Colombo, Sri Lanka

Normalement, on ne fait que passer à Colombo, capitale du Sri Lanka. La ville est énorme, congestionnée et sans attraits. Or, étant le port principal du pays, elle est le siège d’un énorme traffic maritime et qui dit navires dit épaves. Dans tout le Sri Lanka, c’est à Colombo qu’elles sont les plus nombreuses et les plus belles. J’aurais dû m’en douter, mais n’étant pas habitué à la plongée au large de capitales, j’ai appris l’information trop tard. Avoir su, je me serais donné un jour ou deux supplémentaires mais bon, j’étais quand même parvenu à m’y sécuriser une matinée de plongée.

La veille et le jour de notre arrivée dans la capitale, nous avons début notre programme de visite par un petit trajet en train pour atteindre le centre, car notre auberge était localisée plutôt en banlieue. À la gare, la circulation ferroviaire avait du retard: un malheureux s’était fait frapper par la locomotive 200 mètres en avant. Ce genre de collision ne pardonnant pas, c’est sur une civière couvert d’un drap blanc taché de sang que le personnel de la gare à ramené le corps dans la station. Le tout s’est fait sans cérémonie et surtout sans le concours des autorités. En conversant avec un Cinghalais, celui-ci nous a appris que c’était chose commune en raison de la proximité entre la voie ferrée et les bidonvilles installés à sa lisière. Bientôt, la circulation avait reprise et c’est sans encombres autres que l’extrême proximité avec les passagers du train surchargé que nous avons pu rejoindre le centre-ville. Comme à l’habitude, le plan était de regagner l’hostel à pied.

Colombo n’est en fait pas si inintéressante que ça. Il y cohabite plusieurs cultures parmi un mélange de modernité et d’architecture coloniale et contrairement à l’Inde, les trottoirs y sont praticables. À l’image du reste du Sri Lanka par contre, Colombo est en pleine explosion. Le capital chinois coule à flot et le littoral du centre-ville est en train de se bâtir à un rythme ahurissant. Pas seulement la côte d’ailleurs, l’ingénierie civile chinoise est en processus d’y construire une immense île artificielle sur laquelle se bâtira le nouveau Colombo moderne, épuré et à l’image de la folie de développement qui anime d’autres mégapoles comme Dubaï. Il était déjà bien tard lorsque nous avons finalement rejoint notre point de départ. Normal, il nous a fallu marcher un bon 15-20 kilomètres pour y arriver.

Quelques petites heures de sommeil et j’étais à nouveau debout en route vers le centre de plongée. Au programme : deux épaves. Et pas de la vielle carcasse rouillée étendue pêle-mêle dans le fond; deux navires, l’un coulé en 2012 et l’autre fin 90. La première, nommée le Thermopylae Sierra était un énorme cargo chypriote de 155 mètres de long transportant de la tuyauterie destinée à l’industrie pétrolière. En raison de salaires arriérés de plusieurs mois, son équipage l’a immobilisé au large de Colombo en attente de leur dû. La saga a duré plusieurs années et finalement le cargo a coulé par 25 mètres de fond lors d’une tempête de mousson. À ce jour, la bataille légale entourant le désastre n’est toujours par réglée.

L’épave est d’une telle ampleur que ses grues dominent le niveau de l’eau d’un bon 10 mètres. Sous les flot, c’est un navire presque intact dans toute son immensité qui se présente aux plongeurs. Terrain de jeu parfait, le Sierra s’est fendu en deux lorsqu’il a sombré, répandant au passage toute l’immense tuyauterie qu’il transportait pour le plus grand bonheur des poissons y ayant déclaré logis et le plus grand amusement des plongeurs aimant se faufiler parmi ce labyrinthe surréaliste. Le Thermopylae Sierra est l’une des plongées les plus impressionnantes qu’il m’ait été donné de faire à ce jour. Le navire est à ce point colossal que ça en donne le vertige. L’immersion n’était pas sans risques par contre, l’épave est jonché de filets de pêche et sa proximité avec le dessus de l’eau fait en sorte que le ressac se faufile par nombres d’orifices et crée des courants aussi puissants qu’imprévisibles.

La deuxième plongée s’est déroulée sur une épave un peu plus modeste: un remorqueur gisant à l’envers par 30 mètres de fond. Arrivés sur place, ça puait les hydrocarbures et l’eau était tachée d’un film arc-en-ciel. Plus bas, l’imposante épave du gros remorqueur retourné nous attendais.  Après avoir passé en dessous du bateau afin d’aller rendre visite à toute la vie marine qu’elle abritait, nous sommes lentement remontés vers le dessus de la coque pour explorer un jardin de coraux mous qui s’y était développé et observer les deux grosses hélices. Alors que les autres plongeurs étaient sur la remontée (trop de temps passé en profondeur), notre guide a identifié une fuite de ce qui semblait être de l’air s’échappant d’un petit orifice de la coque. En nous rapprochant et en passant notre main dans les bulles, nous nous sommes rapidement rendus compte que nous avions en fait affaire au responsable de la nappe d’hydocarbures en surface: du fioul. Après toutes ces années, la corrosion avait finalement eu raison du réservoir de carburant du remorqueur. Pas trop bon pour l’environnement, un tel bateau devait en contenir plusieurs tonnes. Je me suis dit que j’allais avertir les autorités portuaires de la fuite, quoique je serais étonné qu’elles en fasse quelque chose.

De retour sur la terre ferme, j’ai souhaité bonne contuination à mes compagnons de plongée (des ukrainiens) puis suis retourné auprès d’Audrey pour le repas du midi et la sieste subséquente. En soirée, nous nous sommes contentés d’un tour (d’au moins 12 kilomètres) de la zone où se situait notre hôtel, décidément beaucoup moins intéressante que le centre-ville de Colombo.

Le lendemain, notre vol quittait pour Mumbai vers 17h30, mais vu le trafic et l’éloignement de l’aéroport, nous l’avons joué sécuritaire et sommes partis avec un bon 4h30 d’avance. Sur place avec une bonne marge, nous nous sommes enregistrés sur notre vol et avons passés la sécurité pour avoir accès au comptoirs afin d’y déposer nos bagages en soute. La file n’était pas très longue, mais le singulier employé de Sri Lankan airlines en charge de l’opération (pendant que quantité d’autres erraient dans les parages sans buts trop précis) a fait en sorte qu’il nous a fallu un bon 45 minutes avant que notre tour vienne. Pendant un bon moment, la préposée a scruté notre passeport afin de s’assurer que nous avions effectivement les permissions requises pour séjourner en Inde. Finalement, elle nous demande: “Avez-vous un vol de sortie du pays?”. Non, car a) nous ne savons pas où et quand nous allons sortir, b) on nous a jamais informé qu’il nous fallait une telle chose au départ de Colombo et c) on nous en avait pas demandé lors de notre première arrivée. Je me rappelais par contre avoir lu à quelque part que c’était une obligation pour entrer au pays, mais que les autorités indiennes ne vérifiaient jamais.

Bref, les préposés de Sri Lankan airlines n’ont rien voulu savoir de nos plaidoiries. Finalement, nous nous sommes résolus à acheter un vol bidon pour l’annuler aussitôt arrivés en Inde (et encourir des frais…) À ce moment, il nous restait à peu près 1h15 avant notre vol. Or, impossible de trouver un endroit dans la zone des départs où le signal cellulaire passait. Il nous fallait donc sortir du bâtiment, mais comme nous étions déjà enregistré pour notre vol, la sécurité refusait de nous laisser sortir (la raison nous échappe encore). Lorsque l’inconvénient a été rapporté pour au moins la 5ème fois aux employés de Sri Lankan, ils nous ont suggéré d’aller nous servir du sans-fil libre du comptoir de service à la clientèle qui … se situait passé la sécurité. Impuissants et coincés dans ce no man’s land administratif, le peu de temps qui nous restait pour agir nous a filé entre les doigts. Alors qu’il était déjà trop tard, on a finalement décidé de nous escorter passé la sécurité. De toute manière, nous avions raté notre vol et il nous fallait maintenant arranger la suite avec le comptoir de Sri Lankan à l’extérieur Au final, il nous en a coûté 120$US de frais pour réserver une place sur le départ du lendemain. Pendant que nous étions en train de régler ces détails avec le comptoir, une touriste russe dans la même situation que nous s’est pointée en panique. Vu qu’elle n’avait pas de carte de crédit, je lui ai gentiment payé son vol (en échange de l’équivalent US cash) bidon de sortie du Qatar (qui partage cette règle stupide avec l’Inde il faut croire).

Vite fait, nous nous sommes trouvés une auberge dans le coin de l’aéroport puis nous y sommes rendus en tuk-tuk. Heureusement, ils y vendaient de la bière. Le lendemain, avec encore plus d’avance et de détermination que la veille, nous sommes arrivés à l’aéroport. Tout comme hier, il y régnait un manque flagrant d’organisation. Lorsque l’employée au comptoir d’enregistrement nous a demandé les informations concernant notre vol de sortie de l’Inde, nous lui avons aussitôt répondus que nous quittions Calcutta le 12 avril à 2h du matin pour Bangkok en Thaïlande. Ces petites formalités remplies, nous avons pu passer l’immigration sans encombre pour aller patiemment attendre notre départ vers Bombay.  Le vol pour Bangkok, c’était un faux billet généré à partir du site internet returnflights.net la veille…

Côte sud-ouest (Hikkaduwa, Mirissa et Unnawatuna), Sri Lanka

Hikkaduwa

Le trajet de bus depuis Kandy aura été plutôt éprouvant, en bonne partie en raison du trafic infernal qui règne à Colombo, la capitale. Il était déjà tard quand nous sommes finalement arrivés à Hikkaduwa, un village côtier où la plongée semblait bonne. Finalement, après tout ces mois d’attente, j’allais pouvoir pratiquer mon sport favoris. Heureusement pour moi, le centre avec qui je comptais faire mes submersions était encore ouvert, alors il m’a été possible de réserver une place sur le bateau du lendemain et aussi de m’assurer qu’ils allaient bel et bien visiter les épaves du coin.
En fin de compte, les deux plongées se sont avérées être plutôt moyennes. La première, un pétrolier échoué au début du 20e siècle était relativement intéressante, la deuxième, un voilier ayant prit feu quelques décennies auparavant n’a pas été d’un grand intérêt. Au niveau nature, rien d’exceptionnel. Bref, j’en ai quand même eu pour mon argent et l’expérience a été fort agréable, mais je crois être devenu un peu trop exigeant.
Audrey est venue me rejoindre au centre pour s’informer si allait être possible pour elle de faire son baptême de plongée. Hélas, pas de place. Nous avons donc profité du reste de l’après-midi pour nous balader sur la plage qui n’avait rien d’excitant: pas trop sale, mais surchargée de restaurants et d’hôtels et longée d’une route très passante. Par contre, à l’une de ses extrémités, des tortues de mer venaient fréquemment s’approcher dans l’eau à hauteur de genou (car les gens de l’endroit les nourrissaient) et ce jour là, elles étaient au rendez-vous. En soirée, nous avons pu profiter de l’ambiance auberge de l’endroit où nous étions et converser avec d’autres voyageurs.

Mirissa

N’ayant pas pu trouver de plongée pour Audrey à Hikkaduwa, il a été décidé d’aller tenter notre chance à Mirissa, plus au sud sur la côte et réputée pour de la belle nature sous-marine. Sur place, après avoir visité pas moins de 5 centres, impossible d’en trouver un avec des disponibilités et/ou ayant l’air un tant soit peu professionnel. Déçus, nous nous sommes rabattus sur la baignade. Les vagues avaient au moins de l’allure et nous considérions même louer des planches de surf le lendemain. Niveau plage et ambiance par contre, même chose que le précédent endroit: rien de spécial.
Nous devions rester deux jours à Mirissa, mais c’était pour y plonger. Oui, nous aurions pu tenter le surf et ce n’était pas la motivation qui manquait, mais les cours étaient chers et de simplement louer des planches et s’engager dans les vagues sans expérience ne nous disait rien de bon. Nous avons donc pris la décision d’écourter notre séjour ici pour retourner à Colombo. Malheureusement, Audrey n’allait pas pouvoir faire son baptême. Il y avait de la pongée là-bas, mais elles se faisaient entièrement sur épaves par grande profondeur (ce qui n’était pas pour me déplaire).

Unawatuna

Vu qu’Unawatuna se situait sur la route vers Colombo, pourquoi ne pas s’y arrêter et tenter notre chance? Notre carte indiquait la présence de plusieurs centres de plongée. De plus, nous avions initialement considéré y aller plutôt qu’à Mirissa. Une erreur de notre part, car dès le premier établissement visité, il était clair que le niveau de professionnalisme des opérations était ici largement supérieur. Audrey a donc pu rapidement se trouver un baptême l’après-midi même à bon prix et avec une instructrice française. Pour ma part, j’allais plonger avec eux en tant qu’observateur. Le vent d’après-midi s’était levé alors il y avait des remous et du ressac, mais Audrey s’en est tirée comme une maître. Vous lui demanderez qu’elle vous raconte son expérience depuis sa perspective.
 
De retour sur la terre ferme, nous avons pris quelques bières avec l’instructrice pour fêter le baptême et simplement converser de voyage et de plongée. En soirée, rien de très extravagant, nous sommes simplement allés profiter de la plage, probablement pour la dernière fois du voyage.

Île de Vis, Croatie – Dubrovnik, Croatie

  • Date: 31 juillet 2017
  • Départ: 12h00
  • Arrivée: 21h00
  • Température: soleil
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Partis à l’heure prévu, nous avons passé par Vis avant de nous rendre à Komiža afin d’acheter nos billets pour le traversier et ainsi gagner de précieuses minutes. Ma plongée se terminait vers 11h00 et il fallait être en ligne pour le traversier vers 11h30. Malheureusement, la billetterie était fermée.

Arrivé au centre, j’ai pris possession de mon équipement, réglé ma plongée (50 Euros) puis fait connaissance avec mon équipier, un Slovène en vacances sur l’île pour une dizaine de jours et qui semblait avoir autant d’expérience en plongée que moi. Le bateau parti, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de profondimètre sur la console de mon équipement de location. D’ailleurs, aucun équipement n’en avait. Normalement, je plonge avec mon ordinateur (qui donne la profondeur) alors je n’en aurais pas fait de cas mais là, c’était un brin déconcertant (en réalité très risqué) d’autant plus que nous allions plonger profond. Bon, j’allais devoir m’en remettre aux informations de mon équipier et mon expérience. Tout de même, je brisais là nombre de règles du métier.

Une fois descendu au plus bas, j’ai senti un peu de narcose et me suis dit que compte tenu de la lumière et de la distance avec la surface, nous devions être à 40 mètres; le tout a été confirmé par un coup d’oeil à l’ordinateur de mon coéquipier. Quant aux coraux, ils étaient bien là et similaires à ceux des Caraïbes quoi que moins nombreux et habités par moins de faune. La remontée s’est faite toute en douceur avec un palier de sécurité plus que nécessaire cette fois car nous avions dépassés les limites de décompression par moment.

Une fois retourné sur la terre ferme, j’ai lavé mon équipement, salué ceux avec qui j’avais partagé la matinée et Audrey m’a ramassé devant le centre. Nous devions à tout prix ne pas rater le ferry de 12h00. À Vis, un petit vent de panique est passé en voyant l’énorme file de véhicules pour le ferry. Finalement, nous sommes rentrés les avants derniers. Quelle chance. Une fois à Split, un bon deux heures a été perdu à chercher un objectif de remplacement pour l’appareil photo. Il était plus que temps que nous nous mettions en route vers Dubrovnik si nous voulions pouvoir y passer un peu de temps. Malheureusement, nous avons encore étés retardés par une petite bourde de navigation qui nous a fait longer la côte plutôt que d’emprunter l’autoroute.

Quelques heures plus tard et un petit morceau de Bosnie traversée, nous étions à Dubrovnik, surnommée la perle de l’Adriatique et rendu d’autant plus célèbre depuis que la fameuse télé-série Game of Thrones y a tourné les scènes ayant lieu dans la capitale. On ne va pas en Croatie sans visiter Dubrovnik tout comme on ne va pas en France sans passer par Paris. Pourtant, on m’avais averti que je n’allais pas tant apprécier l’expérience…

Il était 22h00 passés quand nous sommes sortis de l’auberge pour nous diriger vers la vielle ville. Arrivé là, je me suis mis en mode exploration et ai frénétiquement traîné Audrey et sa mère dans tous les coins qui attiraient mon attention. Je leur ai offert de me laisser à moi même et de revenir demain si elles voulaient voir les choses à leur rythme, mais moi, je ne comptais pas y remettre les pieds alors j’allais rentrer le maximum de visite jusqu’à l’épuisement. Oui, Dubrovnik était belle et spectaculaire, mais l’atmosphère qui régnait à l’intérieur de ses murs fortifiés était en tout point comparable à celle de la rue Saint-Laurent à Montréal: factice et cher. Quelques heures plus tard, Audrey et moi satisfaits et sa mère épuisée, nous sommes rentrés nous coucher. Le lendemain, le Monténégro nous attendait.

Le roi des récifs

Article initialement publié sur l’ARN Messager, journal des étudiants en biologie de l’Universié de Montréal. Basé sur l”article de 2013, “Spearing Lionfish”.

Le genre Pterois – ou plus communément le poisson lion – mérite bien son titre. Avec sa large crinière et son attitude impérieuse, il règne en souverain dans la plupart des récifs de coraux des Caraïbes et s’est affairé dernièrement à étendre son empire le long de la côte est américaine. Sa venue en a détrôné plus d’un au rang du plus beau pisciforme; poissons anges, coffres et clowns ont été relégués au rang de simples courtisans. Pour la plupart des plongeurs, il sera invariablement le clou du spectacle. Une photo vaut mille mots; vous n’avez pas vu beaucoup de spécimens plus élégants. Après une plongée, la beauté du poisson lion aura certainement tapé dans l’œil de la majorité des participants. Cependant, peu d’entre eux seront au courant de l’ampleur des ravages que ce magnifique poisson cause aux récifs de la région.

Un Pterois volitrans dans toute sa splendeurUn Pterois volitans dans toute sa splendeur (Laszlo Ilyes, Wikimedia Commons, 2010)

Un intrus

Les conquérants ont rarement été invités et le poisson lion n’y fait pas exception. Originaire des eaux des océans Pacifique Ouest et Indien, personne ne sait vraiment comment il s’est rendu jusqu’aux Amériques. Avec son habit d’apparat, sa majesté n’a certainement pas traversé le vaste Pacifique par lui-même. Peut-être était-ce à bord des ballasts d’un navire de fort tonnage? Plausible mais peu probable. Une théorie qui a prévalu longtemps voulait que des poissons lion captifs se soient échappés d’un aquarium de Floride brisé lors de l’ouragan Andrew de 1992. Pour autant que l’on sache, l’origine de leur venue est encore inconnue, car bien avant les ravages d’Andrew, le roi du récif avait déjà été aperçu le long de la côte floridienne. Étant des poissons assez prisés des aquaristes, la thèse qu’ils aient été relâchés intentionnellement ou par erreur par un propriétaire a récemment refait surface.

 

Un destructeur

Qu’importe, le mal est fait. Les poissons lions sont désormais légion et causent des ravages sans précédent dans tous les écosystèmes qu’ils fréquentent. Dotés d’un appétit sans précédent, ils dévorent les autres poissons des récifs sans demander leur reste. Ils ont beau traîner tout cet attirail derrière eux, ils sont néanmoins capables de formidables impulsions pour capturer leur proie. Le récif n’est pour eux qu’un simple buffet. Leur nageoires sont hérissées de dards vénéneux, alors gare à vous si vous vous y frottez. On a comparé leur piqûre à celle de se faire fermer une portière de voiture à pleine vitesse sur les doigts. Résultat : votre main enflera jusqu’à l’épaule et vous vous retrouverez agonisant de douleur dans le fond du bateau. Vos vacances? Invariablement gâchées pour quelques jours, car il n’existe aucun antidote. Pour un plus petit habitant du récif qui serait tenté de goûter au roi, c’est une mort certaine qui l’attendra au détour.

Le poisson lion n’a donc pas de prédateur naturel dans les Amériques. Les requins sont apparemment immunisés à leur poison, mais ayant malheureusement été virtuellement éliminés de la région, on ne peut pas vraiment compter sur eux pour endiguer la propagation de cette espèce invasive. On a recensé des Pterois dans le ventre de mérous, mais encore là, leur faible densité fait d’eux une piètre option. Le lion règne donc en roi partout où il s’installe. Là où il est activement chassé, on le retrouve généralement tapis dans les crevasses. Ailleurs il déambule en plein jour comme si  rien n’était, comme le témoigne cette vidéo, où un plongeur en harponne pas moins de 200 sur un seul site.

Un délice

La seule espèce capable de contrer la progression de l’envahisseur, c’est un Homo sapiens palmé armé d’un harpon. Encore une fois donc, il incombe à l’homme de réparer les torts qu’il a causé à la nature, sauf que là heureusement, le poisson lion est délicieux. Dans un burger ou en ceviche, la mort rétracte son venin à l’intérieur de ses épines et pour autant que l’on soit muni d’un bon couteau, il est relativement facile de le fileter.

Chasser le poisson lion est une autre paire de manches par contre. Complètement indifférent face à la menace d’un trident à deux pouces de sa tête, il ne fait pas une redoutable proie. Le problème, c’est qu’un faux mouvement pourrait se solder par une piqûre, car la direction de ses bonds est somme toute imprévisible. Plus c’est beau et coloré, plus c’est toxique. En langage technique, c’est de l’aposématisme, une manière qu’a l’animal d’avertir ses prédateurs qu’ils devraient passer leur chemin.

Sur l’île d’Utila au Honduras,  le centre de plongée dans lequel je suivais une formation, envoyait sporadiquement ses  maîtres plongeurs à la chasse, à la fois pour contrôler l’expansion de l’espèce, mais aussi pour alimenter ses cuisines de chair fraîche pour le fameux « save the reef » burger. Dans les récifs encerclant l’île, les efforts de contrôle étaient assez efficaces, puisque apercevoir un Pterois était somme toute peu fréquent. Loin des sites de plongée par contre, on le retrouvait en grand nombre. C’est donc là que nous allions chasser, dans les collines marines qui bordaient la périphérie extérieure de l’île. Le stress, l’effort et la profondeur demandaient  des habilitées de plongée supérieures à la moyenne pour éviter les accidents de décompression, mais le défi principal résidait dans le fait que nous n’étions autorisés à nous servir que d’un harpon – erronément appelé sling hawaiienne – d’une longueur maximale de deux pieds, ce qui exigeait que nous approchions nos mains nues dangereusement proche de notre proie.

La sling hawaiienne est un petit trident auquel est attaché à son extrémité un élastique chirurgical. L’élastique est enfilé autour du pouce et il est bandé jusqu’à ce que la main puisse agripper la base du trident. Lorsque la poigne est relâchée, le trident est projeté vers l’avant par la force de l’élastique avec suffisamment de force pour transpercer un poisson de taille moyenne. Dans nombre de vidéos incluant celui ci-haut, les plongeurs sont munis d’une sling avec un long manche, ce qui établit plus de distance entre eux et leur proie et leur permet l’utilisation d’un plus long élastique pour une puissance accrue. En vertu des règlements en place pour limiter la pêche sur l’île d’Utila, nous étions limités à un harpon de deux pieds et des mains sans protection, le port de gants étant lui aussi interdit.

Le stockage du poisson lion harponné présente lui aussi un défi. Il n’est pas possible de se servir d’un simple sac de maille tissée, car ses dards pointus présentent encore un danger pour quelques temps après le décès. Il existe des contenants adaptés, mais pas de Fedex ni d’UPS sur l’île, alors nous devions faire avec les moyens du bord, soit des tuyaux de PVC bouchés aux deux extrémités. Pendant qu’un plongeur s’occupait du harponnage, son compagnon devait tenir le réceptacle en prenant garde de ne pas toucher ses embouts troués.

Une fois à bon port avec les prises de la journée, tous les spécimens étaient mesurés pour fin de statistiques et ensuite filetés pour le ceviche du soir. Les abats, eux, étaient répandus dans les alentours en espérant qu’il vienne à un prédateur plus adapté qu’un humain à la vie aquatique l’aspiration de détrôner le poisson lion comme roi du récif.

En conclusion

Que les premiers spécimens soient arrivés par bateau ou relâchés par un propriétaire d’aquarium qui voulait leur donner une seconde chance plutôt que de les tuer, ce n’est qu’une triste conséquence d’un manque de jugement de notre part. Il n’y a pas eu malice ou de grossière négligence de la part de personne. Je ne sais pas si globalement, les efforts pour endiguer la progression de l’espèce portent fruit. Localement par contre, sur plusieurs îles que j’ai fréquenté, la communauté des plongeurs et les habitants se sont mobilisés pour contrer l’envahisseur, car vivant de pêche de subsistance ou de l’éco-tourisme, leur source de revenus ou nourriture en dépend. Il s’organise des « lion fish derby », où tous se rassemblent un après-midi pour aller chasser sur les récifs. L’évolution des populations est suivie par des biologistes et les autorités locales et lors de plongées avec des clients, nous apportions souvent notre équipement de chasse au cas où nous rencontrerions un Pterois. Bien que faisant face à d’autres menaces, les récifs autour de ces îles s’étaient généralement affranchis de celle du poisson lion, grâce aux efforts concertés des différentes parties prenantes. Ailleurs par contre, l’ampleur des dégâts est difficile à juger. Cela peut sembler paradoxal, mais désormais, la santé de ces écosystèmes fragiles dépend en grande partie de celui qui les a mis en danger en premier lieu: l’homme.


Références

Honduras – Utila (tec diving)

tec diving at 50m

My time on Utila was split in two chapters. Chapter one, spent with my cousins, was obviously about diving, but also about (responsible) debauchery and good family fun. Chapter two however, was to be about the slightly more serious sport of tec diving. Tec diving is diving beyond recreational limits. Within those limits, should whatever happen, you can always come up to the surface with very little risks of developing decompression illness (DCI). In tec diving, if something goes wrong down there, coming up to the surface is often not an option and if it is, DCI is to be expected. In short, a screw up can very likely either kill you or send you directly to the hyperbaric chamber ($$$$).ready to tec dive

Well, I’m making this sound like risky business and it is, but while it will never be as harmless as recreational diving – and the tec diving manual really insists on that fact – it can be made pretty safe with good training, experience and equipment. I’m saying this in retrospect, everyone you meet (that is not a tec diver) and everything you read make the sport look like pure madness but in reality it’s nowhere as bad as it sounds and just like any other extreme sport, most casualties arise from human stupidity (not errors: careless risk-taking). It’s like skydiving in a way (albeit a lot more complex), where the gear and the procedures have been optimized to the maximum and very rarely become a failure point in chain of events leading to accidents. But just as in skydiving, error chains are short; few mistakes can get you killed whereas in recreational diving, you’d have to get a lot of things wrong before you become a casualty. Understandably, equipment and procedures in tec diving are much more complicated than in recreational diving. Since surfacing is not an option, everything is redundant (you even have a second mask). In order to make the dive feasible, you also carry multiple gas mixes (typically air, pure oxygen and enriched air) so that’s two other tanks strapped to your sides on top of the two you already have on your back. All in all a lot of equipment and a lot of room for mistakes as switching to the wrong gas at the wrong depth could lead to convulsing underwater and drowning. Planning and preparing the dive is also an integral part of tec diving. Where in normal diving you generally just don you kit and go under, in tec diving the planning part is generally just as long if not more than the actual dive itself. You have to plan you decompression stops on your way up (3 minutes at 24m … 6 minutes at 9m … 15 minutes at 5m, etc.) and you also have to plan for contingencies such as going too deep, staying too long, loosing decompression gases and so on. Last consideration but not the least, it’s very expensive. The course itself was 1400$US for 9 days of training and single tec dives generally hover around double what two recreational dive will cost you, making an already very expensive hobby even more costly.

So, why taking up tec diving if it’s more dangerous, more expensive more complicated and overall less enjoyable than recreational diving? There are a couple of reasons. First, the thrill of knowing that I’m 50 meters deep, that coming up to the surfaces would injure or kill me, but that I’m kept safe by equipment, training and experience and that whatever happens I’ll be ready and capable of handling it. Very intellectual I know…  Second, it has made me a much better diver overall giving me in depth (pun-intended) knowledge of what happens and what’s involved when you go beyond the no decompression limit. Third, it’s a challenge. Not that I have a lot of experience in diving in general, but I’ve done enough of it so that going underwater on a normal dive, while fun, isn’t such a thrill anymore. Fourth, it give you access to dive sites that are normally out of bound for recreational divers. Since you can go deeper and stay there for a longer time, there’s more you can explore.

On a training dive
On a training dive

Those are the reasons why I enrolled myself in a 9 days tec diving course with UDC on Utila. I should also add that I did not foresee any other time where I could do it in the coming years. I was traveling alone, had plenty of time, was on Utila (where the diving it cheap and good) and without my girlfriend, who incidentally is not into diving. Even if it will very likely be another couple of years before I get to go tec diving again, the conditions where too good for me to skip on the opportunity. I had a couple of days in between the beginning of the course and my cousins leaving, which I spent diving with the crew at BICD. When the course started however, the better part of my days were spent over at UDC. The program was divided into three parts TEC40, TEC45 and TEC50  which you guessed were the depth limits the course would certify you to but there were also other restrictions. I had to go through a 300 pages manual before showing up for actual instruction so there was a lot of theory review before we even went in the water and when we got wet, the first couple of dives where done shallow to practice special procedures and emergency drills. It was only the last dives of each part that were decompression dives.

At 45m
At 45m

Posing with my instructorTEC40 involved a dive at 40 meters but decompression could not be longer than 10 minutes and we were not allowed to carry gas blends of over 50% oxygen and also not allow to use them for accelerated decompression. TEC45 removed those limits and down we went to 45m with 50% and 100% oxygen (on top of the two air tanks on our backs) to make decompression faster. TEC50 took us (me and my instructor) to 50 meters with again 50% and 100% oxygen strapped to our sides. As mentioned earlier, the oxygen tanks are there to make decompression (coming up from the dive) faster but in our planning, we carry enough air on our primary tanks to complete the full dive plus the decompression on that gas only. To give you an idea, a 22 minutes dive at 50 meters requires about 40 minutes of decompression and ascent using pure oxygen and 50%. On air only, you’d be doubling that time and spending two hours underwater. I’m aware that not many people will share my excitment, but trust me, it was thrilling. I was alone with Scott, my instructor for the whole duration of the formation. He event showed how to do gas blending. It’s like I had to relearn diving all over again; every dive was a blast.

Scott in the front of the bow of the Odyssey
Scott in the front of the bow of the Odyssey

On top of the dives mandated by the tec diving course itself, I ended up doing three other tec dives. The first two were done on a day trip (an hour and half west of Utila) to the wrecks of Roatán and the third one I’ll get to later. Roatán is the largest of the Bay Islands and the more visited one. It has resorts, fancy hotels and is geared toward more conventional tourism while Utila caters to the backpackers both in budget and vibe. The diving, while good in Utila, is generally regarded as being better on Roatán, with larger and more abundant wildlife. Wrecks follow the same pattern. Utila has the Haliburton, a 100 feet freighter stripped and sunk to 30 meters to provide a playground for divers but Roatán has the Aguila and the Odyssey, which are slightly deeper (35 meters) and much larger ships. Visiting those two wrecks is entirely feasible in recreational diving configurations and that’s what the vast majority of people do but contrary to the Haliburton on Utila, you get to enjoy them a lot more if you are tec diving. Where other divers could only spend about 5 minutes at the bottom, Scott, Jake and I got to tour around for a good 25 minutes. On the Aguila, we even went inside the superstructure, spent a bit of time visiting the engine room and them made our way up the next floor before exiting though a door. Being around wrecks underwater, already an eerie feeling, gets even better once you get inside them. The lighting, the atmosphere, the marine life, the fact that you brain thinks your horizontal but your not since the wreck is not sitting upright all make for an out of this world experience. The two dives only took us to 35 meters, but since we spent so much time, it took us about 40 minutes to come back up. Once we were done with the diving, the boat docked to the island, we all went for a meal at a restaurant and on the way back to Utila, got into drinking games on the boats.

Posing in front of the Aguila
Posing in front of the Aguila
At Dr. John's
At Dr. John’s

That night was Pancho’s going away party so I sobered up for two hours before going at it again with the BICD bunch. I went to bet a 4h30 am. Having woken up at 5 am to go to Roatán, I had almost made it round the clock. Tiring but worth it. While with my cousins, I had a more difficult time finding a connection with the people at BICD but once they were gone, the onus was entirely on me to get out there and be sociable so quickly I befriended most of them and got into the gang. The same scenario had occurred when I had visited Utila in 2013, where I had landed among people who had already been together for a couple of weeks. For the first few days, I felt sort of outcast but pretty soon (after a couple of drunken sessions) I was granted a place in the family. Relationship you have with other travelers tend to be short-lived and sort of disposable, but there on that island you spend enough time together to start building meaningful connections. One that I’ll commit to writing is with Jennifer, an English girl I ended up doing a lot of diving with to a point where she would call me her favorite dive buddy. Another one is with Jennah and Blake, an Australian-American couple with whom I had loads of fun.

The day before my departure was spent doing the very last dive of the TEC 50 course in the morning and planning tomorrow’s tec dive with Bob at BICD. There were only two certified tec divers divers at BICD, Nick and Bob and some brand new equipment for a course that they were supposed to set up. Nick, being the course director, was busy with teaching but Bob was more than willing to go on a tec dive. We spent the better part of the afternoon putting together our rigs, doing gas planning an filling bottles. When evening came, I went out for a couple drinks and got to bed quite early for a last night on the island, but I wanted to be in shape. In the morning, the weather was favorable so we made it to the North side. Bob and I were in the water quickly and thankfully got down without any problem. Thankfully I had to specify because there I was breaking an important rule of tec diving, which is not to do a tec dive in equipment you are not familiar with: you try it in shallow water first. The gear was brand new and top notch and the descent was fine, but as soon as we hit 50m, I got into a bit of trouble with my attitude as the wings were too large and air would shift to one side when leaning which made staying horizontal a pain. Restricting my movements did the trick, but it’s certainly something I should have figured out on a shallower dive.

I was not the only one breaking rules that day though. On reaching the edge of the wall during descent, I could see streams of bubbles coming up from divers who were already down there, which I thought was odd because I was certain we had gotten under first and there were no other boats in the vicinity. A few minutes later, while we were at 50m, I spotted a string of dead lionfish below us. Passed the corner, I signaled to Bob that there were to other divers in the distance at around 65m. On closer inspections, I noticed they were only wearing standard scuba equipment. They were on their way up and kicking frantically to get away from us and reach shallower depths as soon as possible. Later on on the boat, Bob confessed to me that it was two other instructors that had sneaked on a dive by themselves to go spear some lionfish, which in and of itself is glamorous thing to do but certainly not worth putting your life in danger over. At 65m, you only get a couple of minutes of no decompression time and that’s if you get catapulted there. Realistically, there is no way to reach that depth and come back up maintaining a safe ascent rate on no deco limits so they certainly had to do a bit of decompression on the way up, which is bad and strictly forbidden in recreational diving. Still, a good diver will certainly manage that on a single tank, but what’s worse is that at 65m on air, you are under sever nitrogen narcosis, air is toxic at this depth and can trigger convulsions with no warning but the one thing that puts you mostly at risk is equipment failure, which at 65m, will likely get you killed. That’s why in tec diving, we dive with full redundancy and large gas reserves. With none of those safeguards and backups, the slightest malfunction may very well end up being fatal for you and your buddy (who will most likely try to assist and get in trouble as well). A regulator free flow at this depth will empty your bottle in two minutes, that’s not nearly enough time to do decompression reach the surface. I knew they could loose their jobs over this so I kept quiet as they were only endangering themselves.

Back to Bob and I’s dive. At the planned time, we started ascent, did all our decompression stops by the book (or the tables should I say). Since the reef was deep on the site, we at to do the 5m stop (the longest) hovering in mid water, which made it quite a bit harder (and boring) since we could only use our gauges for reference. After an elapsed time of more than 70 minutes we emerged. Both happy and (mentally) tired, we fist bumped for a dive well done and climbed back on the boat where the rest of the normal divers had been waiting for us. They could go do another dive but since it’s advised to leave 2 hours between tec dives, we had to sit the next one out, which I took as an opportunity to take a nap. Back on shore, Bob kindly offered to take care of the equipment so I bid farewell to everyone, scrambled to my room to pack my things, went for some last baleadas and got on the ferry.

At 50m
At 50m

Leaving Utila was again sort of heartbreaking. However, I was eager to come back home, start school, see my girlfriend and get back to life as normal. On the ferry, I met up with Eoin, whom I had met at UDC some days earlier and we tagged along all the way to San Pedro Sula and the next morning shared a ride to the airport. My flight back to Montreal made me connect through Atlanta for a good 12 hours and then New-York. With an open traveler’s mind, I took it as an opportunity to do a bit more tourism and got out of the airport and caught a train downtown to check out the city. Atlanta did no seem like much though I had a bit of fun walking among the hordes of disguised people that invaded the downtown core after DragonCon. Later after my walk, I settled at a bar for a couple of drinks and sparked incomprehension when I told the bar tenders I was from Canada. “Why would you come to Atlanta?” they asked me and on arriving back the airport around 3am and reminiscing through my evening that’s exactly what I thought: there did not seem to be much to this city. To be fair, I won’t make a proper opinion until I get to spend a couple days there and properly experience it, but my first impressions were leaning rather towards the negative side.

Atlanta's downtown

Not wanting to end on that note though, I will recapitulate the objectives of this five week trip in Central-America, which were to see a bit of El Salvador, mainland Honduras, binge dive and do my tec diving course. By that metric, this vacation was a resounding success, with my favorite parts being El Salvador and obviously the technical diving. As for the rest, I think I’m getting too much used to backpacking around and have gotten too accustomed to the feeling and the highs it’s supposed to provide. Consequently, I think I’ll make the next adventure more adventure/goal oriented (read motorcycle) and/or travel more exotic routes. One thing that did struck me however was how mentally rested I was went I landed back in Montreal. During the last five weeks, I had completely disconnected from my life here and it even went to a point where I was eagerly counting the days until my flight back.

Such emptiness... being in airports at night is spooky!
Such emptiness… being in airports at night is spooky!