Pokhara, Népal

Pokhara est une ville moyenne de région et bonne base de départ pour les treks dans la région de l’Annapurna. Elle possède tout de même un certain charme et une atmosphère beaucoup plus relax que la capitale et vaut donc la peine que l’on s’y attarde un peu. Capitale qui d’ailleurs n’est pas très loin à vol d’oiseau : 200 kilomètres au plus. Toutefois, la route est si sinueuse qu’il faut 8 heures pour faire le trajet en autobus. Les népalais et d’autres touristes vous dirons que la chaussée est dans un état désastreux, mais en toute franchise, par rapport à l’Asie Centrale, on est encore dans le pavage de qualité. Ce qui frappe par contre (littéralement) c’est la dangerosité de la conduite. D’ailleurs, nous avons croisé un accident à la mi chemin qui avait fait chuter l’un des véhicule impliqué dans la rivière en contrebas, clamant au passage la vie de ses occupants.

Pagode de la paix à Pokhara
Le trekking est un incontournable du Népal et même si le temps qui nous était imparti limitait nos options, nous allions tout de même en entreprendre un. C’était d’ailleurs ce qui nous amenait à Pokhara. Pendant les trois jours passés en ville nous avons magasiné notre randonnée, mais aussi profité pour aller jeter un oeil à la pagode de la paix, un monument édifié en surplomb de la ville offrant un bon point de vue, et la colline de Sarangkot, encore plus haute et sans fonction religieuse, mais excellente comme piste de lancement de parapentes. Pokhara, vous l’aurez deviné, est encerclée de montagnes et la météo permettant, est à distance de vue des hautes montagnes himalayennes. Au niveau urbain, elle est décidément une plaque tournante du tourisme dans la région. Son centre-ville est envahi de restaurants, d’hôtels, de boutiques et d’agences de tourisme. En s’en éloignant un peu par contre, on retombe vite dans le quotidien népalais.
Histoire de faciliter le trek, ma mère a tenu à ce que nous engagions un guide. Au quatrième jour donc, nous avons quitté la ville en sa compagnie pour nous rendre au point de départ la marche.

Katmandou (1), Népal

Le Népal, un endroit qui allait certainement avoir de quoi nous changer de l’Asie Centrale et faire la transition vers l’Inde. En plus, nous allions y rencontrer ma mère et ma tante, toutes deux très excitées de pouvoir partager ce bout d’aventure avec nous. L’aéroport de Katmandou, petit et vétuste, s’est traversé sans trop d’efforts et après une demi-heure de taxi, nous étions à l’hôtel près de Thamel, le ghetto de touristes. Anxieux d’aller découvrir cette nouvelle ville, nous sommes aussitôt ressortis pour aller manger et prendre un verre en attendant ma mère et ma tante. Nous les avons rencontrées dès leur arrivée. Bien que fatiguées de leur voyage, elles ont tenu à ce que nous allions boire une bière afin de faire le bilan sur ces mois d’absence de ma part.

Dans Thamel, le quartier touristique de Katmandou

Audrey et moi n’avions fait aucun devoirs sur le Népal. À la fois par paresse, à la fois car nous voulions laisser l’opportunité à nos deux visiteuses d’organiser un voyage plus à leur convenance qu’à la nôtre. Après tant de mois d’organisation serrée, cela nous faisait grand plaisir de simplement nous décharger de ce fardeau. Nous n’avions en fait qu’une priorité à Katmandou : le visa indien. Encore des foutues histoires de visa vous allez dire? Non, celui là était plutôt simple, (en comparaison avec l’Asie-Centrale), mais il nous a quand même fallu nous rendre à l’ambassade le lendemain pour confirmer de l’information un peu contradictoire. Pour le reste de la journée, nous nous sommes contentés de nous balader dans la ville. Katmandou n’a rien de commun avec les capitales au look soviétique visitées jusqu’à présent. Ces dernières paraissent des plus organisées et propres face au chaos de poussière et de motos de la capitale népalaise. Par contre, Katmandou possède définitivement une âme et émane d’un charme définitif. Je n’en dirais pas autant de nos autres comparatifs, qui semblent davantage calculées et impersonnelles. Partout, de la couleur, des temples, des autels, de la musique, des odeurs, de la lumière; la ville fourmille d’activité: on ne sait littéralement plus où poser le regard. Enfin si, sur la route, car le trafic de motocyclette y est intense et les rues, en partie non pavées, laissent parfois à peine passer une voiture, mais les népalais trouveront le moyen de rajouter deux motos et quatre piétons en plus.

En dépit de tout ce chaos, nous première heures dans la ville se passaient de manière plutôt relaxe, mais l’aventure n’est jamais très loin. Alors que ma mère et ma tante réglaient leur note au restaurant où nous avions soupé, Audrey et sommes sortis pour les attendre devant. Pendant que je discutais avec un népalais qui tentait de ne vendre de l’opium, Audrey s’est éloignée pour aller investiguer une altercation dans la rue. Lorsqu’elle s’est rendu compte que c’était en fait un cas de violence verbale entre un homme et une femme, elle m’a crié de venir la joindre. Au loin, je l’ai vu s’emparer de la femme qu’elle a ramené vers le restaurant. L’homme, un peu médusé par la situation, s’est mis à les suivre, répétant qu’il se connaissent. Je me suis alors interposé entre lui et les filles, lui expliquant que son amie ne voulait manifestement plus de sa compagnie pour la soirée, qu’il devait partir chez lui et qu’elle le rappellerait demain si elle le désirait. La jeune femme, visiblement ébranlée, nous a rapidement mis au diapason de ce qui s’était passé, les larmes aux yeux. Elle était européenne, il était népalais, ils étaient mariés depuis quelques mois, il était alcoolique, il devenait violent lorsqu’il tombait dans la bouteille. Ok, elle avait besoin d’aide. Audrey lui a proposé de l’escorter à notre hôtel pour qu’elle se prenne une chambre, chose qu’elle a accepté.

Tout au long du trajet et jusqu’à tard dans la soirée, Audrey, en mode intervention, a fait jouer toute son expérience afin de faire comprendre à cette femme qu’elle valait mieux que ça, qu’elle devait s’extirper de cette relation et ce non pas sans tendre une oreille attentive et pleine de compassion envers les paroles de cette jeune femme. Pour ma part, j’ajoutais des commentaires ici et là, mais je n’ai surtout été que spectateur. Au final, nous sommes possiblement parvenus à faire faire un bon bout de chemin à cette victime. Étonnant pour une thérapie entamée à minuit? Vous auriez dû voir le travail de maître qu’a exécuté Audrey. L’histoire n’est d’ailleurs pas terminée au moment où j’écris ces lignes. Oui, la jeune femme est retournée auprès de son mari, mais non pas sans nous donner ses coordonnées pour qu’on lui apporte conseil. Les népalais ont beau être un peuple a la réputation chaleureuse, ils sont extrêmement réticents à intervenir dans ce genre de situation et il n’existe littéralement aucune ressources pour les victimes de violence conjugale.

La nuit a été courte, car après l’intervention, il nous fallait encore remplir notre demande de visa en ligne et nous lever tôt pour aller la porter au bureau de l’ambassade. Heureusement, le tout s’est déroulé sans encombres. Tout de même, nous sommes revenus trop tard à l’hôtel pour faire la sieste et avons dû enchaîné avec la visite de l’après-midi : Pashupatinath. Ceux qui ont visité l’Inde connaissent certainement Varanasi. Et bien Pashupatinath en est l’équivalent népalais. Un complexe de temples hindous où les croyants viennent faire foi de spiritualité et … incinérer leurs morts pour ensuite disperser leurs cendres dans une rivière sacrée. Arrivés sur le site, ce n’était pas le potentiel de visite qui manquait.

Un sâdhu

Certaines parties du complexe étaient interdites aux non hindous, mais la plupart des sites nous étaient ouverts. Partout des singes, des népalais en train d’exécuter de petits rituels, des sâdhus, sortes de moines ascètes, gardiens des temples et au bord de l’eau des bûchers et construction et d’autres en combustion. L’odeur de chair brûlée emplissait l’air et le moment était solonel mais d’une beauté qui n’a simplement pas son égal par chez nous. Alors que la nuit était tombée, nous avons assisté à une cérémonie hindoue puis sommes retournés en ville pour souper. Nous étions tous d’avis qu’il aurait fallu passer davantage de temps dans cet endroit envoûtant.

Rivière sacrée passant au travers de Pashupatinath, les bûchers sont en arrière plan
Contemplatifs devant les bûchers de Pashupatinath
Familles incinérant leurs morts

Le lendemain, il fallait être debout tôt car nous quittions pour Pokhara. Katmandou avait bien plus à offrir que ce que nous avions vus dans nos deux petits jours de visite, mais nous allions y revenir à la fin de notre séjour au Népal.

 

 

Dubaï, Émirats Arabes Unis

Notre prochaine destination officielle étant Kathmandu au Népal, nous allions d’office transiter par Dubaï, Émirats Arabes Unis pour nous y rendre. Il s’adonnait même que de couper le vol en deux (acheter deux billets plutôt qu’un) nous revenait moins cher. Pourquoi donc ne pas aller visiter cette ville dont a tant entendu parler dans les dernières années? Dubaï, ville du luxe et de la démesure humaine… En fait, de ce que j’avais compris, l’entreprise n’était pas si folle que ça. Il y a vingt ans, Dubaï n’était qu’une ville sans grande importance. Comment donc assurer la pérennité de l’endroit face à d’autres villes de la région qui poussaient aux dollars pétroliers? En construisant une nouvelle mégapole mondiale et la positionner comme plaque tournante des affaires, de la culture et de la villégiature. Le pari était-il réussi? À voir tout ce qui s’y brassait, il me semblait que oui. Il me restait donc à aller juger de la qualité du résultat.

Débarqués de l’avion, nous sommes tout de suite passés au hors taxes ramasser une bouteille de rhum. Sans même avoir fait de recherches, nous savions que l’alcool alcool allait être introuvable ou excessivement cher. Sortis de l’aéroport, c’est un agréable 28 degrés qui nous a accueilli; une hausse de température notoire par rapport à Tashkent, où l’hiver s’installait de jours en jours. Notre hostel étant situé non loin de là, nous avons pu y marcher avec nos sacs à dos. Le quartier était probablement résidentiel de classe moyenne. Par contre, les maisons y étaient toutes énormes, tout comme les voitures. Fatigués de notre courte nuit, nous sommes allés siester aussitôt arrivés pour nous lever qu’un bon deux heures plus tard. Notre objectif pour ce qui restait de l’après-midi et la soirée : le Burj Khalifa. De ses 800 mètres, il domine la ville (qui ne manque autrement pas de grattes-ciels) et le palmarès mondial du bâtiment le plus haut. Ai-je spécifier que nous comptions nous y rendre à la marche? Selon la carte, ça n’avait l’air qu’à 7 kilomètres tout au plus…

À l’entrée du centre-ville.

En fait, il nous aura fallu cinq heures et plus de 15 kilomètres pour arriver au pied du Burj Khalifa. Nous savions que Dubaï n’était pas faite pour être marchée, mais nous avions largement sous-estimé la nature des obstacles qui allaient se présenter à nous pauvres piétons. Le premier : la distance à parcourir. Dubaï est à grande échelle; ce qui paraît n’être qu’un pâté de maison sur la carte est en fait un quartier entier de tour d’appartements. Conséquemment, tout est beaucoup plus loin qu’il n’y paraît. Deuxièmement : les aménagements piétonniers. Fréquemment nous nous sommes retrouvés face`à des échangeurs autoroutiers qu’il nous a fallu enjamber pour traverser. Curieusement, la ville avait construit un parc au milieu de l’un d’eux. Pas une traitre âme ne s’y trouvait par contre, ce qui n’a rien d’étonnant, car pour nous y rendre, il a fallu traverser à la course une bretelle d’accès à l’autoroute. Et s’il y a avait eu plus de passages piétonniers, on s’en serait sortis plus facilement, mais généralement ils étaient souvent distants d’un bon kilomètres les uns des autres.

Avouons-le, la première partie de notre marche n’a pas été des plus agréable. Nous aurions certainement pu prendre le métro, mais nous tenions à faire l’expérience de Dubaï à l’échelle piétonne. Au passage, nous avons croisé nombres de chantiers de construction. Dubai n’a pas fini de pousser il faut croire. Ce n’est évidemment pas les citoyens du pays qui forment la main d’oeuvre, mais des pakistanais et des indiens par milliers (ou millions?), que des autobus amènent de leur dortoirs jusqu’au chantier à chaque jour pour plancher pendant souvent douze heures à un salaire de misère et dans des conditions de travail douteuses. Cet état de fait défraie souvent les manchettes à l’extérieur du pays, mais est censuré à Dubaï et toute mention est passible d’une forte réprimande. On l’a même comparé à de l’esclavagisme modèle 21e siècle.

Le Burj Khalifa dans les nuages
Au pied du Burj Khalifa

Dans la deuxième partie, où nous avons finalement rejoint le centre-ville, les choses se sont améliorées. Même si la ville a cru bon de foutre une autoroute 8 voies en plein milieu de son axe commercial principal, il y avait quand même de quoi nous stimuler lors de notre passage. Toutes les bannières de gros hotels de luxe y étaient, tout comme celles des restaurants de bouffe rapide. Même un Tim Hortons, cet incontournable canadien. Je n’ai donc pas manqué, après un gros McDo, d’aller me chercher un café et un beigne. On se le dira, après des mois de cuisine centre asiatique, on se prend à avoir des envies de Big Mac. Finalement arrivés au pied du Burj Khalifa, nous avons fait le tour et constaté l’étonnante beauté de l’endroit. Des multiples accès routiers (gardés) au bâtiment, il est probablement sorti et rentré tout les modèles de voitures de luxe que je connaissait. Derrière l’immense édifice, un lac (artificiel) où à notre arrivé débutait un spectacles de fontaines/son/lumières. Aux dires de je ne sais plus quel panneau, c’était le plus gros au monde. Un peu plus loin, le Dubai mall, lui aussi le centre d’achat … le plus gros au monde. Il était déjà 22 heures lorsque nous avons passé ses portes, mais comme il n’y a rien d’autre à faire à Dubai que de dépenser son fric, les commerces sont presque tous ouverts jusqu’à minuit. À l’intérieur, du luxe, oui, mais aussi toutes les bannières que l’on a chez nous pour expérience de magasinage tout budgets. Incontestablement, le plus impressionnant a été l’immense aquarium au milieu du centre commercial. Raies, requins et gros poissons, tout y nageait derrière une vitrine qui devait bien faire 50 mètres de long par 20 de haut. Au total, nous avons bien dû marcher un 20 kilomètres depuis l’hostel, nous ne nous sommes donc pas faits prier pour y revenir en métro.

Il y a quand même de la belle architecture.
Un boulevard à Dubaï, ou plutôt, une autoroute comme on en retrouve tant…

Le lendemain, il était déjà plutôt tard lorsque nous nous sommes extirpés de nos lits. Au programme: la plage publique, le fameux hôtel Burj Al-Arab (l’hôtel iconique de la ville, en forme de voile), le Palm Jumeira, la marina et un autre centre commercial. Allions-nous marcher jusque là? Non merci. Il aurait bien fallu cheminer une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à notre premier objectif. Après un déjeuner indien plutôt abordable, nous avons donc sauté dans le métro pour nous rapprocher le plus possible du début de notre visite. Rapprocher est un grand mot, car depuis la station, il a quand même fallu marcher trois kilomètres pour atteindre la côte. Finalement, la plage publique n’était rien d’excitant et évidemment, impossible de se rapprocher du fameux Burj Al-Arab. Nous avons donc opté pour aller siroter une bière (à 10$ [en happy hour]) dans un resort en pensant pouvoir regarder le soleil se coucher sur la mer. Nous l’avons plutôt vu se coucher derrière les villas du complexe. Probablement six kilomètres de marche plus tard, nous avions atteint notre prochain but, le Palm Jumeira. Allez-donc y jeter un oeil sur Google Maps, ça vaut le coup. Le Palm Jumeira tient son nom de par sa forme en palmier, où le tronc et les feuilles sont en fait d’immenses îles artificielles où ont étés bâtis villas, tours et hôtels à même ce qui autrefois était de la mer. En périphérie du palmier, il s’est construit un gigantesque resort et un parc aquatique. Le développement de l’endroit n’étant pas encore terminé, je ne pourrais dire ce qui se bâtira sur le reste. En frais de gros projets d’ingénierie civile, on est dans le top. La muraille de Chine ne se voit pas depuis l’espace, mais le Palm Jumeira, oui. Petit fait supplémentaire, il s’en construit un encore plus gros non loin sur la côte.

Le Burj Al-Arab
Pente de ski intérieure dans le Mall of the Emirates.

En bon marcheurs, nous comptions nous rendre jusqu’au bout à pied, mais vu la taille de l’endroit et l’impossibilité de l’atteindre autrement que par un monorail (ou en voiture), il nous a fallu nous résoudre à débourser 21$ chaque. L’expérience aurait été plus impressionnante de jour, mais je dois avouer que de traverser cet immense complexe d’îles artificielles suspendu en l’air donnait des impressions futuristes. Une fois arrivés au bout, soit au resort, nous nous sommes contentés d’une crème glacée, d’une petite marche sur le bord de la mer et puis sommes revenus vers la ville. Notre prochaine destination, la marina, conseillée par une autre touriste rencontrée à l’auberge, n’avait rien de très mémorable. Le Mall of the Emirates, anciennement … vous l’aurez deviné, le plus gros centre d’achat (détrôné par le Dubai mall) avait de quoi impressionner, surtout en raison de sa pente de ski intérieure (avec télésiège). Bref, encore une journée bien remplie et ce n’est que tard que nous sommes revenus à notre auberge.

Pour la journée suivante, nos visées étaient plus modestes: le souk de l’or et un objectif de remplacement pour l’appareil photo. Alors que nous étions à Budapest, nous étions parvenus à trouver une lentille de remplacement (une 25-80mm) qui avait fait l’affaire jusqu’à maintenant. Comme nous nous apprêtions à rentrer au Népal et en Inde, soit des endroits riches en monuments, il nous fallait maintenant quelque chose avec un plus grand angle qui nous permettrait de photographier des bâtiments de plus près. Le souk de l’or était situé dans un quartier réellement habité de Dubaï, non pas par les citoyens du pays, mais par les immigrants. L’endroit fourmillait donc de vie. Commerces après commerces, il y avait de tout, des bijoux, des saris indiens, des niqaq, des vêtements plus occidentaux, des téléphones, parfois une mosquée et plusieurs restaurants. Pour ma part, le lieu me rappelait toute la diversité de Singapour.

 

Au souk de l’or

Le souk de l’or n’était rien d’autre qu’une rue où se concentraient les vendeurs de bijoux, mais ce qui se trouvait autour nous a grandement intéressé. Éventuellement, nous sommes parvenus au coin qui vendrait du matériel photographique. En fait, ces magasins semblaient commercer surtout dans le parfum et les montres, mais chacun d’entre eux présentait un petit comptoir avec des caméras des objectifs. Après en avoir fait plusieurs et négocié âprement, nous nous sommes finalement décidés à acheter un 18-55mm (bon pour les monuments) et à la demande d’Audrey, un 100-300mm (bon pour prendre des gens en photo de loin). Nous croyons avoir fait une très bonne affaire, l’équivalent au Canada aurait coûté beaucoup plus cher.

 

Scène de métro classique

Équipés à souhait en matériel de photo, nous sommes rentrés contant à l’auberge, cette fois plus tôt. En prenant un petit verre de fin de soirée, nous ont join un américain en visite pour la plus grande exposition de construction du monde (lui importateur de travertin du Maroc) et une polonaise en travail de documentation sur la vie luxueuse à Dubaï. Photographe, elle s’était donné comme projet d’explorer la luxure aux Émirats Arabes Unis. Simplement par l’entremise du service couch-surfing et du site Tinder (sans prétention de chercher un amant), elle s’était fait inviter dans les bars les plus coûteux de la ville et avait pu fréquenter des habitants du pays qui collectionnaient les Ferraris et les lions comme animaux de compagnie. On aurait pu croire que ce genre d’individus n’avaient de l’amitié que pour la jet-set qui passaient dans leur ville, mais selon elle, il n’en était pas ainsi. Éduqués et bien au fait de la culture occidentale, les jeunes riches du pays adoraient rencontrer des américains et des européens afin de partager des moments (et leurs jouets) en leur compagnie. Notre vol n’était qu’à midi le lendemain, mais encore une fois couché beaucoup trop tard, la nuit a été courte, principalement en raison du surpeuplement de notre auberge, en fait davantage un hotel bon marché. À partir de 6 heures du matin, il y avait un traffic incessant pour entrer et sortir de la chambre et des gens qui ne se gênaient pas pour parler à voix haute quand manifestement, les autres étaient encore en train de dormir. Ǹous sommes arrivés fatigués au terminal deux de l’aéroport de Dubaï, mais bon, le Népal nous attendais en soirée.

D’Europe vers l’Asie Centrale – Fin

Voilà la première phase de notre voyage complété. Malheureusement, le Turkménistan n’aura pas voulu de nous, alors notre périple dans la région se sera arrêté en Ouzbékistan. L’Asie Centrale est un endroit unique comme on en retrouve de moins en moins sur la terre et Audrey et moi n’avons que de bons commentaires sur tous les pays visités. C’est définitivement le Tadjikistan qui nous aura à tout deux plu le plus, mais nous n’aurions aucune hésitation à repasser dans ce coin de planète. Notre départ tardif de France, la voiture et l’impératif d’arriver dans le Pamir à temps nous aura imposé un rythme qui a fait en sorte que nous avons manqué de nombreuses choses (Ne serais-ce que pour revenir au Turkménistan…) En somme, l’Asie Centrale n’aura pas été une aventure de tout repos: c’est un endroit de voyage au sens le plus pur du terme; pour des vacances, il faudra passer. Nous sommes tous deux fiers d’avoir imaginé une telle épopée et de l’avoir menée à bien; vivement le rythme moins effréné de la deuxième phase par contre…

Et de dire que nous n’en sommes même pas à la moitié du voyage! Il nous reste le Népal, l’Inde et possiblement d’autres pays à découvrir. Bien que cela se fera de manière plus conventionnelle et tranquille, il y aura certainement de nombreuses autres aventures à vivre puis relater sur ce blogue. Le rythme des publications ira en diminuant et les textes seront moins long. Par contre, je compenserai par davantage d’images, car le sous-continent indien, de par son incroyable diversité, est un endroit des plus photogénique.

Tashkent, Ouzbékistan (2)

Dans le marché Chorsu

Nous avions deux options pour quitter Boukhara, partir en fin d’après-midi pour arriver à Tashkent tard dans la soirée ou prendre le train de nuit et disposer de davantage de temps dans cette jolie ville. Comme il nous était possible de récupérer notre visa turkmène aussi tôt que le lendemain matin, nous avons opté pour un retour dans la capitale le jour même histoire de passer une nuit de qualité. La matinée suivante donc, appel à l’ambassade du Turkménistan. Malheureusement, le système informatique n’est pas opérationnel alors on nous indique de tenter à nouveau dans une demi-heure. Ce délai écoulé, le préposé parvient à trouver notre demande et nous indique qu’elle est toujours en traitement, mais que nous pouvons écrire à une adresse courriel vers 15h pour vérifier l’avancement. En milieu d’après-midi donc, nous envoyons un courriel puis quittons pour retourner au marché Chorsu à Tashkent et finalement revenir à pied jusqu’à notre gîte. Lorsque que nous avons partagé au personnel de l’hostel que nous étions revenu à pied de l’autre côté de la ville, on nous a regardé avec admiration, comme si nous venions d’accomplir un exploit sportif. Les gens ici ne sont définitivement pas très marcheurs (ni campeurs). Ce n’est que 8 kilomètres et il s’avère que Tashkent, même si elle est surtout faite d’immenses boulevards, est généralement très boisée et donc agréable pour la promenade.

Un marché couvert de Tashkent

Le lendemain matin (vendredi), pas de nouvelles de l’ambassade. Ce n’était pas trop grave, car nous avions donné comme date d’entrée le mercredi suivant. Ce qui s’avérait préoccupant par contre, c’était que notre visa ouzbèke terminait le lendemain et sans extension il allait falloir partir du pays en urgence et faire une croix sur le Turkménistan. Pas de panique par contre, selon une conversation antérieure avec l’un des propriétaires de l’hostel, ce n’était qu’une formalité. En l’approchant de nouveau pour entamer les démarches d’extension, il appelle son collègue pour se rendre compte lui aussi que ce ne sera pas si simple. En gros, il nous faut prouver que nous n’avons pas d’autres choix raisonnables que de rester en Ouzbékistan jusqu’à mercredi et malheureusement, l’attente du visa turkmène ne qualifie pas. Ceci veut donc dire qu’il nous faut trouver un billet d’avion sur un vol qui ne décolle que passé mercredi. Pas forcément besoin de l’acheter par contre, une réservation suffit. Après une bonne demi-heure de recherches intenses, je déniche le Tashkent-Kuala Lumpur à 400$. Une courte marche plus tard et nous sommes aux bureaux d’Uzbekistan airlines pour réserver nos sièges. De retour à l’hostel avec nos confirmations, le propriétaire finalise la demande et nous convenons un rendez-vous le lendemain matin avec lui pour aller à la police de l’immigration. L’obtention de l’extension étant moins une certitude qu’elle avait pu l’être auparavant,  Audrey et moi nous sommes faits un plan de contingence dans l’éventualité d’un refus: comme il ne restera plus de vols abordables et logiques, il nous faudra sauter dans un taxi et le payer un gros prix pour qu’il nous amène à la frontière avec le Kirghizstan à 6 heures de route. Dans certains pays, rester sur le territoire passé sa date limite de visa n’est pas une grosse affaire, mais en Ouzbékistan, ils semblent ne pas rigoler avec la chose. Pour souper et décompresser un peu, nous nous sommes rendus dans un restaurant recommandé par le guide pour y consommer un repas beaucoup trop viandeux et gras. Les mets à base de légumes sont rarissimes dans la cuisine de l’Asie-Centrale.

Cuisine ouzbèke

Samedi matin, Audrey, moi et le propriétaire nous rendons à l’aéroport rencontrer la police de l’immigration. Heureusement l’agent en devoir n’était pas celui rencontré lors de notre première visite (nous lui avions avoué avoir besoin de l’extension pour le visa turkmène). Le propriétaire discute longuement avec lui en Russe pour finalement réaliser que nous ne pourrons pas payer les frais d’extension car les banques sont fermées. Petit moment de panique interne, mais finalement, le policier se montrera assez clément pour nous laisser revenir lundi régler la note. Quelques minutes plus tard, deux belles extension d’une semaine – donc plus que nécessaire – venaient de se rajouter à nos passeports. Ouf! Seule ombre au dossier par contre, il allait falloir prouver à l’agent que nos billets étaient bel et bien achetés et non réservés. Oups! Aux dires du propriétaire de l’hostel, habitué de ce genre de procédure cet officier de police était particulièrement droit et coriace, contrairement aux autres qui généralement octroient des extensions dans même analyser les demandes. Chez nous, on appelle cela un bon policier mais ici, nous étions mal tombés.

Au jardin botanique

Il nous faudra donc acheter un vol. C’est un peu fâchant, car si nous parvenons à obtenir le visa turkmène et bien cet argent sera perdu. Pas selon le propriétaire par contre: un billet s’annule et se déplace sans frais. Nous verrons sous peu. À nouveau aux bureaux d’Uzbekistan airlines, on évalue nos options. Dans les faits, nous devons aller à Dubaï, alors après un peu de recherche, c’est un vol vers cette destination que nous avons acheté. Maintenant que nous avions notre extension, plus besoin d’aller à Kuala Lumpur, tant que nous quittions le territoire ouzbèke à temps. Les frais d’annulation du vol étaient de 60 euros. Pas gratuit, mais pas forcément cher non plus donc dans l’éventualité de l’obtention du visa turkmène, c’est tout ce que nous allions perdre. Notre situation d’étrangers maintenant à toute fin pratique réglée, nous avons pris la décision d’aller errer au centre-ville.

La veille, je m’étais rappelé que Sven était allé assister à un opéra au théâtre Bolchoï de Tashkent à très peu de frais alors je m’étais renseigné auprès de l’accueil de l’hostel sur les spectacles à venir. Ce soir, il jouait Aida de Verdi. J’ai donc lancé l’idée à Audrey et elle s’est montrée intéressée. Sur place, nous nous sommes procurés des billets 2e balcon à 20000 somonis (3,33$). La salle étant très loin d’être comble, le personnel nous a finalement redirigé vers le parterre. Le spectacle (en version Russe) s’est avéré être excellent et il devait à certains moments y avoir plus d’acteurs sur scène que de personnes dans l’audience. Public qui, tout comme lors de l’opéra Dorian Gray à Astana, s’est montré hautement irrespectueux: à tout bout de champ les gens causaient, se levaient et brandissaient leur stupides téléphones pour prendre en photo (avec flash!) la scène. Après, resto et retour à l’auberge pour siroter une bière et écrire.

Aida en pleine représentation

Dimanche, nous n’avions rien à faire alors encore une fois, nous sommes allés nous balader dans Tashkent sans objectif précis autre que de partir d’un endroit et de regagner l’auberge à la marche. Lundi, ils nous fallait retourner à l’aéroport payer notre extension de visa. Nous avions aussi bon espoir que la réponse pour le Turkménistan tombe aussi. Nous l’avons donc patiemment attendue en faisant nos comptes du voyage (fort heureusement, on rentre dans notre budget). Vers le milieu de l’après-midi. Audrey demande à la réception de rappeler l’ambassade. Elle remonte peu après un grand sourire d’excitation au lèvres : c’est positif! Fantastique! Notre plan d’aller visiter le Turkménistan sur un visa de transit à fonctionné. Aussitôt, je commence à réfléchir aux préparatifs nécessaires à l’aventure.

Deux minutes plus tard, Audrey reçoit un email de l’ambassade concernant mon visa. Ah bon, la réponse n’était que pour elle? Verdict : refusé. Vu que nous avions appliqué en tant que couple, je fais rappeler l’ambassade pour confirmer, mais je sais très bien que cela ne changera rien, j’avais eu vent d’autres couples s’étant fait jouer le même tour. Généralement, c’est l’homme qui écope. Dans les faits, le Turkménistan veut minimiser les touristes en cavale sur leur territoire et il est évident que ceux de sexe masculin sont plus du genre à leur causer des soucis. L’ambassade confirmera donc la décision du bureau central de ne pas m’admettre sur le territoire. Nous nous étions préparés mentalement à ce genre de situation, mais ce qui était le plus irritant, c’est que pendant cinq minutes, nous y avions cru. Cela aura donc rendu le deuil plus ardu, surtout pour moi. D’autant plus que toutes ces emmerdes d’extension de visa et cette attente à Tashkent, et bien c’était dans l’optique d’aller au Turkménistan. Désormais, il nous faut quitter pour Dubaï puis le Népal. Si nous voulons encore aller visiter ce foutu pays, ce sera dans quelques mois sur un visa de tourisme avec les coûts que cela engendre. À méditer, mais j’y comptes bien.
Vu que nous ne partirons plus pour le Turkménistan, notre horaire s’est soudainement mis en place et nous avons pu acheter nos billets d’avion jusqu’à Goa en Inde. Alors que nous bricolions sur nos appareils électroniques, un belge est tombé du ciel et nous a offert de partager une bouteille de vin ouzbèke (franchement pas si mal) et quelques verres de vodka. L’ambiance à l’hostel avait été un peu morne ces derniers temps. La plupart des voyageurs ne faisaient que passer et ceux qui y logeaient pour quelques jours avaient à faire à Tashkent et étaient plutôt du type à utiliser l’endroit comme un hôtel bon marché.
Les prochains jours allaient être longs, car nous avions épuisé ce qu’il y avait à voir dans la ville. Heureusement, tout a passé vite; tout juste le temps faire quelques autres petites promenades, de profiter de nos restos préférés (on s’était créé des habitudes!) et nous étions la veille du départ. Cette soirée là, nous nous sommes entrenus pendent un bon deux heures avec l’un des propriétaire de l’hostel, celui d’ailleurs qui nous a arrangé notre extension de visa. Il nous a conté de long en large l’histoire de son établissement, l’un des premiers du genre en Ouzbékistan. Ayant beaucoup voyagé en couch surfing lors d’un échange en Europe, le concept lui a tellement plus qu’il s’est mis à héberger jusqu’à dix personnes à la fois dans son appartement de Tashkent. Éventuellement (probablement suite aux demandes de sa copine), lui et un ami on décidé de partir une auberge à Tashkent afin de recréer un environnement où les voyageurs peuvent passer la nuit et se rencontrer. C’est ainsi que Topchan hostel était né. Le tourisme étant en explosion en Ouzbékistan, il travaille actuellement à la construction d’un autre établissement ailleurs dans la ville et d’un camping estival dans les montagnes à l’est du pays. J’adore ce genre d’entrepreneuriat. Déçu d’appendre que nous n’avons pas pu aller au Turkménistan, il nous a confié n’y avoir jamais mis les pieds, mais nous a énuméré nombres d’histoires cocasses et faits divers sur le pays (il habite dans le pays voisin, mais il a parfois reçu des clients de l’endroit). Le Turkménistan est plutôt la risée de tous ses voisins dans la région. Il était à peu près 3h30 quand je suis finalement allé au lit. Pour un lever à 5h00, c’était peu de sommeil, mais j’allais pouvoir puiser de l’énergie dans l’excitation de quitter pour Dubai.