toute manière arrivés une bonne heure en retard, car il y a avait deux succursales du même restaurant en ville et nous attendions à la mauvaise…
La cafétéria Kazakhe est un concept de restauration rapide où à peu de frais (2 à 3$ par personne) l’on peut manger de bons plats locaux frais cuisinés. Comme dans une cafétéria conventionnelle, on commence par se saisir d’ustensiles (cuillère et fourchette, il n’y a jamais de couteaux) et d’un plateau puis l’on défile devait les plats disposés dans un présentoir. Au menu: plov (riz frit ouzbek), laghman (nouilles et soupe), mantis (gros dumplings), pâtisseries à la viande, plats en sauce, soupes, salades et bien plus.
Très pratique pour un touriste non initié à la cuisine locale d’être capable de voir ce qu’il s’apprête à manger. On pointe ce que l’on veut et l’employé nous en sert une portion (souvent pesée) et réchauffe le tout au micro-onde. Ensuite, on passe à la caisse puis l’on va s’asseoir avec notre plateau. Une fois le repas consommé, on laisse notre bordel sur la table (ne vous avisez pas de rapporter le plateau comme on le ferait chez nous, on va vous regarder avec des gros yeux) et un employé le ramassera plus tard.
Détail d’importance: bon nombre de ces cafétérias sont ouvertes 24/24, on peut donc à toute heure de la journée aller savourer son plat kazakhe préféré. Tellement pratique et bon marché qu’Audrey et moi y mangeons à pratiquement chaque repas. Vraiment, des ingrédients achetés au supermarché et cuisinés nous même coûteraient presque autant, alors pour un dollar de plus, nous préférons mille-fois aller profiter des classiques de la gastronomie locale préparés par des pros.
Est-ce que l’invention du concept revient aux Kazakhes, nous ne pensons pas. L’Ukraine avait quelque chose de très semblable et la Russie aussi. Peut-être alors est-ce un concept hérité de l’ère soviétique. Qu’importe, chez les Kazakhes, la cafétéria parait davantage s’être hissée au rang d’institution qu’ailleurs. Dans un pays ou pullulent cafés et restaurants rapides à l’occidentale, nous sommes très heureux de voir que la bonne cuisine nationale a toujours la cote.
Le genre Pterois – ou plus communément le poisson lion – mérite bien son titre. Avec sa large crinière et son attitude impérieuse, il règne en souverain dans la plupart des récifs de coraux des Caraïbes et s’est affairé dernièrement à étendre son empire le long de la côte est américaine. Sa venue en a détrôné plus d’un au rang du plus beau pisciforme; poissons anges, coffres et clowns ont été relégués au rang de simples courtisans. Pour la plupart des plongeurs, il sera invariablement le clou du spectacle. Une photo vaut mille mots; vous n’avez pas vu beaucoup de spécimens plus élégants. Après une plongée, la beauté du poisson lion aura certainement tapé dans l’œil de la majorité des participants. Cependant, peu d’entre eux seront au courant de l’ampleur des ravages que ce magnifique poisson cause aux récifs de la région.
Un Pterois volitans dans toute sa splendeur (Laszlo Ilyes, Wikimedia Commons, 2010)
Un intrus
Les conquérants ont rarement été invités et le poisson lion n’y fait pas exception. Originaire des eaux des océans Pacifique Ouest et Indien, personne ne sait vraiment comment il s’est rendu jusqu’aux Amériques. Avec son habit d’apparat, sa majesté n’a certainement pas traversé le vaste Pacifique par lui-même. Peut-être était-ce à bord des ballasts d’un navire de fort tonnage? Plausible mais peu probable. Une théorie qui a prévalu longtemps voulait que des poissons lion captifs se soient échappés d’un aquarium de Floride brisé lors de l’ouragan Andrew de 1992. Pour autant que l’on sache, l’origine de leur venue est encore inconnue, car bien avant les ravages d’Andrew, le roi du récif avait déjà été aperçu le long de la côte floridienne. Étant des poissons assez prisés des aquaristes, la thèse qu’ils aient été relâchés intentionnellement ou par erreur par un propriétaire a récemment refait surface.
Un destructeur
Qu’importe, le mal est fait. Les poissons lions sont désormais légion et causent des ravages sans précédent dans tous les écosystèmes qu’ils fréquentent. Dotés d’un appétit sans précédent, ils dévorent les autres poissons des récifs sans demander leur reste. Ils ont beau traîner tout cet attirail derrière eux, ils sont néanmoins capables de formidables impulsions pour capturer leur proie. Le récif n’est pour eux qu’un simple buffet. Leur nageoires sont hérissées de dards vénéneux, alors gare à vous si vous vous y frottez. On a comparé leur piqûre à celle de se faire fermer une portière de voiture à pleine vitesse sur les doigts. Résultat : votre main enflera jusqu’à l’épaule et vous vous retrouverez agonisant de douleur dans le fond du bateau. Vos vacances? Invariablement gâchées pour quelques jours, car il n’existe aucun antidote. Pour un plus petit habitant du récif qui serait tenté de goûter au roi, c’est une mort certaine qui l’attendra au détour.
Le poisson lion n’a donc pas de prédateur naturel dans les Amériques. Les requins sont apparemment immunisés à leur poison, mais ayant malheureusement été virtuellement éliminés de la région, on ne peut pas vraiment compter sur eux pour endiguer la propagation de cette espèce invasive. On a recensé des Pterois dans le ventre de mérous, mais encore là, leur faible densité fait d’eux une piètre option. Le lion règne donc en roi partout où il s’installe. Là où il est activement chassé, on le retrouve généralement tapis dans les crevasses. Ailleurs il déambule en plein jour comme si rien n’était, comme le témoigne cette vidéo, où un plongeur en harponne pas moins de 200 sur un seul site.
Un délice
La seule espèce capable de contrer la progression de l’envahisseur, c’est un Homo sapiens palmé armé d’un harpon. Encore une fois donc, il incombe à l’homme de réparer les torts qu’il a causé à la nature, sauf que là heureusement, le poisson lion est délicieux. Dans un burger ou en ceviche, la mort rétracte son venin à l’intérieur de ses épines et pour autant que l’on soit muni d’un bon couteau, il est relativement facile de le fileter.
Chasser le poisson lion est une autre paire de manches par contre. Complètement indifférent face à la menace d’un trident à deux pouces de sa tête, il ne fait pas une redoutable proie. Le problème, c’est qu’un faux mouvement pourrait se solder par une piqûre, car la direction de ses bonds est somme toute imprévisible. Plus c’est beau et coloré, plus c’est toxique. En langage technique, c’est de l’aposématisme, une manière qu’a l’animal d’avertir ses prédateurs qu’ils devraient passer leur chemin.
Sur l’île d’Utila au Honduras, le centre de plongée dans lequel je suivais une formation, envoyait sporadiquement ses maîtres plongeurs à la chasse, à la fois pour contrôler l’expansion de l’espèce, mais aussi pour alimenter ses cuisines de chair fraîche pour le fameux « save the reef » burger. Dans les récifs encerclant l’île, les efforts de contrôle étaient assez efficaces, puisque apercevoir un Pterois était somme toute peu fréquent. Loin des sites de plongée par contre, on le retrouvait en grand nombre. C’est donc là que nous allions chasser, dans les collines marines qui bordaient la périphérie extérieure de l’île. Le stress, l’effort et la profondeur demandaient des habilitées de plongée supérieures à la moyenne pour éviter les accidents de décompression, mais le défi principal résidait dans le fait que nous n’étions autorisés à nous servir que d’un harpon – erronément appelé sling hawaiienne – d’une longueur maximale de deux pieds, ce qui exigeait que nous approchions nos mains nues dangereusement proche de notre proie.
La sling hawaiienne est un petit trident auquel est attaché à son extrémité un élastique chirurgical. L’élastique est enfilé autour du pouce et il est bandé jusqu’à ce que la main puisse agripper la base du trident. Lorsque la poigne est relâchée, le trident est projeté vers l’avant par la force de l’élastique avec suffisamment de force pour transpercer un poisson de taille moyenne. Dans nombre de vidéos incluant celui ci-haut, les plongeurs sont munis d’une sling avec un long manche, ce qui établit plus de distance entre eux et leur proie et leur permet l’utilisation d’un plus long élastique pour une puissance accrue. En vertu des règlements en place pour limiter la pêche sur l’île d’Utila, nous étions limités à un harpon de deux pieds et des mains sans protection, le port de gants étant lui aussi interdit.
Le stockage du poisson lion harponné présente lui aussi un défi. Il n’est pas possible de se servir d’un simple sac de maille tissée, car ses dards pointus présentent encore un danger pour quelques temps après le décès. Il existe des contenants adaptés, mais pas de Fedex ni d’UPS sur l’île, alors nous devions faire avec les moyens du bord, soit des tuyaux de PVC bouchés aux deux extrémités. Pendant qu’un plongeur s’occupait du harponnage, son compagnon devait tenir le réceptacle en prenant garde de ne pas toucher ses embouts troués.
Une fois à bon port avec les prises de la journée, tous les spécimens étaient mesurés pour fin de statistiques et ensuite filetés pour le ceviche du soir. Les abats, eux, étaient répandus dans les alentours en espérant qu’il vienne à un prédateur plus adapté qu’un humain à la vie aquatique l’aspiration de détrôner le poisson lion comme roi du récif.
En conclusion
Que les premiers spécimens soient arrivés par bateau ou relâchés par un propriétaire d’aquarium qui voulait leur donner une seconde chance plutôt que de les tuer, ce n’est qu’une triste conséquence d’un manque de jugement de notre part. Il n’y a pas eu malice ou de grossière négligence de la part de personne. Je ne sais pas si globalement, les efforts pour endiguer la progression de l’espèce portent fruit. Localement par contre, sur plusieurs îles que j’ai fréquenté, la communauté des plongeurs et les habitants se sont mobilisés pour contrer l’envahisseur, car vivant de pêche de subsistance ou de l’éco-tourisme, leur source de revenus ou nourriture en dépend. Il s’organise des « lion fish derby », où tous se rassemblent un après-midi pour aller chasser sur les récifs. L’évolution des populations est suivie par des biologistes et les autorités locales et lors de plongées avec des clients, nous apportions souvent notre équipement de chasse au cas où nous rencontrerions un Pterois. Bien que faisant face à d’autres menaces, les récifs autour de ces îles s’étaient généralement affranchis de celle du poisson lion, grâce aux efforts concertés des différentes parties prenantes. Ailleurs par contre, l’ampleur des dégâts est difficile à juger. Cela peut sembler paradoxal, mais désormais, la santé de ces écosystèmes fragiles dépend en grande partie de celui qui les a mis en danger en premier lieu: l’homme.